vendredi 16 décembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nice |
| Section | Tribunal Administratif de Nice |
| N° Dossier | TA06-2202344 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Avocat requérant | SELARL ITINERAIRES AVOCATS - CADOZ-LACROIX-REY-VERNE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 12 mai 2022, M. C B D, représenté par Me Pierre-Vincent Lambert, demande au juge des référés, saisi sur le fondement des dispositions de l'article R. 541-1 du code de justice administrative :
1°) de condamner la commune de Nice à lui payer une somme provisionnelle de 32 305 euros au titre de la réparation du préjudice subi du fait de la décision illégale du 14 décembre 2016 ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 3 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- Par un arrêt n° 20MA02244 rendu par la cour administrative d'appel de Marseille le 7 octobre 2021, devenu définitif, la décision du 14 décembre 2016 du maire de la commune de Nice, refusant son recrutement au poste de collaborateur du groupe d'élus " Mon parti, c'est Nice ", a été annulée ;
- la faute résultant de ladite décision du 14 décembre 2016 lui a causé un préjudice financier dès lors qu'il a été privé d'une rémunération stable entre le 1er décembre 2016 et le 28 juin 2020, date du renouvellement du conseil municipal ;
- ledit préjudice financier est évalué à 27 305 euros compte tenu qu'il a été privé d'une rémunération moyenne de 635 euros par mois durant 43 mois ;
- au préjudice financier subi s'ajoutent le préjudice consistant à ne pas avoir pu disposer de la somme précitée, celui tiré de l'absence de cotisation à la caisse de retraite et le préjudice moral dû à l'impossibilité pour lui de se mettre au service du groupe défendant ses convictions au sein du conseil municipal pendant trois ans et demi, qu'il évalue à un montant global de 5 000 euros ;
- l'obligation à paiement n'est pas sérieusement contestable.
Par un mémoire en défense, enregistré le 25 mai 2022, la commune de Nice, représentée par Me Michaël Verne, de la SELARL " Itinéraires Avocats ", demande au juge des référés :
1°) de rejeter la requête introduite par M. B D ou, subsidiairement, de ramener ses demandes à de plus justes proportions ;
2°) de mettre à la charge de M. B D une somme de 2 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
La commune de Nice soutient que :
- l'existence de l'obligation dont se prévaut le requérant est sérieusement contestable dès lors qu'il ne démontre ni avoir subi un préjudice ni l'existence d'un lien de causalité direct et certain entre le préjudice présumé et l'illégalité de la décision du 14 décembre 2016 ;
- l'évaluation du montant de la provision résultant de cette obligation présumée est incertaine ;
- M. B D ne disposait d'aucun droit à être recruté et, en l'absence de service fait, il ne peut se voir octroyer une somme correspondant aux traitements qu'il aurait perçus s'il avait été recruté et que, tout au plus, seule une indemnisation au titre de l'illégalité de la décision du 14 décembre 2016 devra lui être versée ;
- même si le préjudice financier de M. B D était établi, aucune somme ne pourrait lui être octroyée dès lors qu'il a perçu pour la période en litige un revenu de remplacement supérieur à celui qu'il aurait perçu en tant que collaborateur de groupe d'élus ;
- les préjudices invoqués par le requérant aux motifs tirés, d'abord, de la privation du droit de disposer de la somme en litige, ensuite, de l'absence de possibilité de cotiser à la caisse de retraite et, enfin, de l'impossibilité de défendre ses convictions, sont injustifiés tant dans leur principe que dans leur montant.
