jeudi 7 décembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nice |
| Section | Tribunal Administratif de Nice |
| N° Dossier | TA06-2106306 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | SELAS TAJ |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 2 décembre 2021 et le 22 juin 2022, la fondation Marguerite et Aimé Maeght, représentée par Me Vandalle, doit être regardée comme demandant au tribunal :
1°) d'annuler les décisions des 31 mars et 1er juillet 2021 par lesquelles le directeur départemental des finances publiques des Alpes-Maritimes a rejeté ses demande d'aides présentées au titre du fonds de solidarité à destination des entreprises cofinancé par l'Etat et les régions à raison des pertes d'exploitation constatées au cours des mois de janvier à mai 2021, ainsi que la décision du 4 novembre 2021 par laquelle le directeur général des finances publiques a rejeté son recours gracieux contre ces décisions ;
2°) de mettre une somme de 2 500 euros à la charge de l'Etat en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la décision du 4 novembre 2021 est insuffisamment motivée ;
- les décisions litigieuses sont entachées d'erreurs de droit quant aux organismes éligibles au dispositif d'aide et à l'appréciation du chiffre d'affaires à prendre en compte ;
- l'administration fiscale ne pouvait rejeter sa demande au titre du mois d'avril 2021 au seul motif qu'elle avait, par erreur, déclaré une mauvaise activité dans son formulaire de demande.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 7 février 2022 et le 26 octobre 2023, le directeur départemental des finances publiques des Alpes-Maritimes conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que :
- la demande concernant le mois de mai 2021 est sans objet dès lors que l'aide sollicitée a été mise en paiement le 1er septembre 2021 ;
- aucun des moyens soulevés au soutien de la requête n'est fondé.
Un mémoire a été enregistré le 8 novembre 2023 pour la fondation Maeght et n'a pas été communiqué.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- l'ordonnance n° 2020-317 du 25 mars 2020 ;
- le décret n° 2020-371 du 30 mars 2020 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Kolf, rapporteure,
- et les conclusions de Mme Perez, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. La fondation Maeght a sollicité l'aide exceptionnelle pour les mois de janvier à mai 2021 au titre du fonds de solidarité, institué à destination des entreprises particulièrement touchées par les conséquences économiques, financières et sociales de la propagation de l'épidémie de covid-19. Par des décisions en date des 31 mars et 1er juillet 2021, la direction générale des finances publiques des Alpes-Maritimes a refusé de faire droit à ses demandes. La fondation Maeght demande l'annulation de ces décisions.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne les conclusions tendant à l'annulation de la décision rejetant la demande d'aide au titre du mois de mai 2021 :
2. Il ressort des pièces du dossier, ainsi que le fait valoir l'administration en défense sans être contredite, que l'aide sollicitée par la requérante au titre du mois de mai 2021 a été mise en paiement en septembre 2021, soit préalablement à l'introduction de la présente requête, et que la fondation Maeght a été informée de cette mise en paiement par un message en date du 1er septembre 2021. Les conclusions présentées par cette dernière à l'encontre d'une décision, au demeurant non produite, par laquelle l'administration fiscale aurait rejeté la demande formulée au titre du mois de mai 2021 étaient, par suite, ainsi que l'a opposé l'administration en défense, sans objet dès l'introduction de la requête et ne peuvent qu'être rejetées comme étant irrecevables.
En ce qui concerne l'objet du litige et les vices propres de la décision prise sur recours gracieux :
3. Il est toujours loisible à la personne intéressée, sauf à ce que des dispositions spéciales en disposent autrement, de former à l'encontre d'une décision administrative un recours gracieux devant l'auteur de cet acte et de ne former un recours contentieux que lorsque le recours gracieux a été rejeté. L'exercice du recours gracieux n'ayant d'autre objet que d'inviter l'auteur de la décision à reconsidérer sa position, un recours contentieux consécutif au rejet d'un recours gracieux doit nécessairement être regardé comme étant dirigé, non pas tant contre le rejet du recours gracieux dont les vices propres ne peuvent être utilement contestés, que contre la décision initialement prise par l'autorité administrative. Il appartient, en conséquence, au juge administratif, s'il est saisi dans le délai de recours contentieux qui a recommencé de courir à compter de la notification du rejet du recours gracieux, de conclusions dirigées formellement contre le seul rejet du recours gracieux, d'interpréter les conclusions qui lui sont soumises comme étant aussi dirigées contre la décision administrative initiale.
4. Il ressort des pièces du dossier que, par des décisions des 31 mars et 1er juillet 2021, le directeur départemental des finances publiques a rejeté les demandes d'aide présentées par la fondation Maeght au titre des mois de janvier à avril 2021. Par une lettre du 29 octobre 2021, la fondation Maeght doit être regardée, eu égard aux termes dans lesquels ce courrier est rédigé, comme ayant formé un recours gracieux à l'encontre des décisions des 31 mars et 1er juillet 2021. Par une décision du 4 novembre 2021, le directeur départemental des finances publiques a rejeté le recours gracieux de l'intéressée. Il résulte de ce qui a été dit au point précédent que les conclusions de la fondation Maeght tendant à l'annulation de cette décision du 4 novembre 2021 rejetant son recours gracieux doivent être regardées comme étant également dirigées contre les décisions initiales des 31 mars et 1er juillet 2021. Il s'ensuit que les vices propres de la décision du 4 novembre 2021 ne peuvent être utilement invoqués par la requérante. Par suite, le moyen tiré du défaut de motivation de la décision du 4 novembre 2021 ne peut qu'être écarté.
