jeudi 18 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nice |
| Section | Tribunal Administratif de Nice |
| N° Dossier | TA06-2202338 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | SZEPETOWSKI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 12 mai 2022, la société par actions simplifiée Edouard Denis PACA, prise en la personne de représentant légal en exercice, représentée par Me Szepetowski, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 16 mars 2022 par lequel le maire de Roquebrune-Cap Martin a refusé de lui délivrer un permis de construire portant sur la réalisation d'un ensemble immobilier composé de deux immeubles et comprenant trente-six logements sur les parcelles cadastrées section AK n°s 272, 347, 348, 349, 608, 988 et 989, situées avenue Bellevue ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Roquebrune-Cap Martin la somme de 4 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
La société requérante soutient que :
- le premier motif de refus tiré de ce que le projet litigieux implique un risque de surcharge du dispositif d'écoulement des eaux pluviales est infondé dès lors que, d'une part, elle avait joint à sa demande de permis de construire une étude relative à la gestion des eaux pluviales prenant en compte la réglementation applicable en la matière en prévoyant non seulement un rejet à débit limité par un système de pompage mais également un dispositif alternatif en cas de défaillance de ce système de pompage et que, d'autre part, le précédent refus qui lui avait été opposé pour un projet identique n'était pas fondé sur un tel motif alors, qu'en tout état de cause, une simple prescription aurait suffi à rendre le projet conforme aux règles d'urbanisme applicables en la matière ;
- le second motif de refus tiré de ce que le projet litigieux méconnait les dispositions de l'article UD 3 du règlement du plan local d'urbanisme communal est infondé dès lors qu'aucun manquement à une règle précise n'est allégué, que les dispositions de l'arrêté du 31 janvier 1986 relatif à la protection contre l'incendie des bâtiments d'habitation n'est pas applicable en l'espèce, que le projet litigieux prévoit des aménagements et notamment une " bande de roulement " permettant de le rendre conforme aux exigences imposées par les dispositions précitées du règlement du plan local d'urbanisme communal et alors qu'à supposer que tel ne soit pas le cas, une simple prescription aurait, en tout état de cause, suffi à le rendre conforme à ces mêmes dispositions tel que cela avait été prévu s'agissant d'un précédent permis de construire obtenu par une société tierce sur les parcelles litigieuses.
Par un mémoire en défense, enregistré le 13 septembre 2023, la commune de Roquebrune-Cap Martin, prise en la personne de son maire en exercice, représentée par Me Jacquemin, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de la société requérante la somme de 2 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
La commune fait valoir qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 24 juin 2024 :
- le rapport de M. Holzer,
- les conclusions de Mme Sorin, rapporteure publique,
- et les observations de Me Benhadj, substituant Me Jacquemin, représentant la commune de Roquebrune-Cap Martin.
Considérant ce qui suit :
1. La société par actions simplifiée (ci-après " SAS ") " Edouard Denis PACA " demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 16 mars 2022 par lequel le maire de Roquebrune-Cap Martin a refusé de lui délivrer un permis de construire portant sur la réalisation d'un ensemble immobilier composé de deux immeubles et comprenant trente-six logements sur les parcelles cadastrées section AK n°s 272, 347, 348, 349, 608, 988 et 989, situées avenue Bellevue à Roquebrune-Cap Martin.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Pour refuser le permis de construire sollicité par la société requérante le 26 octobre 2021, le maire de Roquebrune-Cap Martin s'est notamment fondé sur le motif tiré de ce que le projet méconnaissait les dispositions de l'article UD 3 du règlement du plan local d'urbanisme (ci-après " PLU ") de la commune dès lors que les caractéristiques de l'accès à ce projet étaient insuffisantes et de nature à compromettre la sécurité des personnes empruntant cet accès.
3. Aux termes de l'article UD 3 du règlement du PLU de la commune de Roquebrune-Cap Martin, relatif aux conditions de desserte et d'accès des terrains : " () / Accès / Pour être constructible, une unité foncière doit avoir accès à une voie publique ou privée, automobile ou piétonne, soit directement, soit par l'intermédiaire d'un passage aménagé sur fonds voisins éventuellement obtenu en application de l'article 682 du Code Civil. / Tout accès doit permettre d'assurer la sécurité de ses utilisateurs ainsi que celle des usagers des voies. Cette sécurité est appréciée compte tenu, notamment, de la position de l'accès, de sa configuration ainsi que de la nature et de l'intensité du trafic. / () ".
4. En premier lieu, contrairement à ce que soutient la société requérante, il ne ressort pas des termes de l'arrêté attaqué que le maire de Roquebrune-Cap Martin se serait fondé sur la méconnaissance des dispositions de l'arrêté du 31 janvier 1986 relatif à la protection contre l'incendie des bâtiments d'habitation pour fonder la décision de refus litigieuse.