Par un mémoire complémentaire, enregistré le 18 juin 2022, M. C B D, représenté par Me Pierre-Vincent Lambert, maintient ses conclusions à fin de condamnation de la commune de Nice à lui verser une somme provisionnelle au titre des préjudices subis, somme qu'il ramène à 38 658 euros. Il maintient également les conclusions de sa requête tendant à mettre à la charge de la commune de Nice une somme de 3 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- il ne réclame pas le versement des traitements dont il a été privé mais une indemnisation au titre du préjudice résultant de l'illégalité fautive de la décision du 14 décembre 2016 l'ayant privé desdites rémunérations ;
- l'illégalité de la décision du 14 décembre 2016 est en lien direct avec l'ensemble des préjudices invoqués, matériels comme moraux, dès lors que cette décision illégale est la seule cause de son éviction ;
- il bénéficiait de la confiance totale des membres du groupe d'élus au sein duquel il aspirait défendre ses convictions et il aurait ainsi pu, en l'absence de la décision litigieuse, exercer ses fonctions jusqu'au terme du mandat électoral du conseil municipal, à savoir jusqu'au 28 juin 2020 ;
- il n'a perçu, contrairement à ce que soutient la commune de Nice, aucun revenu de remplacement dès lors que la commune de Nice a refusé toute première embauche ;
- le préjudice pécuniaire subi s'élève à 33 658 euros, somme obtenue de l'addition des revenus déclarés par M. A, collaborateur à mi-temps du même groupe d'élus, de la moyenne de la rémunération au titre des années 2018 et 2019 et du montant réel de la rémunération prévue au titre de l'année 2020 ;
- les préjudices matériels et moraux dont il estime le montant global à 5 000 euros ne sont pas contestables.
Par un mémoire en réplique, enregistré le 30 juin 2022, la commune de Nice, représentée par Me Michaël Verne, de la SELARL " Itinéraires Avocats ", maintient les conclusions contenues dans son mémoire en défense, produit le 25 mai 2022.
La commune de Nice soutient que :
- l'obligation dont se prévaut le requérant est sérieusement contestable dès lors qu'il assimile sa situation, à tort, à celle d'un agent irrégulièrement évincé et que, en l'espèce, il ne disposait d'aucun droit acquis à être recruté ;
- ni le préjudice matériel ni le préjudice moral, pas plus que leur lien avec l'illégalité de la décision du 14 décembre 2016, ne sont suffisamment établis dans leur existence comme dans leur ampleur ;
- l'évaluation du montant de la provision résultant de l'obligation est incertaine dès lors que, d'une part, aucun élément suffisamment probant ne permet de démontrer que M. B D aurait été recruté pour une période de trois années et, d'autre part, le requérant ne démontre pas qu'il aurait les revenus industriels et commerciaux tirés de son activité de consultant en communication digitale s'il avait été recruté en qualité de collaborateur de groupe d'élus ;
- la charge de la preuve incombant nécessairement au demandeur, il n'appartenait pas, dès lors, à la commune de Nice de justifier de la rémunération exacte qu'un collaborateur de groupe placé dans la même situation aurait perçue.
Vu l'ordonnance du 2 juin 2022 par laquelle le juge des référés du tribunal administratif de Nice a fixé la clôture de l'instruction au 30 juin 2022 à 12 heures.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. Soli, premier conseiller, pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
Sur les conclusions tendant à l'octroi d'une provision :
1. Aux termes de l'article R. 541-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés peut, même en l'absence d'une demande au fond, accorder une provision au créancier qui l'a saisi lorsque l'existence de l'obligation n'est pas sérieusement contestable. Il peut, même d'office, subordonner le versement de la provision à la constitution d'une garantie ".
2. Il appartient au juge des référés, dans le cadre de cette procédure, de rechercher si, en l'état du dossier qui lui est soumis, l'obligation du débiteur éventuel de la provision est ou n'est pas sérieusement contestable, sans avoir à trancher, ni de questions de droit se rapportant au bien-fondé de cette obligation, ni de questions de fait soulevant des difficultés sérieuses et qui ne pourraient être tranchées que par le juge du fond éventuellement saisi.
