mercredi 28 septembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nice |
| Section | Tribunal Administratif de Nice |
| N° Dossier | TA06-2103838 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 4ème Chambre |
| Avocat requérant | SZEPETOWSKI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 15 juillet 2021 et 14 avril 2022, la société par actions simplifiée (SAS) K et M A, représentée par Me Szepetowski, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 21 juin 2021 par lequel le maire de Biot a abrogé le permis de construire qu'il lui avait délivré le 21 juin 2019 en vue de la construction d'un ensemble A de 35 logements sur un terrain situé chemin des Soullières ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Biot une somme de 10 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- le maire ne pouvait légalement fonder sa décision d'abrogation sur les dispositions du 1° de l'article L. 242-1 du code des relations entre le public et l'administration dès lors que les décisions portant délivrance d'un permis de construire sont régies par des dispositions spéciales qui ne prévoient pas la possibilité de les abroger ;
- en tout état de cause, à supposer qu'un permis de construire puisse faire l'objet d'une décision d'abrogation, aucun changement dans les circonstances de fait intervenu postérieurement à l'édiction de l'arrêté du 21 juin 2019 n'était susceptible de fonder, en l'espèce, une telle décision.
Par un mémoire en défense, enregistré le 14 mars 2022, la commune de Biot, représentée par Me Amblard de la SELAS FIDAL, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 1 000 euros soit mise à la charge de la SAS K et M A au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que les moyens soulevés par la société requérante ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 17 mars 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 1er avril 2022 à 12h00.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative ;
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 7 septembre 2022 :
- le rapport de M. Holzer, conseiller,
- les conclusions de M. Beyls, rapporteur public,
- les observations de Me Szepetowski, pour la SAS K et M A,
- et les observations de Me Amblard, pour la commune.
Considérant ce qui suit :
1. Par un arrêté du 21 juin 2019, le maire de Biot a délivré à la SAS K et M A un permis de construire autorisant la construction d'un ensemble A de trente-cinq logements, sur la parcelle cadastrée section AO n°52 située chemin des Soullières à Biot. Par un courrier du 9 juin 2021, le maire de Biot, en se référant à l'absence de réseau d'évacuation des eaux usées et pluviales sous le chemin des Soullières et à l'impossibilité de réaliser préalablement une extension de ces réseaux publics en raison du caractère privé de ce chemin, a informé la société pétitionnaire qu'il envisageait de procéder à l'abrogation du permis de construire dont elle est titulaire. Il a ensuite procédé à cette abrogation par un arrêté du 21 juin 2021. Par la présente requête, la SAS K et M A demande au tribunal l'annulation de l'arrêté du 21 juin 2021.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
2. Aux termes, d'une part, de l'article L. 242-1 du code des relations entre le public et l'administration : " L'administration ne peut abroger ou retirer une décision créatrice de droits de sa propre initiative ou sur la demande d'un tiers que si elle est illégale et si l'abrogation ou le retrait intervient dans le délai de quatre mois suivant la prise de cette décision ". Aux termes de l'article L. 242-2 du même code : " Par dérogation à l'article L. 242-1, l'administration peut, sans condition de délai : 1° Abroger une décision créatrice de droits dont le maintien est subordonné à une condition qui n'est plus remplie () ".
3. Aux termes, d'autre part, de l'article L. 424-5 du code de l'urbanisme : " La décision de non-opposition à une déclaration préalable ou le permis de construire ou d'aménager ou de démolir, tacite ou explicite, ne peuvent être retirés que s'ils sont illégaux et dans le délai de trois mois suivant la date de ces décisions. Passé ce délai, la décision de non-opposition et le permis ne peuvent être retirés que sur demande expresse de leur bénéficiaire ".
4. Il ressort des pièces du dossier que le permis du 21 juin 2019 a été délivré sous la réserve du respect de prescriptions tendant, notamment, au raccordement de l'opération projetée aux réseaux publics d'eaux usées et d'eaux pluviales. Pour procéder, sur le fondement des dispositions de l'article L. 242-2 du code des relations entre le public et l'administration, à l'abrogation du permis de construire dont la SAS K et M A était bénéficiaire, le maire de Biot a relevé que ces raccordements ne pourront pas être réalisés sans l'autorisation expresse des propriétaires concernés " eu égard à la qualification juridique actuelle du chemin des Soullières ". L'autorité territoriale en a déduit que les prescriptions en cause, qui s'analysent d'après elle comme des conditions auxquelles est subordonnée l'exécution de ces permis, ne pourront pas être respectées et qu'elle était fondée à " abroger ", sans condition de délai, ces autorisations d'urbanisme. Toutefois, le permis en cause a créé, au profit de son bénéficiaire, des droits définitivement acquis qui n'étaient pas subordonnés au maintien d'une condition, de sorte que cet acte ne pouvait pas faire l'objet d'une abrogation sur le fondement des dispositions citées au point 2. En outre, à la date de la décision attaquée, le permis en cause avait été accordé depuis plus de trois mois et ne pouvait, dès lors, par application des dispositions citées au point 3, ni être retiré ni être abrogé.
5. Au demeurant, si la commune fait valoir " qu'une prescription à laquelle est assujetti un permis de construire s'analyse comme une condition à laquelle celui-ci est subordonné ", la circonstance que les prescriptions en cause pourraient ne pas être réalisées relève de l'exécution des permis et non de leur légalité. Ainsi, la construction projetée ne pourra être légalement réalisée conformément au permis délivré qu'à la condition que le raccordement de l'opération aux réseaux publics d'eaux usées et d'eaux pluviales soit effectué conformément à ces prescriptions.
6. Dans ces conditions, la société requérante est fondée à soutenir que l'arrêté attaqué méconnaît les dispositions de l'article L. 424-5 du code de l'urbanisme et qu'il a fait une inexacte application des règles régissant l'abrogation des actes administratifs créateurs de droits.
7. Il résulte de ce qui précède que la SAS K et M A est fondée à demander l'annulation de l'arrêté du 21 juin 2021 par lequel la maire de la commune de Biot a abrogé le permis de construire du 21 juin 2019 dont elle était bénéficiaire.
Sur les frais liés au litige :
8. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la SAS K et M A, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que la commune de Biot demande au titre des frais liés au litige.
9. En revanche, il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce et sur le fondement de ces dispositions, de mettre à la charge de la commune de Biot une somme de 2 500 euros à verser à la SAS K et M A.
D E C I D E :
Article 1er : L'arrêté du 21 juin 2021 par lequel le maire de Biot a abrogé le permis de construire qu'il avait délivré à la SAS K et M A le 21 juin 2019 est annulé.
Article 2 : La commune de Biot versera une somme de 2 500 euros (deux mille cinq cents euros) à la SAS K et M A en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Les conclusions présentées par la commune de Biot au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à la SAS K et M A et à la commune de Biot.
Copie en sera adressée au procureur de la République près le tribunal judiciaire de Grasse.
Délibéré après l'audience du 7 septembre 2022, à laquelle siégeaient :
M. Bonhomme, président,
Mme Soler, conseillère,
M. Holzer, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 septembre 2022.
Le rapporteur,
Signé
M. HOLZER
Le président,
Signé
T. BONHOMME
La greffière,
Signé
M.-L. DAVERIO
La République mande et ordonne au préfet des Alpes-Maritimes en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour le greffier en chef,
Ou par délégation la greffière,
No 2103838
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026