LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA06-2104043

Tribunal Administratif de Nice — Décision N° TA06-2104043

mardi 27 février 2024

JuridictionTribunal Administratif de Nice
SectionTribunal Administratif de Nice
N° DossierTA06-2104043
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation6ème chambre
Avocat requérantSELAS BAHEUX

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et deux mémoires complémentaires, enregistrés les 26 juillet 2021, 3 mars 2023 et 11 juillet 2023, Mme B A, représentée par Me Baheux, demande au tribunal dans le dernier état de ses écritures :

1°) d'annuler la décision du 7 juin 2021 par laquelle le maire de Nice a prononcé à son encontre une sanction d'exclusion temporaire de fonctions d'une durée de quinze jours assortie d'un sursis total ;

2°) de condamner la commune de Nice à lui verser la somme de 5 000 euros en réparation du préjudice subi ;

3°) de mettre à la charge de la commune de Nice une somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la matérialité des faits reprochés n'est pas établie ;

- elle n'a enfreint aucune règle ;

- le défaut de vigilance a pour cause un ensemble de dysfonctionnements qui ne lui sont pas imputables ;

- la décision attaquée est entachée d'une erreur de qualification juridique des faits.

Par un mémoire en défense, enregistré le 31 mai 2023, la commune de Nice, représentée par Me de Fay, conclut au rejet de la requête et demande que la somme de 2 000 euros soit mise à la charge de la requérante au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir que :

- les conclusions indemnitaires sont irrecevables pour défaut de liaison du contentieux ;

- les moyens soulevés ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code général de la fonction publique ;

- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires ;

- la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique du 6 février 2024 :

- le rapport de Mme Gazeau,

- les conclusions de Mme Belguèche, rapporteure publique,

- et les observations de Me Belal Cordebar, représentant la commune de Nice.

Considérant ce qui suit :

1. Mme A, éducatrice de jeunes enfants, est employée à la halte-jeux Les Colibris à Nice. Par un arrêté du maire de Nice du 7 juin 2021, Mme A a fait l'objet d'une sanction d'exclusion temporaire de fonctions de 15 jours, assortie d'un sursis total. Mme A demande au tribunal d'annuler cette décision et de condamner la commune de Nice à lui verser la somme de 5 000 euros en réparation du préjudice subi.

Sur les conclusions aux fins d'annulation :

2. Pour édicter la sanction disciplinaire en litige, le maire de Nice a relevé que Mme A avait commis un manquement à son obligation d'obéissance hiérarchique en organisant, le 17 octobre 2019, alors qu'elle était, en sa qualité d'adjointe, investie des missions et responsabilités incombant à la directrice de la halte-jeux, en l'absence de cette dernière au moment des faits, un atelier d'activité manuelle durant l'arrivée des parents, en méconnaissance de la consigne de sa directrice et avait fait preuve, ainsi, de négligence et d'un manque de conscience professionnelle, ayant conduit à ce qu'un enfant se soit retrouvé seul, sans surveillance, à l'extérieur de la structure d'accueil.

3. Il appartient au juge de l'excès de pouvoir, saisi de moyens en ce sens, de rechercher si les faits reprochés à un agent public ayant fait l'objet d'une sanction disciplinaire constituent des fautes de nature à justifier une sanction et si la sanction retenue est proportionnée à la gravité de ces fautes.

4. Aux termes du premier alinéa de l'article 28 de la loi du 13 juillet 1983 du 13 juillet 1983 dans sa rédaction applicable, désormais codifié aux articles L. 121-9 et L. 121-10 du code général de la fonction publique : " Tout fonctionnaire, quel que soit son rang dans la hiérarchie, est responsable de l'exécution des tâches qui lui sont confiées. Il doit se conformer aux instructions de son supérieur hiérarchique, sauf dans le cas où l'ordre donné est manifestement illégal et de nature à compromettre gravement un intérêt public ". Aux termes du premier alinéa de l'article 29 de cette même loi, dans sa version en vigueur, désormais codifié à l'article L. 530-1 du code général de la fonction publique : " Toute faute commise par un fonctionnaire dans l'exercice ou à l'occasion de l'exercice de ses fonctions l'expose à une sanction disciplinaire () ". Aux termes de l'article 89 de la loi du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale alors en vigueur : " Les sanctions disciplinaires sont réparties en quatre groupes : () / Deuxième groupe : () / l'exclusion temporaire de fonctions pour une durée de quatre à quinze jours ; () ".

