mardi 24 octobre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nice |
| Section | Tribunal Administratif de Nice |
| N° Dossier | TA06-2200035 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 6ème chambre |
| Avocat requérant | PERSICO |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires enregistrés les 5 janvier 2022, 8 mars 2022 et 2 janvier 2023, M. D A, représenté par Me Persico, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 18 février 2022 par laquelle le département des Alpes-Maritimes a refusé de reconnaître l'imputabilité au service de l'accident du 31 mai 2021 ;
2°) d'enjoindre au département des Alpes-Maritimes de reconnaître l'accident de service qu'il a déclaré le 31 mai 2021, dans un délai de 15 jours sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge du département des Alpes-Maritimes une somme de 2 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la compétence du signataire de l'acte n'est pas établie ;
- l'acte attaqué est insuffisamment motivé;
- alors qu'il n'a pas saisi le département d'un accident ponctuel mais de faits répétés qui caractérisent une maladie professionnelle, le département a saisi l'expert d'un accident daté du 15 février 2021 ; or, si l'expert n'a pas reconnu de lien entre sa pathologie et cette date, il a estimé que les troubles qu'il présente sont en relation avec son exercice professionnel ;
- il est entaché d'erreur manifeste d'appréciation, dès lors qu'il est retenu que son affection est sans lien avec son activité professionnelle alors qu'il ne présentait aucun état antérieur et que les faits subis en service sont à l'origine de son état ;
- il est entaché d'erreur de droit, dès lors qu'il n'a jamais invoqué de maladie professionnelle mais bien un accident professionnel survenu le 31 mai 2021 ;
- il est intervenu au terme d'un détournement de pouvoir.
Par des mémoires en défense enregistrés les 1er décembre 2022 et le 19 janvier 2023, le département des Alpes-Maritimes conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés par M. A ne sont pas fondés.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
Vu :
- la loi n°83-634 du 13 juillet 1983 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 3 octobre 2023 :
- le rapport de Mme Guilbert,
- les conclusions de Mme Belguèche, rapporteure publique,
- et les observations de Me Fonkoue, substituant Me Persico, représentant M. A, et de Me De Soto, représentant le département des Alpes-Maritimes.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, adjoint principal de 1ere classe, est affecté à la section d'exploitation du service parc des véhicules techniques de la direction des routes et des infrastructures de transport du département des Alpes-Maritimes. Le 31 mai 2021, il a sollicité la reconnaissance d'imputabilité au service d'un accident de travail daté du 15 février 2021. Le 9 juin 2021, le département des Alpes-Maritimes l'a invité à compléter sa demande. Le 17 juin 2021, complétant sa demande, M. A a indiqué que l'accident de service invoqué devait être considéré sur une longue période d'octobre 2020 à fin mai 2021, ayant entraîné une " fatigue généralisée psychique atteint dégradé et altéré". L'intéressé a été examiné le 13 août 2021 par un expert psychiatre. Le 15 novembre 2021, la commission de réforme a émis un avis défavorable à la demande de M. A. Le 8 décembre 2021, le département des Alpes-Maritimes a rejeté la demande d'imputabilité formée par M. A. Par un arrêté du 18 février 2022, qui s'est substitué à l'arrêté du 8 décembre 2021, le département des Alpes-Maritimes a confirmé ce rejet. Par la présente requête, M. A, qui demandait initialement l'annulation de l'arrêté du 8 décembre 2021, demande l'annulation de l'arrêté du 18 février 2022 qui s'y est substitué.
2. En premier lieu, l'arrêté en litige est signé par Mme C B, responsable de la section maladies, accidents de travail et accompagnement psycho-social, qui justifie d'une délégation du président du département en date du 3 février 2022 régulièrement publiée le 15 février 2022 à l'effet de signer les arrêtés relatifs à la section placée sous son autorité. Dès lors, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de l'acte manque en fait et doit être écarté.
3. En deuxième lieu, la décision attaquée reprend les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. Elle précise, notamment, que M. A a sollicité la reconnaissance d'un accident de travail qu'il date au 31 mai 2021, que toutefois, l'expert a estimé qu'il n'existait pas de lien déterminant et certain entre ses symptômes et cette date, que par ailleurs, l'affection du requérant présente des liens avec son activité professionnelle, qu'elle implique un taux d'incapacité de 15%, que ce taux, inférieur au seuil de 25% prévu par la loi du 13 juillet 1983 ne permet pas la reconnaissance d'une maladie professionnelle, que compte-tenu de ces éléments, la commission de réforme a émis un avis défavorable à la demande du requérant. Le moyen tiré du défaut de motivation doit dès lors être écarté.
