mardi 11 avril 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nice |
| Section | Tribunal Administratif de Nice |
| N° Dossier | TA06-2106740 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Magistrat M. TAORMINA |
| Avocat requérant | BONNET |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés le 29 décembre 2021 et le 6 octobre 2022, Mme B F, veuve D, représentée par Me Bonnet, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision implicite de rejet née à compter du 16 août 2021 du silence gardé par le préfet des Alpes-Maritimes sur sa seconde demande de concours de la force publique formulée par elle pour l'expulsion de M. et Mme E et de tous occupants de leur chef du logement lui appartenant qu'ils occupent sans droit ni titre, sis au numéro 32 de l'avenue Georges Clémenceau à Nice (06000) ;
2°) d'enjoindre à l'Etat de prendre toutes mesures nécessaires afin de procéder sans délai à l'expulsion de M. et Mme E et de tous occupants de leur chef, et d'accorder à cette fin le concours de la force publique dans un délai de trente jours à compter de la fin de la période hivernale 2021/2022 soit au plus tard le 30 avril 2022, sous astreinte de 150 euros par jour de retard à compter du 1er mai 2022 ;
3°) de condamner l'Etat à lui payer les sommes de :
- 1 172, 85 euros par mois d'occupation, pour perte de son droit de jouissance et de loyer, jusqu'au jour du départ effectif des occupants ;
- 140 000 euros payable dans les 8 jours de sa demande, en réparation du préjudice financier qu'elle subit du fait du retard apporté par le préfet à tout mettre en œuvre pour lui permettre d'exercer son droit de disposer et de vendre librement son bien, de la perte de plusieurs chances d'acquérir un appartement qui lui convenait en tout point et de la hausse de 28% des prix de l'immobilier à Boulogne Billancourt ;
3°) de condamner l'Etat à lui payer la somme de 1 800 euros sur le fondement des dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
1°) sur la légalité du refus de concours de la force publique :
- celui-ci étant implicite, il n'a pas été signé par le préfet, de sorte que rien ne permet d'affirmer qu'il émane du préfet ; dès lors, ce refus est entaché d'incompétence ;
- le préfet n'ayant pas davantage déféré à la demande d'indication des motifs de cette décision, ce refus de concours de la force publique est nul pour défaut de motivation ;
- les indemnités octroyées par l'Etat ne confèrent pas à ce refus un caractère légitime, cette indemnisation en réparation concerne que le préjudice de jouissance et non la privation de propriété faite en l'espèce, de fait, en violation des dispositions des article 1er et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et des préambules constitutionnels ;
2°) sur la responsabilité de l'Etat :
- en application de l'article L.153-1 du code des procédures civiles d'exécution, le refus de concours de la force publique engage la responsabilité de l'Etat ;
- elle demande que l'indemnité qui devra être payée à compter du 1er janvier 2022, sous réserve d'autres indexations annuelles, jusqu'au jour de la libération effective des lieux, soit fixée à 1 172 ,85 euros ;
- âgée de 74 ans, elle a besoin de vendre l'appartement occupé pour en racheter un autre en rapport avec sa mobilité réduite du fait de son âge, son logement actuel de Boulogne Billancourt étant inadapté au vieillissement ;
- du fait du refus de concours de la force publique, elle n'a pu donner suite en 2019 et depuis cette date au projet d'acquisition d'appartements qui lui étaient proposés par des professionnels de l'immobilier et dont la situation à Boulogne Billancourt, l'accès, la configuration et le prix lui convenaient ; les mêmes appartements ne sont plus aujourd'hui aux prix qui lui étaient proposés à l'époque, la hausse des prix ayant atteint près de 28 % en 2 ans, à Boulogne Billancourt alors que par ailleurs, la valeur de son appartement à Nice n'est pas assurée puisqu'elle dépendra de l'état dans lequel cet appartement lui sera rendu par ses occupants actuels ; elle est donc fondée à demander réparation du préjudice éprouvé à ce titre par l'allocation d'une somme supplémentaire de 140 000 euros.
