mardi 2 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nice |
| Section | Tribunal Administratif de Nice |
| N° Dossier | TA06-2201029 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Magistrat M. SOLI |
| Avocat requérant | SELARL BRL - BAUDUCCO - ROTA - LHOTELLIER |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 28 février 2022, M. A, représenté par Me Rota, demande au tribunal :
1°) d'annuler le compte rendu d'entretien professionnel (CREP) au titre de l'année 2020, ensemble la décision du 29 décembre 2021, par laquelle le directeur du département risques naturels du centre d'études et d'expertise sur les risques, l'environnement, la mobilité et l'aménagement (CEREMA)-Méditerranée, a expressément rejeté le recours hiérarchique formé le 14 décembre 2021.
2°) d'enjoindre à l'administration de corriger les commentaires et l'appréciation générale, dans un délai d'un mois à compter de la décision à intervenir.
3°) d'enjoindre, à titre subsidiaire, à l'administration, de procéder à un nouvel entretien professionnel au titre de l'année 2020 dans un délai d'un mois à compter de la décision à intervenir.
4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2.500 euros sur le fondement de l'article L 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- qu'il n'a pas bénéficié de la formation nécessaire à la réalisation des objectifs qui lui étaient assignés.
- que l'administration a entaché d'erreur manifeste l'appréciation de la réalisation des objectifs qui lui avaient été fixés l'année précédente ;
- que l'administration a entaché d'erreur manifeste l'appréciation générale portée sur la manière de servir du requérant ;
Par un mémoire, enregistré le 30 mai 2024, le Cerema conclut au rejet de la requête.
Le défendeur soutient qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. Soli, vice-président en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Après avoir, au cours de l'audience publique du 4 juin 2024, présenté son rapport et entendu :
- les conclusions de Mme Belgueche, rapporteur public,
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ingénieur des travaux publics de l'Etat, d'affaires géologue-géotechnicien au sein du service risques géologiques du centre d'études et d'expertise sur les risques, l'environnement, la mobilité et l'aménagement (CEREMA)-Méditerranée demande au Tribunal d'annuler le compte-rendu d'entretien professionnel (CREP) au titre de l'année 2020 notifié le 2 décembre 2021, ensemble la décision du 29 décembre 2021, par laquelle le directeur du département risques naturels du CEREMA, a expressément rejeté le recours hiérarchique formé le 14 décembre 2021.
Sur les conclusions en annulation :
2. Aux termes de l'article 55 de la loi du 11 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique de l'Etat : " () l'appréciation de la valeur professionnelle des fonctionnaires se fonde sur un entretien professionnel annuel conduit par le supérieur hiérarchique direct () ".
3. 3. Aux termes de l'article 2 du décret du 28 juillet 2010 : " Le fonctionnaire bénéficie chaque année d'un entretien professionnel qui donne lieu à compte rendu. Cet entretien est conduit par le supérieur hiérarchique direct. La date de cet entretien est fixée par le supérieur hiérarchique direct et communiquée au fonctionnaire au moins huit jours à l'avance. ". Aux termes de l'article 4 de ce décret : " Le compte rendu de l'entretien professionnel est établi et signé par le supérieur hiérarchique direct du fonctionnaire. Il comporte une appréciation générale exprimant la valeur professionnelle de ce dernier. Il est communiqué au fonctionnaire qui le complète, le cas échéant, de ses observations () ".
4. Aux termes de l'article 3 du décret du 28 juillet 2010 : " L'entretien professionnel porte principalement sur : 1° Les résultats professionnels obtenus par le fonctionnaire eu égard aux objectifs qui lui ont été assignés et aux conditions d'organisation et de fonctionnement du service dont il relève ; 2° Les objectifs assignés au fonctionnaire pour l'année à venir et les perspectives d'amélioration de ses résultats professionnels, compte tenu, le cas échéant, des perspectives d'évolution des conditions d'organisation et de fonctionnement du service ; 3° La manière de servir du fonctionnaire ; 4° Les acquis de son expérience professionnelle ; 5° Le cas échéant, la manière dont il exerce les fonctions d'encadrement qui lui ont été confiées ; 6° Les besoins de formation du fonctionnaire eu égard, notamment, aux missions qui lui sont imparties, aux compétences qu'il doit acquérir et à son projet professionnel ; 7° Ses perspectives d'évolution professionnelle en termes de carrière et de mobilité.()".