4. En troisième lieu, constitue un accident de service, pour l'application des dispositions précitées, un évènement survenu à une date certaine, par le fait ou à l'occasion du service, dont il est résulté une lésion, quelle que soit la date d'apparition de celle-ci. Si M. A soutient que le département a fondé sa décision sur un rapport d'expertise irrégulièrement établi dès lors qu'il a communiqué à l'expert une date d'accident erronée, il ressort des pièces du dossier que par un courrier du 30 juin 2021, le département des Alpes-Maritimes a désigné un expert psychiatre pour se prononcer sur l'imputabilité au service de l'accident déclaré par M. A, daté du 15 février 2021, que ce courrier était accompagné du dossier de l'intéressé, contenant sa demande pour des évènements survenus entre octobre 2020 et fin mai 2021. Au vu de l'ensemble de ces éléments, l'expert a estimé que les éléments du dossier ne permettaient pas de rattacher de manière déterminante et certaine les troubles de l'intéressé à un fait accidentel survenu le 15 février 2021, mais que les faits relatés se rattachaient à une pathologie contractée en service. M. A, qui, par courriel du 11 octobre 2021, postérieur au rapport d'expertise, a tenu à réaffirmer auprès de l'administration l'importance des évènements survenus entre le 15 et le 19 février 2021, n'allègue d'ailleurs pas que ses troubles se rattachent à un événement soudain survenu à une date certaine, mais soutient au contraire que son affection trouve son origine dans des évènements étalés sur une longue durée. Dans ces conditions, le vice allégué n'a privé M. A d'aucune garantie ni exercé aucune influence sur le sens de la décision. D'autant qu'en tout état de cause, tant l'expert que l'administration, constatant qu'aucun accident n'était invoqué, ont examiné la nature des liens entre son affection et les évènements invoqués au titre de la maladie professionnelle.
5. En quatrième lieu, ainsi qu'il a été dit au point qui précède, M. A ne se prévaut, au soutien de sa demande de reconnaissance d'accident de travail, d'aucun évènement soudain et précisément daté autre que la date du 15 février 2021 retenue par l'administration. L'administration n'a dès lors entaché sa décision d'aucune erreur d'appréciation sur ce point. Le département, qui a ainsi répondu à la demande de l'intéressé n'a pas davantage commis d'erreur de droit en examinant à titre surabondant et gracieux l'imputabilité au service des troubles invoqués par l'intéressé au titre de la maladie professionnelle.
6. En cinquième lieu, aux termes de l'article 21 bis IV de la loi du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires applicable au litige : " IV.- Est présumée imputable au service toute maladie désignée par les tableaux de maladies professionnelles mentionnés aux articles L. 461-1 et suivants du code de la sécurité sociale et contractée dans l'exercice ou à l'occasion de l'exercice par le fonctionnaire de ses fonctions dans les conditions mentionnées à ce tableau ". Aux termes de l'article 37-8 du décret n°87-602 du 30 juillet 1987 pris pour l'application de la loi n°84-53 du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale et relatif à l'organisation des conseils médicaux, aux conditions d'aptitude physique et au régime des congés de maladie des fonctionnaires territoriaux " le taux d'incapacité permanente servant de seuil pour l'application du troisième alinéa du même IV est celui prévu à l'article R. 461-8 du code de la sécurité sociale ". En application de l'article R 461-8 du code de la sécurité sociale, ce taux est fixé à 25%.
7. En l'espèce, si l'administration a retenu, selon les conclusions de l'expert que la pathologie affectant M. A devait être considérée comme contractée en service, elle a également retenu le taux d'incapacité de 15% retenu par l'expert, inférieur au seuil d'imputabilité prévu par les dispositions citées au point qui précède. Dans ces conditions, M. A, qui ne conteste pas ce taux, n'est pas fondé à soutenir que le département des Alpes-Maritimes aurait commis une erreur d'appréciation en refusant de reconnaître l'imputabilité de sa maladie au service.
8. En sixième et dernier lieu, il ne ressort d'aucune des pièces du dossier que la décision en litige ait été prise au terme d'un détournement de pouvoir.
9. Compte-tenu de tout ce qui précède, la requête de M. A doit être rejetée, ensemble ses conclusions à fin d'injonction et celles formulées au titre des frais liés à l'instance.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. D A et au département des Alpes-Maritimes.
Délibéré après l'audience du 3 octobre 2023, à laquelle siégeaient :
M. Taormina, président,
Mme Gazeau, première conseillère,
Mme Guilbert, première conseillère,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 24 octobre 2023.
La rapporteure,
signé
L. Guilbert
Le président,
signé
G. Taormina La greffière,
signé
E. Gialis
La République mande et ordonne au préfet des Alpes-Maritimes en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier en chef,
Ou par délégation, la greffière
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026