mercredi 12 avril 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nice |
| Section | Tribunal Administratif de Nice |
| N° Dossier | TA06-2203625 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 4ème Chambre |
| Avocat requérant | SELARL ORENGO-MICAULT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 18 juillet et 14 octobre 2022, M. D H, M. A J, Mme G J, M. F B et Mme I B, représentés par Me Orengo, demandent au tribunal, dans le dernier état de leurs écritures :
1°) d'annuler l'arrêté du 13 décembre 2021 par lequel le maire d'Antibes a délivré à la société civile coopérative de vente (SCCV) Cap Eden un permis de construire valant permis de démolir pour la démolition d'une villa existante et la construction d'un bâtiment de 8 logements sur la parcelle cadastrée section AZ n° 337, ensemble les décisions rejetant leurs recours gracieux ;
2°) d'annuler l'arrêté du 16 août 2022 par lequel le maire d'Antibes a délivré à la société Cap Eden un permis de construire modificatif ;
3°) de mettre solidairement à la charge de la commune d'Antibes et de la société Cap Eden la somme de 3 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
S'agissant de l'arrêté du 13 décembre 2021 :
- les services assainissement et gestion des eaux pluviales de la communauté d'agglomération n'ont pas été consultés ;
- le projet méconnaît les dispositions de l'article R.*431-8 du code de l'urbanisme ;
- le dossier de demande de permis de construire ne permet pas d'apprécier la largeur réelle de la servitude de passage ;
- la société pétitionnaire ne dispose pas de titres pour les servitudes de passage qu'elle déclare ;
- l'arrêté en litige ne reprend pas les prescriptions de l'avis du service environnement urbain ;
- l'architecte des Bâtiments de France aurait dû être consulté de nouveau suite à la modification du dossier de demande de permis de construire ;
- le service départemental d'incendie et de secours a émis un avis favorable malgré l'absence d'aire de retournement ;
- le projet méconnaît les dispositions de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme en l'absence d'aire de retournement ;
- il méconnaît les dispositions de l'article UD 2 du règlement du plan local d'urbanisme ;
- il méconnaît les dispositions des articles UD 3 du règlement du plan local d'urbanisme et R. 111-2 du code de l'urbanisme ;
- il méconnaît les dispositions des articles UD 4 du règlement du plan local d'urbanisme et R. 111-2 du code de l'urbanisme ;
- il méconnaît les dispositions de l'article UD 6 du règlement du plan local d'urbanisme ;
- il méconnaît les dispositions de l'article UD 7 du règlement du plan local d'urbanisme ;
- il méconnaît les dispositions de l'article UD 10 du règlement du plan local d'urbanisme ;
- il méconnaît les dispositions de l'article UD 11 du règlement du plan local d'urbanisme ;
- il méconnaît les dispositions de l'article UD 12 du règlement du plan local d'urbanisme ;
- il méconnaît les dispositions de l'article UD 13 du règlement du plan local d'urbanisme ;
- il méconnaît les dispositions de l'article 8.7 du règlement général du plan local d'urbanisme ;
- il méconnaît les dispositions de l'article 8.1 du règlement général du plan local d'urbanisme ;
- il méconnaît les dispositions de l'article R.*431-10 du code de l'urbanisme ;
- il méconnaît les dispositions de l'article R.*423-38 du code de l'urbanisme ;
- il méconnaît les dispositions de l'article R. 111-8 du code de l'urbanisme ;
- le permis de construire en litige a été obtenu par la fraude.
S'agissant de l'arrêté du 16 août 2022 :
- il n'a pas été soumis pour avis au service départemental d'incendie et de secours ni au service assainissement de la communauté d'agglomération ;
- le projet méconnaît les dispositions des articles UD 2 et UD 13 du règlement du plan local d'urbanisme ;
- il méconnaît les dispositions de l'article UD 3 du règlement du plan local d'urbanisme et le dossier joint à la demande est insuffisant sur ce point ;
- il méconnaît les dispositions de l'article UD 4 du règlement du plan local d'urbanisme et le service de gestion des eaux pluviales n'a pas été consulté ;
- il méconnaît les dispositions de l'article UD 11 du règlement du plan local d'urbanisme ;
- il méconnaît les dispositions de l'article 7 du règlement général du plan local d'urbanisme.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 2 septembre et 1er décembre 2022, la société Cap Eden, représentée par Me Szepetowski, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 6 000 euros soit mise à la charge des requérants au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que les moyens soulevés par les requérants ne sont pas fondés.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 6 octobre et 14 novembre 2022, la commune d'Antibes conclut à la jonction des requêtes n° 2203625, n° 2202757 et n° 2203880 et au rejet de la présente requête.
Elle fait valoir que les moyens soulevés par les requérants ne sont pas fondés.
La clôture immédiate de l'instruction a été prononcée par ordonnance du 3 janvier 2023.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code de la santé publique ;
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative ;
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme C,
- les conclusions de M. Beyls, rapporteur public,
- et les observations de Me Bretaudeau, substituant Me Orengo, représentant les requérants, et de Mme E, représentant la commune d'Antibes.
