jeudi 5 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nice |
| Section | Tribunal Administratif de Nice |
| N° Dossier | TA06-2201770 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 4ème Chambre |
| Avocat requérant | LEGIS-CONSEILS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés les 7 avril 2022 et 19 janvier 2024, M. A F, Mme E F, M. H B, M. C D et Mme G D, représentés par Me Elbaz, demandent au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 6 octobre 2021 par lequel le maire de la commune de Vallauris-Golfe Juan a délivré à la société civile immobilière (SCI) SDH un permis de construire n° PC 00615521V0039 ayant pour objet la construction d'une maison individuelle avec piscine sur un terrain situé 323 chemin des Darboussières, ensemble la décision du 11 mars 2022 rejetant implicitement leur recours gracieux ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Vallauris-Golfe Juan une somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- leur requête est recevable, tant en ce qui concerne le délai de recours, les notifications prévues à l'article R. 600-1 du code de l'urbanisme et l'intérêt pour agir ;
- le dossier de demande de permis de construire comprend une inexactitude, en ce que la superficie du terrain d'assiette du projet est erronée, et deux omissions, dès lors qu'il n'y a aucune mention de la localisation du terrain d'assiette dans le dossier et que le plan de masse n'indique pas l'étroitesse du chemin d'accès au terrain ;
- l'arrêté attaqué méconnaît les articles UC3 du règlement du PLU et R. 111-2 du code de l'urbanisme, dès lors que le chemin privé ne serait pas à même d'assurer l'accès à la parcelle d'assiette du projet par les services de ramassage des ordures ménagères et, surtout, par les services de lutte contre l'incendie et de secours ;
- il méconnaît l'article UB3 du règlement du PLU, en tant qu'elles sont applicables aux secteurs non exposés au risque d'incendie de forêt, situés en zone blanche du plan de prévention des risques d'incendie de forêts (PPRIF).
Par un mémoire en défense enregistré le 7 février 2023, la commune de Vallauris-Golfe Juan, représentée par son maire en exercice, conclut au rejet de la requête et à ce qu'il soit mis à la charge des requérants une somme de 3 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- à titre principal, la requête est irrecevable, faute d'intérêt donnant qualité à agir, dès lors que les requérants ne sont pas voisins immédiats du projet, que leurs propriétés sont édifiées en haut d'une butte et que le projet est situé en contrebas, ce qui n'est pas de nature à créer une perte de vue, et que l'aggravation des conditions de circulation n'est pas démontrée ;
- à titre subsidiaire, les moyens soulevés dans la requête ne sont pas fondés.
Par un mémoire en défense enregistré le 20 décembre 2023, la société civile immobilière (SCI) SDH, représentée par Me Berthelot, conclut au rejet de la requête et à ce qu'il soit mis à la charge des requérants une somme de 2 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- à titre principal, la requête est irrecevable, faute d'intérêt donnant qualité à agir, dès lors que les requérants ne sont pas voisins immédiats et que les atteintes dont ils se prévalent ne résultent pas du projet en lui-même mais du lotissement voisin ;
- à titre subsidiaire, les moyens soulevés dans la requête ne sont pas fondés.
Par ordonnance du 21 février 2024, la clôture de l'instruction a été fixée, en dernier lieu, au 21 mars 2024.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le plan local d'urbanisme de la commune de Vallauris-Golfe Juan ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 6 novembre 2024 :
- le rapport de M. Garcia, rapporteur,
- les conclusions de M. Beyls, rapporteur public,
- les observations de Me Sermisoni, substituant Me Berthelot, représentant la société SDH,
- les requérants et la commune de Vallauris-Golfe Juan n'étant ni présents ni représentés.
