mardi 22 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nice |
| Section | Tribunal Administratif de Nice |
| N° Dossier | TA06-2105476 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 6ème chambre |
| Avocat requérant | S.E.L.A.F.A. CABINET CASSEL |
Vu la procédure suivante :
I. Par une requête, enregistrée sous le n° 2105476 le 18 octobre 2021, M. A B, représenté par la S.E.L.A.F.A. Cabinet Cassel, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 21 septembre 2021 par laquelle le directeur du centre international de Valbonne l'a placé en congé de grave maladie pour une durée de six mois du 3 septembre 2021 au 2 mars 2022 inclus ;
2°) d'enjoindre au centre international de Valbonne de réexaminer son dossier dans le sens du jugement à intervenir et d'assortir cette injonction d'une astreinte de 200 euros par jour de retard à compter du jugement à intervenir ;
3°) de mettre à la charge du centre international de Valbonne une somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ainsi que les dépens de l'instance.
Il soutient que :
- il n'a pas été informé de ses droits avant la réunion du comité médical ;
- il n'est pas établi que le comité médical ait statué en application des règles fixant son quorum ; seul le président et le médecin généraliste ont délibéré, sans médecin spécialiste, viciant ainsi la composition du comité médical ;
- il n'a pas été informé de son droit à communication de l'avis du comité médical ;
- en le plaçant en congé de grave maladie au lieu de procéder à l'aménagement de ses conditions de travail, le centre international de Valbonne a entaché la décision en litige d'une erreur dans la qualification juridique des faits et d'une erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 15 avril 2024, le centre international de Valbonne, représenté par Me Rua, conclut au rejet de la requête et demande qu'une somme de 2 000 euros au titre des frais liés au litige ainsi que les entiers dépens de l'instance soient mis à la charge du requérant.
Il fait valoir que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.
II. Par une requête, enregistrée sous le n° 2105477 le 18 octobre 2021, M. A B, représenté par la S.E.L.A.F.A. Cabinet Cassel, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 29 septembre 2021 par laquelle le directeur du centre international de Valbonne a mis fin à compter du 2 septembre 2021 à la concession de logement par nécessité de service dont il bénéficiait par arrêté du 1er avril 2013 ;
2°) d'enjoindre au centre international de Valbonne de poursuivre à compter du 2 septembre 2021 la concession de logement dont il bénéficiait, et, en toute hypothèse, de réexaminer son dossier dans le sens du jugement à intervenir et d'assortir cette injonction d'une astreinte de 200 euros par jour de retard à compter du jugement à intervenir ;
3°) de mettre à la charge du centre international de Valbonne une somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ainsi que les dépens de l'instance.
Il soutient que :
- la décision attaquée est entachée d'un vice d'incompétence ;
- elle est illégale par voie d'exception d'illégalité de la décision du 21 septembre 2021 dont elle procède :
- la décision du 21 septembre 2021 est entachée de vices de procédure ;
- elle est entachée d'une erreur de qualification juridique des faits et d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- cette décision est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
Par deux mémoires en défense, enregistrés le 15 avril 2024, le centre international de Valbonne, représenté par Me Rua, conclut au rejet de la requête et demande qu'une somme de 2 000 euros au titre des frais liés au litige ainsi que les entiers dépens de l'instance soient mis à la charge du requérant.
Il fait valoir que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 84-16 du 11 janvier 1984 ;
- le décret n° 83-86 du 17 janvier 1986 ;
- le décret n° 86-442 du 14 mars 1986 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 1er octobre 2024 :
- le rapport de Mme Gazeau,
- et les conclusions de Mme Belguèche, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, agent contractuel employé en qualité d'ouvrier polyvalent au service maintenance et sécurité du centre international de Valbonne, a été placé par décision du 21 septembre 2021 du centre international de Valbonne en congé de grave maladie pour une durée de six mois du 3 septembre 2021 au 2 mars 2022 inclus. Par arrêté du 29 septembre 2021, le centre international de Valbonne a mis fin à compter du 2 septembre 2021 à la concession de logement par nécessité de service dont bénéficiait M. B. Ce sont les deux décisions dont M. B demande au tribunal l'annulation pour excès de pouvoir.
Sur la jonction :
2. Les requêtes nos 2105476 et 2105477 concernent la situation d'un même agent public et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a lieu de les joindre pour statuer par un seul jugement.
Sur les conclusions d'annulation :
En ce qui concerne la légalité de la décision du 21 septembre 2021 portant placement de M. B en congé de grave maladie pour 6 mois à compter du 3 septembre 2021 :
3. Aux termes de l'article 13 du décret n° 83-86 du 17 janvier 1986 relatif aux dispositions générales applicables aux agents contractuels de l'Etat : " L'agent non titulaire en activité et comptant au moins trois années de service, atteint d'une affection dûment constatée, le mettant dans l'impossibilité d'exercer son activité, nécessitant un traitement et des soins prolongés et présentant un caractère invalidant et de gravité confirmée bénéficie d'un congé de grave maladie pendant une période maximale de trois ans. / () / En vue de l'octroi de ce congé, l'intéressé est soumis à l'examen d'un spécialiste agréé compétent pour l'affection en cause. La décision d'octroi est prise par le chef de service sur avis émis par le comité médical saisi du dossier. / La composition du comité médical et la procédure suivie sont celles prévues par la réglementation en vigueur pour les fonctionnaires titulaires. / Le congé pour grave maladie peut être accordé par période de trois à six mois () ".
4. Aux termes de l'article 7 du décret n° 86-442 du 14 mars 1986 relatif à la désignation des médecins agréés, à l'organisation des comités médicaux et des commissions de réforme, aux conditions d'aptitude physique pour l'admission aux emplois publics et au régime de congés de maladie des fonctionnaires, dans sa rédaction en vigueur à la date de la décision attaquée : " (). / Le secrétariat du comité médical informe le fonctionnaire ; / - de la date à laquelle le comité médical examinera son dossier ; / - de ses droits concernant la communication de son dossier et la possibilité de faire entendre le médecin de son choix ; / - des voies de recours possibles devant le comité médical supérieur. / L'avis du comité médical est communiqué au fonctionnaire sur sa demande. / Le secrétariat du comité médical est informé des décisions qui ne sont pas conformes à l'avis du comité médical ". Aux termes de l'article 5 de ce décret : " () Ce comité comprend deux praticiens de médecine générale, auxquels est adjoint, pour l'examen des cas relevant de sa qualification, un spécialiste de l'affection pour laquelle est demandé le bénéfice du congé de longue maladie ou de longue durée prévu à l'article 34 (3e et 4e) de la loi du 11 janvier 1984 susvisée () ".
5. Si les actes administratifs doivent être pris selon les formes et conformément aux procédures prévues par les lois et règlements, un vice affectant le déroulement d'une procédure administrative préalable n'est de nature à entacher d'illégalité la décision prise que s'il ressort des pièces du dossier qu'il a été susceptible d'exercer, en l'espèce, une influence sur le sens de la décision prise ou s'il a privé les intéressés d'une garantie.
6. D'une part, M. B soutient que l'avis rendu par le comité médical le 24 août 2021 l'a été au terme d'une procédure irrégulière dès lors que le secrétariat du comité ne l'a pas informé de ses droits concernant la communication de son dossier et de la possibilité de faire entendre le médecin de son choix. Faute pour le centre international de Valbonne de produire les convocations adressées à l'intéressé, M. B doit être regardé comme ayant été privé d'une garantie, cette irrégularité étant de nature à exercer une influence sur le sens de la décision contestée. Dans ces conditions, et nonobstant la circonstance que le secrétariat médical est assuré par les services de l'Etat et non directement par le centre international de Valbonne, le requérant est fondé à soutenir que la procédure suivie devant le comité médical a méconnu les dispositions susrappelées de l'article 7 du décret du 14 mars 1986, et que cette irrégularité a entaché d'illégalité la décision contestée.
7. D'autre part, il résulte des dispositions précitées que le comité médical doit comporter un médecin spécialiste compétent pour l'affection principale dont est atteint l'agent et au titre de laquelle est formulée la demande. En l'espèce, il est constant que le comité médical départemental qui s'est réuni le 24 août 2021 pour examiner la situation de M. B ne comprenait, en méconnaissance des dispositions précitées, aucun médecin spécialiste. Si le centre international de Valbonne indique que le comité a sollicité l'avis du Dr C, médecin agréé spécialiste de l'affection du requérant, sur la situation de ce dernier, cette circonstance, et à supposer même que l'expert ait été consulté dans le cadre des dispositions de l'article 7 du décret précité, ne saurait régulariser l'irrégularité relevée dans la composition du comité médical départemental dès lors que cet expert n'a pas siégé au sein du comité. Il s'en suit que M. B est fondé à soutenir qu'il a également été privé d'une garantie à ce titre et que la procédure menée devant le comité médical départemental est entachée d'irrégularité.
8. Il résulte de tout ce qui précède, et sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, que M. B est fondé à demander l'annulation de la décision du 21 septembre 2021 par laquelle le centre international de Valbonne l'a placé en congé de grave maladie.
En ce qui concerne la légalité de la décision du 29 septembre 2021 mettant fin à la concession de logement par nécessité de service dont bénéficiait M. B :
9. Par arrêté du 29 septembre 2021, le directeur du centre international de Valbonne a mis fin à compter du 3 septembre 2021 à la concession de logement par nécessité de service dont bénéficiait M. B par arrêté du 1er avril 2013. Il ressort des pièces du dossier que cette décision est intervenue en raison du placement du requérant en congé de grave maladie pour une durée de six mois à compter du 2 septembre 2021. Dès lors, l'annulation de la décision du 21 septembre 2021 portant placement de M. B en congé de grave maladie à partir du 2 septembre 2021 emporte, par voie de conséquence, l'annulation de la décision du 29 septembre 2021 mettant fin à la concession de logement par nécessité de service dont bénéficiait le requérant, lequel a ainsi été pris sur le fondement de la première. Dès lors, et sans qu'il soit besoin d'examiner les moyens dirigés contre la décision du 29 septembre 2021, M. B est fondé à en demander l'annulation.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
10. L'exécution du présent jugement implique seulement que le centre international de Valbonne procède au réexamen de la situation de M. B dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement. Il n'y a pas lieu, en revanche, d'assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur les frais liés au litige :
11. D'une part, la présente instance ne comportant pas de dépens, les demandes formulées à ce titre par les parties ne peuvent qu'être rejetées.
12. D'autre part, dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de mettre à la charge du centre international de Valbonne la somme demandée par M. B sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Par ailleurs, il y a lieu de rejeter les conclusions présentées sur le même fondement par le centre international de Valbonne, qui succombe dans la présente instance.
D E C I D E :
Article 1er : La décision du 21 septembre 2021 portant placement en congé de grave maladie de M. B pour une période de six mois à compter du 2 septembre 2021 ainsi que la décision du 29 septembre 2021 mettant fin à la concession de logement par nécessité de service dont bénéficiait M. B sont annulées.
Article 2 : Il est enjoint au centre international de Valbonne de procéder au réexamen de la situation de M. B dans un délai de deux mois à compter de la notification du jugement à intervenir.
Article 3 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et à la ministre de l'éducation nationale.
Copie en sera transmise au centre international de Valbonne.
Délibéré après l'audience du 1er octobre 2024, à laquelle siégeaient :
M. Soli, président,
Mme Gazeau, première conseillère,
Mme Guilbert, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 22 octobre 2024.
Le rapporteur,
signé
D. Gazeau
Le président,
signé
P. SoliLa greffière,
signé
E. Gialis
La République mande et ordonne à la ministre de l'éducation nationale en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier en chef,
Ou par délégation, la greffière
Nos 2105476 et 2105477
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026