jeudi 8 décembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nice |
| Section | Tribunal Administratif de Nice |
| N° Dossier | TA06-2105705 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | ADDEN MÉDITERRANÉE |
Vu la procédure suivante :
Par un jugement avant dire droit du 14 juin 2022, le tribunal a sursis à statuer, en application de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme, sur la requête de M. B A et Mme D C, représenté par Me Lhotellier, tendant à l'annulation de la décision du 1er septembre 2021 par laquelle le maire de la commune de Menton a accordé à la SA d'HLM 1001 Vies Habitat - Logis familial, un permis de construire valant permis de démolir aux fins de construction d'un immeuble de 41 logements, d'un local commercial et de 57 places de stationnement, sur un terrain situé 75 route de Sospel à Menton, pour permettre la notification au tribunal d'un acte régularisant les vices retenus.
Par un mémoire, enregistré le 5 octobre 2022, la SA d'HLM 1001 Vies Habitat - Logis familial, représentée par Me Daboussy, qui a transmis au tribunal l'arrêté de permis de construire modificatif du 19 juillet 2022 ainsi que le dossier de demande de permis de construire afférent et le procès-verbal de l'assemblée générale des copropriétaires de la résidence Les Faunes, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mis à la charge des requérants une somme de 4 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que les vices relevés par le tribunal ont été régularisés par le permis de construire modificatif produit à l'instance.
Ces pièces ont également été transmises au tribunal par la commune de Menton, représentée par Me Barbaro, le 11 octobre 2022.
Par un mémoire, enregistré le 9 novembre 2022, M. A et Mme C, représentés par Me Lhotellier, demandent au tribunal d'annuler l'arrêté du 19 juillet 2022 portant permis de construire de régularisation autorisant la SA d'HLM 1001 Vies Habitat - Logis familial à modifier le permis de construire initial ainsi que l'arrêté du 1er septembre 2021 portant permis de construire initial et demandent en outre que la somme de 3 500 euros soit mise à la charge de la commune de Menton au titre des frais liés au litige.
Ils soutiennent que le vice tiré de l'inexistence d'une servitude de passage desservant le terrain d'assiette du projet n'a pas été régularisé.
Un mémoire, enregistré le 11 novembre 2022, présenté pour la SA d'HLM 1001 Vies Habitat - Logis familial, représentée par Me Daboussy, n'a pas été communiqué en vertu des dispositions de l'article R. 611-1 du code de justice administrative.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 17 novembre 2022 :
- le rapport de Mme Gazeau, première conseillère,
- les conclusions de Mme Sorin, rapporteure publique,
- et les observations de Me Rives, représentant la SA d'HLM 1001 Vies Habitat - Logis Familial, et de Me Blua, représentant la commune de Menton.
Considérant ce qui suit :
1. Par arrêté du 1er septembre 2021, le maire de la commune de Menton a accordé à la SA d'HLM 1001 Vies Habitat - Logis Familial un permis de construire valant permis de démolir aux fins d'édification d'un ensemble immobilier de 41 logements dont 21 logements locatifs sociaux et 20 en accession sociale, d'un local commercial et de 57 places de stationnement, pour une surface de plancher de 3 089 m², sur un terrain situé 75 route de Sospel à Menton.
2. Par un jugement avant dire droit du 14 juin 2022, le tribunal a fait application de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme, et a sursis à statuer sur la requête de M. A et Mme C tendant à l'annulation du permis de construire précité accordé le 1er septembre 2021. Par ce jugement, le tribunal a donné à la SA d'HLM 1001 Vies Habitat - Logis Familial un délai de cinq mois à compter de sa notification pour justifier d'un permis de construire permettant de régulariser l'inexistence de la servitude de passage ainsi que la méconnaissance des dispositions combinées des articles UA 6 et UA 11 du règlement du plan local d'urbanisme s'agissant des balcons du 1er niveau.
Sur la régularisation des vices constatés :
3. A compter de la décision par laquelle le juge recourt à l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme, seuls des moyens dirigés contre la mesure de régularisation notifiée, le cas échéant, au juge peuvent être invoqués devant ce dernier. A ce titre, les parties peuvent, à l'appui de la contestation de l'acte de régularisation, invoquer des vices qui lui sont propres et soutenir qu'il n'a pas pour effet de régulariser le vice que le juge a constaté dans sa décision avant dire droit. Elles ne peuvent en revanche soulever aucun autre moyen, qu'il s'agisse d'un moyen déjà écarté par la décision avant dire droit ou de moyens nouveaux, à l'exception de ceux qui seraient fondés sur des éléments révélés par la procédure de régularisation.
