mercredi 18 octobre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nice |
| Section | Tribunal Administratif de Nice |
| N° Dossier | TA06-2104906 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 4ème Chambre |
| Avocat requérant | OLOUMI AVOCATS ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 22 septembre 2021, Madame A B, représentée par Me Oloumi, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 1er février 2021 par lequel le préfet des Alpes-Maritimes a refusé de lui délivrer un titre de séjour ;
2°) d'enjoindre au préfet des Alpes-Maritimes, à titre principal, de lui délivrer un titre de séjour et, à titre subsidiaire, de réexaminer sa demande dans le délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement et, dans l'intervalle, de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler ;
3°) de mettre à la charge de l'État la somme de 2 000 euros à verser à son avocat en application des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Elle soutient que :
- la décision est entachée d'une insuffisance de motivation dès lors qu'elle ne se prononce pas également sur la demande de titre de séjour portant la mention " visiteur " présentée par la requérante ;
- la décision est entachée d'une erreur de droit dans la mesure où le refus de délivrance du titre de séjour sollicité est fondé sur l'article L. 313-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la décision est entachée d'une erreur de droit dès lors qu'elle ne se prononce pas sur l'admission exceptionnelle au séjour sollicitée par la requérante sur le fondement de l'article L. 313-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
La requête a été communiquée au préfet des Alpes-Maritimes, qui n'a pas produit de mémoire.
Par une ordonnance du 25 avril 2023, la clôture de l'instruction a été fixée au 12 mai 2023 à 12h00.
Mme B a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle par une décision du 3 juin 2021.
Un mémoire produit par Mme B a été enregistré le 15 septembre 2023.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- l'accord franco-marocain du 9 octobre 1987 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le décret n° 2020-1717 du 28 décembre 2020 ;
- le code de justice administrative ;
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 27 septembre 2023 :
- le rapport de Mme Sandjo, conseillère,
- et les observations de Me Della Monaca, représentant Mme B.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B, ressortissante marocaine, née en 1969, est entrée en France le 25 décembre 2018, sous couvert d'une carte de résident de longue durée-UE délivrée par les autorités italiennes. Le 2 décembre 2019, elle a sollicité la délivrance d'un premier titre de séjour portant la mention " visiteur ". A l'appui de sa demande, Mme B a produit une promesse d'embauche en contrat à durée indéterminée en date du 30 septembre 2019, pour exercer en qualité d'agent de propreté échelon 2. Par un arrêté du 1er février 2021, dont Mme B demande l'annulation, le préfet des Alpes-Maritimes a refusé de lui délivrer le titre de séjour sollicité.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. L'article 3 de l'accord du 9 octobre 1987 entre le Gouvernement de la République française et le Gouvernement du Royaume du Maroc en matière de séjour et d'emploi stipule que: " Les ressortissants marocains désireux d'exercer une activité professionnelle salariée en France, pour une durée d'un an au minimum, et qui ne relèvent pas des dispositions de l'article 1er du présent accord, reçoivent après contrôle médical et sur présentation d'un contrat de travail visé par les autorités compétentes, un titre de séjour valable un an renouvelable portant la mention " salarié " éventuellement assorties de restrictions géographiques ou professionnelles. / Après trois ans de séjour en continu en France, les ressortissants marocains visés à l'alinéa précédent pourront obtenir un titre de séjour de dix ans () ". L'article 9 du même accord stipule que : " Les dispositions du présent accord ne font pas obstacle à l'application de la législation des deux Etats sur le séjour des étrangers sur tous les points non traités par l'accord ".
3. En premier lieu, aux termes de l'article L. 313-4-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile devenu depuis l'article L. 426-11, dans sa rédaction applicable : " L'étranger titulaire de la carte de résident de longue durée-UE définie par les dispositions communautaires applicables en cette matière et accordée dans un autre Etat membre de l'Union européenne qui justifie de ressources stables et suffisantes pour subvenir à ses besoins et, le cas échéant, à ceux de sa famille ainsi que d'une assurance maladie obtient, sous réserve qu'il en fasse la demande dans les trois mois qui suivent son entrée en France et sans que la condition prévue à l'article L. 313-2 soit exigée : / 1° Une carte de séjour temporaire portant la mention " visiteur " s'il remplit les conditions définies à l'article L. 313-6 ; () / 5° Une carte de séjour temporaire portant la mention de l'activité professionnelle pour laquelle il a obtenu l'autorisation préalable requise, dans les conditions définies, selon le cas, aux 1°, 2° ou 3° de l'article L. 313-10. ". Aux termes de l'article L. 313-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, devenu depuis l'article L. 435-1, dans sa rédaction applicable : " La carte de séjour temporaire mentionnée à l'article L. 313-11 peut être délivrée, sauf si sa présence constitue une menace pour l'ordre public, à l'étranger ne vivant pas en état de polygamie dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 311-7 ()".
