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AccueilJurisprudence administrativeN° TA06-2202757

Tribunal Administratif de Nice — Décision N° TA06-2202757

mercredi 12 avril 2023

JuridictionTribunal Administratif de Nice
SectionTribunal Administratif de Nice
N° DossierTA06-2202757
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation4ème Chambre
Avocat requérantSZEPETOWSKI

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés les 3 juin et 11 octobre 2022, la société civile immobilière SYDS PAGANE, représentée par Me Bothy-Lanfranchi, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :

1°) d'annuler l'arrêté du 13 décembre 2021 par lequel le maire d'Antibes a délivré à la société Cap Eden un permis de construire valant permis de démolir pour la démolition d'une villa existante et la construction d'un bâtiment de 8 logements sur la parcelle cadastrée section AZ n° 337, ensemble la décision rejetant son recours gracieux ;

2°) d'annuler l'arrêté du 16 août 2022 par lequel le maire d'Antibes a délivré à la société Cap Eden un permis de construire modificatif pour le même projet ;

3°) de mettre à la charge de la commune d'Antibes et de la société Cap Eden la somme de 3 000 euros chacune au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- l'arrêté du 13 décembre 2021 a été obtenu par la fraude ;

- la société pétitionnaire ne dispose pas de servitude de tréfonds ;

- le projet porte atteinte à ses droits en tant que fond servant ;

- la notice architecturale est insuffisante en méconnaissance des dispositions de l'article R.*431-8 du code de l'urbanisme ;

- le plan de masse n'indique pas l'emplacement ni les caractéristiques de la servitude de passage permettant l'accès au terrain ;

- les visas de l'arrêté du 13 décembre 2021 sont erronés ;

- le projet méconnaît les dispositions de l'article D. 1332-7 du code de la santé publique ;

- il méconnaît les dispositions de l'article UD 3 du règlement du plan local d'urbanisme ;

- il méconnaît les dispositions de l'article UD 4 du règlement du plan local d'urbanisme ;

- il méconnaît les dispositions de l'article UD 11 du règlement du plan local d'urbanisme ;

- la prescription relative au raccordement en eau de la propriété, alors même que celui-ci est inexistant, est illégale dès lors qu'elle ne concerne pas un point précis et limité du projet.

Par un mémoire en défense, enregistré le 31 août 2022, la commune d'Antibes conclut au rejet de la requête.

Elle fait valoir que les moyens soulevés par la société requérante ne sont pas fondés.

Par un mémoire en défense, enregistré le 2 septembre 2022, la société civile coopérative de vente (SCCV) Cap Eden, représentée par Me Szepetowski, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 6 000 euros soit mise à la charge de la société requérante au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir que les moyens soulevés par la société requérante ne sont pas fondés.

La clôture immédiate de l'instruction a été prononcée par ordonnance du 3 novembre 2022.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu :

- le code de la santé publique ;

- le code de l'urbanisme ;

- le code de justice administrative ;

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme A,

- les conclusions de M. Beyls, rapporteur public,

- et les observations de Me Bothy, représentant la société SYDS PAGANE, et de Mme B, représentant la commune d'Antibes.

Considérant ce qui suit :

1. La société SYDS PAGANE est propriétaire de la parcelle cadastrée section AZ n° 338 située sur le territoire de la commune d'Antibes. Par un arrêté du 13 décembre 2021, le maire d'Antibes a délivré à la société Cap Eden un permis de construire valant permis de démolir pour la démolition d'une villa existante et la construction d'un bâtiment de 8 logements sur la parcelle cadastrée section AZ n° 337. Par un courrier du 10 février 2022, la société SYDS PAGANE a formé un recours gracieux contre cet arrêté. Aucune réponse n'a été apportée à sa demande. Par un arrêté du 16 août 2022, le maire d'Antibes a délivré à la société Cap Eden un permis de construire modificatif. Par la présente requête, la société requérante demande l'annulation de l'arrêté du 13 décembre 2021, de la décision rejetant son recours gracieux et de l'arrêté du 16 août 2022.

Sur les conclusions aux fins d'annulation :

Sur la fraude alléguée :

2. Aux termes de l'article UD 3 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune d'Antibes : " Pour être constructible, un terrain doit avoir accès à une voie. / Les caractéristiques des accès et des voies doivent être adaptées à l'opération et satisfaire aux exigences de sécurité, de défense contre l'incendie, de ramassage des ordures ménagères. / Lorsque le terrain est riverain de deux ou plusieurs voies l'accès sur celles de ces voies qui présenterait une gêne ou un risque pour la circulation ou les usagers est interdit. / Les voies privées à double sens assurant la desserte du terrain devront avoir des caractéristiques adaptées avec un minimum de 5,00 mètres de largeur de chaussée utile et praticable. La largeur minimum est portée à 3,5 mètres pour les voies privées à sens unique. Par ailleurs, un cheminement piéton d'une largeur de 1,50 mètre devra être prévu lors de collectifs d'habitation supérieurs à 500 m² de surface de plancher ainsi que pour les établissements recevant du public. / Néanmoins, une largeur de voie inférieure est admise sur des rétrécissements ponctuels. Cette adaptation devra être mineure au regard du linéaire de la voie et être compatible avec la circulation et la sécurité. / Les voies se terminant en impasse devront être aménagées de telle sorte que les véhicules puissent faire demi-tour. / Le débouché des voies privées sur les voies ouvertes à la circulation publique ne doit pas présenter de risque pour la sécurité des usagers ou pour celle des personnes utilisant ces accès et assurer une bonne visibilité notamment par des pans coupés ".

3. Le permis de construire, qui est délivré sous réserve des droits des tiers, a pour seul objet d'assurer la conformité des travaux qu'il autorise avec la réglementation d'urbanisme. Dès lors, si le juge administratif doit, pour apprécier la légalité du permis au regard des règles d'urbanisme relatives à la desserte et à l'accès des engins d'incendie et de secours, s'assurer de l'existence d'une desserte suffisante de la parcelle par une voie ouverte à la circulation publique et, le cas échéant, de l'existence d'un titre créant une servitude de passage donnant accès à cette voie, il ne lui appartient pas de vérifier la validité de cette servitude ou l'existence d'un titre permettant l'utilisation de la voie qu'elle dessert, si elle est privée, dès lors que celle-ci est ouverte à la circulation publique.

4. En premier lieu, il ressort des pièces du dossier que le projet litigieux est desservi à partir de la voie publique dénommée " avenue du Mas Ensoleillé " par une voie privée existante sur laquelle a été établie, au bénéfice de la parcelle cadastrée section AZ n° 337 objet du permis de construire, une servitude de passage sur une bande de terrain de 45 mètres de longueur. Il est précisé dans ladite convention que le propriétaire du fonds dominant " aura le droit d'utiliser cette servitude pour le passage de gens à pieds, animaux, véhicules à moteur, pour les besoins de l'habitation et de l'exploitation de sa propriété " et que la servitude ainsi établie s'exercera au gré du propriétaire du fonds dominant, par lui-même ou les membres de sa famille, son personnel, ses amis et visiteurs ainsi que des héritiers ou ayants droit. C'est dans ces conditions que la société pétitionnaire a présenté, à l'appui de sa demande de permis de construire, les modalités d'accès au terrain d'assiette de son projet de la façon suivante : " L'accès véhicule se fait par la rue privée à l'Est du terrain. Une servitude est également contractée sur cette parcelle, ainsi que l'autorisation de démolir les éléments qui diminuent la largeur du passage, de sorte à garantir une largeur de 5,00 minimum en tout point. Les deux roues passeront également par cet accès. L'accès PMR est garanti jusqu'à la place réservée par le même chemin ".

5. La société requérante soutient que les dimensions effectives de la voie privée existante feraient obstacle à la réalisation d'une voie carrossable de 5,00 mètres de large, conformément aux prescriptions de l'article UD 3, en raison de la présence, sur l'assiette de ladite servitude, de jardinières en certains points ainsi que de caniveaux longitudinaux, étant précisé que la société pétitionnaire ne dispose d'aucun titre pour procéder à la démolition de ces ouvrages.

6. Toutefois, d'une part les prescriptions chiffrées de l'article UD 3 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune d'Antibes citées au point 2 sont applicables seulement aux voies nouvelles à réaliser et non pas aux conditions de constructibilité des terrains desservis par des voies préexistantes à la demande de permis de construire. En l'espèce, il est constant que la voie privée desservant le terrain d'assiette du projet en litige existait avant la délivrance du permis de construire en litige. Il ne saurait dès lors être reproché à la société pétitionnaire d'avoir dissimulé, dans le cadre de sa demande, les dimensions réelles de la voie d'accès dans le but de faire croire au service instructeur que celle-ci satisfaisait aux prescriptions chiffrées de l'article UD 3, relatives au gabarit des voies assurant la desserte du terrain d'assiette du projet, dans la mesures où celles-ci n'étaient pas opposables au projet en litige. Dans ces conditions, l'élément intentionnel de la fraude n'est pas caractérisé.

7. D'autre part, il est constant que la société pétitionnaire avait indiqué, dans la notice jointe au dossier de demande de permis, que la voie d'accès présentait actuellement une largeur inférieure à 5 mètres en certains points en raison de la présence d'éléments diminuant la largeur du passage, et que le projet prévoyait la démolition de ces éléments. Ainsi, la société pétitionnaire avait clairement informé le service instructeur de la largeur existante de la voie, inférieure en certains points aux prescriptions du plan local d'urbanisme de la commune, et de l'élargissement projeté, de sorte qu'aucune fraude ne peut être retenue à son encontre. Et alors même que la suppression des jardinières et des caniveaux longitudinaux bordant la voie de desserte est incertaine dès lors que ces démolitions doivent être réalisées sur la parcelle cadastrée section AZ n° 338 et qu'il n'est pas justifié de l'accord de la société requérante, cette seule circonstance ne saurait, par elle-même, constituer une fraude dans la mesure où cette question relève du droit privé. Dans ces conditions, l'élément matériel de la fraude n'est pas caractérisé. Il suit de là que la première branche du moyen, tirée de la fraude quant à la largeur de l'accès voiture, doit être écartée.

8. En deuxième lieu, il ressort des pièces du dossier que la société pétitionnaire a précisé dans sa demande de permis de construire que l'accès piéton se fera par la venelle à l'Ouest du terrain et qu'une servitude de passage est contractée sur cette parcelle, dont la largeur minimale est de 2,80 mètres. La société requérante soutient que la société pétitionnaire ne dispose d'aucun titre pour l'utilisation de cet accès piéton. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que ce chemin d'accès est une voie privée ouverte à la circulation publique. Par suite, il n'appartenait pas à la commune de s'assurer de l'existence d'un titre permettant l'utilisation de cette voie qu'elle dessert dès lors que les propriétaires ont accepté l'usage public de leur bien et renoncé par là à leur usage purement privé. Il ne saurait dès lors être reproché à la société pétitionnaire d'avoir dissimulé, dans le cadre de sa demande, l'absence de servitude de passage, dans la mesure où celle-ci n'était pas nécessaire. Il suit de là que la deuxième branche du moyen, tirée de la fraude quant à l'existence d'une servitude de passage, doit être écartée.

Sur l'absence de servitude de tréfonds :

9. Aux termes de l'article R. 431-9 du code de l'urbanisme : " Le projet architectural comprend également un plan de masse des constructions à édifier ou à modifier côté dans les trois dimensions. Ce plan de masse fait apparaître les travaux extérieurs aux constructions, les plantations maintenues, supprimées ou créées et, le cas échéant, les constructions existantes dont le maintien est prévu. / Il indique également, le cas échéant, les modalités selon lesquelles les bâtiments ou ouvrages seront raccordés aux réseaux publics ou, à défaut d'équipements publics, les équipements privés prévus, notamment pour l'alimentation en eau et l'assainissement. / () ".

