mardi 24 octobre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nice |
| Section | Tribunal Administratif de Nice |
| N° Dossier | TA06-2200623 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 6ème chambre |
| Avocat requérant | LAIFA |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 7 février 2022, M. A B, représenté par Me Laïfa, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision implicite de rejet de sa demande d'admission au séjour, née du silence gardé par le préfet des Alpes-Maritimes ;
2°) d'enjoindre au préfet des Alpes-Maritimes de lui délivrer une carte de séjour mention " salarié " ou " vie privée et familiale " dans un délai d'un mois suivant la notification du jugement à intervenir et de lui accorder, dans les meilleurs délais, un récépissé valant autorisation provisoire de séjour assortie d'une autorisation de travailler ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 200 euros en application des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision attaquée est entachée d'un défaut de motivation ;
- elle est entachée d'un défaut d'examen particulier ;
- cette décision est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation en ce qu'il a été pris en charge par l'aide sociale à l'enfance et qu'il est ainsi maintenu en situation précaire et instable.
La procédure a été communiquée au préfet des Alpes-Maritimes qui n'a pas produit de mémoire en défense.
M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Nice du 5 mai 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme Gazeau a été entendu au cours de l'audience publique du 3 octobre 2023.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, ressortissant tunisien né le 17 janvier 2003, demande au tribunal d'annuler la décision par laquelle le préfet des Alpes-Maritimes a implicitement rejeté sa demande d'admission au séjour.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article L. 435-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " A titre exceptionnel, l'étranger qui a été confié à l'aide sociale à l'enfance ou du tiers digne de confiance entre l'âge de seize ans et l'âge de dix-huit ans et qui justifie suivre depuis au moins six mois une formation destinée à lui apporter une qualification professionnelle peut, dans l'année qui suit son dix-huitième anniversaire, se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié " ou " travailleur temporaire ", sous réserve du caractère réel et sérieux du suivi de cette formation, de la nature de ses liens avec sa famille restée dans le pays d'origine et de l'avis de la structure d'accueil ou du tiers digne de confiance sur l'insertion de cet étranger dans la société française. La condition prévue à l'article L. 412-1 n'est pas opposable ".
3. Lorsqu'il examine une demande d'admission exceptionnelle au séjour en qualité de " salarié " ou " travailleur temporaire ", présentée sur le fondement de ces dispositions, le préfet vérifie tout d'abord que l'étranger est dans l'année qui suit son dix-huitième anniversaire, qu'il a été confié à l'aide sociale à l'enfance entre l'âge de seize ans et dix-huit ans, qu'il justifie suivre depuis au moins six mois une formation destinée à lui apporter une qualification professionnelle et que sa présence en France ne constitue pas une menace pour l'ordre public. Il lui revient ensuite, dans le cadre du large pouvoir dont il dispose, de porter une appréciation globale sur la situation de l'intéressé, au regard notamment du caractère réel et sérieux du suivi de cette formation, de la nature de ses liens avec sa famille restée dans son pays d'origine et de l'avis de la structure d'accueil sur l'insertion de cet étranger dans la société française. Il appartient au juge administratif, saisi d'un moyen en ce sens, de vérifier que le préfet n'a pas commis d'erreur manifeste dans l'appréciation ainsi portée.
4. En soutenant qu'il a été pris en charge par l'aide sociale à l'enfance depuis septembre 2018, qu'il est bien intégré et volontaire pour réussir son insertion professionnelle en France qu'il a commencé, et que la décision en litige le maintien dans une situation précaire et instable, le requérant doit être regardé comme soulevant le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation commise par le préfet des Alpes-Maritimes au regard des dispositions précitées.