5. Afin de contrôler si l'appréciation portée par l'autorité investie du pouvoir d'évaluation professionnelle est ou non entachée d'erreur manifeste d'appréciation, le juge administratif doit examiner s'il existe une disproportion ou une contradiction flagrante entre les éléments de cette évaluation professionnelle et l'appréciation littérale.
6. En premier lieu, le requérant conteste la mention " sans objet " concernant l'objectif " Réalisation du contrôle extérieur des études aléas rocheux sur 4 secteurs " en estimant que compte tenu de son implication, l'évaluation retenue aurait dû être " partiellement atteint ". Cependant, il ne ressort pas des pièces du dossier que l'administration qui a reporté sur 2021 la réalisation de cet objectif en raison du contexte sanitaire, aurait entaché son appréciation de la réalisation de cet objectif d'une erreur manifeste.
7. En deuxième lieu, le requérant soutient que les objectifs " Etablissement et dimensionnement technique dans le cadre d'une étude des risques rocheux " et " finalisation des objectifs de 2019 ", ont été atteints et non " partiellement atteints " comme indiqué sur son CREP, que les objectifs " formation ancrage ", " analyse sismique des blocs rocheux " ont été partiellement atteints et non " non atteints " comme indiqué sur le CRPE. Si M. A établit la réalité de sa motivation et de son implication dans la réalisation de ses objectifs, il ressort toutefois des pièces du dossier que les indications partiellement ou non atteinte retenues par l'administration sont en cohérence avec les appréciations littérales qui soulignent des attendus techniques non respecté par les travaux du requérant, des retards de production desdits travaux, des insuffisances diverses dans la présentation ou l'étendue de ses travaux. Ces appréciations ne sont pas contestées par le requérant qui soutient essentiellement ne pas avoir bénéficié de la formation prévue ou s'être heurté à l'inertie de sa hiérarchie sur des demandes de précisions techniques. Il s'ensuit que le moyen tenant à l'erreur manifeste d'appréciation quant à l'évaluation des différents objectifs assignés en 2020 au requérant doit être écarté.
8. M. A soutient que l'appréciation portée sur sa manière de servir dans le procès-verbal de son CREP 2020 est entachée d'erreur manifeste. Il ressort cependant des pièces du dossier qu'en mentionnant que le requérant a fait preuve de motivation mais a continué à éprouver en 2020, les mêmes difficultés qu'en 2019, que le niveau de ses productions était inférieur à celui attendu et qu'il doit progresser en matière de rédaction, de synthèse et d'assimilation des données, l'administration n'a pas entaché son appréciation d'erreur manifeste dès lors que le requérant ne conteste pas lesdites insuffisances mais les impute au non-respect des procédures d'accueil des nouveaux agents, à l'absence de plan de formation personnalisé, au faible niveau d'encadrement dont il a bénéficié et aux difficultés rencontrées pour accéder aux experts et obtenir des réponses aux questions posées. Par ailleurs, le requérant étant un ingénieur, en poste depuis le 1er septembre 2018, l'absence de formation qu'il relève lors de sa prise de poste ne peut sérieusement expliquer les insuffisances techniques relevés dans ses travaux en 2020.
9. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions en annulation de la requête de M. A ne peuvent qu'être rejetées ainsi que les conclusions aux fins d'injonction sans qu'il soit besoin de les renvoyer à une formation collégiale.
10. L'Etat n'étant pas la partie perdante dans la présente instance, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions du requérant tendant à l'application des dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A, au CEREMA et au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 2 juillet 2024.
Le magistrat désigné,
signé
P. SOLI La greffière,
signé
B. ANTOINE
La République mande et ordonne au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier en chef,
Ou par délégation la greffière.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026