Considérant ce qui suit :
1. M. H, M. et Mme J et M. et Mme B sont respectivement usufruitier et propriétaires des parcelles cadastrées section AZ n° 150, 149 et 155 situées sur le territoire de la commune d'Antibes. Par un arrêté du 13 décembre 2021, le maire d'Antibes a délivré à la société Cap Eden un permis de construire valant permis de démolir pour la démolition d'une villa existante et la construction d'un bâtiment de 8 logements sur la parcelle cadastrée section AZ n° 337, classée en secteur UDb. Par des courriers, reçus les 4 et 7 avril 2022 par la commune, les requérants ont formé des recours gracieux contre cet arrêté, rejetés par des décisions des 1er et 4 juillet 2022. Par un arrêté du 16 août 2022, le maire d'Antibes a délivré à la société Cap Eden un permis de construire modificatif. Par la présente requête, les requérants demandent l'annulation des arrêtés du 13 décembre 2021 et du 16 août 2022 et des décisions rejetant leurs recours gracieux.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
Sur le défaut de consultation des services assainissement et gestion des eaux pluviales de la communauté d'agglomération et la méconnaissance alléguée des dispositions des articles R.*423-38 et R. 111-8 du code de l'urbanisme :
2. En premier lieu, aux termes de l'article R.*423-50 du code de l'urbanisme : " L'autorité compétente recueille auprès des personnes publiques, services ou commissions intéressés par le projet, les accords, avis ou décisions prévus par les lois ou règlements en vigueur " et aux termes de l'article R.*423-59 du même code : " Sous réserve des dispositions des articles L. 752-4, L. 752-14 et L. 752-17 du code de commerce et des exceptions prévues aux articles R*423-60 à R*423-71-1, les collectivités territoriales, services, autorités ou commissions qui n'ont pas fait parvenir à l'autorité compétente leur réponse motivée dans le délai d'un mois à compter de la réception de la demande d'avis sont réputés avoir émis un avis favorable ".
3. D'une part, les requérants soutiennent que l'arrêté en litige vise un avis de la direction adjointe cadre de vie, direction assainissement, service d'instruction des raccordements et taxes de la communauté d'agglomération de Sophia Antipolis (CASA) en date du 10 septembre 2021 alors que cette direction n'a pas été consultée. Toutefois, il ressort des pièces du dossier qu'il s'agit d'une erreur dans les visas et que la consultation de cette direction a été effectuée par un courrier du 24 août 2021 et a donné lieu à un avis favorable tacite. Une erreur dans les visas étant sans incidence sur la légalité de la décision attaquée, les requérants ne sont pas fondés à soutenir que l'arrêté en litige serait entaché d'un défaut de motivation, d'une méconnaissance des dispositions de l'article R.*423-50 du code de l'urbanisme citées au point précédent ou d'une fraude du pétitionnaire sur les conditions d'assainissement du projet. En tout état de cause, il ne ressort pas des pièces du dossier que cet avis était obligatoire au regard des dispositions citées au point précédent. Il suit de là que la première branche du moyen doit être écartée.
4. D'autre part, il ressort des pièces du dossier que la société pétitionnaire a obtenu un permis de construire modificatif par un arrêté du 16 août 2022 et que le service gestion des milieux aquatiques et la prévention des inondations (GEMAPI) de la CASA a rendu, en date du 26 juillet 2022, un avis conforme avec prescriptions sur le projet. Les requérants ne sont ainsi pas fondés à soutenir que l'arrêté en litige aurait méconnu sur ce point les dispositions de l'article R.*423-50 du code de l'urbanisme citées au point 2. En tout état de cause, il ne ressort pas des pièces du dossier que cet avis était obligatoire au regard de ces dispositions. Il suit de là que la seconde branche du moyen doit également être écartée.
5. En deuxième lieu, s'agissant du permis de construire modificatif, d'une part, comme rappelé au point 3, il ne ressort pas des pièces du dossier que l'avis du service assainissement était obligatoire au regard des dispositions de l'article R.*423-50 du code de l'urbanisme. D'autre part, ce service avait été valablement consulté par un courrier du 24 août 2021 sur la demande de permis construire initiale. Il n'avait pas à être consulté à nouveau sur la demande de permis de construire modificatif formée le 16 juin 2022 eu égard à l'absence de modifications concernant le dispositif d'assainissement du projet. Par suite, ce moyen doit être écarté.
6. En troisième lieu, aux termes de l'article R.*423-38 du code de l'urbanisme : " Lorsque le dossier ne comprend pas les pièces exigées en application du présent livre, l'autorité compétente, dans le délai d'un mois à compter de la réception ou du dépôt du dossier à la mairie, adresse au demandeur ou à l'auteur de la déclaration une lettre recommandée avec demande d'avis de réception, indiquant, de façon exhaustive, les pièces manquantes ".
7. D'une part, les dispositions citées au point précédent sont applicables au dossier de demande de permis de construire produit par le pétitionnaire et non aux avis éventuellement sollicités par l'autorité administrative sur cette demande. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article R.*423-38 du code de l'urbanisme en l'absence de consultation des services assainissement et gestion des eaux pluviales ne peut qu'être écarté comme inopérant.