5. En l'espèce, M. B est entré en France en 2018, à l'âge de 15 ans. Il s'est installé chez son oncle et sa tante sur la commune de Cagnes-sur-Mer à son arrivée puis, après la séparation de ceux-ci, s'est trouvé isolé sur le territoire. A la suite d'un signalement par la mère d'un de ses amis, il a été pris en charge par l'aide sociale à l'enfance des Alpes-Maritimes par une ordonnance de placement provisoire de la cour d'appel d'Aix-en-Provence du 7 février 2020. Par cette même ordonnance, la cour a accordé une délégation exceptionnelle de l'autorité parentale à l'aide sociale à l'enfance des Alpes-Maritimes. Ce placement auprès de l'aide sociale à l'enfance et cette délégation de l'autorité parentale ont été renouvelés par décision de la cour d'appel d'Aix-en-Provence du 22 juin 2020.
6. Si le requérant a perdu le contrat d'apprentissage qu'il avait pourtant signé avec la société SLK Services pour sa formation en plomberie au CFA d'Antibes pour l'année 2020/2021, cette circonstance résulte, selon le rapport d'évolution établi par la structure d'accueil de M. B en juillet 2023, de dysfonctionnements qui ne lui sont pas imputables. Par ailleurs, il ressort des pièces du dossier que le requérant a, à sa majorité, signé un contrat jeune majeur au vu de sa bonne intégration et du délaissement familial et est inscrit depuis le 17 mai 2021 sur un dispositif de formation, géré par la fondation des Apprentis d'Auteuil, l'accompagnant dans son parcours de formation professionnelle par des recherches de stages et d'apprentissage. En outre, il ressort des pièces du dossier et notamment des rapports de situation établis en juin 2021 par deux structures d'accueil du requérant ainsi que du rapport d'évolution de ce dernier établi par une structure d'accueil le 23 juillet 2021, que l'intéressé est volontaire et impliqué pour réussir son parcours d'intégration, investi et assidu dans sa formation, le caractère réel et sérieux du suivi de sa formation étant souligné, et qu'il est bien intégré aussi bien dans les différentes structures d'accueil qu'il a connues qu'en dehors. Enfin, il ressort des pièces du dossier et n'est pas contesté qu'il n'entretient pas de liens avec sa famille dans son pays d'origine. Par suite, M. B est fondé à solliciter, pour ce motif, et sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens soulevés, l'annulation de la décision par laquelle le préfet des Alpes-Maritimes a implicitement refusé de lui délivrer un titre de séjour sur le fondement des dispositions de l'article L. 435-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
7. Eu égard aux motifs d'annulation retenu par le présent jugement, il y a lieu d'enjoindre au préfet de prendre en compte le fait que M. B aurait dû bénéficier d'un titre de séjour sur le fondement des dispositions de l'article L. 435-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile à compter de sa majorité, l'exécution de ce jugement n'impliquant aucune autre mesure d'exécution particulière.
Sur les frais liés au litige :
8. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat le versement, au profit de Me Laïfa, de la somme de 800 euros au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve que ce dernier renonce à percevoir la part contributive de l'Etat au titre de l'aide juridictionnelle.
D E C I D E :
Article 1er : La décision implicite de rejet de la demande d'admission au séjour de M. B, née du silence gardé par le préfet des Alpes-Maritimes, est annulée.
Article 2 : Il y a lieu d'enjoindre au préfet des Alpes-Maritimes de prendre en compte le fait que M. B aurait dû bénéficier d'un titre de séjour sur le fondement des dispositions de l'article L. 435-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile à compter de sa majorité.
Article 3 : L'État versera à Me Laïfa, avocat de M. B, une somme de 800 euros au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve qu'il renonce à percevoir la part contributive de l'Etat au titre de l'aide juridictionnelle.
Article 4 : Le surplus de la requête de M. B est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. A B, à Me Laïfa et au préfet des Alpes-Maritimes.
Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur et des outre-mer et au procureur de la République près le tribunal judiciaire de Grasse.
Délibéré après l'audience du 3 octobre 2023, à laquelle siégeaient :
M. Taormina, président,
Mme Gazeau, première conseillère,
Mme Guilbert, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 24 octobre 2023.
La rapporteure,
signé
D. Gazeau
Le président,
signé
G. TaorminaLa greffière,
signé
B-P. Antoine
La République mande et ordonne au préfet des Alpes-Maritimes en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier en chef,
Ou par délégation, la greffière
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026