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AccueilJurisprudence administrativeN° TA06-2201731

Tribunal Administratif de Nice — Décision N° TA06-2201731

jeudi 2 février 2023

JuridictionTribunal Administratif de Nice
SectionTribunal Administratif de Nice
N° DossierTA06-2201731
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation1ère chambre
Avocat requérantCABINET OLOUMI - HMAD

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire complémentaire, enregistrés le 6 avril 2022 et le 20 septembre 2022, M. A B, représenté par Me Oloumi, demande au tribunal :

1°) de l'admettre au bénéfice provisoire de l'aide juridictionnelle ;

2°) d'annuler l'arrêté du 28 décembre 2021 par lequel le préfet des Alpes-Maritimes lui a refusé la délivrance d'un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays de son renvoi ;

3°) d'enjoindre au préfet des Alpes-Maritimes, à titre principal, de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " sur le fondement de l'article L.425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dans le délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir et de lui délivrer, dans l'attente, une autorisation provisoire de séjour en application de l'article L.614-6 du même code et, à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation dans un délai de deux mois et de lui délivrer, dans l'attente, un document provisoire de séjour avec droit au travail ;

4°) de mettre à la charge de l'État la somme de 2 000 euros au profit de son avocat sur le fondement des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique, sous réserve qu'il renonce à percevoir la part contributive de l'Etat à l'aide juridictionnelle ou, à défaut, ou en cas d'absence ou de retrait du bénéfice de l'aide juridictionnelle, directement à lui-même.

Il soutient que :

En ce qui concerne la décision portant refus de titre de séjour pour soins médicaux :

- la décision est entachée d'un premier vice de procédure car l'avis du collège de médecins ne lui a pas été communiqué de sorte qu'il ne peut en vérifier la régularité ;

- la décision est entachée d'un deuxième vice de procédure dès lors que le préfet ne démontre pas que les médecins ayant rendu l'avis ont été régulièrement désignés ;

- la décision est entaché d'un troisième vice de procédure dès lors que le préfet ne démontre pas que les trois médecins du collège de médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) ont émis leur avis à la suite d'une délibération collégiale ;

- elle est entachée d'un quatrième vice de procédure dès lors que le préfet ne démontre pas que les rubriques dédiées à la procédure figurant sur le modèle règlementaire de l'annexe C de l'arrêté du 27 décembre 2016 ont été complétées ;

- elle est entachée d'un cinquième vice de procédure et d'une erreur de droit tirés de ce que, alors qu'il a levé le secret médical, l'administration n'a pas communiqué le rapport médical et tous les éléments qui ont conduit à se prononcer sur les critères d'admission au titre de la maladie ; il n'est pas ainsi établi que le rapport médical sur lequel l'avis est fondé est conforme aux dispositions de l'annexe B de l'arrêté du 27 décembre 2016, aux dispositions de l'arrêté du 5 janvier 2017 et de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

-la décision est entachée d'une erreur d'appréciation quant à la gravité de son état de santé en ce qu'il est atteint de trois pathologies graves ;

- l'avis du collège de médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) est erroné car il n'a pas pris l'ensemble des pathologies dont il souffre et ne prend pas ainsi en compte sa pathologie pulmonaire ;

- il ne peut bénéficier d'un accès aux soins qui lui sont nécessaires en Géorgie en raison du coût, de la qualité des médicaments en Géorgie et des difficultés d'approvisionnement en médicaments dans ce pays ; il ne dispose d'aucun revenu et ne peut occuper un emploi eu égard à son état de santé.

En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :

- la décision est illégale en ce qu'elle est fondée sur la décision de refus de titre de séjour pour soins médicaux qui est elle-même illégale.

La requête a été communiquée au préfet des Alpes-Maritimes, qui n'a pas produit un mémoire en défense mais qui, en réponse à la demande du tribunal, a produit l'avis émis par l'OFII qui a été enregistré le 11 avril 2022.

L'Office français de l'immigration et de l'intégration a présenté des observations, enregistrées le 20 octobre 2022.

M. A B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 17 février 2022 du bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Nice.

Par une ordonnance du 27 juin 2022 la clôture d'instruction a été fixée au 15 juillet 2022 à 12H00.

Par une ordonnance du 30 août 2022 l'instruction a été ré-ouverte.

Par une ordonnance du 20 septembre 2022 la clôture de l'instruction a été fixée au 20 octobre 2022 à 12H00 ;

Par une ordonnance 21 octobre 2022, l'instruction a été ré-ouverte et clôturée au 11 novembre 2022 à 12H00.