Considérant ce qui suit :
1. La société SDH a déposé le 25 mai 2021 une demande de permis de construire ayant pour objet la construction d'une maison individuelle sur deux niveaux avec piscine sur un terrain cadastré section CE n°819p, 323 chemin des Darboussières à Vallauris-Golfe Juan. Par un arrêté du 6 octobre 2021, le maire de la commune a délivré le permis sollicité. M. et Mme F, M. B, ainsi que M. et Mme D ont effectué un recours gracieux à l'encontre de cet arrêté le 1er décembre 2021, dont il a été accusé réception le 11 janvier 2022. Le silence gardé sur ce recours a fait naître une décision implicite de rejet le 11 mars 2022. Par la présente requête, M. et Mme F, M. B, ainsi que M. et Mme D demandent l'annulation de ces deux décisions.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, aux termes de l'article R. 431-5 du code de l'urbanisme, dans sa rédaction applicable à la date de l'arrêté attaqué : " La demande de permis de construire précise : () c) La localisation et la superficie du ou des terrains () ; ", et aux termes de l'article R. 431-9 du même code : " () Lorsque le terrain n'est pas directement desservi par une voie ouverte à la circulation publique, le plan de masse indique l'emplacement et les caractéristiques de la servitude de passage permettant d'y accéder () ". La circonstance que le dossier de demande de permis de construire ne comporterait pas l'ensemble des documents exigés par les dispositions du code de l'urbanisme, ou que les documents produits seraient insuffisants, imprécis ou comporteraient des inexactitudes, n'est susceptible d'entacher d'illégalité le permis de construire qui a été accordé que dans le cas où les omissions, inexactitudes ou insuffisances entachant le dossier ont été de nature à fausser l'appréciation portée par l'autorité administrative sur la conformité du projet à la réglementation applicable.
3. S'agissant du caractère erroné de la superficie du terrain, les requérants n'établissent pas en quoi la superficie mentionnée dans le dossier de demande de permis de construire serait erronée, de sorte que cette branche du moyen n'est pas assortie des précisions suffisantes permettant au tribunal d'en apprécier le bien-fondé. Si les requérants peuvent être regardés comme critiquant également l'insuffisance des mentions permettant de localiser le terrain d'assiette, et plus particulièrement l'absence d'indication du numéro de la voie, il ressort des pièces du dossier que le dossier de demande mentionne les références cadastrales du terrain d'assiette ainsi que le chemin des Darboussières, ce qui apparaît suffisamment précis pour localiser la parcelle. Dans ces conditions, et dès lors que le terrain d'assiette n'est pas compris dans le projet de lotissement " Domaine La Ventoulado ", cette deuxième branche du moyen ne peut qu'être écartée. S'agissant enfin de l'absence de mention dans le plan de masse de l'étroitesse du chemin privé permettant l'accès au terrain d'assiette, il ressort des pièces du dossier que le plan de masse mentionne la largeur de ce chemin, soit trois mètres, ainsi que la largeur prévue après travaux, qui sera de cinq mètres. Par conséquent, cette dernière branche manque en fait. Il résulte de ce qui précède que le moyen tiré de l'incomplétude du dossier de demande de permis de construire doit être écarté en toutes ses branches.
4. En deuxième lieu, aux termes de l'article UC3 du règlement du PLU : " Les caractéristiques des accès et des voies privées doivent être adaptées à l'opération et satisfaire à la fois aux exigences : - de sécurité, - de défense contre l'incendie, - de ramassage des ordures ménagères. Pour être constructible, tout terrain doit avoir accès à une voie, publique ou privée () ". Aux termes de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme : " Le projet peut être refusé ou n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales s'il est de nature à porter atteinte à la salubrité ou à la sécurité publique du fait de sa situation, de ses caractéristiques, de son importance ou de son implantation à proximité d'autres installations ".
