jeudi 18 janvier 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nice |
| Section | Tribunal Administratif de Nice |
| N° Dossier | TA06-2105932 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | CABINET CHAS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, un mémoire et des pièces complémentaires, enregistrés les 12 novembre 2021, 7 avril 2022 et 4 avril 2023, l'association syndicale libre " syndicat des propriétaires et/ou usagers des voies et assainissements du domaine Gustavin ", prise en la personne de son syndic en exercice la société anonyme à responsabilité limitée Cabinet Crouzet et Breil, représentée par Me Vanzo, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 28 mai 2021 par laquelle le maire de la commune de Nice ne s'est pas opposé à la déclaration préalable n° DP 06088 21S0347 présentée par M. B A en vue de la création d'un portail " véhicule léger " et de deux places de stationnement sur un terrain cadastré n° KL0088 et situé 7, avenue Gustavin à Nice, ensemble la décision du 21 septembre 2021 par laquelle le maire de la commune de Nice a rejeté son recours gracieux ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Nice la somme de 4 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
L'association soutient que :
- l'arrêté du 28 mai 2021 méconnait les stipulations du règlement intérieur du lotissement ;
- il méconnait les dispositions de l'article 16 des dispositions générales et de l'article 2.2.9 de la zone UDc du règlement du plan local d'urbanisme de la métropole Nice-Côte d'Azur ;
- il méconnait les dispositions de l'article 48-4 du règlement métropolitain de voirie ;
- il est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- il est pris sur un dossier de déclaration préalable incomplet.
Par un mémoire en défense, enregistré le 28 mars 2022, la commune de Nice, prise en la personne de son maire en exercice, conclut principalement à l'irrecevabilité de la requête et subsidiairement à son rejet au fond.
La commune fait valoir que :
- la requête est irrecevable en ce que l'association ne produit pas le récépissé de déclaration en préfecture en application de l'article R. 600-4 du code de l'urbanisme ;
- la requête est également irrecevable en ce que l'association n'a pas d'intérêt à agir contre la décision ;
- en tout état de cause, aucun des moyens soulevés n'est fondé.
Par deux mémoires en défense, enregistrés les 24 juin 2022 et 28 juin 2022, M. B A, représenté par Me Chas, conclut :
- principalement, à l'irrecevabilité de la requête ;
- subsidiairement, au rejet de la requête au fond ;
- plus subsidiairement, à ce qu'il soit fait application des dispositions de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme ;
- en tout état de cause, à la mise à la charge de l'association syndicale libre " syndicat des propriétaires et/ou usagers des voies et assainissements du domaine Gustavin " de la somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il fait valoir que :
- la requête est irrecevable en ce que l'association ne justifie pas de la notification au pétitionnaire et à la commune de Nice de son recours gracieux et de son recours contentieux en application de l'article R. 600-1 du code de l'urbanisme ;
- le président de l'association n'avait en outre pas qualité pour former le recours gracieux du 2 août 2021 ;
- l'association n'a également pas d'intérêt à agir contre les décisions litigieuses ;
- en tout état de cause, aucun des moyens soulevés n'est fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 21 décembre 2023 :
- le rapport de M. Combot ;
- les conclusions de Mme Sorin, rapporteure publique ;
- et les observations de Me Vanzo, représentant l'association syndicale libre " syndicat des propriétaires et/ou usagers des voies et assainissements du domaine Gustavin ", et de Me Chas, représentant M. B A.
Considérant ce qui suit :
1. Par arrêté du 28 mai 2021, le maire de la commune de Nice ne s'est pas opposé à la déclaration préalable n° DP 06088 21S0347 présentée par M. B A en vue de la création d'un portail " véhicule léger " et de deux places de stationnement sur un terrain cadastré n° KL0088 et situé 7, avenue Gustavin à Nice. L'association syndicale libre (ci-après, " ASL ") " syndicat des propriétaires et/ou usagers des voies et assainissements du domaine Gustavin " a formé le 2 août 2021 un recours gracieux auprès du maire de la commune, qui l'a rejeté par décision du 21 septembre 2021. L'ASL " syndicat des propriétaires et/ou usagers des voies et assainissements du domaine Gustavin " demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 28 mai 2021 ainsi que la décision du 21 septembre 2021 rejetant son recours gracieux.