4. D'une part, si Mme B fait valoir qu'elle aurait dû bénéficier d'un titre de séjour de plein droit dès lors qu'elle était en possession d'une carte de résident de longue durée délivrée par les autorités italiennes, il est constant qu'elle n'a pas présenté une telle demande dans les trois mois qui ont suivi son entrée en France à la date du 25 décembre 2018. Par suite, et en tout état de cause, elle ne remplissait pas les conditions pour se voir délivrer une carte de séjour temporaire en application des dispositions citées au point précédent.
5. D'autre part, Mme B, qui est entrée en France le 25 décembre 2018, ne peut se prévaloir, que d'un séjour sur le territoire d'une durée brève, de moins de trois années à la date de la décision attaquée, soit le 1er février 2021. S'il est constant que la requérante est entrée en France accompagnée de trois enfants de ses quatre enfants, et que ceux-ci sont mineurs, elle ne justifie d'aucune insertion sociale ou professionnelle stable et ancienne en France.
6. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 316-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, devenu les articles L. 425-6 et L. 425-7, dans sa rédaction applicable : " Sauf si sa présence constitue une menace à l'ordre public, une carte de séjour temporaire portant la mention vie privée et familiale est délivrée à l'étranger qui bénéficie d'une ordonnance de protection en vertu de l'article 515-9 du code civil. La condition prévue à l'article L. 311-7 du présent code n'est pas exigée. Cette carte de séjour temporaire ouvre droit à l'exercice d'une activité professionnelle ".
7. Pour contester la décision portant refus de titre de séjour en litige, Mme B fait état des violences conjugales qu'elle a subies en Italie du fait de son ex époux et de menaces de mort proférées à son encontre par celui-ci depuis leur séparation, et produit à cet égard une ordonnance de renvoi de son ancien époux devant les autorités judiciaires italiennes en mars 2015. Ainsi les violences conjugales subies par Mme B peuvent être tenues pour établies. Toutefois, les faits de violence ainsi allégués sont anciens. Par ailleurs, Mme B ne justifie pas de l'impossibilité de s'installer en Italie, ailleurs que dans la ville de Campodarsego, dans laquelle elle a vécu avant son entrée en France.
8. En troisième lieu, il ne ressort ni de la motivation de l'arrêté attaqué ni d'aucune autre pièce du dossier que la situation personnelle de Mme B n'aurait été prise en compte dans l'instruction de sa demande. Par suite, le moyen doit être écarté
9. En quatrième lieu, aux termes de l'article 3-1 de la convention de New York : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait des institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale. "
10. S'il est constant que les trois enfants de la requérante sont scolarisés en France, la requérante a la possibilité de reconstituer la cellule familiale en Italie, où Mme B dispose d'un titre de séjour, ou encore au Maroc, son pays d'origine. Ainsi, en refusant de délivrer un titre de séjour à Mme B, le préfet des Alpes-Maritimes n'a pas porté d'atteinte à l'intérêt supérieur de ses trois enfants et n'a ainsi pas méconnu les stipulations citées au point précédent.
11. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par Mme B doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, des conclusions à fin d'injonction et celles relatives aux frais de l'instance.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B, à Me Oloumi et au préfet des Alpes-Maritimes.
Copie pour information sera adressée au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Délibéré après l'audience du 27 septembre 2023, à laquelle siégeaient :
M. Bonhomme, président,
Mme Soler, conseillère,
Mme Sandjo, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 octobre 2023.
La rapporteure,
Signé
G. SANDJOLe président,
Signé
T. BONHOMME
La greffière,
Signé
M-L. DAVERIO
La République mande et ordonne à au préfet des Alpes-Maritimes en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour le greffier en chef,
Ou par délégation la greffière,
5
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026