8. D'autre part, si les requérants soutiennent que le réservoir d'eau cylindrique apparaissant sur le cadastre ne figure pas dans le dossier de demande de permis de construire de sorte que la commune aurait dû solliciter des précisions sur ce point, il ressort des pièces du dossier et notamment des photographies aériennes produites par la commune en défense que cet ouvrage n'existe plus à la date de la demande en litige. Par suite, les requérants ne sont pas fondés à soutenir que la société pétitionnaire était tenue de mentionner cet ouvrage dans sa demande et que la commune aurait dû solliciter des précisions sur ce point en l'absence de toute précision par la société pétitionnaire. Il suit de là que la deuxième branche du moyen doit également être écartée.
9. En quatrième lieu, aux termes de l'article R. 111-8 du code de l'urbanisme : " L'alimentation en eau potable et l'assainissement des eaux domestiques usées, la collecte et l'écoulement des eaux pluviales et de ruissellement ainsi que l'évacuation, l'épuration et le rejet des eaux résiduaires industrielles doivent être assurés dans des conditions conformes aux règlements en vigueur ".
10. Les requérants soutiennent que l'autorité administrative n'était pas en mesure de contrôler le respect des dispositions de l'article R. 111-8 du code de l'urbanisme citées au point précédent en l'absence de consultation des services assainissement et gestion des eaux pluviales. Toutefois, le projet en litige n'entrait pas dans le champ d'application de ces dispositions dès lors qu'il est constant que la commune d'Antibes était, à la date des décisions attaquées, couverte par un plan local d'urbanisme. Par suite, le maire n'avait pas à s'assurer du respect de ces dispositions et le moyen doit être écarté.
Sur les autres avis rendus sur le projet :
11. Si les actes administratifs doivent être pris selon les formes et conformément aux procédures prévues par les lois et règlements, un vice affectant le déroulement d'une procédure administrative préalable, suivie à titre obligatoire ou facultatif, n'est de nature à entacher d'illégalité la décision prise que s'il ressort des pièces du dossier qu'il a été susceptible d'exercer, en l'espèce, une influence sur le sens de la décision prise ou qu'il a privé les intéressés d'une garantie.
12. En premier lieu, si les requérants soutiennent que l'arrêté en litige ne reprend pas la prescription de l'avis du service environnement urbain de la commune en date du 9 septembre 2021 relative aux piscines, d'une part, il ne résulte d'aucune disposition législative ou règlementaire que l'avis rendu soit un avis conforme, d'autre part les dispositions de l'article D. 1332-7 du code de la santé publique mentionnées dans cette prescription relèvent d'une législation indépendante, de sorte que le maire ne pouvait légalement assortir son arrêté d'une telle prescription. Il suit de là que ce moyen doit être écarté.
13. En deuxième lieu, aux termes de l'article R.*425-18 du code de l'urbanisme : " Lorsque le projet porte sur la démolition d'un bâtiment situé dans un site inscrit en application de l'article L. 341-1 du code de l'environnement, le permis de démolir ne peut intervenir qu'avec l'accord exprès de l'architecte des Bâtiments de France " et aux termes de l'article R.* 425-30 du même code : " Lorsque le projet est situé dans un site inscrit, la demande de permis ou la déclaration préalable tient lieu de la déclaration exigée par l'article L. 341-1 du code de l'environnement. Les travaux ne peuvent être entrepris avant l'expiration d'un délai de quatre mois à compter du dépôt de la demande ou de la déclaration. / La décision prise sur la demande de permis ou sur la déclaration préalable intervient après consultation de l'architecte des Bâtiments de France ".
14. En l'espèce, l'architecte des Bâtiments de France (ABF) a été saisi du projet le 10 août 2021 et a rendu un avis sur celui-ci en date du 30 août 2021. Les requérants soutiennent que le dossier de demande de permis de construire a été modifié le 19 novembre 2021, de sorte que l'ABF ne se serait pas prononcé sur le dossier ayant fait l'objet de l'arrêté du 13 décembre 2021. Il ressort des pièces du dossier que le relevé topographique numéroté DPC2a est daté du 12 novembre 2021, que le plan de masse numéroté DPC2b, le plan du rez-de-chaussée numéroté DPC2d, le plan des réseaux numéroté DPC2g, le plan des déblais et remblais numéroté DPC2h et le plan paysager numéroté DPC4b sont datés du 1er septembre 2021 et que le plan des clôtures numéroté DPC2i et la notice architecturale numérotée DPC4a sont datés du 27 octobre 2021.
15. Si aucun des éléments nouveaux, produits postérieurement à l'avis de l'ABF, ne concerne la démolition du bâtiment existant, certains de ces éléments sont relatifs à l'insertion paysagère de la construction projetée, aux clôtures et à la description du projet. Par suite, il ne ressort pas des pièces du dossier que l'ABF aurait été mis en mesure d'apprécier l'insertion de la construction envisagée dans le bâti existant, en méconnaissance des dispositions de l'article R.*425-30 du code de l'urbanisme citées au point 13. Toutefois, les requérants ne démontrent ni même n'allèguent que cette irrégularité, alors même que l'avis rendu par l'architecte des Bâtiments de France en application de ces dispositions est un avis simple, aurait été susceptible d'exercer, en l'espèce, une influence sur le sens de la décision prise par le maire ou les aurait privés d'une garantie. Il suit de là que ce moyen doit être écarté.
