jeudi 13 octobre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nice |
| Section | Tribunal Administratif de Nice |
| N° Dossier | TA06-2202789 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | ROSSLER |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 7 juin 2022 et 4 août 2022, M. A B, représenté par Me Frédéric Rossler, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 3 mai 2022 par lequel le préfet des Alpes-Maritimes a rejeté sa demande de titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays de son renvoi ;
2°) d'enjoindre au préfet des Alpes-Maritimes, à titre principal, de lui délivrer une carte de séjour portant la mention " vie privée et familiale ", dans un délai de deux mois à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ou, à défaut de procéder au réexamen de sa situation sous les mêmes conditions et, dans l'attente, de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour ;
3°) de mettre à la charge de l'État une somme de 800 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- l'arrêté est entaché d'une erreur de fait en ce qu'il mentionne qu'il est entré en France le 1er octobre 2021 alors qu'il réside en France depuis 2013 ;
- l'avis émis par le collège de médecins est irrégulier en ce qu'il ne s'est pas prononcé sur la possibilité d'accès à une prise en charge médicale adaptée en Tunisie ;
- il souffre d'une pathologie d'une exceptionnelle gravité ;
- la décision attaquée est entachée d'un vice de procédure dès lors que l'OFII n'ayant pas émis d'avis sur la possibilité de l'accès à une prise en charge médicales adaptée en Tunisie, le préfet ne pouvait se prononcer sur ce point.
La requête a été communiquée au préfet des Alpes-Maritimes, qui n'a pas déposé un mémoire en défense mais produit, en réponse à la demande du tribunal, une copie, enregistrée le 14 juin 2022, de l'avis rendu le 4 avril 2022 par le collège de médecins de l'Office français des réfugiés et apatrides.
Par ordonnance du 27 juin 2022, la clôture d'instruction a été fixée au 19 juillet 2022.
Par une ordonnance du 19 juillet 2022 l'instruction a été ré-ouverte et refermée au 5 août 2022 ;
Par une ordonnance du 22 août 2022 l'instruction a été ré-ouverte ;
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales,
- l'accord franco-tunisien du 17 mars 1988 modifié;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Mear, rapporteure ;
- et les observations de Me Rossler, représentant M. B.
Considérant ce qui suit :
1. M. A B, ressortissant tunisien, né le 23 novembre 1978, demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 3 mai 2022 par lequel le préfet des Alpes-Maritimes a rejeté sa demande de titre de séjour sur le fondement de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, soit en qualité d'étranger malade, l'a obligé à quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays de son renvoi.
2. En premier lieu, M. B fait valoir que l'arrêté est entaché d'une erreur de fait en ce qu'il mentionne qu'il est entré en France le 1er octobre 2021 alors qu'il réside en France depuis le 4 avril 2013. Par les pièces produites au dossier, le requérant n'établit ni être entré en France le 4 avril 2013 ni y résider habituellement depuis lors, notamment durant les années 2013 à 2016. Toutefois, M. B est fondé à soutenir que l'arrêté attaqué est entaché d'une erreur de fait en ce qu'il mentionne qu'il n'est entré en France que le 1er octobre 2021 alors qu'il produit de nombreuses pièces attestant de sa présence en France à compter du second semestre 2017. Cependant, il résulte de l'instruction que par le seul autre motif tiré de ce que le défaut de prise en charge médicale de M. B ne devrait pas entrainer des conséquences d'une exceptionnelle gravité le préfet aurait pris la même décision de rejet de sa demande d'admission au séjour sur le fondement de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, soit en qualité d'étranger malade. Par suite, ce moyen doit être écarté.
3. En second lieu, aux termes de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger, résidant habituellement en France, dont l'état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et qui, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention "vie privée et familiale" d'une durée d'un an. / ( ) " .