Par deux mémoires en défense, enregistrés le 5 et le 9 septembre 2022, le préfet des Alpes-Maritimes conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que :
- à titre principal, la requête est irrecevable ;
- à titre subsidiaire, la requête est mal fondée.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code des procédure civiles d'exécution ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. G en application de l'article R.222-13 du code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Gilles Taormina, magistrat désigné,
- et les observations de Me Bonnet, représentant Mme D, et de Mme A, représentant le préfet des Alpes-Maritimes.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B F, veuve D, est propriétaire d'un appartement sis au numéro 32 de l'avenue Georges Clémenceau à Nice (06000) qui avait été donné à bail à M. et Mme E, selon contrat du 4 septembre 2002, avec effet à compter du 15 septembre 2002. Le 26 février 2017, elle leur a donné congé pour vendre avec effet au 15 septembre 2017. Ceux-ci ayant cessé le paiement du loyer à compter d'avril 2017, n'ayant depuis lors procédé qu'à un paiement de 2 000 euros le 10 juillet 2017 et à un paiement de 500 euros le 29 novembre 2017, toutes démarches amiables en vue de la régularisation des époux E, mise en demeure, sommation de payer et de quitter les lieux ayant échouées, le juge des référés du tribunal d'instance de Nice a, par ordonnance n° 1300/18 R du 22 octobre 2018 signifiée le 8 novembre suivant, notamment constaté la validité du congé pour vendre délivré le 26 février 2017, condamné les époux E à payer une indemnité d'occupation mensuel égale au loyer et charges et ordonné leur expulsion ainsi que de tous occupants de leur chef.
2. Commandement d'avoir à quitter les lieux a été notifié aux occupants le 26 décembre 2018. M. et Mme E ayant, sur le fondement des articles L 722-6 et suivants et R 713-4 du code de la consommation, par requête enregistrée le 28 février 2019, saisi le tribunal Judiciaire de Nice à fin de suspension des mesures d'exécution en cours dont la procédure d'expulsion de l'appartement qu'ils occupent, ledit tribunal a, par jugement du 10 mai 2019, rejeté leur requête, jugement confirmé par la cour d'appel d'Aix-en-Provence par arrêt du 8 septembre 2020. Par jugement du 10 décembre 2019, il les a déchu du bénéfice de la procédure de traitement du surendettement dont ils bénéficiaient.
3. Le 24 juin 2019, le concours de la force publique a été requis par Me Albertini, huissier de justice, demande réputée implicitement rejetée à partir du 28 août 2019. Par courrier du 29 août 2019, dont la date postale de réception ne peut être vérifiée, Mme D a formulé par l'intermédiaire de son conseil une demande d'indemnisation de son préjudice non chiffrée. Par courrier du 9 janvier 2020, le préfet des Alpes-Maritimes lui a fait une proposition d'indemnisation de son préjudice à hauteur de 4 686, 42 euros pour la période du 25 août au 31 décembre 2019, correspondant à quatre mois d'indemnité d'occupation, proposition de règlement amiable acceptée par Mme D le 29 septembre 2020. Le préfet a, à nouveau, adressé à Mme D qui les a acceptées, d'autres propositions de règlement amiable rédigées dans les mêmes termes, pour de nouvelles périodes de 4 mois et une indemnité inchangée de 4 686, 42 euros chacune, les 25 mai, 16 septembre 2020, 21 janvier, 17 mai et 23 septembre 2021, cette dernière proposition couvrant la période du 1er mai au 31 août 2021, et proposition du 12 janvier 2022, proposition couvrant la période du 1er septembre au 31 décembre 2021. A compter de janvier 2022, en réponse au courrier du 3 mai 2022 de Mme D et conformément à sa demande, le loyer est passé à 943 euros et les charges ont été maintenues à la somme de 230 euros, soit un total mensuel de 1 173 euros.
4. Par courrier du 12 juin 2021 reçu le 16 juin suivant, Mme D a sollicité à nouveau du préfet des Alpes-Maritimes le concours de la force publique, demande implicitement rejetée à partir du 16 août suivant. Par courrier du 2 novembre 2021 dont il a été accusé réception le 4 novembre 2021, elle a sollicité du préfet le motif de ce refus, demande implicitement rejetée.