5. Pour soutenir que l'arrêté en litige méconnaît ces dispositions, les requérants soutiennent que le chemin privé, sur lequel ils ont consenti une servitude de passage, et qui permet de desservir la parcelle litigieuse, ne permet pas la giration des véhicules de secours ou de lutte contre les incendies, dès lors que le chemin serait trop étroit. Il ressort des pièces du dossier que le terrain d'assiette du projet de lotissement en litige est accessible depuis le chemin des Darboussières, par un chemin privé pour l'essentiel rectiligne et qui ne présente pas de relief particulier. Il ressort également des pièces du dossier, notamment du plan du géomètre-expert, que si ce chemin dispose d'une largeur de 3,61 mètres au niveau de son débouché sur le chemin des Darboussières, et de 2,72 mètres en sa portion la plus étroite, sa largeur est en revanche de 5 mètres sur la majorité de son tracé. Par ailleurs, il ressort des pièces du dossier que le projet prévoit une extension de la largeur du chemin à 5 mètres. Eu égard au nombre limité de constructions ayant vocation à être desservies par ce chemin privé, et dès lors que les requérants n'établissent pas que la giration des véhicules des services de lutte contre l'incendie et de secours ne serait pas possible avec une largeur de 5 mètres, les moyens tirés de la méconnaissance des articles UC3 du règlement du PLU et R. 111-2 du code de l'urbanisme ne peuvent qu'être écartés.
6. En dernier lieu, aux termes de l'article UB3 du règlement du PLU : " () Dans les secteurs non exposés au risque d'incendie de forêt, situés en zone blanche du P.P.R.I.F. : Dans le cas de la réalisation d'une opération d'urbanisme groupée (lotissement, permis de construire valant division foncière, habitat en bande au-delà de deux logements, ZAC,) et d'immeubles d'habitat collectif : les voies internes nouvellement créées (à double issue de préférence) ont des rayons de courbure supérieurs à 9 mètres, une pente en long inférieure à 15%, et une bande de roulement d'une largeur minimum de 5 mètres ou toute autre solution agréée par le SDIS () ".
7. Il ressort des termes mêmes de ces dispositions, qu'elles ont vocation à s'appliquer aux seules voies internes nouvellement créées. Or, il est constant que le chemin privé permettant l'accès au terrain d'assiette du projet existait antérieurement à l'autorisation d'urbanisme en litige. Dans ces conditions, le moyen tiré de la méconnaissance de ces dispositions ne peut qu'être écarté comme inopérant.
8. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la fin de non-recevoir opposée en défense, que M. et Mme F, M. B, ainsi que M. et Mme D ne sont pas fondés à demander l'annulation de l'arrêté du 6 octobre 2021 par laquelle le maire de la commune de Vallauris Golfe Juan a délivré à la société SDH un permis de construire.
Sur les frais de l'instance :
9. D'une part, les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'il soit mis à la charge de la commune de Vallauris-Golfe Juan, qui n'est pas la partie perdante, une quelconque somme au titre des frais exposés par les requérants et non compris dans les dépens. En revanche, il y a lieu, en application de ces mêmes dispositions, de mettre à la charge des requérants, pris solidairement, une somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par la société SDH et non compris dans les dépens.
10. D'autre part, si la commune de Vallauris-Golfe Juan, qui n'a pas eu recours au ministère d'avocat dans la présente instance, peut présenter des conclusions tendant à l'application à son bénéfice des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, cette dernière ne fait état d'aucun surcroît de travail et ne produit aucun élément sur les frais spécifiques qu'elle a exposés pour défendre à l'instance. Dans ces conditions, les conclusions qu'elle présente sur ce fondement ne peuvent qu'être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. et Mme F, M. B, ainsi que M. et Mme D est rejetée.
Article 2 : M. et Mme F, M. B, ainsi que M. et Mme D, pris solidairement, verseront à la société SDH une somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Les conclusions présentées par la commune de Vallauris-Golfe Juan sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. A F, représentant unique au sens de l'article R. 411-5 du code de justice administrative, à la société SDH ainsi qu'à la commune de Vallauris-Golfe Juan.
Délibéré après l'audience du 6 novembre 2024, à laquelle siégeaient :
M. Taormina, président,
M. Bulit, conseiller,
M. Garcia, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 5 décembre 2024.
Le rapporteur,
signé
A. GARCIA
Le président,
signé
G. TAORMINA La greffière,
signé
S. GENOVESE
La République mande et ordonne au préfet des Alpes-Maritimes en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier en chef,
ou par délégation la greffière
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026