lundi 25 juillet 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nice |
| Section | Tribunal Administratif de Nice |
| N° Dossier | TA06-2201595 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Avocat requérant | SELARL ADDEN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 29 mars 2022, la SARL Festival des Langues, ayant pour avocat Me Ayache, demande au juge des référés, dans le dernier état de ses écritures :
1°) sur le fondement des dispositions de l'article R.541-1 du Code de justice administrative, de condamner la Caisse des Dépôts et Consignations (CDC) à lui verser, à titre principal, la somme provisionnelle de 850 597,75 euros, avec intérêts au taux légal à compter du 11 avril 2022, due dans le cadre de ses actions de formation, et à titre subsidiaire, les paiements correspondant aux actions de formations achevées, et acomptes dus sur les formations en cours, des dossiers de formation non visés par la sanction du 11 avril 2022 et d'en préciser le montant, sous astreinte de 1 000 euros par jour de retard à compter de la notification de la présente ordonnance ;
2°) de la condamner à lui verser une somme de 3 000 euros pour résistance abusive ;
3°) de la condamner à lui verser une somme de 10 000 euros au titre de l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- La somme réclamée correspond à 896 643.75 euros pour les acomptes dus sur les formations en cours (337.500 euros) et factures (559.143,75 euros) du 23/11/21 et 29/12/21, 87 993.75 euros pour les acomptes et factures du 30/12/21 au 11/02/22, et 15 435 euros pour les factures entre le 11/02/22 à ce jour, moins la somme de 149 471,75 euros correspondant aux justificatifs non encore communiqués à la CDC ;
- L'obligation de payer cette somme n'est pas sérieusement contestable dès lors que les procédures de contrôle et de sanction ont pris fin, sans d'ailleurs qu'ait été respectée la procédure contradictoire.
Par un mémoire en défense enregistré le 21 avril 2022, la Caisse des Dépôts et Consignations, représentée par Me Nahmias, conclut au rejet de la requête et à la mise à la charge de la société Festival des Langues d'une somme de 4 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que l'obligation est sérieusement contestable, que les montants réclamés, pour les actions menées à partir du 23 novembre 2021, n'ont pas été justifiés et ont été retenus à la suite d'une procédure régulière ; qu'une information judiciaire est en cours concernant plusieurs manquements de la société requérante ; elle a débloqué les sommes correspondant aux actions menées par le Festival des Langues avant le 23 novembre 2021.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de justice administrative.
Vu la décision par laquelle la présidente du tribunal a désigné M. Tukov, premier conseiller, comme juge des référés, en application de l'article L.511-2 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
Sur les conclusions présentées au titre de l'article R.541-1 du code de justice administrative :
1. Aux termes de l'article R.541-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés peut, même en l'absence d'une demande au fond, accorder une provision au créancier qui l'a saisi lorsque l'existence de l'obligation n'est pas sérieusement contestable. Il peut, même d'office, subordonner le versement de la provision à la constitution d'une garantie ". Il appartient au juge des référés, dans le cadre de cette procédure, de rechercher si, en l'état du dossier qui lui est soumis, l'obligation du débiteur éventuel de la provision est ou n'est pas sérieusement contestable, sans avoir à trancher, ni de questions de droit se rapportant au bien-fondé de cette obligation, ni de questions de fait soulevant des difficultés sérieuses et qui ne pourraient être tranchées que par le juge du fond éventuellement saisi.
2. Il ressort des éléments du dossier que par l'intermédiaire de la plateforme " moncompteformation ", dont la CDC est le gestionnaire, la SARL Festival des Langues propose des formations en langues et des bilans de compétences. Dans ce cadre, la CDC a adressé à ladite société une lettre d'observations le 16 mars 2021, comportant divers griefs, puis une lettre d'observations complémentaires le 10 novembre 2021, auxquelles la société requérante a répondu par divers courriers. La CDC a déposé plainte contre X visant des faits concernant la SARL Festival des Langues le 7 décembre 2021, l'enquête étant toujours en cours. La CDC a clôturé la période contradictoire le 28 décembre 2021, tout en élargissant les opérations de contrôle, et a, concomitamment, débloqué la somme de 715 605 euros correspondant aux actions réalisées avant le 23 novembre 2021. La CDC a clôturé la nouvelle période contradictoire et de contrôle de service le 11 avril 2022 en prenant acte de la non-transmission par la SARL Festival des Langues des documents requis. Par la présente requête, ladite société demande au juge des référés, dans le dernier état de ses écritures, sur le fondement des dispositions de l'article R.541-1 du Code de justice administrative, de condamner la Caisse des Dépôts et Consignation à lui verser, à titre principal, la somme provisionnelle de 850 597,75 euros, avec intérêts au taux légal à compter du 11 avril 2022, due dans le cadre de ses actions de formation, et à titre subsidiaire, les paiements correspondant aux actions de formations achevées, et acomptes dus sur les formations en cours, des dossiers de formation non visés par la sanction du 11 avril 2022 et d'en préciser le montant, sous astreinte de 1 000 euros par jour de retard à compter de la notification de la présente ordonnance.
3. En l'état notamment de l'enquête pénale en cours, ainsi que des explications apportées par la CDC pour contester les justificatifs évoqués par la SARL Festival des Langues, la demande présentée par la société requérante conduirait à trancher des questions de droit se rapportant au bien-fondé de l'obligation qu'elle invoque, et des questions de fait soulevant des difficultés sérieuses et qui ne peuvent être tranchées que par le juge du fond éventuellement saisi. Il résulte de ce qui précède que la requête de la SARL Festival des Langues doit être rejetée en toutes ses conclusions.
4. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er. - La requête de la SARL Festival des Langues est rejetée.
Article 2. - Les conclusions de la Caisse des Dépôts et Consignations fondées sur l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3. - La présente ordonnance sera notifiée à la SARL Festival des Langues et à la Caisse des Dépôts et Consignations.
Fait à Nice, le 25 juillet 2022.
Le juge des référés,
signé
C. Tukov
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier en chef,
ou par délégation la greffière
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