S'agissant de la demande d'aide pour les mois de janvier et février 2021 :
5. En se bornant à se prévaloir des critères d'éligibilité et d'appréciation du chiffre d'affaires à prendre en compte pour déterminer le droit à bénéficier de l'aide sollicitée, la société requérante ne conteste pas utilement le motif sur lequel l'administration fiscale a fondé les décisions de rejet du 31 mars 2021, tiré de l'existence d'une incohérence entre le chiffre d'affaires déclaré dans les formulaires de demande et les informations en sa possession. Son moyen tiré d'une erreur de droit ne peut, dans ces conditions, qu'être écarté comme étant inopérant.
S'agissant de la demande d'aide pour le mois de mars 2021 :
6. En application des dispositions de l'article 3-24 du décret du 30 mars 2020 relatif au fonds de solidarité à destination des entreprises particulièrement touchées par les conséquences économiques, financières et sociales de la propagation de l'épidémie de covid-19 et des mesures prises pour limiter cette propagation : " I.-A.-Les entreprises mentionnées à l'article 1er du présent décret, n'ayant pas fait l'objet d'un arrêté pris par le préfet de département ordonnant la fermeture de l'entreprise en application du troisième alinéa de l'article 29 du décret du 16 octobre 2020 susvisé ou du troisième alinéa de l'article 29 du décret du 29 octobre 2020 précité, bénéficient d'aides financières prenant la forme de subventions destinées à compenser la perte de chiffre d'affaires subie au cours du mois de mars 2021, lorsqu'elles remplissent les conditions suivantes : () / V.-La demande d'aide au titre du présent article est réalisée par voie dématérialisée au plus tard le 31 mai 2021 ".
7. Il ressort des pièces du dossier que la fondation Maeght a formulé sa demande d'aide au titre du mois de mars 2021 le 1er juillet 2021, soit postérieurement au délai imparti par les dispositions précitées de l'article 3-24 du décret du 30 mars 2020. Par suite, l'administration fiscale a pu légalement rejeter sa demande comme étant irrecevable.
S'agissant de la demande d'aide pour le mois d'avril 2021 :
8. Aux termes du II de l'article 3-26 du décret du 30 mars 2020 applicables aux subventions concernant le mois de novembre 2020 : " I.-A.-Les entreprises mentionnées à l'article 1er du présent décret, n'ayant pas fait l'objet d'un arrêté pris par le préfet de département ordonnant la fermeture de l'entreprise en application du troisième alinéa de l'article 29 du décret du 16 octobre 2020 précité ou du troisième alinéa de l'article 29 du décret du 29 octobre 2020 précité, bénéficient d'aides financières prenant la forme de subventions destinées à compenser la perte de chiffre d'affaires subie au cours du mois d'avril 2021, lorsqu'elles remplissent les conditions suivantes : / 1° Elles ont fait l'objet : / a) D'une interdiction d'accueil du public sans interruption du 1er avril 2021 au 30 avril 2021 et ont subi une perte de chiffre d'affaires, y compris le chiffre d'affaires réalisé sur les activités de vente à distance, avec retrait en magasin ou livraison, ou sur les activités de vente à emporter, d'au moins 20 % durant la période comprise entre le 1er avril 2021 et le 30 avril 2021 ; () ".
9. Si la fondation Maeght a, par erreur, mentionné dans sa demande une activité différente de celle qu'elle exerce, cette circonstance ne suffit pas, à elle seule, à fonder le refus opposé, dès lors qu'il résulte des dispositions citées au point précédent qu'une interdiction d'accueil du public pour la période en litige et une perte de chiffre d'affaires d'au moins 20 % permettent le versement d'une subvention, quel que soit le secteur d'activité dans lequel exerce l'entreprise. Dans ces conditions, et alors que la fondation Maeght soutient, sans être contredite avoir fait l'objet d'une interdiction d'accueil du public sans interruption en avril 2021, cette dernière est fondée à soutenir que le directeur départemental des finances publiques des Alpes-Maritimes ne pouvait, au seul motif qu'elle avait déclaré la mauvaise activité, rejeter sa demande d'aide au titre du mois d'avril 2021.
10. Il résulte de tout ce qui précède que la fondation Maeght est seulement fondée à demander l'annulation de la décision du 1er juillet 2021 par laquelle le directeur départemental des finances publiques des Alpes-Maritimes a rejeté sa demande d'aide au titre du mois d'avril 2021.
Sur les frais liés au litige :
11. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'une somme soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas, dans la présente instance, partie perdante au principal, au titre des frais engagés par la fondation Maeght et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La décision du 1er juillet 2021 par laquelle le directeur départemental des finances publiques des Alpes-Maritimes a rejeté la demande d'aide présentée par la fondation Maeght au titre du mois d'avril 2021 est annulée.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 3 : La présente décision sera notifiée à la fondation Marguerite et Aimé Maeght et au directeur départemental des finances publiques des Alpes-Maritimes.
Délibéré après l'audience du 13 novembre 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Chevalier-Aubert, présidente,
Mme Kolf, conseillère,
Mme Bergantz, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 7 décembre 2023.
La rapporteure,
signé
S. Kolf
La présidente,
signé
V. Chevalier-AubertLa greffière,
signé
V. Suner
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances, de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour le greffier en chef,
ou par délégation la greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026