En ce qui concerne l'existence d'une obligation non sérieusement contestable :
3. Il ressort des pièces du dossier que par une décision du 14 décembre 2016, le maire de la commune de Nice a rejeté la candidature de M. B D pour occuper un poste de collaborateur de groupe d'élus contractuel au sein de la direction des relations publiques. M. B D a saisi le tribunal administratif de Nice d'une requête en annulation de ladite décision, laquelle a été rejetée par un jugement n° 1700158 rendu le 18 mars 2020. Toutefois, par un arrêt n° 20MA02244 rendu le 7 octobre 2021, devenu définitif, la cour administrative d'appel de Marseille a annulé le jugement du 18 mars 2020 précité ainsi que la décision prise par le maire de la commune de Nice le 14 décembre 2016 à l'encontre de M. B D. Par suite, il n'est pas sérieusement contestable que le requérant est fondé à rechercher la responsabilité de la commune de Nice sur le fondement de la faute résultant de l'illégalité de la décision du 14 décembre 2016 et à demander sa condamnation à titre provisionnel à réparer les conséquences dommageables de ladite décision.
En ce qui concerne le montant de la provision sollicitée :
4. Si une personne irrégulièrement privée d'un emploi par une autorité publique est fondée à demander la réparation du préjudice qu'elle a subi du fait de l'illégalité de la décision l'ayant privée d'emploi, elle ne peut prétendre, en l'absence de service fait, au versement de l'intégralité des traitements auxquels elle aurait eu droit si elle avait occupé l'emploi en cause mais au paiement d'une indemnité dont le juge fixe le montant en tenant compte notamment de l'importance respective des irrégularités entachant la décision annulée et des éventuelles fautes de l'intéressée.
5. L'intéressé estime que les préjudices matériels et financiers qu'il a subis du fait de l'illégalité de la décision du 14 décembre 2016 susvisée s'élèvent à 33 658 euros. Pour justifier de ce montant, le requérant se base sur la rémunération moyenne perçue par un collaborateur de groupe placé dans la même situation que celle qui aurait été la sienne s'il avait été embauché. À cette rémunération, M. B D ajoute notamment la valeur des tickets restaurants qu'il aurait dû recevoir dans le cadre de l'activité pour laquelle le maire de Nice a refusé son embauche, ainsi que l'indexation de la rémunération afférente à ce poste. Le requérant allègue également avoir subi, d'une part, un préjudice lié à l'impossibilité d'avoir pu disposer de la somme précitée et, d'autre part, un préjudice tiré de l'absence de cotisation à la caisse de retraite Ircantec.
6. S'agissant de la réparation du préjudice moral et des troubles dans les conditions d'existence, M. B D soutient que la décision du 14 décembre 2016 en litige lui a causé un préjudice moral et des troubles dans ses conditions d'existence dans la mesure où il a été privé de la possibilité de se mettre au service du groupe qui défendait ses convictions au sein du conseil municipal pendant plus de trois ans. Le requérant évalue le montant dudit préjudice moral à 5 000 euros.
7. Comme il a été dit au paragraphe 4, en l'absence de service fait, le requérant ne peut se prévaloir à l'encontre de la commune de Nice d'une obligation non sérieusement contestable qui serait égale à l'ensemble des rémunérations non perçues et des avantages annexes. Il sera fait une juste appréciation des préjudices financier, moral et des troubles dans les conditions d'existence en allouant à M. B D une somme provisionnelle de 3 000 euros.
Sur les frais liés au litige :
8. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de la commune de Nice le versement à M. B D d'une somme de 1 500 (mille cinq cents) euros au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens. Il n'y a pas lieu, en revanche, de mettre à la charge de M. B D, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme demandée par la commune de Nice sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La commune de Nice est condamnée à payer à M. B D une somme provisionnelle de 3 000 (trois mille) euros.
Article 2 : La commune de Nice versera à M. B D une somme de 1 500 (mille cinq cents) euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête de M. B D est rejeté.
Article 4 : Les conclusions de la commune de Nice tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 5 : La présente ordonnance sera notifiée à M. C B D et à la commune de Nice.
Fait à Nice, le 16 décembre 2022.
Le juge des référés,
signé
P. SOLI
La République mande et ordonne au préfet des Alpes-Maritimes en ce qui le concerne où à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier en chef,
Ou par délégation, la greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026