16. En troisième lieu, il ressort de l'avis favorable avec prescriptions du service départemental d'incendie et de secours (SDIS) que l'accessibilité aux véhicules de secours et de lutte contre l'incendie est conforme de même que la défense extérieure contre l'incendie. Si les requérants soutiennent que cet avis serait entaché d'un défaut de motivation dès lors qu'il ne se prononcerait pas sur l'absence d'aire de retournement, absence qui, au demeurant, n'est pas établie par les pièces du dossier, il ne résulte d'aucune disposition législative ou règlementaire que le SDIS serait tenu de se prononcer spécifiquement sur ce point. Par suite, les requérants ne sont pas fondés à soutenir que l'arrêté serait entaché d'un défaut de motivation ou que le maire était tenu de solliciter des éléments d'informations complémentaires. Il suit de là que le moyen doit être écarté.
17. En quatrième lieu, d'une part, contrairement à ce que soutiennent les requérants, il ne résulte d'aucune disposition législative ou règlementaire que l'autorité administrative serait tenue de consulter le SDIS pour tout projet portant sur un immeuble d'habitation collectif. D'autre part, ce service avait été valablement consulté sur la demande de permis construire initiale et avait rendu un avis en date du 22 septembre 2021. Il n'avait pas à être consulté à nouveau sur la demande de permis de construire modificatif formée le 16 juin 2022 eu égard à l'absence de modifications concernant les accès du projet. Par suite, ce moyen doit également être écarté.
Sur la complétude du dossier de demande de permis de construire :
18. La circonstance que le dossier de demande de permis de construire ne comporterait pas l'ensemble des documents exigés par les dispositions du code de l'urbanisme, ou que les documents produits seraient insuffisants, imprécis ou comporteraient des inexactitudes, n'est susceptible d'entacher d'illégalité le permis de construire qui a été accordé que dans le cas où les omissions, inexactitudes ou insuffisances entachant le dossier ont été de nature à fausser l'appréciation portée par l'autorité administrative sur la conformité du projet à la réglementation applicable.
19. En premier lieu, aux termes de l'article R.*431-8 du code de l'urbanisme : " Le projet architectural comprend une notice précisant : / 1° L'état initial du terrain et de ses abords indiquant, s'il y a lieu, les constructions, la végétation et les éléments paysagers existants ; / 2° Les partis retenus pour assurer l'insertion du projet dans son environnement et la prise en compte des paysages, faisant apparaître, en fonction des caractéristiques du projet : / a) L'aménagement du terrain, en indiquant ce qui est modifié ou supprimé ; / ()".
20. En l'espèce, il ressort du dossier de demande de permis de construire que la notice architecturale mentionne qu'une maison est actuellement édifiée sur le terrain d'assiette du projet, dont des photographies ont été jointes au dossier, et que le formulaire de demande précise que le projet porte sur la démolition totale d'un logement édifié dans les années 1970 et mentionne une surface existante de 180 m² à destination de l'habitation ainsi que la suppression d'une surface de 180 m². Dans ces conditions, l'absence de mention de la démolition dans la notice architecturale n'a pas été de nature à fausser l'appréciation portée par l'autorité administrative sur la réalité des démolitions envisagées et la conformité du projet à la réglementation applicable. Il suit de là que le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article R.*431-8 du code de l'urbanisme doit être écarté.
21. En deuxième lieu, aux termes de l'article R.*431-9 du code de l'urbanisme : " () / Lorsque le terrain n'est pas directement desservi par une voie ouverte à la circulation publique, le plan de masse indique l'emplacement et les caractéristiques de la servitude de passage permettant d'y accéder. / () ".
22. En l'espèce, il ressort du dossier de demande de permis de construire que le plan de situation matérialise l'accès véhicule comme étant situé sur la parcelle cadastrée section AZ n° 338, que le relevé topographique précise que la société pétitionnaire bénéficie d'une servitude de passage sur cette parcelle, avec une autorisation de démolir les ouvrages afin de garantir un passage libre de 5,00 mètres et que le même document mentionne l'emplacement et les caractéristiques de cette servitude. Dans ces conditions, l'absence de ces éléments sur le plan de masse n'a pas été de nature à fausser l'appréciation portée par l'autorité administrative sur la conformité du projet à la réglementation applicable. Il suit de là que le moyen tiré de ce que le dossier de demande de permis de construire ne permettrait pas d'apprécier la largeur réelle de la servitude de passage doit être écarté.
23. En troisième lieu, aux termes de l'article R.*431-10 du code de l'urbanisme : " Le projet architectural comprend également : / () / c) Un document graphique permettant d'apprécier l'insertion du projet de construction par rapport aux constructions avoisinantes et aux paysages, son impact visuel ainsi que le traitement des accès et du terrain ; / d) Deux documents photographiques permettant de situer le terrain respectivement dans l'environnement proche et, sauf si le demandeur justifie qu'aucune photographie de loin n'est possible, dans le paysage lointain. Les points et les angles des prises de vue sont reportés sur le plan de situation et le plan de masse ".
