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AccueilJurisprudence administrativeN° TA06-2201591

Tribunal Administratif de Nice — Décision N° TA06-2201591

lundi 13 mars 2023

JuridictionTribunal Administratif de Nice
SectionTribunal Administratif de Nice
N° DossierTA06-2201591
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
FormationMagistrat M. FAY
Avocat requérantGIRAUDO OLIVIER

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés les 17 mars et 13 juillet 2022, M. E C, représenté par Me Olivier Giraudo, avocat au Barreau de Nice, demande au tribunal :

- d'annuler la décision en date du 11 janvier 2022 par laquelle la commission de médiation du département des Alpes-Maritimes a rejeté son recours amiable tendant à la reconnaissance du caractère urgent et prioritaire de sa demande de logement social en application des dispositions du II. de l'article L. 441-2-3 du code de la construction et de l'habitation ;

- d'enjoindre au préfet des Alpes-Maritimes de procéder à son relogement ainsi qu'à celui de sa famille à compter de la notification du jugement à intervenir et ce sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

- de mettre à la charge de l'État la somme de 1 500 euros sur le fondement des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.

M. C doit être regardé comme soutenant que la décision attaquée est entachée d'erreur manifeste d'appréciation.

La requête a été communiquée au préfet des Alpes-Maritimes qui n'a pas produit de mémoire en défense.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- l'arrêté du préfet des Alpes-Maritimes en date du 2 juin 2014 qui fixe, en application des dispositions de l'article L. 441-1-4 du code de la construction et de l'habitation, à 45 mois le délai à partir duquel les personnes qui ont déposé une demande de logement resté sans réponse peuvent saisir la commission de médiation ;

- le code de la construction et de l'habitation ;

- le code de justice administrative.

Vu, en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative, la décision par laquelle le président du tribunal a désigné M. A pour statuer sur les litiges visés audit article.

Le rapporteur public ayant été dispensé, sur sa proposition, de conclure dans cette affaire en application des dispositions de l'article R. 732-1-1 du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Faÿ, magistrat désigné ;

- et les observations de Mme B pour le préfet des Alpes-Maritimes, le requérant n'étant ni présent ni représenté.

Considérant ce qui suit :

1. M. C a saisi la commission de médiation du département des Alpes-Maritimes en vue de la reconnaissance du caractère prioritaire et urgent de sa demande de logement social, en application des dispositions du II. de l'article L. 441-2-3 du code de la construction et de l'habitation pour logement sur-occupé en étant en situation de handicap, avec une personne en situation de handicap à charge ou un enfant mineur à charge et attente d'un logement social depuis un délai supérieur au délai fixé par arrêté préfectoral. La commission a rejeté cette demande par une décision en date du 11 janvier 2022 au motif que si la surface de 42,75 mètres carrés du logement occupé par le requérant est inférieure à celle mentionnée à l'article R. 822-25 du code de la construction et de l'habitation au regard des 5 personnes qui l'occupent, il existe des incohérences dans ses déclarations, ses deux enfants majeurs, son gendre et la petite fille n'étant pas déclarés comme occupant le logement auprès de la caisse d'allocations familiales des Alpes-Maritimes qui, de ce fait, ne retient pas le surpeuplement, que si l'intéressé a déposé une demande de logement social le 26 mars 2014, il ne remplit pas les conditions réglementaires d'accès au logement social, son fils majeur, né en 1996 ne justifiant pas d'un avis d'imposition ou de non-imposition 2020 sur les revenus de 2019. M. C demande l'annulation de la décision de la commission de médiation du département des Alpes-Maritimes en date du 11 janvier 2022.

Sur les conclusions aux fins d'annulation de la décision en date du 11 janvier 2022. Aux termes des dispositions de l'article L. 300-1 du code de la construction et de l'habitation : " Le droit à un logement décent et indépendant [] est garanti par l'État à toute personne qui, résidant sur le territoire français de façon régulière et dans des conditions de permanence définies par décret en Conseil d'État, n'est pas en mesure d'y accéder par ses propres moyens ou de s'y maintenir. / Ce droit s'exerce par un recours amiable puis, le cas échéant, par un recours contentieux dans les conditions et selon les modalités fixées par le présent article et les articles L. 441-2-3 et L. 441-2-3-1. " et aux termes du premier alinéa du II. de l'article L. 441-2-3 du code de la construction et de l'habitation : " La commission de médiation peut être saisie par toute personne qui, satisfaisant aux conditions réglementaires d'accès à un logement locatif social, n'a reçu aucune proposition adaptée en réponse à sa demande de logement dans le délai fixé en application de l'article L. 441-1-4. / () Elle peut également être saisie, sans condition de délai, lorsque le demandeur est logé dans des locaux manifestement suroccupés () s'il présente un handicap au sens de l'article L. 114 du code de l'action sociale et des familles ou s'il a au moins une personne à charge présentant un tel handicap () " Aux termes des dispositions de l'article R. 441-14-1 du même code : " La commission, saisie sur le fondement du II ou du III de l'article L. 441-2-3, se prononce sur le caractère prioritaire de la demande et sur l'urgence qu'il y a à attribuer au demandeur un logement ou à l'accueillir dans une structure d'hébergement, en tenant compte notamment des démarches précédemment effectuées dans le département () / Peuvent être désignées par la commission comme prioritaires et devant être logées d'urgence en application du II de l'article L. 441-2-3 les personnes de bonne foi qui satisfont aux conditions réglementaires d'accès au logement social qui se trouvent dans l'une des situations prévues au même article et qui répondent aux caractéristiques suivantes : / -ne pas avoir reçu de proposition adaptée à leur demande dans le délai fixé en application de l'article L. 441-1-4 ; / () - être handicapées, ou avoir à leur charge une personne en situation de handicap, ou avoir à leur charge au moins un enfant mineur, et occuper un logement () d'une surface habitable inférieure aux surfaces mentionnées à l'article R. 822-25, ou, pour une personne seule, d'une surface inférieure à celle mentionnée au premier alinéa de l'article 4 du même décret. / La commission peut, par décision spécialement motivée, désigner comme prioritaire et devant être logée en urgence une personne qui, se trouvant dans l'une des situations prévues à l'article L. 441-2-3, ne répond qu'incomplètement aux caractéristiques définies ci-dessus. ". En application des dispositions de l'article R. 822-25, le logement doit présenter une surface habitable globale au moins égale à neuf mètres carrés pour une personne seule, seize mètres carrés pour un ménage sans enfant ou deux personnes, augmentée de neuf mètres carrés par personne en plus, dans la limite de soixante-dix mètres carrés pour huit personnes et plus.

3. Les recours contre les décisions des commissions de médiation sur les demandes tendant à être déclaré prioritaire et devant être logé d'urgence relèvent du contentieux de l'excès de pouvoir. Il appartient au juge administratif, lorsqu'il est saisi d'un recours formé à l'encontre d'une décision de la commission de médiation refusant à un demandeur de le reconnaître prioritaire pour l'accès à un logement décent et indépendant dans le cadre du droit garanti par l'État selon les dispositions de l'article L. 300-1 du code de la construction et de l'habitation, d'apprécier l'urgence et le caractère prioritaire de la demande de logement à la date de la décision attaquée.

4. Pour contester l'appréciation faite de sa situation par la commission de médiation du département des Alpes-Maritimes, M. C soutient qu'il est reconnu invalide à plus de 80 %, que sa situation financière ne lui permet pas de pourvoir à son relogement dans le secteur privé, son épouse n'ayant pratiquement aucun revenu et lui-même ne percevant qu'une pension de retraite de 900 euros par mois, qu'il héberge sa fille, son gendre et sa petite fille et que son fils majeur, D C, est actuellement incarcéré et devrait regagner le domicile familial après sa libération pour raison de santé. En outre, le requérant allègue qu'il a reçu de son bailleur un congé pour vente et que son bail prendra fin le 28 mai 2022. Cependant, le requérant ne démontre ni même n'allègue avoir régularisé auprès de la caisse d'allocations familiales des Alpes-Maritimes le nombre de personnes occupant le logement ni que son fils majeur justifie d'un avis d'imposition ou de non-imposition 2020 sur les revenus de 2019, la circonstance que M. D C soit incarcéré depuis le 11 février 2019 ne le dispensant pas de déclarer chaque année ses revenus ou l'absence de revenus. Dès lors que le requérant n'a pas fourni l'avis d'imposition ou de non-imposition de son fils, la commission de médiation des Alpes-Maritimes s'est trouvée dans l'incapacité d'apprécier les revenus de l'ensemble des personnes destinées à occuper le logement social objet de la demande de M. C. Par suite, le requérant ne démontre pas que la commission de médiation des Alpes-Maritimes a fait de sa situation une appréciation manifestement erronée. Il s'ensuit que M. C n'établit pas que la décision en date du 11 janvier 2022 est entachée d'illégalité.

5. Il résulte de ce qui précède que les conclusions de M. C aux fins d'annulation de la décision en date du 11 janvier 2022 ne peuvent qu'être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, les conclusions aux fins d'injonction.

Sur l'application des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991

6. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire application des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. C est rejetée.

Article 2 : La présente décision sera notifiée à M. E C, à Me Olivier Giraudo et au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires.

Copie en sera adressée au préfet des Alpes-Maritimes.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 mars 2023.

Le magistrat désigné,

signé

D. ALe greffier,

signé

A. BAAZIZ

La République mande et ordonne au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires, en ce qui le concerne, ou à tous les huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.

Pour expédition conforme,

Le greffier,

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