mardi 19 décembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nice |
| Section | Tribunal Administratif de Nice |
| N° Dossier | TA06-2106294 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 6ème chambre |
| Avocat requérant | PERSICO |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et deux mémoires complémentaires enregistrés les 2 décembre 2021, 25 juillet et 14 septembre 2022, M. A B, représenté par Me Persico, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 5 octobre 2021 par laquelle le président du centre communal d'action sociale de Vallauris a prononcé son licenciement ;
2°) de mettre à la charge du centre communal d'action sociale de Vallauris la somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- cette décision est entachée d'un vice de procédure, dès lors que le centre communal d'action sociale de Vallauris n'a pas mis en œuvre son obligation de reclassement ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation, d'erreurs de fait et d'un détournement de pouvoir et de procédure.
Par trois mémoires en défense enregistrés les 17 juin, 5 septembre et 28 novembre 2022, le centre communal d'action sociale de Vallauris, représenté par Me Blanc, conclut au rejet de la requête et demande qu'une somme de 2 500 euros soit mise à la charge du requérant en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il fait valoir que :
- les moyens tirés du détournement de pouvoir et d'erreurs de fait sont inopérants ;
- les autres moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.
Par ordonnance du 7 février 2023, la clôture d'instruction a été fixée au 24 février 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général de la fonction publique ;
- le décret n° 88-145 du 15 février 1988 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 28 novembre 2023 :
- le rapport de Mme Gazeau,
- les conclusions de Mme Belguèche, rapporteure publique,
- et les observations de Me Persico, représentant M. B, et de Me Garcia, représentant le centre communal d'action sociale de Vallauris.
Considérant ce qui suit :
1. M. B a été recruté par le centre communal d'action sociale (CCAS) de Vallauris en qualité de directeur, sous couvert d'un contrat à durée déterminée d'un an conclu à compter du 2 janvier 2015. Son contrat a été prolongé plusieurs fois, dont la dernière prolongation a été faite par arrêté du 28 novembre 2019 pour trois ans du 5 janvier 2020 au 4 janvier 2023. M. B a été informé, par une lettre du président du CCAS en date du 30 juillet 2021, de ce qu'il était envisagé de procéder à son licenciement. Par une décision du 5 octobre 2021, le président du CCAS de Vallauris a prononcé son licenciement au motif que le poste avait été pourvu par le recrutement d'un fonctionnaire. M. B demande au tribunal d'annuler cette décision de licenciement.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article 39-3 du décret n° 88-145 du 15 février 1988 relatif aux agents contractuels de la fonction publique territoriale, dans sa rédaction applicable : " I. - Sans préjudice des dispositions relatives au licenciement pour faute disciplinaire, pour insuffisance professionnelle ou pour inaptitude physique, le licenciement d'un agent contractuel recruté sur un emploi permanent conformément à l'article 3-3 de la loi du 26 janvier 1984 susvisée peut être notamment justifié par l'un des motifs suivants : / () 3° Le recrutement d'un fonctionnaire lorsqu'il s'agit de pourvoir un emploi soumis à la règle énoncée à l'article 3 de la loi du 13 juillet 1983 susvisée ; () ". Aux termes de l'article 39-5 de ce décret, dans sa version en vigueur : " I. - Le licenciement pour l'un des motifs prévus à l'article 39-3, à l'exclusion de ceux prévus au 5° du I et aux II et III de cet article, ne peut être prononcé que lorsque le reclassement de l'agent n'est pas possible dans un autre emploi que la loi du 26 janvier 1984 susvisée autorise à pourvoir par un agent contractuel et dans le respect des dispositions légales régissant le recrutement des agents contractuels. Ce reclassement concerne les agents recrutés sur emplois permanents conformément à l'article 3-3 de la loi du 26 janvier 1984 susvisée, par contrat à durée indéterminée ou par contrat à durée déterminée lorsque le terme de celui-ci est postérieur à la date à laquelle la demande de reclassement est formulée. L'emploi de reclassement est alors proposé pour la période restant à courir avant le terme du contrat. / () II. - Lorsque l'autorité territoriale envisage de licencier un agent pour l'un des motifs mentionnés au I du présent article, elle convoque l'intéressé à un entretien préalable selon les modalités définies à l'article 42. A l'issue de la consultation de la commission consultative paritaire, prévue à l'article 136 de la loi du 26 janvier 1984 susvisée, elle lui notifie sa décision par lettre recommandée avec demande d'avis de réception ou par lettre remise en main propre contre décharge. / Cette lettre précise le ou les motifs du licenciement et la date à laquelle celui-ci doit intervenir, compte tenu des droits à congés annuels restant à courir et de la durée du préavis prévu à l'article 40. / Cette lettre invite également l'intéressé à présenter une demande écrite de reclassement, dans un délai correspondant à la moitié de la durée du préavis prévu à l'article 40, et indique les conditions dans lesquelles les offres de reclassement sont susceptibles de lui être adressées () ".
3. Il est constant que le licenciement de M. B résulte de la décision du centre communal d'action sociale de Vallauris de recruter un fonctionnaire pour pourvoir son emploi de directeur du CCAS, ce qui constitue un motif de licenciement d'un agent contractuel prévu par les dispositions précitées du décret du 15 février 1988. Toutefois, il est également constant que la procédure de licenciement prévue par le décret précité n'a pas été suivie par le CCAS de Vallauris, lequel n'a pas cherché à reclasser M. B en lui proposant un emploi de niveau équivalent à celui de directeur sur lequel il était affecté, ni ne l'a mis à même de demander son reclassement sur un autre emploi, dès lors qu'il ne ressort pas des pièces du dossier que le CCAS aurait invité le requérant à présenter une telle demande. Au demeurant, si le CCAS fait valoir en défense que le reclassement du requérant n'aurait pas été possible, il ne ressort cependant pas des pièces du dossier qu'aucun poste correspondant aux qualifications et compétences du requérant n'était vacant à la date de son licenciement. Il suit de là que le CCAS de Vallauris a méconnu son obligation de reclassement telle que prévue par les dispositions de l'article 39-5 du décret du 15 février 1988. M. B est fondé, pour ce motif, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens de la requête, à demander l'annulation de la décision du 5 octobre 2021 par laquelle le président du CCAS de Vallauris a prononcé son licenciement.
Sur les frais liés au litige :
5. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge du centre communal d'action sociale de Vallauris une somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par M. B et non compris dans les dépens. En revanche, les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que les sommes demandées à ce titre par le centre communal d'action sociale de Vallauris soient mises à la charge de M. B, qui n'est pas la partie perdante.
D E C I D E :
Article 1er : La décision du 5 octobre 2021 par laquelle le président du centre communal d'action sociale de Vallauris a prononcé le licenciement de M. B est annulée.
Article 2 : Le centre communal d'action sociale de Vallauris versera une somme de 1 500 euros à M. B au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Les conclusions présentées par le centre communal d'action sociale de Vallauris au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au centre communal d'action sociale de Vallauris.
Délibéré après l'audience du 28 novembre 2023, à laquelle siégeaient :
M. Taormina, président,
Mme Gazeau, première conseillère,
Mme Guilbert, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 19 décembre 2023.
La rapporteure,
signé
D. Gazeau
Le président,
signé
G. Taormina La greffière,
signé
S. Génovèse
La République mande et ordonne au préfet des Alpes-Maritimes en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier en chef,
Ou par délégation, la greffière
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026