LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA06-2104129

Tribunal Administratif de Nice — Décision N° TA06-2104129

mercredi 8 janvier 2025

JuridictionTribunal Administratif de Nice
SectionTribunal Administratif de Nice
N° DossierTA06-2104129
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation3ème Chambre
Avocat requérantSELAS STIFANI - FENOUD- BECHTOLD

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 29 juillet 2021, M. A B représenté par Me Stifani, demande au tribunal :

1°) de prononcer la décharge des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu auxquelles il a été assujetti au titre des années 2014 et 2015 assorties des intérêts de retard et des pénalités correspondants ainsi que des rappels de taxe sur la valeur ajoutée mis à sa charge au titre de la période allant du 1er janvier 2014 au 31 décembre 2016 ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 3 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- s'agissant des impositions mises à sa charge au titre de l'année 2014, elles étaient prescrites ;

- la procédure est irrégulière dès lors que les actes de la procédure lui ont été envoyés alors qu'il avait donné un mandat de représentation fiscale à son cabinet d'expertise comptable, ce qui l'a privé de garanties essentielles ;

- en considérant qu'il acceptait certains rehaussements alors que ce n'était pas le cas, l'administration l'a privé de garanties ;

- l'administration a méconnu son devoir de loyauté dans la procédure ;

- le rejet de comptabilité n'est pas justifié ;

- la méthode de reconstitution doit être écartée et aboutit à des impositions exagérées.

Par un mémoire en défense, enregistré le 17 décembre 2021, l'administratrice générale des finances publiques, directrice de la direction de contrôle fiscal sud-est outre-mer conclut au rejet de la requête.

Elle fait valoir que les moyens ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;

- l'ordonnance n° 2020-306 du 25 mars 2020 relative à la prorogation des délais échus pendant la période d'urgence sanitaire et à l'adaptation des procédures pendant cette même période ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Sorin, rapporteure ;

- les conclusions de M. Ringeval, rapporteur public.

Par une ordonnance du 24 mai 2024, la clôture d'instruction a été fixée au 3 juillet 2024.

Considérant ce qui suit :

1. M. A B exerce l'activité de consultant. Son activité relevant de la catégorie des bénéfices non commerciaux et donnant lieu à TVA, il a fait l'objet d'une vérification de comptabilité au titre des années 2014 et 2015. Une proposition de rectification lui a été envoyée le 11 août 2017. A la suite de cette proposition, M. B a été assujetti selon la procédure de rectification contradictoire, à des cotisations supplémentaires d'impôts sur le revenu au titre des années 2014 et 2015 assortis des intérêts de retard et d'une pénalité de 40%, ainsi qu'à des rappels de TVA et de l'amende prévue à l'article 1736 du code général des impôts pour les mêmes années. M. B demande la décharge de ces impositions supplémentaires et des pénalités correspondantes.

Sur les conclusions à fin de décharge :

S'agissant du droit de reprise :

2. Aux termes de l'article L. 169 du livre des procédures fiscales : " Pour l'impôt sur le revenu et l'impôt sur les sociétés, le droit de reprise de l'administration des impôts s'exerce jusqu'à la fin de la troisième année qui suit celle au titre de laquelle l'imposition est due. () ". En vertu de l'article L.189 du mêle livre : " La prescription est interrompue par la notification d'une proposition de rectification, par la déclaration ou la notification d'un procès-verbal, de même que par tout acte comportant reconnaissance de la part des contribuables et par tous les autres actes interruptifs de droit commun. ".

3. Aux termes de l'article 10 de l'ordonnance n° 2020-306 du 25 mars 2020 : " I.- Sont suspendus à compter du 12 mars 2020 et jusqu'au 23 août 2020 inclus et ne courent qu'à compter de cette dernière date, s'agissant de ceux qui auraient commencé à courir pendant la période précitée, les délais : / 1° Accordés à l'administration pour réparer les omissions totales ou partielles constatées dans l'assiette de l'impôt, les insuffisances, les inexactitudes ou les erreurs d'imposition et appliquer les intérêts de retard et les sanctions en application des articles L. 168 à L. 189 du livre des procédures fiscales ou de l'article 354 du code des douanes lorsque la prescription est acquise au 31 décembre 2020 (). ".

4. Ces dispositions qui prévoient la suspension du délai de prescription doivent être regardées comme autorisant symétriquement la suspension du délai de forclusion des actions visant à la contestation des impositions ayant bénéficié de la suspension du délai de reprise.