24. Les requérants soutiennent que le document graphique, qui vise à apprécier l'insertion du projet par rapport aux constructions avoisinantes et aux paysages et son impact visuel, ne permet pas d'apprécier les différences d'échelles entre le bâtiment projeté et les constructions avoisinantes. Toutefois, d'une part, les documents numérotés DPC6a et DPC6b font apparaître, sous forme de volumes blancs, les constructions riveraines du terrain d'assiette du projet. D'autre part, les photographies de l'environnement proche et lointain du projet, numérotées DPC7 et DPC8 permettent également d'apprécier l'emplacement et le volume des constructions situées à proximité de la construction projetée. Enfin, la notice architecturale mentionne l'existence d'habitations individuelles à proximité du projet et l'existence au Sud du terrain de trois parcelles abritant des maisons en rez-de-chaussée, rez-de-chaussée surélevé et R+1. Dans ces conditions, l'autorité administrative a pu apprécier l'insertion du projet de construction par rapport aux constructions avoisinantes et aux paysages, son impact visuel et sa conformité à la réglementation applicable. Il suit de là que le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article R.*431-10 du code de l'urbanisme doit être écarté.
25. En quatrième lieu, si les requérants soutiennent que le dossier de demande de permis de construire serait insuffisant au motif que plusieurs documents mentionnent une piscine au singulier alors que trois piscines sont prévues par le projet, il ressort des pièces du dossier que le plan de masse identifie clairement ces trois piscines. Dans ces conditions, l'autorité administrative a été à même d'apprécier la conformité du projet à la règlementation applicable. Il suit de là que ce moyen doit être écarté.
Sur la méconnaissance alléguée des dispositions de l'article UD 2 du règlement du plan local d'urbanisme :
26. En premier lieu, d'une part, aux termes de l'article L. 600-5-2 du code de l'urbanisme : " Lorsqu'un permis modificatif, une décision modificative ou une mesure de régularisation intervient au cours d'une instance portant sur un recours dirigé contre le permis de construire, de démolir ou d'aménager initialement délivré ou contre la décision de non-opposition à déclaration préalable initialement obtenue et que ce permis modificatif, cette décision modificative ou cette mesure de régularisation ont été communiqués aux parties à cette instance, la légalité de cet acte ne peut être contestée par les parties que dans le cadre de cette même instance ".
27. D'autre part, aux termes de l'article UD 2 du règlement du plan local d'urbanisme dans sa rédaction issue de la modification du 15 mars 2022 : " 2.1. En dehors des zones exposées à des risques d'inondation et/ou d'incendie de forêts et/ou de mouvements de terrain et/ou du secteur soumis aux dispositions de l'article L.151-41-5° du Code de l'urbanisme, sont admises sous conditions particulières les occupations et utilisations du sol suivantes : / () / - les constructions (en sous-sol) destinées à du stationnement hors emprise des bâtiments, à condition que la dalle supérieure soit aménagée en places de stationnement ou en voie de secours ou en cheminement piéton ou encore en espaces verts avec une épaisseur minimum de 0,80 mètre de terre végétale ou en terrasse accessible, / - les affouillements et les exhaussements du sol indispensables à la réalisation ou la conservation des constructions et installations autorisées dans la zone, ainsi qu'à leur desserte, à condition que ces mouvements de terrain préservent le modelé des restanques s'il en existe ".
28. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier que la société Cap Eden a obtenu, par un arrêté du 16 août 2022, un permis de construire modificatif transformant les dalles supérieures des constructions en sous-sol destinées à du stationnement hors emprise des bâtiments. Désormais, le projet prévoit que ces dalles seront réalisées en partie en espaces verts avec une épaisseur minimum de 0,80 mètre de terre végétale et en partie en terrasse accessible, conformément aux dispositions de l'article UD 2 citées au point précédent. Par suite, la première branche du moyen tirée de la méconnaissance de ces dispositions doit être écartée.
29. En deuxième lieu, contrairement à ce que soutiennent les requérants, les murs de pierre entourant la construction actuelle ne constituent pas des restanques au sens des dispositions citées au point 27 dès lors qu'il ne s'agit pas de murets traditionnels destinés à soutenir une culture agricole en terrasses mais de simples éléments décoratifs. Par suite, les requérants ne sont pas fondés à soutenir que le projet en litige ne préserverait pas le modelé des restanques présentes sur le terrain d'assiette du projet. Il suit de là que la deuxième branche du moyen doit également être écartée.
Sur les moyens, relatifs au permis de construire initial, tirés de la méconnaissance alléguée des dispositions des articles UD 3 et R. 111-2 du code de l'urbanisme, de la fraude et de l'absence de servitudes :
30. Aux termes de l'article UD 3 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune d'Antibes dans sa rédaction applicable à la date du 13 décembre 2021 : " Pour être constructible, un terrain doit avoir accès à une voie. / Les caractéristiques des accès et des voies doivent être adaptées à l'opération et satisfaire aux exigences de sécurité, de défense contre l'incendie, de ramassage des ordures ménagères. / Lorsque le terrain est riverain de deux ou plusieurs voies l'accès sur celles de ces voies qui présenterait une gêne ou un risque pour la circulation ou les usagers est interdit. / Les voies privées à double sens assurant la desserte du terrain devront avoir des caractéristiques adaptées avec un minimum de 5,00 mètres de largeur de chaussée utile et praticable. La largeur minimum est portée à 3,5 mètres pour les voies privées à sens unique. Par ailleurs, un cheminement piéton d'une largeur de 1,50 mètre devra être prévu lors de collectifs d'habitation supérieurs à 500 m² de surface de plancher ainsi que pour les établissements recevant du public. / Néanmoins, une largeur de voie inférieure est admise sur des rétrécissements ponctuels. Cette adaptation devra être mineure au regard du linéaire de la voie et être compatible avec la circulation et la sécurité. / Les voies se terminant en impasse devront être aménagées de telle sorte que les véhicules puissent faire demi-tour. / Le débouché des voies privées sur les voies ouvertes à la circulation publique ne doit pas présenter de risque pour la sécurité des usagers ou pour celle des personnes utilisant ces accès et assurer une bonne visibilité notamment par des pans coupés ".
31. Le permis de construire, qui est délivré sous réserve des droits des tiers, a pour seul objet d'assurer la conformité des travaux qu'il autorise avec la réglementation d'urbanisme. Dès lors, si le juge administratif doit, pour apprécier la légalité du permis au regard des règles d'urbanisme relatives à la desserte et à l'accès des engins d'incendie et de secours, s'assurer de l'existence d'une desserte suffisante de la parcelle par une voie ouverte à la circulation publique et, le cas échéant, de l'existence d'un titre créant une servitude de passage donnant accès à cette voie, il ne lui appartient pas de vérifier la validité de cette servitude ou l'existence d'un titre permettant l'utilisation de la voie qu'elle dessert, si elle est privée, dès lors que celle-ci est ouverte à la circulation publique.
32. Et aux termes de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme : " Le projet peut être refusé ou n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales s'il est de nature à porter atteinte à la salubrité ou à la sécurité publique du fait de sa situation, de ses caractéristiques, de son importance ou de son implantation à proximité d'autres installations ". Il appartient à l'autorité d'urbanisme compétente et au juge de l'excès de pouvoir, pour apprécier si les risques d'atteinte à la salubrité ou à la sécurité publique justifient un refus d'autorisation d'urbanisme sur le fondement de ces dispositions, de tenir compte tant de la probabilité de réalisation de ces risques que de la gravité de leurs conséquences, s'ils se réalisent. Il résulte par ailleurs de ces dispositions que lorsqu'un projet de construction est de nature à porter atteinte à la salubrité ou à la sécurité publique, l'autorisation d'urbanisme ne peut être refusée que si l'autorité compétente estime, sous le contrôle du juge, qu'il n'est pas légalement possible, au vu du dossier et de l'instruction de la demande, d'accorder l'autorisation en l'assortissant de prescriptions spéciales qui, sans apporter au projet de modifications substantielles nécessitant la présentation d'une nouvelle demande, permettraient d'assurer la conformité de la construction aux dispositions législatives et réglementaires dont l'administration est chargée d'assurer le respect.
33. En premier lieu, il ressort des pièces du dossier que le projet litigieux est desservi à partir de la voie publique dénommée " avenue du Mas Ensoleillé " par une voie privée existante sur laquelle a été établie, au bénéfice de la parcelle cadastrée section AZ n° 337 objet du permis de construire, une servitude de passage sur une bande de terrain de 45 mètres de longueur. Il est précisé dans ladite convention que le propriétaire du fonds dominant " aura le droit d'utiliser cette servitude pour le passage de gens à pieds, animaux, véhicules à moteur, pour les besoins de l'habitation et de l'exploitation de sa propriété " et que la servitude ainsi établie s'exercera au gré du propriétaire du fonds dominant, par lui-même ou les membres de sa famille, son personnel, ses amis et visiteurs ainsi que des héritiers ou ayants droit. C'est dans ces conditions que la société pétitionnaire a présenté, à l'appui de sa demande de permis de construire, les modalités d'accès au terrain d'assiette de son projet de la façon suivante : " L'accès véhicule se fait par la rue privée à l'Est du terrain. Une servitude est également contractée sur cette parcelle, ainsi que l'autorisation de démolir les éléments qui diminuent la largeur du passage, de sorte à garantir une largeur de 5,00 minimum en tout point. Les deux roues passeront également par cet accès. L'accès PMR est garanti jusqu'à la place réservée par le même chemin ".
34. Les requérants soutiennent que les dimensions effectives de la voie privée existante feraient obstacle à la réalisation d'une voie carrossable de 5,00 mètres de large, conformément aux prescriptions de l'article UD 3, en raison de la présence, sur l'assiette de ladite servitude, de jardinières en certains points ainsi que de caniveaux longitudinaux, étant précisé que la société pétitionnaire ne dispose d'aucun titre pour procéder à la démolition de ces ouvrages.
35. Toutefois, d'une part les prescriptions chiffrées de l'article UD 3 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune d'Antibes citées au point 30 sont applicables seulement aux voies nouvelles à réaliser et non pas aux conditions de constructibilité des terrains desservis par des voies préexistantes à la demande de permis de construire. En l'espèce, il est constant que la voie privée desservant le terrain d'assiette du projet en litige existait avant la délivrance du permis de construire en litige. Il ne saurait dès lors être reproché à la société pétitionnaire d'avoir dissimulé, dans le cadre de sa demande, les dimensions réelles de la voie d'accès dans le but de faire croire au service instructeur que celle-ci satisfaisait aux prescriptions chiffrées de l'article UD 3, relatives au gabarit des voies assurant la desserte du terrain d'assiette du projet, dans la mesures où celles-ci n'étaient pas opposables au projet en litige. Dans ces conditions, l'élément intentionnel de la fraude n'est pas caractérisé.