5. Mme D demande au tribunal d'annuler la décision implicite de rejet née à compter du 16 août 2021 du silence gardé par le préfet des Alpes-Maritimes sur sa seconde demande de concours de la force publique, d'enjoindre à l'Etat de prendre toutes mesures nécessaires afin de procéder sans délai à l'expulsion de M. et Mme E et de tous occupants de leur chef, d'accorder à cette fin le concours de la force publique dans un délai de trente jours à compter de la fin de la période hivernale 2021/2022 soit au plus tard le 30 avril 2022, sous astreinte de 150 euros par jour de retard à compter du 1er mai 2022 et de condamner l'Etat à lui payer les sommes de 1 172, 85 euros par mois d'occupation, pour perte de son droit de jouissance et de loyer, jusqu'au jour du départ effectif des occupants, d'une part, et celle de 140 000 euros en réparation du préjudice financier qu'elle subit du fait du retard apporté par le préfet à tout mettre en œuvre pour lui permettre d'exercer son droit de disposer et de vendre librement son bien.
Sur les conclusions aux fins d'annulation et d'injonction :
6. Toute décision de justice ayant force exécutoire peut donner lieu à une exécution forcée, la force publique devant, si elle est requise, prêter main forte à cette exécution. Toutefois, des considérations impérieuses tenant à la sauvegarde de l'ordre public ou à la survenance de circonstances postérieures à la décision judiciaire d'expulsion telles que l'exécution de celle-ci serait susceptible d'attenter à la dignité de la personne humaine, peuvent légalement justifier, sans qu'il soit porté atteinte au principe de la séparation des pouvoirs, le refus de prêter le concours de la force publique. Le refus de concours de la force publique légitimement opposé, ne porte pas atteinte au droit de propriété protégé par les dispositions des article 1 et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et des préambules des constitutions de 1946 et 1958 dont le moyen tiré de leur méconnaissance ne peut, dans ce cas, qu'être écarté.
7. Il résulte des pièces du dossier, et notamment d'une enquête administrative du 19 août 2019, d'une enquête sociale du 20 avril 2021 et d'une lettre de la fondation de France de février 2022, que postérieurement à l'ordonnance du 22 octobre 2018 par laquelle le juge des référés du tribunal d'instance de Nice a ordonné l'expulsion du logement occupé par les époux E, locataires en titre, a été révélée également la présence dans l'appartement, de la sœur de M. E, Mme C E, âgée de plus de 82 ans, atteinte d'un handicap psycho-moteur depuis sa naissance qui n'a jamais pu vivre seule et qui a été recueillie par son frère, au décès de leur mère chez qui elle vivait jusqu'alors. Cette circonstance dont il n'avait pas été fait mention dans la décision judiciaire d'expulsion et postérieure à celle-ci, constitue des considérations impérieuses telles que l'exécution de celle-ci serait susceptible d'attenter à la dignité de la personne humaine et justifie, sans qu'il soit porté atteinte au principe de la séparation des pouvoirs, le refus de prêter le concours de la force publique que le préfet, alors en situation de compétence liée, était tenu d'opposer. Dès lors, les moyens tenant à la légalité externe de cette décision sont inopérants et par suite les conclusions de Mme D tendant à l'annulation de la décision implicite de rejet née à compter du 16 août 2021 du silence gardé par le préfet des Alpes-Maritimes sur sa seconde demande de concours de la force publique doivent être rejetées, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur leur recevabilité, ensemble et pour les mêmes motifs, les conclusions formulées par elle à fin d'injonction.
Sur la responsabilité de l'Etat :
8. Aux termes de l'article R.153-1 du code des procédure civiles d'exécution : " Si l'huissier de justice est dans l'obligation de requérir le concours de la force publique, il s'adresse au préfet./ / Toute décision de refus de l'autorité compétente est motivée. Le défaut de réponse dans un délai de deux mois équivaut à un refus./ Ce refus est porté à la connaissance du créancier par l'huissier de justice ". Aux termes de l'article L.153-1 du même code : " L'Etat est tenu de prêter son concours à l'exécution des jugements et des autres titres exécutoires. Le refus de l'Etat de prêter son concours ouvre droit à réparation.".
9. Il n'est pas contesté par le préfet des Alpes-Maritimes qui ne conteste pas la responsabilité de l'Etat, que le 24 juin 2019, le concours de la force publique a été requis par Me Albertini, huissier de justice, demande réputée implicitement rejetée à partir du 28 août 2019. Par suite, en application des dispositions précitées du code des procédures civiles d'exécution, la responsabilité de l'Etat pour refus de concours de la force publique était engagée à partir du 28 août 2019.