5. Il résulte de l'instruction que s'agissant des impositions dues au titre de l'année 2014, une proposition de rectification a été notifiée au requérant le 11 août 2017 faisant ainsi courir un nouveau délai de prescription. Un avis de mise en recouvrement a ensuite été notifié au requérant le 15 décembre 2017. Toutefois, par une décision du 8 juillet 2021, l'administratrice générale des finances publiques adjointe a prononcé le dégrèvement des cotisations supplémentaires d'impôts sur le revenu ainsi que des intérêts de retard et pénalités y afférents au titre de l'année 2014 soit pour un montant de 143 662 euros. Un nouvel avis d'imposition a été émis le 12 mai 2021 avec une date de mise en recouvrement au 31 mai 2021. Cet avis a été envoyé le 19 juillet 2021 et reçu par le contribuable le 21 juillet 2021. A cette date, en raison de la suspension liée à l'état d'urgent sanitaire selon les modalités prévues par les dispositions précitées, le droit de reprise de l'administration pour l'année 2014 n'était pas prescrit.

S'agissant de la régularité de la procédure :

6. En premier lieu, aux termes de l'article L. 57 du livre des procédures fiscales : " L'administration adresse au contribuable une notification de redressement qui doit être motivée de manière à lui permettre de formuler ses observations ou de faire connaître son acceptation () ". Pour l'application de ces dispositions, lorsque le mandat donné à un conseil ou à tout autre mandataire par un contribuable pour l'assister dans ses relations avec l'administration ne contient aucune mention expresse habilitant le mandataire à recevoir l'ensemble des actes de la procédure d'imposition, ce mandat n'emporte pas élection de domicile auprès de ce mandataire. Dans ce cas, l'administration n'entache pas la procédure d'imposition d'irrégularité en notifiant l'ensemble des actes de la procédure au contribuable, alors même que le mandat confie au mandataire le soin de répondre à toute notification de redressements, d'accepter ou de refuser tout redressement.

7. Il résulte de l'instruction que M. B a donné mandat au cabinet d'expertise comptable AS Expertise par lettre du 14 février 2017. Toutefois, l'administration fait valoir sans être contredite sur ce point, que ce mandat ne contenait aucune mention expresse que ce cabinet était habilité à recevoir l'ensemble des actes de la procédure. Par suite, ce mandat, contrairement à ce que soutient le requérant, n'emportait pas élection de domicile. Dans ces conditions, conformément à ce qui est mentionné au point précédent, l'administration a pu notifier au requérant l'ensemble des actes de la procédure sans entacher d'illégalité la procédure.

8. En deuxième lieu, M. B soutient que c'est à tort que l'administration a considéré qu'il ne contestait pas le rejet de la comptabilité et qu'il avait implicitement accepté les rehaussements relatifs aux rappels de TVA pour les années 2014 et 2015, à la déduction de TVA relative à des dépenses étrangères à l'exploitation, aux recettes non commerciales soumises aux bénéfices non commerciaux, aux dépenses non nécessitées par l'exercice de la profession et aux amendes et qu'il a ainsi été privé d'un débat oral et contradictoire sur ces questions.

9. S'agissant du rejet de la comptabilité, il résulte de l'instruction que le requérant a pu en tout état de cause, faire valoir ses observations sur ce point notamment lors de la séance de la commission départementale des impôts directs et des taxes sur le chiffre d'affaires du 16 mai 2018. En outre, à supposer que l'administration ait considéré à tort que le requérant avait implicitement reconnu certains rehaussements, ce dernier n'a, en tout état de cause, pas été privé de garantie puisqu'il résulte de l'instruction que le requérant ainsi que le cabinet AS Expertise ont été entendus à plusieurs reprises par l'administration, que l'administration soutient sans être contredite sur ce point, que le requérant a été informé de la possibilité de former un recours hiérarchique ce qu'il n'a pas fait et qu'enfin, le requérant a saisi la commission départementale des impôts directs et des taxes sur le chiffre d'affaires auprès de laquelle il a pu faire valoir ses points de désaccord. Dans ces conditions, le requérant ne peut soutenir que du fait de l'acceptation de sa part de certains rehaussements, l'administration l'aurait privé sur ces points, d'un débat oral et contradictoire.

10. En troisième lieu, M. B soutient que l'administration a créé un " imbroglio " qui l'a empêché de se défendre correctement. Il résulte toutefois de l'instruction que l'administration fiscale a informé le requérant des différentes étapes de la procédure de contrôle et de ses conséquences, que le requérant a été à même de présenter ses observations et qu'ainsi le débat oral et contradictoire a pu se dérouler. En outre, si le requérant soutient que l'administration a refusé de tirer les conséquences de la vérification de comptabilité de la société Able technologies sur son imposition notamment pour des déductions de charge, il ne l'établit pas. Dans ces conditions, le requérant n'est pas fondé à soutenir que l'administration fiscale aurait méconnu " le principe de loyauté ".

S'agissant du bien-fondé des impositions :

S'agissant de la charge de la preuve :

11. Aux termes de l'article L. 192 du livre des procédures fiscales : " Lorsque l'une des commissions visées à l'article L. 59 est saisie d'un litige ou d'une rectification, l'administration supporte la charge de la preuve en cas de réclamation, quel que soit l'avis rendu par la commission. / Toutefois, la charge de la preuve incombe au contribuable lorsque la comptabilité comporte de graves irrégularités et que l'imposition a été établie conformément à l'avis de la commission. () ".

12. La commission départementale des impôts directs et des taxes sur le chiffre d'affaires a été saisie du désaccord entre l'administration et M. B. Les bases d'imposition retenues étant conformes à l'avis qu'elle a émis, il appartient au requérant d'apporter la preuve de l'exagération des bases d'impositions retenues par l'administration.

Quant au rejet de la comptabilité :

13. Il résulte de l'instruction que le service vérificateur a constaté d'abord, que le requérant n'utilisait pas de comptes bancaires à usage professionnels mais ses comptes personnels qui ont donc été qualifiés de comptes " mixtes ", puis, que la comptabilité de M. B pour les années et périodes vérifiées, n'enregistrait pas le détail des encaissements et décaissements portés au débit ou au crédit des comptes bancaires, que les opérations sur les trois comptes bancaires du requérant étaient portées au journal " BQ-2 " compte 512 dans un seul compte libellé " Crédit Lyonnais ", qu'il existait une discordance entre le compte de l'exploitant 108 qui ne faisait apparaître que quelques opérations d'inventaire alors que divers mouvements apparaissaient sur les comptes bancaires et que les décaissements figurant sur les relevés bancaires ne permettaient pas de faire le lien avec les opérations de rétrocessions d'honoraires enregistrées au compte 706900 alors qu'elles représentaient 60 % des recettes. Au regard de ces anomalies, alors même que M. B aurait produit de nombreuses pièces et que le service aurait validé plusieurs décaissements, l'administration a pu considérer que la comptabilité présentait un caractère non probant et non sincère et procéder à la reconstitution des recettes de M. B.

Quant à la reconstitution de recettes :

14. Il résulte de l'instruction, que pour reconstituer les recettes de M. B, le service, à partir des sommes créditées sur les comptes bancaires du requérant, a déterminé les encaissements en lien avec son activité de consultant. Le service a ensuite examiné les charges qui pouvaient être déduites de ces sommes. Ainsi, au vu de la méthode employée, le requérant n'est pas fondé à soutenir que le service n'a pas procédé à une reconstitution globale et se serait seulement fondé sur des éléments ponctuels. En outre, si le requérant soutient que le service qui refusait lors de la vérification de comptabilité de la société Able technologies, de déduire l'intégralité des honoraires de consultant de M. B devait automatiquement les déduire du montant des bénéfices non commerciaux, il n'existe aucune automaticité. Dans ces conditions, le requérant n'apporte pas la preuve, qui lui incombe, de l'exagération des bases d'impositions retenues.

15. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. B doit être rejetée dans l'ensemble de ses conclusions y compris celles tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la fin de non-recevoir.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et à l'administratrice générale des finances publiques, directrice de la direction de contrôle fiscal sud-est outre-mer.

Délibéré après l'audience du 4 décembre 2024, à laquelle siégeaient :

Mme Pouget, présidente,

Mme Sorin, première conseillère,

M. Loustalot-Jaubert, conseiller,

assistés de Mme Génovese, greffière.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 8 janvier 2025.

La rapporteure,

signé

G. Sorin

La présidente,

signé

M. PougetLa greffière,

signé

S. Génovese

La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de l'industrie en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Le greffier en chef,

ou par délégation le greffier

No 2104129

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions