mercredi 31 janvier 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nice |
| Section | Tribunal Administratif de Nice |
| N° Dossier | TA06-2202349 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 4ème Chambre |
| Avocat requérant | OLOUMI AVOCATS ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 12 mai 2022, M. B A, représenté par Me Oloumi, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision implicite par laquelle le directeur général de l'office français de l'immigration et de l'intégration a refusé de lui verser la somme de 5 217,20 euros au titre de l'allocation pour demandeur d'asile pour les mois de mars 2019 à décembre 2020 ;
2°) d'enjoindre à l'office français de l'immigration et de l'intégration de procéder au versement à son bénéfice de la somme de 5 217,20 euros ainsi que les intérêts au taux légal dans un délai de dix jours à compter de la notification du jugement ;
3°) de mettre à la charge de l'office français de l'immigration et de l'intégration une somme de 1 200 euros à verser à son conseil en application des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- la décision attaquée est entachée d'une erreur de droit ;
- elle est entachée d'un défaut de motivation ;
- elle porte atteinte au droit d'asile reconnu par la Constitution.
Une mise en demeure a été adressée le 2 février 2023 à l'office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) qui n'a pas produit de mémoire.
Par une ordonnance du 24 octobre 2023, la clôture d'instruction a été fixée au 7 novembre 2023.
Un mémoire, présenté par l'OFII, a été enregistré le 10 janvier 2024.
M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 29 juillet 2021.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- la Constitution ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative ;
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Soler,
- et les observations de Me Oloumi, représentant M. A.
Une note en délibéré, présentée par l'OFII, a été enregistrée le 10 janvier 2024.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ressortissant de nationalité sénégalaise, a présenté une demande d'asile auprès de la préfecture des Alpes-Maritimes. Il a accepté le bénéfice des conditions matérielles d'accueil en date du 26 février 2019. Le montant qui lui a été versé au titre de l'allocation pour demandeurs d'asile a été minoré à compter du 1er mai 2019. Par un courrier, reçu le 28 janvier 2021 par l'office français de l'immigration et de l'intégration, M. A a demandé au directeur de l'OFII le versement du supplément de l'allocation pour demandeur d'asile qui ne lui a pas été versé entre les mois de mars 2019 et décembre 2020 alors qu'il prétend y être éligible. L'OFII ayant implicitement rejeté cette demande, M. A demande au tribunal le versement des arriérés de cette allocation.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
2. D'une part, aux termes de l'article R. 612-6 du code de justice administrative : " Si, malgré une mise en demeure, la partie défenderesse n'a produit aucun mémoire, elle est réputée avoir acquiescé aux faits exposés dans les mémoires du requérant ".
3. La requête de M. A a été communiquée à l'office français de l'immigration et de l'intégration qui a été mis en demeure de produire un mémoire en défense. Cette mise en demeure étant restée sans effet avant la clôture d'instruction, l'office français de l'immigration et de l'intégration doit être réputé avoir admis l'exactitude matérielle des faits allégués par le requérant dès lors qu'ils ne sont pas contredits par les pièces versées au dossier. Dès lors, M. A doit être regardé comme ayant manifesté un besoin d'hébergement et n'avoir pas eu accès gratuitement à un hébergement ou un logement à quelque titre que ce soit au sens des dispositions de l'article D. 744-26 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dans sa rédaction applicable au litige, devenu depuis notamment les articles D. 553-8, D. 553-9 et D. 553-27.
4. D'autre part, aux termes de l'article L. 744-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dans sa rédaction applicable au litige, devenu depuis notamment l'article L. 551-9 : " Les conditions matérielles d'accueil du demandeur d'asile, au sens de la directive 2013/33/UE du Parlement européen et du Conseil, du 26 juin 2013, établissant des normes pour l'accueil des personnes demandant la protection internationale, sont proposées à chaque demandeur d'asile par l'Office français de l'immigration et de l'intégration après l'enregistrement de la demande d'asile par l'autorité administrative compétente, en application du présent chapitre. Les conditions matérielles d'accueil comprennent les prestations et l'allocation prévues au présent chapitre. / () " et aux termes de l'article L. 744-9 du même code, devenu depuis notamment les articles L. 553-1 et L. 551-13, dans sa rédaction applicable au litige : " Le demandeur d'asile qui a accepté les conditions matérielles d'accueil proposées en application de l'article L. 744-1 bénéficie d'une allocation pour demandeur d'asile s'il satisfait à des conditions d'âge et de ressources, dont le versement est ordonné par l'Office français de l'immigration et de l'intégration. / Le versement de l'allocation prend fin au terme du mois au cours duquel le droit du demandeur de se maintenir sur le territoire français dans les conditions prévues aux articles L. 743-1 et L. 743-2 a pris fin ou à la date du transfert effectif vers un autre Etat si sa demande relève de la compétence de cet Etat. / () ".
5. Aux termes de l'article D. 744-17 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, devenu depuis l'article D. 553-1, dans sa rédaction applicable au litige : " Sont admis au bénéfice de l'allocation pour demandeur d'asile : / 1° Les demandeurs d'asile qui ont accepté les conditions matérielles d'accueil proposées par l'Office français de l'immigration et de l'intégration en application de l'article L. 744-1 et qui sont titulaires de l'attestation de demande d'asile délivrée en application de l'article L. 741-1 ; / () ". Aux termes de l'article D. 744-18 de ce code, devenu depuis l'article D. 553-3, : " Pour bénéficier de l'allocation pour demandeur d'asile, les personnes mentionnées aux 1° et 2° de l'article D. 744-17 doivent être âgées de dix-huit ans révolus ". Et aux termes de l'article D. 744-20 du même code, devenu depuis l'article D. 553-3 : " Pour bénéficier de l'allocation pour demandeur d'asile, la personne doit justifier de ressources mensuelles inférieures au montant du revenu de solidarité active ".