Sur les conclusions à fins d'annulation :
2. En premier lieu, l'association requérante ne peut utilement invoquer à l'encontre de l'arrêté attaqué les stipulations du règlement intérieur du 26 juillet 1905 régissant les relations entre les copropriétaires, l'autorisation d'urbanisme étant délivrée sous réserve des droits des tiers. La circonstance que l'arrêté attaqué porte la mention selon laquelle une autorisation est acquise sans préjudice du droit des tiers, notamment les règles contractuelles figurant au cahier des charges du lotissement n'a pas pour effet de rendre les stipulations du règlement intérieur du lotissement opposables à l'autorisation d'urbanisme. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations du règlement intérieur du lotissement est inopérant et doit être écarté.
3. En deuxième lieu, aux termes de l'article 16 des dispositions générales du règlement du plan local d'urbanisme de la métropole Nice-Côte d'Azur (ci-après, " PLUM ") : " Tout terrain doit être desservi par des voies publiques ou privée dans des conditions répondant à l'importance ou à la destination des constructions ou des aménagements envisagés. / Les caractéristiques des voies de desserte doivent être compatibles avec la circulation et l'utilisation des engins de lutte contre l'incendie. / Les accès ne doivent pas présenter de risque pour la sécurité des usagers es vies, quel que soit leur mode de déplacement, ni pour celle des personnes utilisant ces accès. / Cette sécurité doit être appréciée compte-tenu, notamment, de la position des accès, de leur configuration ainsi que de la nature et de l'intensité du trafic. / Lorsque le terrain est riverain d'au moins deux voies publiques et/ou privées ouvertes à la circulation, l'accès doit se faire sur celle qui présente le moins de gêne ou de risque pour la circulation. Lorsqu'un transport en commun en site propre utilise l'une de ces voies, l'accès doit se faire en priorité par l'autre. / Toute création d'accès ou de voie nouvelle doit être conforme au règlement de voirie métropolitain et adaptée à l'importance du projet de construction. () ".
4. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier que les voies privées desservant le terrain d'assiette du projet ne sont pas ouvertes à la circulaire publique, l'avenue Gustavin étant à chacune de ses extrémités close par des portails et réservées à la circulation des résidents. Par suite, l'association requérante ne peut utilement invoquer les dispositions citées au point précédent et soutenir que l'accès au terrain devait comporter un seul accès dès lors que ces dispositions s'appliquent aux seules voies publiques ou privées ouvertes à la circulation. Contrairement à ce que soutient l'association requérante, l'article 2.2.9 de la zone UDc du règlement du PLUM relatif aux clôtures ne comporte pas de dispositions de même nature. Si l'association requérante devait être regardée comme soulevant un moyen tiré de la méconnaissance des dispositions relatives aux clôtures mentionnées à l'article 2.2.9 de la zone UDc du règlement du PLUM, ce moyen n'est en tout état de cause assorti d'aucune précision permettant d'en apprécier le bien-fondé. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 16 des dispositions générales du règlement du PLUM et de l'article 2.2.9 de la zone UDc dudit règlement doit être écarté.
5. En troisième lieu, aux termes de l'article 48-4 du règlement métropolitain de voirie : " Le nombre d'accès au domaine public routier métropolitain peut être limité dans l'intérêt de la sécurité. Aussi, afin d'éviter la multiplication des zones de conflits sur la voie publique et préserver la fluidité du trafic, un seul accès sera autorisé par propriété foncière, dimensionné et sécurisé en fonction de la configuration des lieux ou de la nature du projet. / Certaines dérogations pourront être accordées en fonction de la nature des projets (envergures), du trafic, de l'implantation des équipements publics au droit des accès projetés. ". En l'espèce, ainsi que cela a précédemment été précisé, le terrain d'assiette du projet est desservi par deux voies privées non ouvertes à la circulation publique. Il s'ensuit que l'association requérante ne peut utilement invoquer les dispositions de l'article 48-4 du règlement métropolitain qui porte sur les accès au domaine public. Par suite, ce moyen inopérant doit être écarté.
