mercredi 18 octobre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nice |
| Section | Tribunal Administratif de Nice |
| N° Dossier | TA06-2200084 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 4ème Chambre |
| Avocat requérant | OLOUMI AVOCATS ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 4 janvier 2022, M. B A, représenté par Me Hmad, doit être regardé comme demandant au tribunal :
1°) d'annuler la décision verbale du 4 janvier 2022 par laquelle le préfet des Alpes-Maritimes a refusé d'enregistrer sa demande d'un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " ;
2°) d'enjoindre au préfet des Alpes-Maritimes de procéder à l'enregistrement de sa demande et de le munir d'un récépissé l'autorisant à travailler ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- le refus verbal d'enregistrement de sa demande a été pris par une autorité incompétente ;
- la décision n'est pas motivée ;
- elle est entachée d'une erreur de droit dans la mesure où la préfecture ne pouvait pas se fonder sur la seule existence d'une précédente obligation de quitter le territoire ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation ;
- la décision méconnait son droit à une vie privée et familiale.
La requête a été communiquée au préfet des Alpes-Maritimes, qui n'a pas produit de mémoire en défense.
Par une ordonnance du 10 juillet 2023, la clôture de l'instruction a été fixée au 25 juillet 2023 à 12h00.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- l'accord franco-tunisien du 17 mars 1988 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative ;
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 27 septembre 2023.
- le rapport de Mme Sandjo, conseillère,
- les observations de Me Hmad, représentant M. A.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ressortissant tunisien né en 1993, déclare être entré en France en mars 2019, sous couvert d'un visa de court séjour délivré par les autorités allemandes. En avril 2021, il a fait l'objet d'une décision d'éloignement, non exécutée. Le 4 janvier 2022, M. A s'est rendu à la préfecture des Alpes-Maritimes, muni d'une convocation, afin de déposer une demande de titre de séjour, et s'y est heurté à un refus verbal d'enregistrement de sa demande de sa demande par un agent de guichet. Par sa requête, M. A doit être regardé comme demandant l'annulation de cette décision verbale.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, aux termes de l'article R. 431-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui demande la délivrance ou le renouvellement d'un titre de séjour présente à l'appui de sa demande :/ 1° Les documents justifiants de son état civil ;/ 2° Les documents justifiants de sa nationalité ;/ 3° Les documents justifiants de l'état civil et de la nationalité de son conjoint, de ses enfants et de ses parents lorsqu'il sollicite la délivrance ou le renouvellement d'un titre de séjour pour motif familial./ La délivrance du premier récépissé et l'intervention de la décision relative au titre de séjour sollicité sont subordonnées à la production de ces documents./ () ". Aux termes de l'article R. 431-12 du même code : " Il est remis à tout étranger admis à souscrire une demande de première délivrance ou de renouvellement de titre de séjour un récépissé qui autorise la présence de l'intéressé sur le territoire pour la durée qu'il précise () ". Aux termes de l'article R. 311-13 du même code : " En cas de refus de délivrance de tout titre de séjour, l'étranger est tenu de quitter le territoire français ".
3. Il résulte de ces dispositions qu'en dehors du cas d'une demande à caractère abusif ou dilatoire, l'autorité administrative chargée d'instruire une demande de titre de séjour ne peut refuser de l'enregistrer, et de délivrer le récépissé y afférent, que si le dossier présenté à l'appui de cette demande est incomplet. Le caractère abusif ou dilatoire de la demande doit s'apprécier compte tenu d'éléments circonstanciés. Une demande de titre de séjour peut être considérée comme abusive si elle ne présente aucun élément nouveau par rapport à une précédente demande ou si les éléments nouveaux présentés sont purement dilatoires. Le simple fait que l'étranger soit sous le coup d'une obligation de quitter le territoire français exécutoire ne suffit pas à le caractériser. Il appartient également à l'autorité préfectorale d'examiner si de nouveaux éléments conduisent l'étranger à former une nouvelle demande.
4. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier que M. A a fait l'objet, en avril 2021, d'une mesure d'éloignement, non exécutée, à la suite d'un contrôle d'identitéé qui a révélé qu'il était en séjour irrégulier. Toutefois, le requérant et sa compagne, avec laquelle il avait constitué une communauté de vie depuis plusieurs mois, se sont mariés le 5 juin 2021 à la mairie de Nice et qu'un enfant est né de cette union le 23 septembre 2021. Ces éléments constituent des éléments nouveaux au sens des dispositions légales précitées. Il ressort également des pièces du dossier, notamment d'une attestation du 23 mars 2021, signée par un médecin-échographe, que le requérant a pris une part effective dans l'accompagnement et le suivi de la grossesse de son épouse, dont le début est antérieur à la mesure d'éloignement dont le requérant a fait l'objet en avril 2021. Ces différentes circonstances établissent la réalité du projet de vie commune des époux A. L'existence d'une communauté de vie est également attestée par de nombreuses pièces du dossier, en particulier la conclusion d'un contrat de bail pour un logement commun en mai 2021, la tenue d'un compte bancaire conjoint d'époux à compter de juin 2021. Enfin, le requérant a été destinataire, le 10 novembre 2021 d'une convocation à se présenter au guichet de la préfecture le 4 janvier 2022 afin de déposer une première demande de titre de séjour en qualité de conjoint de français. Dans ces conditions, la volonté de M. A de déposer son dossier de première demande de titre de séjour sur le fondement de la vie privée et familiale ne présentait pas, malgré le caractère exécutoire de l'obligation de quitter le territoire français prononcée à son encontre, un caractère abusif ou dilatoire. Par suite, la décision par laquelle le préfet des Alpes-Maritimes a refusé d'enregistrer la demande de titre de séjour de M. A est entachée d'illégalité.
5. Il résulte de ce qui précède, et sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens de la requête, que M. A est fondé à demander l'annulation de la décision verbale du 4 janvier 2022 par laquelle le préfet des Alpes-Maritimes a refusé d'enregistrer sa demande de titre de séjour mention " vie privée et familiale ".
Sur les conclusions aux fins d'injonction :
6. Il résulte de l'instruction, en particulier d'un extrait du fichier AGEDREF produit par la préfecture du Alpes-Maritimes le 18 septembre 2023, que le préfet des Alpes-Maritimes a procédé, postérieurement à l'introduction de la requête, à l'enregistrement de la demande du requérant, à un nouvel examen de la situation personnelle de l'intéressé aboutissant à la délivrance d'une carte de résident valable du 4 août 2023 au 3 août 2033. Par suite, il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions à fin d'injonction d'enregistrement de la demande de titre de séjour.
7. Toutefois, en l'absence de pièce établissant que le requérant a été mis en possession effective du titre de séjour ainsi qu'allégué par la préfecture, il y a lieu, en l'état de l'instruction, d'enjoindre au préfet du Alpes-Maritimes de délivrer à M. A un récépissé de demande de titre de séjour dans le délai de huit jours à compter de la notification du présent jugement.
Sur les frais liés au litige :
8. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D É C I D E :
Article 1er : La décision verbale du 4 janvier 2022 par laquelle le préfet des Alpes-Maritimes a refusé d'enregistrer la demande de titre de séjour de M. A est annulée.
Article 2 : Il est enjoint au préfet des Alpes-Maritimes de délivrer à M. A un récépissé autorisant son séjour sur le territoire français, dans un délai huit jours à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : L'Etat versera à M. A une somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au préfet des Alpes-Maritimes.
Copie pour information sera adressée au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Délibéré après l'audience du 27 septembre 2023, à laquelle siégeaient :
M. Bonhomme, président,
Mme Soler, conseillère,
Mme Sandjo, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 octobre 2023.
La rapporteure,
Signé
G. SANDJOLe président,
Signé
T. BONHOMMELa greffière,
Signé
M-L. DAVERIO La République mande et ordonne au préfet des Alpes-Maritimes en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour le greffier en chef,
Ou par délégation le greffier,
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Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026