4. Sous réserve des cas où la loi attribue la charge de la preuve à l'une des parties, il appartient au juge administratif, au vu des pièces du dossier, et compte tenu, le cas échéant, de l'abstention d'une des parties à produire les éléments qu'elle est seule en mesure d'apporter et qui ne sauraient être réclamés qu'à elle-même, d'apprécier si l'état de santé d'un étranger nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait entraîner pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité, sous réserve de l'absence d'un traitement approprié dans le pays de renvoi et d'un accès effectif à ce traitement. La partie qui justifie d'un avis d'un collège de médecins du service médical de l'Office français de l'immigration et de l'intégration qui lui est favorable doit être regardée comme apportant des éléments de fait susceptibles de faire présumer l'existence ou l'absence d'un état de santé de nature à justifier la délivrance ou le refus d'un titre de séjour. Dans ce cas, il appartient à l'autre partie, dans le respect des règles relatives au secret médical, de produire tous éléments permettant d'apprécier l'état de santé de l'étranger et, le cas échéant, l'accès effectif à un traitement approprié dans le pays de renvoi. La conviction du juge, à qui il revient d'apprécier si l'état de santé d'un étranger justifie la délivrance d'un titre de séjour dans les conditions ci-dessus rappelées, se détermine au vu de ces échanges contradictoires. En cas de doute, il lui appartient de compléter ces échanges en ordonnant toute mesure d'instruction utile.
5. Pour refuser de délivrer le titre de séjour sollicité par M. B le préfet des Alpes-Maritimes s'est notamment fondé sur l'avis rendu le 4 avril 2022 par le collège de médecins de l'Office français des réfugiés et apatrides (OFII) aux termes duquel si l'état de santé du requérant requiert une prise charge médicale, le défaut de cette prise en charge médicale ne devrait pas entraîner de conséquences d'une exceptionnelle gravité. Eu égard au motif ainsi retenu par l'OFII, ce dernier n'était pas tenu de se prononcer sur la possibilité pour M. B d'accéder à une prise en charge médicale adaptée à son état de santé en Tunisie. Par suite, le moyen tiré de l'irrégularité de l'avis émis par le collège de médecins en ce qu'il ne s'est pas prononcé sur l'accès à une prise en charge médicale dans le pays dont le requérant est originaire doit être écarté.
6. Le requérant ne peut utilement faire valoir que le préfet des Alpes-Maritimes a entaché sa décision d'un vice de procédure en estimant, après avoir considéré que le défaut de prise en charge médicale du requérant ne devrait pas entrainer des conséquences d'une exceptionnelle gravité, qu'une offre de soin était disponible dans le pays d'origine de l'intéressé au motif que l'OFII ne s'était pas prononcé sur ce point dès lors que par le seul premier motif retenu le préfet aurait pris la même décision.
7. Si le requérant soutient souffrir d'une pathologie d'une exceptionnelle gravité, les documents médicaux produits au dossier par l'intéressé ne suffisent pas toutefois à infirmer l'appréciation du collège de médecins selon laquelle le défaut de prise en charge médicale ne devrait pas entraîner pour l'intéressé des conséquences d'une exceptionnelle gravité. Par suite, M. B n'est pas fondé à soutenir que la décision lui refusant la délivrance d'un titre de séjour méconnaît les dispositions précitées de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
8. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de l'arrêté préfectoral en date du 3 mai 2022 présentées par M. B doivent être rejetées. Il en va de même, par voie de conséquence, de ses conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte et des conclusions tendant à l'application des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au préfet des Alpes-Maritimes.
- Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur.
Délibéré après l'audience du 22 septembre 2022, à laquelle siégeaient :
Mme Mear présidente,
Mme Kolf, conseillère,
M. Cherief, conseiller,
Assistés de Mme Albu, greffière.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 octobre 2022.
L'assesseure la plus ancienne,
signé
S. KOLF
La présidente,
signé
J. MEAR
La greffière,
signé
C. ALBU
La République mande et ordonne au préfet des Alpes-Maritimes ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier en chef,
Ou par délégation la greffière
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026