4. En premier lieu, il ressort des pièces du dossier et notamment du dossier de demande du permis de régularisation que le vice tenant à la méconnaissance des dispositions combinées des articles UA6 et UA11 du règlement du PLU de la commune de Menton s'agissant des balcons du 1er niveau a été régularisé par le permis de construire de régularisation, lesdits balcons ayant été supprimés de ce niveau.
5. En second lieu et d'une part, le permis de construire, qui est délivré sous réserve des droits des tiers, a pour seul objet d'assurer la conformité des travaux qu'il autorise avec la réglementation d'urbanisme. Dès lors, l'autorité compétente et, en cas de recours, le juge administratif, doivent, pour l'application des règles d'urbanisme relatives à la desserte et à l'accès des engins d'incendie et de secours, s'assurer de l'existence d'une desserte suffisante de la parcelle par une voie ouverte à la circulation publique et, le cas échéant, de l'existence d'un titre créant une servitude de passage donnant accès à cette voie.
6. D'autre part, l'administration ne peut assortir une autorisation d'urbanisme de prescriptions qu'à la condition que celles-ci, entraînant des modifications sur des points précis et limités et ne nécessitant pas la présentation d'un nouveau projet, aient pour effet d'assurer la conformité des travaux projetés aux dispositions législatives et réglementaires dont l'administration est chargée d'assurer le respect.
7. En l'espère, il ressort des pièces du dossier que le maire de Menton a délivré le permis de régularisation en mentionnant à l'article 1er de l'arrêté du 19 août 2022 que " le présent arrêté est conditionné à la production, par le bénéficiaire, de l'acte authentique de servitude de passage () au plus tard au dépôt de la déclaration d'ouverture de chantier ". Cette prescription, qui apporte une modification du projet sur un point précis et limité qui ne nécessite pas la présentation d'un nouveau projet, est de nature à pallier l'absence de titre créant une servitude de passage à la date de délivrance du permis de régularisation. Au demeurant, il ressort des pièces du dossier que les copropriétaires de la résidence Les Faunes ont, lors de l'assemblée générale du 27 juillet 2022, donné leur accord en vue de l'institution d'une servitude de passage au profit du terrain d'assiette du projet et confié le mandat au syndic en vue de la régularisation de cette servitude. Par suite, le vice relevé par jugement avant-dire droit du 14 juin 2022 a été régularisé par le permis modificatif du 19 juillet 2022.
8. Il résulte de ce qui précède que les conclusions de la requête tendant à l'annulation de l'arrêté du 1er septembre 2021 par lequel le maire de la commune de Menton a accordé un permis de construire à la SA d'HLM 1001 Vies Habitat - Logis Familial doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
9. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens () ".
10. Il résulte de ces dispositions que le paiement des sommes exposées et non comprises dans les dépens ne peut être mis à la charge que de la partie qui perd pour l'essentiel. La circonstance qu'au vu de la régularisation intervenue en cours d'instance, le juge rejette finalement les conclusions dirigées contre la décision initiale, dont les requérants étaient fondés à soutenir qu'elle était irrégulière et dont ils sont, par leur recours, à l'origine de la régularisation, ne doit pas à elle seule, pour l'application de ces dispositions, conduire le juge à mettre les frais à leur charge ou à rejeter les conclusions qu'ils présentent à ce titre.
11. Sur le fondement de ces dispositions et dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de la commune de Menton une somme globale de 1 000 euros à verser aux requérants. En revanche, il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge des requérants la somme demandée au même titre par la commune de Menton et la SA d'HLM 1001 Vies Habitat - Logis Familial.
D E C I D E :
Article 1er : Les conclusions présentées par M. A et Mme C tendant à l'annulation des permis de construire initial et modificatif délivrés à la SA d'HLM 1001 Vies Habitat - Logis Familial par le maire de la commune de Menton les 1er septembre 2021 et 19 juillet 2022 sont rejetées.
Article 2 : La commune de Menton versera la somme globale de 1 000 euros à M. A et Mme C au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Les conclusions présentées par la SA d'HLM 1001 Vies Habitat - Logis Familial sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 4 : Les conclusions présentées par la commune de Menton sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. B A, à Mme D C, à la SA d'HLM 1001 Vies Habitat - Logis Familial et à la commune de Menton.
Délibéré après l'audience du 17 novembre 2022, à laquelle siégeaient :
M. Silvestre-Toussaint-Fortesa, président,
Mme Gazeau, première conseillère,
Mme Le Guennec, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe, le 8 décembre 2022.
La rapporteure,
signé
D. Gazeau
Le président,
signé
F. Silvestre-Toussaint-Fortesa La greffière,
signé
C. Martin
La République mande et ordonne au préfet des Alpes-Maritimes en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier en chef,
Ou par délégation, la greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026