6. En quatrième lieu, l'association requérante soutient que la décision attaquée est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation dès lors que la création d'un nouvel accès à la parcelle de M. A aurait pour conséquence de supprimer deux places des stationnements, portant ainsi atteinte à la circulation et au stationnement sur les voies privées du domaine Gustavin. Si le projet prévoit la création d'un nouvel accès à la propriété de M. A, au droit de laquelle le stationnement de véhicule ne sera effectivement plus possible, l'association requérante n'apporte aucun élément de nature à démontrer que la circulation et le stationnement sur les voies privées du domaine Gustavin en seront rendus plus difficiles, alors même que le projet litigieux prévoit la création de deux emplacements de stationnement sur la parcelle du pétitionnaire. Par suite, le moyen susmentionné n'est pas fondé et doit être écarté.
7. En cinquième et dernier lieu, la circonstance que le dossier de demande de permis de construire ne comporterait pas l'ensemble des documents exigés par les dispositions du code de l'urbanisme, ou que les documents produits seraient insuffisants, imprécis ou comporteraient des inexactitudes, n'est susceptible d'entacher d'illégalité le permis de construire qui a été accordé que dans le cas où les omissions, inexactitudes ou insuffisances entachant le dossier ont été de nature à fausser l'appréciation portée par l'autorité administrative sur la conformité du projet à la réglementation applicable. En l'espèce, l'association requérante soutient que le dossier de déclaration préalable serait incomplet. Elle ne rattache cependant ce moyen à la méconnaissance d'aucune règle d'urbanisme. Premièrement, elle soutient que le pétitionnaire aurait, sur le formulaire Cerfa, coché la case " non " s'agissant de la situation du terrain dans un lotissement. Cette circonstance est sans effet sur la légalité de l'arrêté litigieux dès lors qu'en application de l'article L. 4429 du code de l'urbanisme, le règlement intérieur du lotissement est devenu caduc. Deuxièmement, si l'association requérante soutient que le portail ne serait pas indiqué à la bonne adresse, il ressort des pièces du dossier, notamment des plans annexés à la déclaration préalable, que la localisation du nouvel accès apparaît clairement de sorte que le service instructeur a pu apprécier la portée du projet. Troisièmement, contrairement à ce que soutient l'association requérante, le plan de masse de la déclaration préalable présente la localisation des emplacements de stationnement projetés. Quatrièmement, si l'association requérante soutient que le coffret électrique d'alimentation d'un lampadaire ne serait pas présenté, il ressort des pièces du dossier, notamment du plan de situation et des photographies présents au dossier de déclaration préalable, que le lampadaire et son coffret sont identifiés. Cinquièmement, et là encore contrairement à ce que soutient l'association requérante, la différence de niveau entre le terrain du pétitionnaire et la voie apparaît à la lecture du plan de situation qui comporte les cotes topographiques et dont la différence entre le terrain et le niveau de l'accès de l'ordre de 0,60 mètre est minime. Par suite, le moyen susmentionné est en tout état de cause infondé et doit dès lors être écarté.
8. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède, et sans qu'il soit besoin de statuer sur les fins de non-recevoir soulevées en défense, que l'association syndicale libre " syndicat des propriétaires et/ou usagers des voies et assainissements du domaine Gustavin " n'est pas fondée à demander l'annulation des décisions attaquées.
Sur les frais liés au litige :
9. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de Nice, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que l'association syndicale libre " syndicat des propriétaires et/ou usagers des voies et assainissements du domaine Gustavin " demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Il y a lieu, en revanche, de faire application de ces dispositions et de mettre à la charge de ladite association une somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par M. B A et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de l'association syndicale libre " syndicat des propriétaires et/ou usagers des voies et assainissements du domaine Gustavin " est rejetée.
Article 2 : L'association syndicale libre " syndicat des propriétaires et/ou usagers des voies et assainissements du domaine Gustavin " versera à M. B A une somme de 1 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à l'association syndicale libre " syndicat des propriétaires et/ou usagers des voies et assainissements du domaine Gustavin ", à la commune de Nice et à M. B A.
Délibéré après l'audience du 21 décembre 2023, à laquelle siégeaient :
M. Silvestre-Toussaint-Fortesa, président,
M. Holzer, conseiller,
M. Combot, conseiller,
Assistés de Mme Albu, greffière.
Décision rendue publique par mise à disposition au greffe, le 18 janvier 2024.
Le rapporteur,
signé
J. Combot
Le président,
signé
F. Silvestre-Toussaint-Fortesa
La greffière,
signé
C. Albu
La République mande et ordonne au préfet des Alpes-Maritimes en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier en chef,
Ou, par délégation, la greffière
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026