5. En deuxième lieu, il ressort des pièces du dossier que l'accès prévu au projet litigieux depuis l'avenue Bellevue se situe au niveau d'un virage serré de cette voie, formant une épingle à cheveux, avec une largeur réduite à cet endroit ne présentant ainsi qu'une faible visibilité génératrice d'un risque pour la sécurité des usagers de la voie et dudit accès. Si la société requérante se prévaut de l'existence d'une " bande de roulement " au niveau de cet accès, une telle circonstance, n'est toutefois pas suffisante, par elle-même, pour assurer la sécurité de ces usagers eu égard à la configuration des lieux tel que présenté précédemment. En outre, il ressort toujours des pièces du dossier que l'accès au projet est traversé par l'actuel sentier communal piétonnier " Trombetta " constitué de " l'escalier Bellevue " dont il ne ressort d'aucune des pièces versées au dossier qu'un aménagement aurait été prévu pour le sécuriser. Enfin, il est constant que ledit accès est particulièrement étroit au regard de sa largeur de 2,56 mètres tel que cela ressort du " plan parking - zoom sur accès " annexé à la demande de permis de construire litigieuse, ne permettant pas la circulation simultanée de véhicules sortants et entrants et qui conduirait nécessairement, dans cette hypothèse, les véhicules sortants à stationner, dans l'attente, sur le chemin piétonnier communal ainsi que sur la voie de desserte que constitue l'avenue Bellevue au niveau du virage. Par suite, la construction de deux immeubles comportant trente-six logements est de nature, eu égard, d'une part, à l'étroitesse et à la forte courbure, en épingle à cheveux, de la voie de desserte au niveau de l'accès projeté et, d'autre part, de la présence d'un cheminement piétonnier à cet endroit, à engendrer des risques pour la circulation automobile et les piétons. La circonstance invoquée par la société requérante selon laquelle une autorisation de construire portant sur un projet immobilier similaire, le cas échéant assortis de prescriptions, ait pu être délivrée sur le terrain d'assiette litigieux en dépit du risque décrit pour la circulation automobile et les piétons est, en tout état de cause, sans incidence sur la légalité de l'arrêté attaqué.
6. En troisième et dernier lieu, l'administration ne peut assortir une autorisation d'urbanisme de prescriptions qu'à la condition que celles-ci entraînent des modifications sur des points précis et limités et ne nécessitent pas la présentation d'un nouveau projet.
7. En l'espèce, la société requérante soutient que le maire de Roquebrune-Cap-Martin aurait néanmoins pu lui accorder le permis de construire sollicité au bénéfice de prescriptions telles que la pose d'un miroir ainsi que la réalisation " d'aménagements légers " sur la voie publique. Toutefois, il ne ressort pas des pièces du dossier que de tels aménagements auraient permis d'assurer la conformité du projet litigieux aux dispositions précitées de l'article UD 3 du règlement du PLU de la commune eu égard au nombre de logements créés ainsi qu'à la configuration et aux caractéristiques de l'accès telles que décrites au point 5 de ce jugement.
8. Il résulte de ce qui a été dit aux point 5 à 7 de ce jugement que c'est sans commettre d'erreur d'appréciation que le maire de Roquebrune-Cap-Martin a refusé d'accorder le permis de construire sollicité par la société requérante au motif que les conditions d'accès au projet, objet de cette demande, sont insuffisantes et de nature à compromettre la sécurité des personnes empruntant cet accès en méconnaissance des dispositions précitées de l'article UD 3 du règlement du PLU de la commune.
9. Il résulte de l'instruction que le maire de Roquebrune-Cap-Martin aurait pris la même décision s'il s'était fondé seulement sur le motif mentionné au point précédent et tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article UD 3 du règlement du PLU de la commune. Par suite, il n'y a pas lieu pour le tribunal de se prononcer sur l'autre motif de refus retenu par l'arrêté attaqué.
10. Il résulte de tout ce qui précède que la société Edouard Denis PACA n'est pas fondée à demander l'annulation de l'arrêté du 16 mars 2022. Il y a, dès lors, lieu de rejeter les conclusions à fin d'annulation présentées à l'encontre de cet arrêté par ladite société.
Sur les frais liés au litige :
11. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de Roquebrune-Cap Martin, qui n'est pas la partie perdante dans cette instance, la somme que demande la société Edouard Denis PACA au titre des frais qu'elle a exposés et non compris dans les dépens. Il y a lieu, en revanche, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de cette même société une somme de 1 500 euros à verser à la commune de Roquebrune-Cap Martin au titre de ces mêmes frais.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de la société Edouard Denis PACA est rejetée.
Article 2 : La société Edouard Denis PACA versera une somme de 1 500 (mille-cinq-cents) euros à la commune de Roquebrune-Cap Martin au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à la société par actions simplifiée Edouard Denis PACA et à la commune de Roquebrune-Cap Martin.
Délibéré après l'audience du 24 juin 2024, à laquelle siégeaient :
M. Silvestre-Toussaint-Fortesa, président,
M. Holzer, conseiller,
Mme Cueilleron, conseillère,
Assistés de Mme Sussen, greffière.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 juillet 2024.
Le rapporteur,
signé
M. Holzer
Le président,
signé
F. Silvestre-Toussaint-Fortesa
La greffière,
signé
C. Sussen
La République mande et ordonne au préfet des Alpes-Maritimes en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Lee greffier en chef,
Ou, par délégation, la greffière
N°2202338
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026