6. Aux termes de l'article D. 744-26 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dans sa rédaction applicable au litige, devenu depuis notamment les articles D. 553-8, D. 553-9 et D. 553-27 : " En application du cinquième alinéa de l'article L. 744-9, l'allocation pour demandeur d'asile est composée d'un montant forfaitaire, dont le niveau varie en fonction du nombre de personnes composant le foyer, et, le cas échéant, d'un montant additionnel dans le cas où le demandeur d'asile n'est pas hébergé. / Pour la détermination du montant de l'allocation, les ressources perçues par le bénéficiaire viennent en déduction du montant résultant de l'application du premier alinéa. / Le barème de l'allocation pour demandeur d'asile figure à l'annexe 7-1 du présent code " et aux termes de l'annexe 7-1 de ce code : " Le montant journalier de l'allocation pour demandeur d'asile est défini en application du barème suivant : / 1 personne : 6,80 euros / () / Un montant journalier additionnel de 7.40 € est versé en application des dispositions de l'article D. 744-26 à chaque demandeur d'asile adulte ayant accepté l'offre de prise en charge, qui a manifesté un besoin d'hébergement et n'a pas accès gratuitement à un hébergement ou un logement à quelque titre que ce soit ".
7. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier que M. A a demandé la protection internationale auprès de la France et qu'il a accepté le bénéfice les conditions matérielles d'accueil le 26 février 2019. Il résulte de ce qui a été dit au point 3 que M. A doit être regardé comme ayant manifesté un besoin d'hébergement et n'avoir pas eu accès gratuitement à un hébergement ou un logement à quelque titre que ce soit au sens des dispositions de l'article D. 744-26 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dans sa rédaction applicable au litige, devenu depuis notamment les articles D. 553-8, D. 553-9 et D. 553-27 citées au point précédent.
8. Dans ces conditions, et en application de ces dispositions, M. A est fondé à soutenir que la décision refusant de lui verser le complément d'allocation pour demandeur d'asile pour les périodes comprises entre le 1er mai 2019 et le 31 décembre 2020 est entachée d'une erreur de droit. Toutefois, il ressort de l'attestation de versement produite par le requérant lui-même que ce complément lui a bien été versé pour les mois de mars et avril 2019.
9. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens de la requête, que la décision née du silence gardé par le directeur général de l'office français de l'immigration et de l'intégration sur sa demande doit être annulée en tant qu'elle refuse de lui verser le complément d'allocation pour demandeur d'asile pour les périodes comprises entre le 1er mai 2019 et le 31 décembre 2020.
Sur les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte :
10. L'exécution du présent jugement implique nécessairement, par application des dispositions de l'article L. 911-1 du code de justice administrative, qu'il soit enjoint au directeur général de l'office français de l'immigration et de l'intégration de verser à M. A le complément d'allocation pour demandeur d'asile pour les périodes comprises entre le 1er mai 2019 et le 31 décembre 2020. Il résulte des dispositions citées au point 6 que le montant journalier du complément auquel M. A pouvait prétendre au cours de cette période, d'une durée totale de 611 jours, s'élève à 7,40 euros, soit une somme totale de 4 521,40 euros.
11. Il y a lieu d'enjoindre au directeur général de l'office français de l'immigration et de l'intégration de procéder au versement à M. A de la somme de 4 521,40 euros dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement. M. A a droit aux intérêts de la somme de 4 521,40 euros à compter de la date d'enregistrement de sa requête au greffe du tribunal.
Sur les frais liés au litige :
12. M. A a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle. Par suite, son avocat peut se prévaloir des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, et sous réserve que Me Oloumi, avocat de M. A, renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'État, de mettre à la charge de l'office français de l'immigration et de l'intégration le versement à Me Oloumi d'une somme de 1 200 euros.
D E C I D E :
Article 1er : La décision née du silence gardé par le directeur général de l'office français de l'immigration et de l'intégration sur la demande de M. A est annulée en tant qu'elle rejette sa demande tendant à lui verser le complément d'allocation pour demandeur d'asile pour les périodes comprises entre le 1er mai 2019 et le 31 décembre 2020.
Article 2 : Il est enjoint au directeur général de l'office français de l'immigration et de l'intégration de verser à M. A la somme de 4 521,40 euros avec intérêt au taux légal à compter du 12 mai 2022 dans un délai de deux mois à compter de la notification de ce jugement.
Article 3 : L'office français de l'immigration et de l'intégration versera à Me Oloumi une somme de 1 200 euros en application des dispositions du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve que Me Oloumi renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. B A, à Me Oloumi et à l'office français de l'immigration et de l'intégration.
Délibéré après l'audience du 10 janvier 2024, à laquelle siégeaient :
M. Bonhomme, président,
Mme Soler, conseillère,
Mme Sandjo, conseillère,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 31 janvier 2024.
La rapporteure,
Signé
N. SOLER
Le président,
Signé
T. BONHOMMELa greffière,
Signé
N. KATARYNEZUK
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour le greffier en chef,
Ou par délégation la greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026