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AccueilJurisprudence administrativeN° TA06-2106217

Tribunal Administratif de Nice — Décision N° TA06-2106217

jeudi 30 juin 2022

JuridictionTribunal Administratif de Nice
SectionTribunal Administratif de Nice
N° DossierTA06-2106217
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation2ème Chambre
Avocat requérantSOCIETE D'AVOCATS DAMY GREGORY

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et deux mémoires complémentaires, enregistrés les 29 novembre 2021, 16 décembre 2021 et 28 mars 2022, le syndicat des copropriétaires de l'immeuble "Les Agettes", représenté par Me Fiorentino, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 28 mai 2021 par laquelle le maire de Nice a délivré un permis de construire modificatif à messieurs D ainsi que la décision implicite de rejet de son recours gracieux ;

2°) de lui verser une somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Le syndicat requérant soutient que :

- sa requête est recevable ;

- le permis de construire modificatif attaqué a été délivré par une autorité incompétente ;

- le permis de construire modificatif attaqué n'a pas régularisé le permis de construire initial s'agissant de la hauteur maximale autorisée et méconnaît ainsi les dispositions de l'article 2.1.2 du règlement du plan local d'urbanisme de la métropole Nice Côte d'Azur (PLUm) applicables au secteur UFc1.

Par un mémoire en défense, enregistré le 4 mars 2022, la commune de Nice conclut au rejet de la requête.

La commune fait valoir que les moyens soulevés par le syndicat requérant sont infondés.

Par deux mémoires enregistrés les 24 février et 12 avril 2022, M. E D et M. B D, représentés par Me Damy, concluent au rejet de la requête et demandent qu'une somme de 5 000 euros soit mise à la charge du syndicat requérant en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Ils font valoir que :

- la requête est irrecevable en raison de sa tardiveté ;

- le moyen de légalité interne soulevé par le syndicat requérant n'est pas fondé.

Un mémoire, enregistré le 22 avril 2022 pour le syndicat requérant, n'a pas été communiqué en application des dispositions du dernier alinéa de l'article R. 611-1 du code de justice administrative.

Un mémoire, enregistré le 2 mai 2022 pour Messieurs D n'a pas été communiqué en application des dispositions du dernier alinéa de l'article R. 611-1 du code de justice administrative.

Par ordonnance du 19 avril 2022, la clôture d'instruction a été fixée au 4 mai 2022 en application de l'article R. 613-1 du code de justice administrative.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code général des collectivités territoriales ;

- le code de l'urbanisme ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique du 14 juin 2022 :

- le rapport de Mme C,

- les conclusions de Mme Sorin, rapporteure publique,

- et les observations de Me De Franceschi, représentant messieurs D, et de Mme F représentant la commune de Nice.

Considérant ce qui suit :

1. Par arrêté du 15 mai 2019, le maire de la commune de Nice a délivré à M. E D et M. B D un permis de construire portant sur la construction d'un immeuble de trois logements avec piscine, sur un terrain situé 355 avenue de Pessicart à Nice. La SCI Les Agettes, après avoir formé un recours gracieux auquel il n'a pas été répondu, a demandé au tribunal administratif de Nice l'annulation pour excès de pouvoir de ce permis de construire et de la décision rejetant implicitement ce recours gracieux. Par jugement n° 1905225 du 30 décembre 2020, le tribunal administratif de Nice a prononcé, sur le fondement de l'article L. 600-5 du code de l'urbanisme, l'annulation partielle du permis de construire délivré le 15 mai 2019 au motif de la méconnaissance des dispositions de l'article UC 10.1 du plan local d'urbanisme de la ville de Nice. Les consorts D ont sollicité, le 3 mai 2021, la délivrance d'un permis de construire modificatif en vue de régulariser le permis de construire initial, qui leur a été accordé par arrêté du 28 mai 2021. Le syndicat des copropriétaires de la résidence "Les Agettes" a demandé, par un recours gracieux réceptionné le 29 juillet 2021 par le maire de Nice auquel il n'a pas été répondu explicitement, le retrait de ce permis de construire modificatif. Le syndicat des copropriétaires de la résidence "Les Agettes" demande au tribunal d'annuler pour excès de pouvoir le permis de construire modificatif délivré le 28 mai 2021 ainsi que la décision rejetant implicitement son recours gracieux.

Sur les conclusions d'annulation :

2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 2122-18 du code général des collectivités territoriales : " Le maire est seul chargé de l'administration, mais il peut, sous sa surveillance et sa responsabilité, déléguer par arrêté une partie de ses fonctions à un ou plusieurs de ses adjoints et, en l'absence ou en cas d'empêchement des adjoints ou dès lors que ceux-ci sont tous titulaires d'une délégation, à des membres du conseil municipal () ".

3. L'arrêté attaqué a été signé par Mme A G, 2ème adjointe au maire de la commune de Nice. Il ressort des pièces du dossier que, par un arrêté du 20 novembre 2020, le signataire de l'arrêté en litige a reçu délégation du maire de Nice pour signer les décisions en matière d'urbanisme et notamment les autorisations d'urbanisme. Cet arrêté a fait l'objet d'un affichage en mairie du 7 décembre au 8 février 2021 ainsi que d'une transmission au contrôle de légalité le 25 novembre 2020. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de l'acte manque en fait et doit être écarté.