Par une ordonnance du 15 novembre 2022, l'instruction a été ré-ouverte et clôturée au 29 novembre 2022 à 12H00.

En application de l'article R. 613-1-1 du code de justice administrative le requérant a été invité à produire les pièces annoncées dans son bordereau de communication de pièces du 27 juin 2022.

Par une ordonnance du 19 décembre 2022 la clôture de l'instruction a été ré-ouverte.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;

- l'arrêté du 27 décembre 2016 modifié relatif aux conditions d'établissement et de transmission des certificats médicaux, rapports médicaux et avis mentionnés aux articles R. 313-22, R. 313-23 et R. 511-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- l'arrêté du 5 janvier 2017 modifié fixant les orientations générales pour l'exercice par les médecins de l'office français de l'immigration et de l'intégration, de leurs missions, prévues à l'article L. 313-11 (11°) du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Mear, présidente-rapporteure ;

- et les observations de Me Della-Monaca substituant Me Oloumi, représentant M. A B.

Considérant ce qui suit :

1. M. A B, ressortissant de nationalité géorgienne, né le 29 décembre 1963, a présenté le 7 mai 2021 une admission au séjour pour soins médicaux sur le fondement de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par un arrêté du 28 décembre 2021, le préfet des Alpes-Maritimes a refusé de lui délivrer le titre de séjour sollicité, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays de son renvoi. M. B demande au tribunal d'annuler cet arrêté.

Sur l'admission provisoire au bénéfice de l'aide juridictionnelle :

2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée, soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président ".

3. Il ressort des pièces du dossier que le requérant a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 17 février 2022 du bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Nice. Par suite, il n'y a pas lieu d'admettre, à titre provisoire, M. B, au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne la décision portant refus de titre de séjour :

4. Aux termes de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger, résidant habituellement en France, dont l'état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et qui, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention "vie privée et familiale" d'une durée d'un an. La condition prévue à l'article L. 412-1 n'est pas opposable. / La décision de délivrer cette carte de séjour est prise par l'autorité administrative après avis d'un collège de médecins du service médical de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, dans des conditions définies par décret en Conseil d'État. / Sous réserve de l'accord de l'étranger et dans le respect des règles de déontologie médicale, les médecins de l'office peuvent demander aux professionnels de santé qui en disposent les informations médicales nécessaires à l'accomplissement de cette mission. Les médecins de l'office accomplissent cette mission dans le respect des orientations générales fixées par le ministre chargé de la santé () ". Aux termes de l'article R. 425-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Pour l'application de l'article L. 425-9, le préfet délivre la carte de séjour temporaire portant la mention "vie privée et familiale" au vu d'un avis émis par un collège de médecins à compétence nationale de l'Office français de l'immigration et de l'intégration. / L'avis est émis dans les conditions fixées par arrêté du ministre chargé de l'immigration et du ministre chargé de la santé au vu, d'une part, d'un rapport médical établi par un médecin de l'office et, d'autre part, des informations disponibles sur les possibilités de bénéficier effectivement d'un traitement approprié dans le pays d'origine de l'intéressé. / Les orientations générales mentionnées au troisième alinéa de l'article L. 425-9 sont fixées par arrêté du ministre chargé de la santé () ". Aux termes de l'article 6 de l'arrêté du 27 décembre 2016 modifié relatif aux conditions d'établissement et de transmission des certificats médicaux, rapports médicaux et avis précise que : " Au vu du rapport médical mentionné à l'article 3, un collège de médecins désigné pour chaque dossier dans les conditions prévues à l'article 5 émet un avis, conformément au modèle figurant à l'annexe C du présent arrêté, précisant : / a) si l'état de santé de l'étranger nécessite ou non une prise en charge médicale ; / b) si le défaut de cette prise en charge peut ou non entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité sur son état de santé ; / c) si, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont le ressortissant étranger est originaire, il pourrait ou non y bénéficier effectivement d'un traitement approprié ; / d) la durée prévisible du traitement. / Dans le cas où le ressortissant étranger pourrait bénéficier effectivement d'un traitement approprié, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, le collège indique, au vu des éléments du dossier du demandeur, si l'état de santé de ce dernier lui permet de voyager sans risque vers ce pays. / Cet avis mentionne les éléments de procédure. / Le collège peut délibérer au moyen d'une conférence téléphonique ou audiovisuelle. / L'avis émis à l'issue de la délibération est signé par chacun des trois médecins membres du collège ". Aux termes de l'article 3 de l'arrêté du 5 janvier 2017 modifié fixant les orientations générales pour l'exercice par les médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, de leurs missions, prévues à l'article L. 313-11 (11°), devenu l'article L. 425-9, du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile prévoit que : " L'avis du collège de médecins de l'OFII est établi sur la base du rapport médical élaboré par un médecin de l'office selon le modèle figurant dans l'arrêté du 27 décembre 2016 mentionné à l'article 2 ainsi que des informations disponibles sur les possibilités de bénéficier effectivement d'un traitement approprié dans le pays dont le demandeur d'un titre de séjour pour raison de santé est originaire. / Les possibilités de prise en charge dans ce pays des pathologies graves sont évaluées, comme pour toute maladie, individuellement, en s'appuyant sur une combinaison de sources d'informations sanitaires. / L'offre de soins s'apprécie notamment au regard de l'existence de structures, d'équipements, de médicaments et de dispositifs médicaux, ainsi que de personnels compétents nécessaires pour assurer une prise en charge appropriée de l'affection en cause. / L'appréciation des caractéristiques du système de santé doit permettre de déterminer la possibilité ou non d'accéder effectivement à l'offre de soins et donc au traitement approprié. / Afin de contribuer à l'harmonisation des pratiques suivies au plan national, des outils d'aide à l'émission des avis et des références documentaires présentés en annexe II et III sont mis à disposition des médecins de l'office ".

5. En premier lieu, le requérant fait valoir qu'il n'a pas eu communication de l'avis du collège de médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) de sorte qu'il ne peut en vérifier la régularité. Toutefois, l'avis du 10 septembre 2021, qui est intervenu antérieurement à la signature de l'arrêté critiqué, a été communiqué en cours d'instance. Par suite, le moyen tiré de l'existence d'un vice de procédure tiré du défaut de communication de cet avis doit être écarté comme manquant en fait.

6. En deuxième lieu, il ressort des pièces versées au dossier par le préfet des Alpes-Maritimes que le rapport médical sur l'état de santé de M. B prévu à l'article R. 425-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile a été établi par un premier médecin le 18 juillet 2021. Ce rapport a été transmis au collège de médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, au sein duquel ont siégé trois autres médecins régulièrement désignés par le directeur de l'Office français de l'immigration et de l'intégration par une décision en date du 10 août 2021, publiée et accessible au public sur le site Internet, qui a rendu un avis le 10 septembre 2021. En outre, il ressort de la lecture de cet avis qu'il respecte les rubriques du modèle règlementaire fixé par l'annexe C de l'arrêté 27 décembre 2016 qu'il comporte la mention " après en avoir délibéré ". Cette mention implique nécessairement, à défaut d'élément probant et précis susceptible d'en douter, que les membres du collège de médecins ont émis leur avis à la suite d'une délibération collégiale. Par suite, les moyens susvisés tirés de l'existence de vices de procédure relatifs à l'avis émis par le collège de médecins doivent être écartés.

7. En troisième lieu, pour refuser de délivrer le titre de séjour sollicité par M. B, le préfet des Alpes-Maritimes s'est fondé notamment sur l'avis rendu le 10 septembre 2021 par le collège de médecins de l'OFII aux termes duquel si l'état de santé de l'intéressé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut peut entraîner des circonstances d'une exceptionnelle gravité, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, il peut y bénéficier effectivement d'un traitement approprié et voyager sans risque vers ce pays.

8. M. B, qui conteste l'avis rendu par le collège de médecins, a indiqué expressément lever le respect du secret médical et a sollicité la communication à l'instance du rapport médical et de " l'ensemble des éléments ayant conduit le collège de médecins à se prononcer sur les critères d'admission au titre de la maladie " à fin que le juge soit en mesure de vérifier si le rapport médical est conforme aux dispositions de l'annexe B de l'arrêté du 27 décembre 2016, aux dispositions de l'arrêté du 5 janvier 2017. Ces éléments ont été produits par l'OFII à l'instance en réponse à la demande du tribunal. Par suite, l'existence d'un vice de procédure au motif que le requérant n'aurait pas eu communication de ces éléments doit être écarté comme manquant en fait. Par ailleurs, les moyens tirés de ce que rapport médical sur lequel l'avis est fondé[0] ne serait pas conforme aux dispositions de l'annexe B de l'arrêté du 27 décembre 2016, aux dispositions de l'arrêté du 5 janvier 2017 doivent être écartés dès lors que le juge, en l'absence de toute précision, n'est pas mis à même de se prononcer sur la portée et le bien-fondé de ces moyens.

9. En quatrième et dernier lieu, sous réserve des cas où la loi attribue la charge de la preuve à l'une des parties, il appartient au juge administratif, au vu des pièces du dossier, et compte tenu, le cas échéant, de l'abstention d'une des parties à produire les éléments qu'elle est seule en mesure d'apporter et qui ne sauraient être réclamés qu'à elle-même, d'apprécier si l'état de santé d'un étranger nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait entraîner pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité, sous réserve de l'absence d'un traitement approprié dans le pays de renvoi et d'un accès effectif à ce traitement. La partie qui justifie d'un avis d'un collège de médecins du service médical de l'Office français de l'immigration et de l'intégration qui lui est favorable doit être regardée comme apportant des éléments de fait susceptibles de faire présumer l'existence ou l'absence d'un état de santé de nature à justifier la délivrance ou le refus d'un titre de séjour. Dans ce cas, il appartient à l'autre partie, dans le respect des règles relatives au secret médical, de produire tous éléments permettant d'apprécier l'état de santé de l'étranger et, le cas échéant, l'accès effectif à un traitement approprié dans le pays de renvoi. La conviction du juge, à qui il revient d'apprécier si l'état de santé d'un étranger justifie la délivrance d'un titre de séjour dans les conditions ci-dessus rappelées, se détermine au vu de ces échanges contradictoires. En cas de doute, il lui appartient de compléter ces échanges en ordonnant toute mesure d'instruction utile.

10. M. B soutient, d'une part, souffrir de trois pathologies graves. Il fait valoir que l'une d'entre elles, un syndrome d'apnée du sommeil (SAS), n'a pas été mentionnée dans le rapport médical établi par l'OFII. Ce moyen manque en fait dès lors que le rapport médical du médecin rapporteur de l'OFII transmis au collège de médecins mentionne cette pathologie en indiquant qu'elle est en nette amélioration depuis l'intervention chirurgicale subie par le requérant ce qui n'est pas contredit par les certificats médicaux en date des 13 janvier et 10 mai 2022 produits à l'instance par le requérant qui ne les avaient pas précédemment transmis à l'OFII, qui ne font état que de la nécessité d'une surveillance médicale régulière. Par ailleurs, les autres pièces produites au dossier par le requérant ne sont pas de nature à infirmer l'avis du collège de médecins. Le requérant soutient, d'autre part, qu'il ne peut avoir accès dans son pays d'origine aux soins qui lui sont nécessaires en raison du coût, de la qualité des médicaments en Géorgie, des difficultés d'approvisionnement en médicaments de ce pays et du fait qu'il ne dispose d'aucun revenu et ne peut occuper un emploi de par son état de santé. Cependant, M. B n'établit pas par la seule production d'un rapport de l'organisation suisse d'aide aux réfugiés et d'un rapport de Sciences-Po qu'il ne pourrait bénéficier effectivement des médicaments dont il aurait besoin en Géorgie ni qu'il n'aurait pas les moyens financiers pour accéder aux traitements qui lui seraient nécessaires ni qu'il ne pourrait plus travailler. Par suite, le requérant n'établit pas que la décision lui refusant la délivrance d'un titre de séjour méconnaît les dispositions de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :

11. Il résulte de ce qui précède que la décision de refus de séjour n'étant pas illégale, le moyen tiré de l'exception d'illégalité de cette décision à l'appui des conclusions à fin d'annulation de la décision faisant obligation de quitter le territoire français doit être écarté.

12. Il résulte de tout ce qui précède que, les conclusions à fin d'annulation de l'arrêté préfectoral en date du 28 décembre 2021 présentées par M. B doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions aux fins d'injonction et les conclusions tendant à l'application des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.

D E C I D E :

Article 1er : Il n'y a pas lieu d'admettre M. B à titre provisoire au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de M. B est rejeté.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au préfet des Alpes-Maritimes.

- Copie en sera transmise au ministre de l'intérieur et à l'Office français de l'immigration et de l'intégration.

Délibéré après l'audience du 5 janvier 2023, à laquelle siégeaient :

Mme Mear, présidente,

Mme Kolf, conseillère,

M. Cherief, conseiller,

Assistés de Mme Martin, greffière.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 2 février 2023.

L'assesseure la plus ancienne,

signé

S. KOLF

La présidente,

signé

J. MEAR

La greffière,

signé

C. MARTIN

La République mande et ordonne au préfet des Alpes-Maritimes ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Le greffier en chef,

Ou par délégation la greffière

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