Sur les préjudices de Mme D et leur réparation :
10. Le juge administratif, saisi d'un recours indemnitaire, doit évaluer les préjudices subis par les propriétaires en raison de la poursuite de l'occupation irrégulière de leur bien. Le juge administratif, saisi d'un tel recours, doit évaluer ces préjudices jusqu'à la date à laquelle les requérants en ont arrêté le décompte dans le dernier état de leurs écritures, les propriétaires étant recevables à demander directement au juge déjà saisi, sans faire une nouvelle réclamation préalable auprès de l'administration, une réparation supplémentaire procédant de l'aggravation du même préjudice résultant du même fait générateur.
11. Il résulte des pièces du dossier, que par courrier du 29 août 2019, Mme D a formulé par l'intermédiaire de son conseil une demande d'indemnisation de son préjudice non chiffrée. Par courrier du 9 janvier 2020, le préfet des Alpes-Maritimes lui a fait une proposition d'indemnisation de son préjudice à hauteur de 4 686, 42 euros pour la période du 25 août au 31 décembre 2019, correspondant à quatre mois d'indemnité d'occupation, proposition de règlement amiable acceptée par l'intéressée le 29 septembre 2020. Dès lors, la fin de non-recevoir opposée par le préfet aux conclusions indemnitaires de la requérante, tirée de l'absence de demande préalable manque donc en fait et doit, par suite être écartée.
12. En outre le préfet a, à nouveau, adressé à Mme D qui les a acceptées, d'autres propositions de règlement amiable rédigées dans les mêmes termes, pour de nouvelles périodes de 4 mois et une indemnité inchangée de 4 686, 42 euros chacune, les 25 mai, 16 septembre 2020, 21 janvier, 17 mai et 23 septembre 2021, cette dernière proposition couvrant la période du 1er mai au 31 août 2021, et proposition du 12 janvier 2022, proposition couvrant la période du 1er septembre au 31 décembre 2021. A compter de janvier 2022, en réponse au courrier du 3 mai 2022 de Mme D et conformément à sa demande, le loyer est passé à 943 euros et les charges ont été maintenues à la somme de 230 euros, soit un total mensuel de 1 173 euros. Dès lors, Mme D, recevable à actualiser postérieurement à l'enregistrement de sa requête et après l'expiration du délai de recours contentieux, ses prétentions indemnitaires qui procèdent du même fait générateur, sans avoir à formuler une nouvelle demande préalable, est fondée à demander la condamnation de l'Etat à l'indemniser de son préjudice correspondant à la jouissance du logement dont elle est privée, par le paiement d'une somme de 1 172, 85 euros par mois d'occupation, jusqu'au jour du départ effectif des occupants, cette somme étant indexée selon les modalités rappelées par le juge des référés du tribunal d'instance de Nice dans son ordonnance du 22 octobre 2018.
13. En revanche, Mme D au droit de propriété de laquelle il n'est pas porté atteinte, comme il a été dit au point 6, n'est pas fondée à demander la réparation par l'Etat du préjudice qu'elle estime avoir subi du fait de la hausse des prix de l'immobilier à Boulogne Billancourt, l'indemnisation pouvant être versée au titre de l'article L.153-1 du code des procédures civiles d'exécution ne pouvant correspondre qu'à la privation du droit d'utiliser son bien, au regard de son occupation illicite. Par suite, ses conclusions indemnitaires formulées à ce titre ne peuvent qu'être rejetées.
Sur les conclusions tendant à l'application de l'article L.761-1 du code de justice administrative :
14. Aux termes de l'article L.761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens ".
15. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par Mme D et non compris dans les dépens, en application des dispositions précitées du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : L'Etat est condamné à payer à Mme D, en réparation de son préjudice, une somme évaluée à 1 172, 85 euros par mois d'occupation, jusqu'au jour du départ effectif des occupants, cette somme étant indexée selon les modalités rappelées par le juge des référés du tribunal d'instance de Nice dans son ordonnance du 22 octobre 2018.
Article 2 : Il est mis à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à Mme B F, veuve D et au ministre de l'Intérieur et des outre-mer.
Copie en sera adressée au préfet des Alpes-Maritimes.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 11 avril 2023.
Le magistrat désigné,
Signé
G. G
Le greffier,
Signé
C. Ravera
La République mande et ordonne au ministre de l'Intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier en chef,
ou par délégation le greffier
N°2106740
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026