10. Les autorisations d'urbanisme étant accordées sous réserve des droits des tiers, les dispositions citées au point précédent n'ont pas pour objet et ne sauraient avoir pour effet d'imposer aux pétitionnaires de justifier, dans leurs demandes d'autorisations d'urbanisme, des autorisations éventuellement nécessaires sur le fondement du droit privé pour assurer le raccordement aux réseaux publics des ouvrages projetés.

11. Dès lors, la société requérante ne peut utilement soutenir que la société pétitionnaire ne justifie pas d'une servitude de tréfonds lui permettant de se raccorder aux réseaux publics. Le moyen tiré de ce que la commune aurait dû refuser le permis sollicité dès lors que le pétitionnaire ne justifiait pas disposer des autorisations nécessaires pour raccorder la construction projetée aux réseaux est ainsi inopérant et doit être écarté comme tel.

Sur la méconnaissance des droits du fond servant :

12. Comme rappelé au point 3, le permis de construire, qui est délivré sous réserve des droits des tiers, a pour seul objet d'assurer la conformité des travaux qu'il autorise avec la réglementation d'urbanisme. Par suite, la circonstance que les droits de la société requérante, en tant que fond servant, seraient méconnus dès lors que celle-ci serait privée de son droit de stationnement ou qu'elle ne pourrait plus utiliser l'accès comme un accès piétons, qui relève du droit privé, est inopérante à l'encontre de la décision en litige. Il suit de là que ce moyen doit être écarté.

Sur l'insuffisance alléguée de la notice architecturale :

13. Aux termes de l'article R.*431-8 du code de l'urbanisme : " Le projet architectural comprend une notice précisant : / 1° L'état initial du terrain et de ses abords indiquant, s'il y a lieu, les constructions, la végétation et les éléments paysagers existants ; / 2° Les partis retenus pour assurer l'insertion du projet dans son environnement et la prise en compte des paysages, faisant apparaître, en fonction des caractéristiques du projet : / a) L'aménagement du terrain, en indiquant ce qui est modifié ou supprimé ; / b) L'implantation, l'organisation, la composition et le volume des constructions nouvelles, notamment par rapport aux constructions ou paysages avoisinants ; / c) Le traitement des constructions, clôtures, végétations ou aménagements situés en limite de terrain ; / d) Les matériaux et les couleurs des constructions ; / e) Le traitement des espaces libres, notamment les plantations à conserver ou à créer ; / f) L'organisation et l'aménagement des accès au terrain, aux constructions et aux aires de stationnement ".

14. La circonstance que le dossier de demande de permis de construire ne comporterait pas l'ensemble des documents exigés par les dispositions du code de l'urbanisme, ou que les documents produits seraient insuffisants, imprécis ou comporteraient des inexactitudes, n'est susceptible d'entacher d'illégalité le permis de construire qui a été accordé que dans le cas où les omissions, inexactitudes ou insuffisances entachant le dossier ont été de nature à fausser l'appréciation portée par l'autorité administrative sur la conformité du projet à la réglementation applicable.

15. En l'espèce, en premier lieu, il ressort du dossier de demande de permis de construire que la notice architecturale mentionne qu'une maison est actuellement édifiée sur le terrain d'assiette du projet dont des photographies ont été jointes au dossier et que le formulaire de demande précise que le projet porte sur la démolition totale d'un logement édifié dans les années 1970 et mentionne une surface existante de 180 m² à destination de l'habitation et la suppression d'une surface de 180 m². Dans ces conditions, l'absence de mention de la démolition dans la notice architecturale n'a pas été de nature à fausser l'appréciation portée par l'autorité administrative sur la réalité des démolitions envisagées et la conformité du projet à la réglementation applicable. Il suit de là que la première branche du moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article R.*431-8 du code de l'urbanisme doit être écartée.

