mardi 24 octobre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nice |
| Section | Tribunal Administratif de Nice |
| N° Dossier | TA06-2106499 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 6ème chambre |
| Avocat requérant | SCP SEBAN & ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 14 décembre 2021, M. A B demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 23 novembre 202 par laquelle la commune du Cannet a refusé de reconnaître l'imputabilité au service d'un accident survenu le 23 mars 2021 ;
2°) d'enjoindre à la commune du Cannet de réexaminer sa demande.
Il soutient que l'administration a refusé de visionner l'enregistrement de la caméra de surveillance positionnée sur les lieux, seule de nature à attester de la réalité de sa chute le 23 mars 2021 et donc, de l'accident de service invoqué.
Par un mémoire en défense, enregistré le 13 juillet 2023, la commune du Cannet conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de M. B une somme de 1500 euros en application de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que les moyens invoqués par M. B ne sont pas fondés.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
Vu :
- loi n°83-634 du 13 juillet 1983 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 3 octobre 2023 :
- le rapport de Mme Guilbert,
- et les conclusions de Mme Belguèche, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. B exerce des fonctions d'adjoint technique territorial au sein du service des sports de la commune du Cannet. Le 23 mars 2021, il a déclaré un accident de service. Il a été examiné le 16 juin 2021 par un médecin expert désigné par l'administration qui a écarté le lien entre les lésions constatées et les faits déclarés par l'intéressé. Le 30 septembre 2021, la commission de réforme a rendu un avis défavorable à la reconnaissance d'imputabilité au service de l'accident du 23 mars 2021. Par un arrêté du 23 novembre 2021, dont M. B demande l'annulation, la commune du Cannet a rejeté sa demande de reconnaissance d'imputabilité.
2. Aux termes de l'article 21 bis de la loi du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires dans sa version applicable au litige : " II.-Est présumé imputable au service tout accident survenu à un fonctionnaire, quelle qu'en soit la cause, dans le temps et le lieu du service, dans l'exercice ou à l'occasion de l'exercice par le fonctionnaire de ses fonctions ou d'une activité qui en constitue le prolongement normal, en l'absence de faute personnelle ou de toute autre circonstance particulière détachant l'accident du service. ".
3. En l'espèce, M. B soutient que la lésion affectant sa main droite résulte d'une chute intervenue en raison de la présence de gravier sur les lieux et dans le temps du service. Il soutient en outre que l'administration a refusé de visionner la caméra de surveillance en fonctionnement sur les lieux, qui aurait pourtant attesté de la matérialité de sa chute. Ce faisant, il doit être regardé comme invoquant un défaut d'examen de la part de la commune du Cannet. Toutefois, aux terme de l'expertise réalisée le 16 juin 2021, les excoriations du cinquième métacarpien au talon de la main, visibles sur les clichés produits par M. B d'une part, la nature et la position de la fracture du cinquième métacarpien constatée, caractéristiques d'un traumatisme axial résultant, par exemple, d'un coup de poing d'autre part, révèlent une origine des lésions étrangère à la chute invoquée. En d'autres termes, à supposer que les images capturées par la vidéosurveillance attestent d'une chute de l'intéressé pendant le temps du service, elles ne permettraient pas d'établir l'existence d'un lien entre les lésions présentées par celui-ci et ladite chute. Dans ces conditions, en refusant de visionner images de vidéosurveillance, et alors que le requérant ne démontre ni n'allègue la survenance en service d'évènements susceptibles d'expliquer ces lésions, la commune du Cannet n'a pas entaché sa décision d'un défaut d'examen.
4. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. B doit être rejetée.
5. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de mettre à la charge du requérant la somme de 1 500 euros demandée par l'administration au titre des frais liés à l'instance.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par la commune du Cannet en application de l'article L.761-1du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et à la commune du Cannet.
Délibéré après l'audience du 3 octobre 2023, à laquelle siégeaient :
M. Taormina, président,
Mme Gazeau, première conseillère,
Mme Guilbert, première conseillère,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 24 octobre 2023.
La rapporteure,
signé
L. Guilbert
Le président,
signé
G. Taormina La greffière,
signé
E. Gialis
La République mande et ordonne au préfet des Alpes-Maritimes en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier en chef,
Ou par délégation, la greffière
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
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