jeudi 14 mars 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nice |
| Section | Tribunal Administratif de Nice |
| N° Dossier | TA06-2200772 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | LAWTEC - SOCIÉTÉ D'AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 10 février 2022, la société à responsabilité limitée Real Immo, prise en la personne de son représentant légal en exercice, représentée par Me Zago, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté de sursis à statuer pris par le maire de Valbonne le 26 janvier 2022 sur sa demande de permis de construire datée du 21 mai 2019 ;
2°) d'enjoindre au maire de Valbonne de lui délivrer le permis de construire qu'elle a sollicité le 21 mai 2019 ;
3°) de condamner la commune de Valbonne aux entiers dépens ;
4°) de mettre à la charge de la commune de Valbonne la somme de 5 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
La société pétitionnaire soutient que l'arrêté attaqué méconnaît les dispositions de l'article L. 424-1 du code de l'urbanisme dès lors que le maire de Valbonne ne pouvait se fonder sur le même motif que l'arrêté initial de sursis à statuer du 5 décembre 2019, à savoir celui tiré de ce que le projet litigieux est de nature à compromettre ou à rendre plus onéreuse l'exécution du futur plan local d'urbanisme de la commune.
Par un mémoire en défense, enregistré le 20 mai 2022, la commune de Valbonne, prise en la personne de son maire en exercice, représentée par Me Fiorentino, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de la société requérante la somme de 1 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
La commune fait valoir que l'unique moyen de la requête n'est pas fondé.
Vu :
- l'ordonnance n°2200770 du 21 mars 2022 du juge des référés du tribunal ;
- les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 8 février 2024 :
- le rapport de M. Holzer,
- les conclusions de Mme Sorin, rapporteure publique,
- les observations de Me Zago, représentant la société Real Immo ;
- et les observations de Me Fiorentino, représentant la commune de Valbonne.
Considérant ce qui suit :
1. Le 21 mai 2019, la société à responsabilité limité (" ci-après " SARL) " Real Immo " a déposé une demande de permis de construire en vue de la réalisation d'un immeuble collectif de douze logements sur les parcelles cadastrées section BO n°s 305, 307 et 309, situées 363 avenue de Pierrefeu, à Valbonne. Par un arrêté du 5 décembre 2019, le maire de la commune de Valbonne a sursis à statuer sur cette demande de permis de construire pour une durée maximum de deux ans, au motif que le projet, objet de cette demande, était de nature à compromettre ou à rendre plus onéreuse la réalisation du futur plan local d'urbanisme de la commune. A l'expiration de ce délai, ladite société a confirmé sa demande de permis de construire par un courrier daté du 5 décembre 2021 et réceptionné le lendemain par les services communaux. Par un arrêté du 26 janvier 2022, le maire de Valbonne a, une nouvelle fois, sursis à statuer sur cette demande de permis de construire. Par sa requête, la société Real Immo demande au tribunal d'annuler cet arrêté du 26 janvier 2022, dont le juge des référés du tribunal a refusé d'en suspendre l'exécution par une ordonnance n°2200770 en date du 21 mars 2022.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes du troisième alinéa de l'article L. 153-11 du code de l'urbanisme : " L'autorité compétente peut décider de surseoir à statuer, dans les conditions et délai prévus à l'article L. 424-1, sur les demandes d'autorisation concernant des constructions, installations ou opérations qui seraient de nature à compromettre ou à rendre plus onéreuse l'exécution du futur plan dès lors qu'a eu lieu le débat sur les orientations générales du projet d'aménagement et de développement durable ". Aux termes de l'article L. 424-1 de ce même code : " () / Le sursis à statuer doit être motivé et ne peut excéder deux ans. L'autorité compétente ne peut, à l'expiration du délai de validité du sursis ordonné, opposer à une même demande d'autorisation un nouveau sursis fondé sur le même motif que le sursis initial. Si des motifs différents rendent possible l'intervention d'une décision de sursis à statuer par application d'une disposition législative autre que celle qui a servi de fondement au sursis initial, la durée totale des sursis ordonnés ne peut en aucun cas excéder trois ans. A l'expiration du délai de validité du sursis à statuer, une décision doit, sur simple confirmation par l'intéressé de sa demande, être prise par l'autorité compétente chargée de la délivrance de l'autorisation, dans le délai de deux mois suivant cette confirmation. Cette confirmation peut intervenir au plus tard deux mois après l'expiration du délai de validité du sursis à statuer. Une décision définitive doit alors être prise par l'autorité compétente pour la délivrance de l'autorisation, dans un délai de deux mois suivant cette confirmation. A défaut de notification de la décision dans ce dernier délai, l'autorisation est considérée comme accordée dans les termes où elle avait été demandée. / () ". Enfin, aux termes de l'article L. 153-24 de ce même code, alors applicable : " Lorsque le plan local d'urbanisme porte sur un territoire qui n'est pas couvert par un schéma de cohérence territoriale approuvé, ou lorsqu'il comporte des dispositions tenant lieu de programme local de l'habitat, il est publié et transmis à l'autorité administrative compétente de l'Etat dans les conditions définies aux articles L. 2131-1 et L. 2131-2 du code général des collectivités territoriales. / Il devient exécutoire à l'issue d'un délai d'un mois à compter de sa transmission à l'autorité administrative compétente de l'Etat ".