4. En second lieu, aux termes de l'article 2.1.2 du règlement du plan local d'urbanisme de la métropole Nice Côte d'Azur (PLUm), devenu applicable à la date de délivrance du permis de construire modificatif attaqué : " La hauteur maximale des constructions à l'égout est fixée à 7 mètres. () / Spécificité(s) locale(s) : () / Nice : * les constructions nouvelles ne doivent pas excéder une hauteur maximale à l'égout du toit supérieure à 7 mètres ; / * les surélévations des constructions existantes sont admises dans la limite d'une hauteur maximale de 7 mètres à l'égout du toit projeté ; / * pour les constructions existantes, la réalisation d'un niveau supplémentaire habitable est admise, sous réserve : - que la hauteur maximale de ce nouveau niveau habitable soit inférieure ou égale à 7 mètres à l'égout du toit projeté, / - ou bien, que le niveau habitable nouvellement créé soit compris dans le volume d'habitation existant sans limite de hauteur ". Aux termes de l'article 37 des dispositions générales du règlement du PLUm relatif aux modalités de calcul des hauteurs : " () Quel que soit le type de définition concerné, les éléments de superstructures ne sont pas pris en compte dans le calcul de la hauteur, tels que notamment les antennes de télétransmission, les antennes de radiotéléphonie, les paratonnerres, les souches de cheminées, les rambardes ou autre éléments sécuritaires, les machineries d'ascenseurs ou de ventilation mécanique, les capteurs solaires, les édicules techniques, les tours de ventilation, d'extraction, les passerelles piétonnes, les escaliers extérieurs, les acrotères nécessaires à l'étanchéité des toitures terrasses dont la hauteur ne dépasse pas 0,50 mètres () / Hauteur à l'égout (He) : / Dans le cas de toiture à pans inclinés, la hauteur est mesurée à l'aplomb depuis l'égout au sens du présent règlement, jusqu'au pied de façade et ceci en tout point / Dans le cas de toiture terrasse, la hauteur à l'égout est mesurée à l'aplomb depuis l'étanchéité jusqu'au pied de façade et ceci en tout point () ". Et selon l'article 46 des dispositions générales du règlement du PLUm, l'égout du toit correspond " au point de jonction entre la toiture et le nu de la façade hors débords. Dans le cas de toitures terrasses, l'égout du toit est constitué par l'étanchéité ".

5. Il ressort des pièces du dossier et notamment de la notice descriptive que le permis de construire modificatif en litige a pour objet de diminuer la hauteur de l'acrotère à une hauteur de chasse-roue (30 cm) et de le munir d'un garde-corps en aluminium et, enfin, de modifier le matériau utilisé pour la pergola par le choix de l'aluminium au lieu du béton.

6. Il ressort également de ces pièces et en particulier du plan de coupe AA que le bâtiment projeté, construit avec une toiture-terrasse, présente une hauteur à l'égout, mesurée à l'aplomb de l'étanchéité jusqu'au pied de façade et en tout point, inférieure à 7 mètres, ainsi que cela a été matérialisé sur ledit plan par les cotations en bleu de la hauteur de chaque niveau du bâtiment et la ligne en pointillé rouge représentant la hauteur maximale autorisée.

7. Si certains éléments de la construction projetée se situent au-delà de la hauteur maximale autorisée, d'une part, les panneaux solaires et les garde-corps constituent des éléments de superstructures qui ne sont pas pris en compte dans le calcul de la hauteur ainsi que cela résulte expressément de l'article 37 des dispositions générales du règlement du PLUm, d'autre part, la pergola, composée de bandeaux ajourés en aluminium, n'a pas pour objet de prolonger l'étanchéité du toit et n'a dès lors pas davantage à être prise en compte dans le calcul de la hauteur à l'égout. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article 2.1.2 du règlement du PLUm applicable en zone UFc1 doit être écarté.

8. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la fin de non-recevoir opposée en défense tirée de la tardiveté de la requête, que le syndicat des copropriétaires "Les Agettes" n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision par laquelle le maire de la commune de Nice a délivré le 28 mai 2021 à MM. D un permis de construire modificatif, ainsi que de la décision rejetant implicitement son recours gracieux dirigé contre ledit permis.

Sur les frais liés au litige :

9. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge des défendeurs, qui ne sont pas les parties perdantes dans la présente instance, la somme que le syndicat requérant demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.

10. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge du syndicat requérant la somme demandée à ce titre par MM. D.

D E C I D E :

Article 1er : La requête du syndicat des copropriétaires de l'immeuble "Les Agettes" est rejetée.

Article 2 : Les conclusions présentées par messieurs D sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié au syndicat des copropriétaires de l'immeuble "Les Agettes", à MM. Stéphane D et Didier D et à la commune de Nice.

Délibéré après l'audience du 14 juin 2022, à laquelle siégeaient :

Mme Chevalier-Aubert, présidente,

Mme Faucher, première conseillère,

Mme Gazeau, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 30 juin 2022.

La rapporteure,

signé

D. C

La présidente,

signé

V. Chevalier-AubertLa greffière,

signé

V. Suner

La République mande et ordonne au préfet des Alpes-Maritimes en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Le greffier en chef,

ou par délégation, la greffière,

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