16. En deuxième lieu, il ressort du dossier de demande de permis de construire d'une part que le plan de situation fait apparaître l'emplacement du terrain d'assiette du projet et de la construction existante par rapport à la parcelle cadastrée section AZ n° 338 sur laquelle la commune a identifié, dans son plan local d'urbanisme, un immeuble à protéger et une unité de paysage, et d'autre part que le relevé topographique fait apparaître sur la même vue l'emprise de la construction projetée sur le terrain d'assiette ainsi que l'emprise de la construction existante. Dans ces conditions, l'absence de mention dans la notice architecturale de l'implantation de la construction projetée par rapport à cet immeuble à protéger et à cette unité de paysage n'a pas été de nature à fausser l'appréciation portée par l'autorité administrative sur la réalité de cette implantation et la conformité du projet à la réglementation applicable. Il suit de là que la deuxième branche du moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article R.*431-8 du code de l'urbanisme doit également être écartée.

17. En troisième lieu, il ressort du dossier de demande de permis de construire que la notice architecturale mentionne que " l'accès piéton se fait par la venelle à l'Ouest du terrain. Une servitude de passage est contractée sur cette parcelle. La largeur minimale est de 2,80 mètres " et que " l'accès véhicule se fait par la rue privée à l'Est du terrain. Une servitude est également contractée sur cette parcelle, ainsi que l'autorisation de démolir les éléments qui diminuent la largeur du passage, de sorte à garantir une largeur de 5,00 minimum en tout point. Les deux roues passeront également par cet accès. L'accès PMR est garanti jusqu'à la place réservée par le même chemin ". Au surplus, le relevé topographique précise l'emplacement et les caractéristiques de cette deuxième servitude et le plan de situation fait apparaître les accès par rapport au terrain d'assiette du projet. Dans ces conditions, la notice architecturale décrit l'organisation et l'aménagement des accès au terrain conformément aux dispositions citées au point 13. Il suit de là que la dernière branche du moyen doit également être écartée.

Sur l'absence d'indication dans le plan de masse de l'emplacement et des caractéristiques de la servitude de passage :

18. Aux termes de l'article R.*431-9 du code de l'urbanisme : " () / Lorsque le terrain n'est pas directement desservi par une voie ouverte à la circulation publique, le plan de masse indique l'emplacement et les caractéristiques de la servitude de passage permettant d'y accéder. / () ".

19. En l'espèce, il ressort du dossier de demande de permis de construire que le plan de situation matérialise l'accès véhicule comme étant situé sur la parcelle cadastrée section AZ n° 338, que le relevé topographique précise que la société pétitionnaire bénéficie d'une servitude de passage sur cette parcelle, avec une autorisation de démolir les ouvrages afin de garantir un passage libre de 5,00 mètres et que le même document mentionne l'emplacement et les caractéristiques de cette servitude. Dans ces conditions, l'absence de ces éléments sur le plan de masse n'a pas été de nature à fausser l'appréciation portée par l'autorité administrative sur la conformité du projet à la réglementation applicable. Il suit de là que le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article R.*431-9 du code de l'urbanisme doit être écarté.

Sur les erreurs alléguées dans les visas :

20. D'une part, la société requérante soutient que l'arrêté en litige vise un avis de la direction adjointe cadre de vie, direction assainissement, service d'instruction des raccordements et taxes de la communauté d'agglomération de Sophia Antipolis (CASA) en date du 10 septembre 2021 sans que celui-ci ne soit annexé de sorte qu'il ne serait pas démontré que cette direction ait été consultée. Il ressort des pièces du dossier qu'il s'agit d'une erreur dans les visas, que la consultation de cette direction a été effectuée et a donné lieu à un avis favorable tacite. Une erreur dans les visas étant sans incidence sur la légalité de la décision attaquée, la première branche du moyen est inopérante et doit être écartée comme telle.

21. Pour la même raison, si les visas de l'arrêté du 13 décembre 2021 mentionnent un avis favorable du service environnement urbain de la commune, en date du 9 septembre 2021, sans préciser que celui-ci est assorti de prescriptions, cette erreur est sans incidence sur la légalité de la décision attaquée. Par suite, la deuxième branche du moyen doit également être écartée dès lors qu'elle est inopérante.

Sur la méconnaissance alléguée du code de la santé publique :

22. Si la société requérante soutient que le projet méconnaît les dispositions de l'article D. 1332-7 du code de la santé publique dès lors que celles-ci seraient d'ordre public, ces dispositions relèvent d'une législation indépendante. Par suite, le moyen tiré de leur méconnaissance ne peut qu'être écarté comme inopérant.

Sur la méconnaissance alléguée des dispositions de l'article UD 3 du règlement du plan local d'urbanisme :

23. En premier lieu, la société requérante soutient que la desserte n'est pas adaptée au projet en méconnaissance des dispositions de l'article UD 3 du règlement du plan local d'urbanisme citées au point 2 dès lors qu'elle n'est pas apte à recevoir la circulation prévue par le projet et ne satisfait pas ainsi à l'exigence de sécurité prévue par ces dispositions. En l'espèce, il ne ressort pas des pièces du dossier, et notamment des photographies de la voie d'accès produites par la commune en défense que les conditions de desserte du projet ne seraient pas adaptées à la construction projetée, qui porte notamment sur la réalisation de 16 places de parking pour les résidents, 4 places pour les visiteurs et 8 places pour les deux roues, ou présenteraient un risque pour la sécurité des usagers alors que la largeur de la voie est d'au minimum 4 mètres environ en l'absence de destruction des ouvrages qui y sont implantés, que la vitesse est limitée à 30 kilomètres heure sur l'" avenue du Mas ensoleillé " et que cette voie est à sens unique. Il suit de là que la première branche du moyen doit être écartée.

24. En deuxième lieu, les prescriptions de l'article UD 3 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune d'Antibes relatives à l'aménagement des voies en impasse ainsi que les prescriptions chiffrées relatives à la largeur des voies sont applicables seulement aux voies nouvelles à réaliser et non pas aux conditions de constructibilité des terrains desservis par des voies préexistantes à la demande de permis de construire. En l'espèce, il est constant que la voie privée desservant le terrain d'assiette du projet en litige existait avant la délivrance du permis de construire en litige. Par suite, la circonstance qu'il n'existerait pas d'aire de retournement ou que la voie d'accès présenterait une largeur inférieure à 5 mètres par endroit est inopérante à l'encontre de l'arrêté en litige. Il suit de là que la deuxième branche du moyen doit également être écartée.

Sur la méconnaissance alléguée des dispositions de l'article UD 4 du règlement du plan local d'urbanisme :

25. Aux termes de l'article UD 4.3 du règlement du plan local d'urbanisme relatif aux eaux pluviales dans sa rédaction issue de la modification du 15 mars 2022 : " La collecte et l'écoulement des eaux pluviales et de ruissellement doivent être assurés dans des conditions conformes au règlement d'assainissement pluvial en vigueur ".

26. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier que la société pétitionnaire a déposé et obtenu un permis de construire modificatif le 16 août 2022. D'une part, il ressort de la notice descriptive jointe à cette demande que les eaux pluviales seront stockées sous la rampe d'accès au parking dans le cadre d'une solution de rétention élaborée par un bureau d'étude hydrologique. D'autre part, il ressort des pièces du dossier que le service gestion des milieux aquatiques et la prévention des inondations (GEMAPI) de la CASA a rendu un avis favorable avec prescriptions concernant la conformité de cette solution aux dispositions applicables du plan local d'urbanisme, au zonage pluvial de la commune et au règlement de gestion des eaux pluviales et des ruissellements. Par suite, il ne ressort pas des pièces du dossier que les dispositions de l'article UD 4.3 du règlement du plan local d'urbanisme auraient été méconnues. Il suit de là que ce moyen doit être écarté.

Sur la méconnaissance alléguée des dispositions de l'article UD 11 du règlement du plan local d'urbanisme :

27. Aux termes de l'article UD 11.4 du règlement du plan local d'urbanisme : " () / La définition volumétrique et architecturale des constructions doit obligatoirement être compatible avec les bâtiments principaux riverains. / () ".

28. En l'espèce, aucun des éléments produits au dossier par la société requérante ne permet de vérifier la méconnaissance alléguée des dispositions citées au point précédent alors même que l'architecte des Bâtiments de France a rendu un avis favorable au projet en date du 30 août 2021. Dans ces conditions, le moyen ne peut qu'être écarté comme non assorti des précisions suffisantes permettant d'en apprécier le bien-fondé.

Sur l'illégalité alléguée des prescriptions assortissant l'arrêté du 13 décembre 2021 :

29. Aux termes de l'article L. 421-6 du code de l'urbanisme : " Le permis de construire ou d'aménager ne peut être accordé que si les travaux projetés sont conformes aux dispositions législatives et réglementaires relatives à l'utilisation des sols, à l'implantation, la destination, la nature, l'architecture, les dimensions, l'assainissement des constructions et à l'aménagement de leurs abords et s'ils ne sont pas incompatibles avec une déclaration d'utilité publique " et aux termes de l'article UD 4 du règlement du plan local d'urbanisme relatif aux conditions de desserte des terrains par les réseaux d'eau, d'électricité et d'assainissement : " 4.1. Eau potable / Les constructions doivent être raccordées au réseau public de distribution d'eau potable ".

30. Il résulte des dispositions de l'article L. 421-6 du code de l'urbanisme citées au point précédent que l'administration peut accorder un permis de construire sous réserve du respect de prescriptions spéciales relevant de la police de l'urbanisme, telles que celles relatives à l'implantation ou aux caractéristiques des bâtiments et de leurs abords. Elle ne peut assortir une autorisation d'urbanisme de prescriptions qu'à la condition que celles-ci, entraînant des modifications sur des points précis et limités et ne nécessitant pas la présentation d'un nouveau projet, aient pour effet d'assurer la conformité des travaux projetés aux dispositions législatives et réglementaires dont elle est chargée d'assurer le respect.

31. En l'espèce, d'une part, contrairement à ce que soutient la société requérante, il ressort de la lecture de l'arrêté attaqué que celui-ci n'a été assorti d'aucune prescription au titre du raccordement en eau potable de la construction projetée, les éléments mentionnés suite à l'avis de l'entreprise Véolia constituant de simples éléments d'information, comme précisé par l'arrêté.

32. D'autre part, il résulte de ce qui a été dit au point 11 que la société requérante ne peut utilement soutenir que la société pétitionnaire ne justifie pas d'une servitude de tréfonds lui permettant de se raccorder aux réseaux publics dès lors que cette autorisation relève du droit privé. Le moyen tiré de ce que la commune aurait dû refuser le permis sollicité dès lors que le pétitionnaire ne justifiait pas disposer des autorisations nécessaires pour raccorder la construction projetée aux réseaux est ainsi inopérant et doit être écarté comme tel.

33. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions aux fins d'annulation présentées par la société SYDS PAGANE doivent être rejetées.

Sur les frais liés au litige :

34. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune d'Antibes et de la société Cap Eden, qui ne sont pas les parties perdantes dans la présente instance, la somme que la société SYDS PAGANE demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Il y a lieu, en revanche, de faire application de ces dispositions et de mettre à la charge de la société SYDS PAGANE une somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par la société Cap Eden et non compris dans les dépens.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de la société SYDS PAGANE est rejetée.

Article 2 : La société SYDS PAGANE versera à la société Cap Eden une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à la société civile immobilière SYDS PAGANE, à la commune d'Antibes et à la société civile coopérative de vente Cap Eden.

Délibéré après l'audience du 22 mars 2023, à laquelle siégeaient :

M. Bonhomme, président,

Mme Soler, conseillère,

M. Holzer, conseiller,

Rendu public par mise à disposition au greffe le 12 avril 2023.

La rapporteure,

Signé

N. A

Le président,

Signé

T. BONHOMMELa greffière,

Signé

N. KATARYNEZUK

La République mande et ordonne au préfet des Alpes-Maritimes en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Pour le greffier en chef,

Ou par délégation la greffière,

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TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

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