En ce qui concerne la matérialité des faits :

5. Il résulte de l'instruction que le 17 octobre 2019, en l'absence de la directrice de la halte-jeux, Mme A, en sa qualité d'adjointe, avait la responsabilité des enfants et du personnel. Il résulte également de l'instruction que pour soulager l'auxiliaire de puériculture en charge du groupe des moyens, Mme A a décidé d'organiser dans le fond du hall d'accueil, sans visibilité sur l'entrée du hall, à 10 heures 40 minutes, un atelier d'activité manuelle avec quatre des enfants confiés à la première. Lors de son audition par le conseil de discipline, Mme A a indiqué avoir terminé cet atelier à 10 heures 58 minutes, soit deux minutes avant le début des transmissions des enfants aux parents, et qu'il ne lui restait alors plus qu'à balayer le sol pour assurer la sécurité des enfants, ce qu'elle a fait à la fin de l'atelier. Il résulte également de l'instruction que Mme A a indiqué avoir réalisé des transmissions d'enfants à 11 heures dans le fond du hall d'accueil qui avait été dédié à l'activité manuelle et avoir ensuite procédé au rangement de l'atelier tout en répondant au téléphone. Mme A a également indiqué lors de ses auditions avoir positionné, avant l'arrivée des parents, des livres sur des tables du hall d'accueil pour les activités libres du service des moyens. Il résulte en outre de l'instruction que les dysfonctionnements dans l'organisation du travail de la structure le matin du 17 octobre 2019 et dans la transmission des enfants aux parents ont conduit à ce qu'un des enfants échappe à la surveillance des agents de la halte-jeux au moment des transmissions. Au regard de ces éléments, la requérante n'est pas fondée à soutenir que la matérialité des faits qui fondent la sanction n'est pas établie.

En ce qui concerne la nature disciplinaire des faits :

6. Il résulte ainsi de l'instruction que la transmission des enfants aux parents ne s'est pas déroulée dans des conditions adéquates et de sécurité satisfaisantes et qu'en sa qualité d'adjointe en charge des missions et des responsabilités de la directrice en son absence, Mme A a fait preuve d'une négligence dans l'organisation et la gestion de la halte-jeux, constitutive d'un manquement à ses obligations professionnelles, quand bien même, d'une part, elle n'aurait pas reçu de consignes précises de la part de la directrice en son absence, d'autre part, elle aurait respecté les règles d'encadrement de 8 enfants par agents. Par ailleurs, les circonstances selon lesquelles aucun enfant n'est sorti des locaux et que le parquet a d'ailleurs classé sans suite la plainte déposée par la mère de celui-ci, et qu'un ensemble de dysfonctionnements liés aux absences de collègues et à la présence d'enfants malades ont concouru aux faits reprochés, sont sans incidence sur la responsabilité propre de la requérante qui, par le défaut de gestion de la structure le matin du 17 octobre 2019, a manqué à ses obligations professionnelles de direction et de surveillance. Il ressort ainsi des pièces du dossier que les faits en cause sont de nature à justifier une sanction disciplinaire.

En ce qui concerne la proportionnalité de la sanction :

7. Il ressort des pièces du dossier que le conseil de discipline, lors de son avis émis le 26 janvier 2021, a tenu compte de ce qu'aucune consigne exacte sur la gestion de la structure n'avait été donnée par la directrice en son absence à Mme A, qu'il n'est pas établi qu'un des enfants soit réellement sorti de l'enceinte du bâtiment, et que le service était perturbé par les absences d'agents et la présence d'enfants malades. Au regard de tout ce qui précède, la sanction d'exclusion temporaire de fonctions de 15 jours, assortie d'un sursis total, infligée à Mme A n'apparaît pas disproportionnée aux faits qui lui sont reprochés.

8. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions de Mme A tendant à l'annulation de l'arrêté du 7 juin 2021 doivent être rejetées.

Sur les conclusions indemnitaires :

9. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner la fin de non-recevoir opposée en défense tirée du défaut de liaison des conclusions indemnitaires, qu'en l'absence de faute commise par la commune de Nice de nature à engager sa responsabilité, les conclusions aux fins d'indemnisation du préjudice allégué de Mme A ne peuvent qu'être rejetées.

Sur les frais liés à l'instance :

10. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que la somme demandée par Mme A soit mise à la charge de la commune de Nice, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de Mme A la somme que demande la commune de Nice au titre des mêmes dispositions.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.

Article 2 : Les conclusions présentées par la commune de Nice au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A et à la commune de Nice.

Délibéré après l'audience du 6 février 2024, à laquelle siégeaient :

M. Soli, président,

Mme Gazeau, première conseillère,

Mme Guilbert, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 27 février 2024.

La rapporteure,

signé

D. Gazeau

Le président,

signé

P. Soli La greffière,

signé

L. Bianchi

La République mande et ordonne au préfet des Alpes-Maritimes en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Le greffier en chef,

Ou par délégation, la greffière

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions