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AccueilJurisprudence administrativeN° TA06-2104862

Tribunal Administratif de Nice — Décision N° TA06-2104862

mardi 24 octobre 2023

JuridictionTribunal Administratif de Nice
SectionTribunal Administratif de Nice
N° DossierTA06-2104862
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation6ème chambre
Avocat requérantSELARL CABINET FRANCK BANERE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 20 septembre 2021, M. A B, représenté par Me Banere, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 23 juillet 2021 par laquelle la commune de Cannes a déclaré la consolidation de son état au 31 mai 2020 avec un taux d'incapacité permanente de 5%, suite à l'accident de service dont elle a été victime le 31 janvier 2018 et a requalifié en congé de maladie ordinaire ses arrêts de travail du 20 octobre 2020 au 13 avril 2021 ainsi que son temps partiel thérapeutique pour la période du 1er juin au 5 décembre 2020 ;

2°) à titre subsidiaire, d'ordonner une expertise médicale ;

3°) de mettre à la charge de la commune de Cannes une somme de 2 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- l'arrêté en litige est signé par une autorité incompétente pour ce faire ;

- la commune de Cannes a dénaturé les faits en invoquant un accident prétendument survenu en juin 2020 ; en tout état de cause, un tel accident n'est pas de nature à écarter la qualification de rechute d'un accident de service.

Par un mémoire en défense enregistré le 3 août 2023, la commune de Cannes, représentée par Me Eglie-Richters, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de M. B une somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir que les moyens invoqués par M. B ne sont pas fondés.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

Vu :

- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique du 3 octobre 2023 :

- le rapport de Mme Guilbert,

- les conclusions de Mme Belguèche, rapporteure publique,

- et les observations de Me Debrugges, substituant Me Eglie-Richters, représentant la commune de Cannes.

Considérant ce qui suit :

1. M. B, adjoint technique territorial de deuxième classe, affecté en qualité de peintre au sein du service de la circulation de la ville de Cannes, a été victime d'un accident de service le 31 janvier 2018. Il a repris son travail à mi-temps thérapeutique le 5 décembre 2019. M. B s'étant plaint d'une aggravation de son état, la commune de Cannes a désigné un expert le 26 novembre 2020, qui a estimé que l'aggravation invoquée était dépourvue de lien avec l'accident de service du 31 janvier 2018. M. B ayant sollicité une contre-expertise, la commune de Cannes a désigné un second expert qui a déposé son rapport le 19 janvier 2021, confirmant les conclusions de l'expert précédent. La commission départementale de réforme pour les fonctionnaires territoriaux réunie en séance du 12 mai 2021 a fixé la consolidation de l'état du requérant au 31 mai 2020, avec un taux d'incapacité permanente de 5% en lien avec l'accident de service. Par un arrêté du 23 juillet 2021, la commune de Cannes a placé M. B en congé de maladie ordinaire du 20 octobre 2020 au 18 juin 2021. M. B demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 23 juillet 2021.

2. En premier lieu, l'arrêté en litige est signé par Mme C, sixième adjointe de la commune de Cannes, qui justifie d'une délégation de fonctions et de signature du 2 juin 2020, régulièrement affichée, à l'effet de statuer sur les affaires et signer les décisions relevant, notamment, des ressources humaines de la collectivité. Dès lors, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de l'acte manque en fait et doit, par suite, être écarté.

3. En deuxième lieu, aux termes de l'article 21 bis de la loi du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires dans sa version applicable au litige : " II.-Est présumé imputable au service tout accident survenu à un fonctionnaire, quelle qu'en soit la cause, dans le temps et le lieu du service, dans l'exercice ou à l'occasion de l'exercice par le fonctionnaire de ses fonctions ou d'une activité qui en constitue le prolongement normal, en l'absence de faute personnelle ou de toute autre circonstance particulière détachant l'accident du service. ".

4. Il ressort des pièces du dossier, et notamment des deux rapports d'expertise médicale réalisés successivement par les docteurs Viani et Dal Zotto, que suite à un accident de service survenu le 31 janvier 2018, M. B a souffert d'une lésion de la coiffe des rotateurs gauche, présentant une désinsertion partielle de la face profonde du sous-scapulaire et du sus-épineux. Il a alors été traité par ténotomie ténodèse du long biceps et réinsertion du sous-scapulaire et du sus-épineux. Les suites de cette opération ont été satisfaisantes et le patient déclarait alors avoir " bien récupéré son épaule ", de sorte que l'état résultant pour le requérant de l'accident de service de 2018 peut être regardé comme consolidé à la date du 31 mai 2020. Il ressort des termes concordants des deux rapports, qu'au cours des opérations d'expertise, M. B a déclaré avoir été victime d'un second accident au mois de juin 2020, à la suite duquel il aurait présenté des douleurs et une gêne fonctionnelle de l'épaule gauche. Les examens réalisés ont alors révélé un amincissement du sus-épineux, qui constitue un fait nouveau, sans lien avec l'accident de service de 2018. Dans le cadre de la présente instance, M. B conteste désormais la survenue d'un nouvel accident en juin 2020. Cependant, par ces seules allégations, il ne contredit pas utilement les conclusions médicales concordantes des deux experts qui ont écarté tout lien entre les nouvelles lésions présentées par l'intéressé et les suites de l'accident de service de 2018.

5. Dans ces conditions, la commune de Cannes qui, pour refuser de reconnaître l'imputabilité au service de la rechute invoquée, s'est fondée sur les constatations et avis des experts tels qu'ils résultent de l'examen et des déclarations de M. B, retranscrites de manière concordante, n'a pas dénaturé les faits de l'espèce.

6. Compte-tenu de tout ce qui précède, les conclusions aux fins d'annulation présentées par M. B doivent être rejetée, sans qu'il soit besoin d'ordonner avant dire-droit une expertise, ensemble celles formulées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

7. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions présentées par la commune de Cannes au titre des frais liés à l'instance.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : Les conclusions présentées par la commune de Cannes en application de l'article L.761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et à la commune de Cannes.

Délibéré après l'audience du 3 octobre 2023, à laquelle siégeaient :

M. Taormina, président,

Mme Gazeau, première conseillère,

Mme Guilbert, première conseillère,

Rendu public par mise à disposition au greffe le 24 octobre 2023 .

La rapporteure,

signé

L. Guilbert

Le président,

signé

G. Taormina La greffière,

signé

E. Gialis

La République mande et ordonne au préfet des Alpes-Maritimes en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Le greffier en chef,

Ou par délégation, la greffière

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