3. Il résulte de ces dispositions que l'autorité administrative peut surseoir à statuer sur une demande d'autorisation d'urbanisme lorsque celle-ci est susceptible de compromettre ou de rendre plus onéreuse l'exécution du futur plan local d'urbanisme. Le sursis à statuer, qui est justifié par l'intérêt général qui s'attache à la maîtrise par les collectivités territoriales de l'occupation des sols et du développement urbain, doit être motivé, ne peut excéder deux ans et ne peut être opposé qu'en vertu d'orientations ou de règles que le futur plan local d'urbanisme pourrait légalement prévoir. Il ne peut intervenir qu'après qu'ait eu lieu le débat sur les orientations générales du plan d'aménagement et de développement durable. L'autorité compétente ne peut, à l'expiration du délai de validité du sursis ordonné, opposer à une même demande d'autorisation un nouveau sursis fondé sur le même motif que le sursis initial.
4. En l'espèce, et d'une part, il est constant que le conseil municipal de Valbonne a prescrit la révision de son plan local d'urbanisme (ci-après, " PLU ") par une délibération du 3 décembre 2015, que le projet d'aménagement et de développement durables (ci-après, " PADD ") a été débattu en conseil municipal le 4 octobre 2018 et que le projet de PLU a été arrêté par une délibération du 25 juillet 2019. S'il ressort des pièces du dossier que ce PLU a été approuvé par une délibération du 12 janvier 2022, il n'est toutefois devenu exécutoire, au plus tôt, que le 12 février 2022, soit postérieurement à la date de la décision attaquée, en application des dispositions précitées de l'article L. 153-24 du code de l'urbanisme et en l'absence de schéma de cohérence territoriale applicable sur le territoire de la commune de Valbonne.
5. D'autre part, il ressort des pièces du dossier que les arrêtés des 5 décembre 2019 et 26 janvier 2022 par lesquels le maire de Valbonne a sursis à statuer sur la demande de permis de construire déposée par la société Real Immo le 21 mai 2019, et dont il est constant qu'elle a été confirmée par courrier du 5 décembre 2021, ont pour même motif celui tiré de ce que le projet était de nature à compromettre ou à rendre plus onéreuse la réalisation du futur PLU. Ainsi, en application du principe énoncé au point 3 du jugement et dès lors que ces deux arrêtés reposent sur le même motif faisant application d'une même disposition législative, à savoir l'article L. 153-11 du code de l'urbanisme, la société requérante est fondée à soutenir que le maire de Valbonne a entaché l'arrêté attaqué du 26 janvier 2022 d'une erreur de droit dans l'application des dispositions précitées de l'article L. 424-1 du code de l'urbanisme.
6. La requête ne comprenant pas d'autre moyen que celui tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 424-1 du code de l'urbanisme, il résulte de ce qui précède que la société requérante est fondée à demander l'annulation de l'arrêté du 26 janvier 2022.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
7. L'annulation d'une décision de sursis à statuer sur une demande d'autorisation d'urbanisme n'implique pas la délivrance de cette autorisation. Par suite, les conclusions présentées par la société requérante tendant à ce que le tribunal enjoigne au maire de Valbonne de lui délivrer le permis de construire sollicité doivent être rejetées.
Sur les dépens :
8. La présente instance n'ayant donné lieu à aucuns dépens, les conclusions présentées en ce sens par la société Real Immo doivent être rejetées.
Sur l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
9. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la société requérante, qui n'est pas la partie perdante dans cette instance, la somme que la commune de Valbonne demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
10. Il y a lieu, en revanche, de faire application de ces dispositions et de mettre à la charge de la commune de Valbonne une somme de 1 500 euros à verser à la société requérante au titre des frais qu'elle a exposés et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : L'arrêté du 26 janvier 2022 du maire de Valbonne est annulé.
Article 2 : La commune de Valbonne versera à la société Real Immo une somme de 1 500 (mille cinq cents) euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à la société à responsabilité limitée Real Immo et à la commune de Valbonne.
Délibéré après l'audience du 8 février 2024, à laquelle siégeaient :
M. Silvestre-Toussaint-Fortesa, président,
M. Holzer, conseiller,
Mme Cueilleron, conseillère,
Assistés de Mme Martin, greffière.
Rendu public par mise à disposition au greffe, le 14 mars 2024.
Le rapporteur,
signé
M. Holzer
Le président,
signé
F. Silvestre-Toussaint-FortesaLa greffière,
signé
C. Martin
La République mande et ordonne au préfet des Alpes-Maritimes en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour le greffier en chef,
Ou, par délégation, la greffière
N°2200772
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026