36. D'autre part, il est constant que la société pétitionnaire avait indiqué, dans la notice jointe au dossier de demande de permis, que la voie d'accès présentait actuellement une largeur inférieure à 5 mètres en certains points en raison de la présence d'éléments diminuant la largeur du passage, et que le projet prévoyait la démolition de ces éléments. Ainsi, la société pétitionnaire avait clairement informé le service instructeur de la largeur existante de la voie, inférieure en certains points aux prescriptions du plan local d'urbanisme de la commune, et de l'élargissement projeté, de sorte qu'aucune fraude ne peut être retenue à son encontre. Et alors même que la suppression des jardinières et des caniveaux longitudinaux bordant la voie de desserte est incertaine dès lors que ces démolitions doivent être réalisées sur la parcelle cadastrée section AZ n° 338 et qu'il n'est pas justifié de l'accord des propriétaires du fonds voisin, cette seule circonstance ne saurait, par elle-même, constituer une fraude dans la mesure où cette question relève du droit privé. Dans ces conditions, l'élément matériel de la fraude n'est pas caractérisé. Il suit de là que la première branche du moyen doit être écartée.
37. En deuxième lieu, il ressort des pièces du dossier que la société pétitionnaire a précisé dans sa demande de permis de construire que l'accès piéton se fera par la venelle à l'Ouest du terrain et qu'une servitude de passage est contractée sur cette parcelle, dont la largeur minimale est de 2,80 mètres. Les requérants soutiennent que la société pétitionnaire ne dispose d'aucun titre pour l'utilisation de cet accès piéton. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que ce chemin d'accès est une voie privée ouverte à la circulation publique. Par suite, il n'appartenait pas à la commune de s'assurer de l'existence d'un titre permettant l'utilisation de cette voie dès lors que les propriétaires ont accepté l'usage public de leur bien et renoncé par là à leur usage purement privé. Il ne saurait dès lors être reproché à la société pétitionnaire d'avoir dissimulé, dans le cadre de sa demande, l'absence de servitude de passage, dans la mesure où celle-ci n'était pas nécessaire. Il suit de là que la deuxième branche du moyen, tirée de la fraude quant à l'existence d'une servitude de passage, doit être écartée.
38. En troisième lieu, les requérants soutiennent que la desserte n'est pas adaptée au projet en méconnaissance des dispositions de l'article UD 3 du règlement du plan local d'urbanisme citées au point 30 dès lors qu'elle ne satisfait pas à l'exigence de sécurité prévue par ces dispositions. En l'espèce, il ne ressort pas des pièces du dossier, et notamment des photographies de la voie d'accès produites par la commune en défense que les conditions de desserte du projet ne seraient pas adaptées à la construction projetée, qui porte notamment sur la réalisation de 16 places de parking pour les résidents, 4 places pour les visiteurs et 8 places pour les deux roues, ou présenteraient un risque pour la sécurité des usagers alors que la largeur de la voie est d'au minimum 4 mètres environ en l'absence de destruction des ouvrages qui y sont implantés, que la vitesse est limitée à 30 kilomètres heure sur l'" avenue du Mas ensoleillé " et que cette voie est à sens unique. Par suite, les requérants ne sont pas fondés à soutenir que le projet méconnaîtrait les dispositions des articles UD 3 du règlement du plan local d'urbanisme et R. 111-2 du code de l'urbanisme sur ce point. Il suit de là que la troisième branche du moyen doit être écartée.
39. En quatrième lieu, comme rappelé au point 31, le permis de construire, qui est délivré sous réserve des droits des tiers, a pour seul objet d'assurer la conformité des travaux qu'il autorise avec la réglementation d'urbanisme. Par suite, la circonstance que les droits de la parcelle voisine, en tant que fonds servant, seraient méconnus dès lors que celle-ci ne pourrait plus utiliser l'accès comme un accès piétons, qui relève du droit privé, est inopérante à l'encontre de la décision en litige. Il suit de là que la quatrième branche du moyen doit être écartée.
40. En cinquième lieu, d'une part les prescriptions chiffrées de l'article UD 3 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune d'Antibes citées au point 30 sont applicables seulement aux voies nouvelles à réaliser et non pas aux conditions de constructibilité des terrains desservis par des voies préexistantes à la demande de permis de construire. En l'espèce, il est constant que la voie privée sur laquelle est prévu le chemin d'accès piétons du projet en litige existait avant la délivrance du permis de construire en litige. Par suite, les requérants ne peuvent utilement soutenir que ce chemin d'accès serait insuffisant au regard des prescriptions chiffrées de l'article UD 3 citées au point 30. D'autre part, il ne ressort pas des pièces du dossier et notamment des photographies produites par les requérants que l'accès piétons ne serait pas adapté à l'opération ou ne satisferait pas aux exigences de sécurité prévues par le premier alinéa de cet article quand bien même il serait en terre ou déboucherait sur une voie sans trottoir. Il suit de là que la cinquième branche du moyen doit être écartée.
41. En sixième lieu, d'une part, la voie privée en impasse desservant le terrain d'assiette du projet en litige étant préexistante à la délivrance du permis de construire en litige, la circonstance qu'il n'existerait pas d'aire de retournement, en méconnaissance des dispositions relatives aux voies en impasse prévues à l'article UD 3 du règlement du plan local d'urbanisme, est inopérante à l'encontre de l'arrêté en litige.
42. D'autre part, les requérants soutiennent que l'accès prévu ne serait pas conforme aux exigences de défense contre l'incendie en l'absence d'aire de retournement. Toutefois, il ressort de l'avis favorable avec prescriptions du SDIS que l'accessibilité aux véhicules de secours et de lutte contre l'incendie est conforme de même que la défense extérieure contre l'incendie. Par ailleurs, il ressort de la lecture de l'arrêté du 13 décembre 2021 que le maire d'Antibes a repris les prescriptions du SDIS, les rendant ainsi opposables à la société pétitionnaire. Enfin, la circonstance qu'il n'existerait pas d'aire de retournement au droit du projet n'est pas établie. Dans ces conditions, les requérants ne sont pas fondés à soutenir que l'accès prévu ne serait pas conforme aux exigences de défense contre l'incendie prévues par les dispositions de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme citées au point 32. Il résulte de ce qui précède que la sixième branche du moyen doit être écartée.
43. En septième lieu, d'une part, si les requérants soutiennent qu'aucun aménagement n'est prévu pour le dépôt des containers à ordures ménagères, il ressort des pièces du dossier qu'un local destiné aux ordures ménagères est prévu au sous-sol du bâtiment et que le règlement du service public d'élimination des déchets ménagers précise que la collecte s'effectue sur les voies publiques et non sur les voies privées. Par suite, les requérants ne peuvent utilement soutenir l'absence d'aménagement sur ce point. D'autre part, s'ils soutiennent que le service dédié n'a pas été consulté sur ce point, il ne ressort pas des pièces du dossier que cet avis était obligatoire au regard des dispositions de l'article R.*423-50 du code de l'urbanisme citées au point 2. Il suit de là que la dernière branche du moyen doit également être écartée.
Sur la méconnaissance alléguée des dispositions de l'article UD 3 du règlement du plan local d'urbanisme par le permis de construire modificatif et l'insuffisance du dossier joint à la demande sur ce point :
44. Aux termes de l'article UD 3 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune d'Antibes dans sa rédaction issue de la modification du 15 mars 2022 : " () / Les voies privées à double sens, existantes ou à créer, assurant la desserte du terrain devront avoir des caractéristiques adaptées avec un minimum de 5,00 mètres de largeur de chaussée utile et praticable jusqu'au domaine public. La largeur minimum est portée à 3,5 mètres pour les voies privées à sens unique. / Par ailleurs, un cheminement piéton d'une largeur de 1,50 mètre devra être prévu lors d'opérations générant plus de 500 m² de surface de plancher ainsi que pour les établissements recevant du public. Les opérations limitées à deux maisons individuelles ne sont pas concernées par cette règle. / Néanmoins, une largeur de voie inférieure est admise sur des rétrécissements ponctuels. Cette adaptation devra être mineure au regard du linéaire de la voie et être compatible avec la circulation et la sécurité. / () ".
45. Il ressort des pièces du dossier que la demande de permis de construire modificatif porte sur la modification des couvertures des dalles extérieures, le dispositif de rétention des eaux pluviales, la complétude du document graphique et la modification de la façade Ouest du bâtiment. Dans ces conditions, la modification de la rédaction de l'article UD 3 du règlement du plan local d'urbanisme par la délibération du 15 mars 2022 est inopérante en l'espèce, eu égard à l'absence de modifications concernant les accès du projet. Par suite, le moyen tiré de ce que l'arrêté du 16 août 2022 méconnaîtrait les dispositions de l'article UD 3 du règlement du plan local d'urbanisme et celui tiré de ce que le dossier joint à la demande serait insuffisant sur ce point doivent être écartés.
Sur la méconnaissance alléguée des dispositions des articles UD 4 du règlement du plan local d'urbanisme et R. 111-2 du code de l'urbanisme et l'absence de servitude de tréfonds :
46. En premier lieu, aux termes de l'article UD 4.3 du règlement du plan local d'urbanisme relatif aux eaux pluviales dans sa rédaction issue de la modification du 15 mars 2022 : " La collecte et l'écoulement des eaux pluviales et de ruissellement doivent être assurés dans des conditions conformes au règlement d'assainissement pluvial en vigueur " et aux termes de l'article 1.6.7 du règlement de gestion des eaux pluviales et des ruissellements de la CASA : " Type de vidange : pour les bassins qui ne fonctionnent pas en infiltration totale, la vidange gravitaire doit être préférée à la vidange par pompe de relevage ".
47. En l'espèce, les requérants soutiennent que la vidange gravitaire du bassin de rétention prévu par le permis de construire modificatif serait matériellement impossible dès lors que celui-ci est enterré. Toutefois, ces considérations relèvent des conditions d'utilisation future des bâtiments que le maire n'a pas vocation à contrôler dès lors qu'elles ne relèvent pas de la police de l'urbanisme. Si le maire doit néanmoins s'assurer du respect des dispositions de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme relatives au respect par les constructions projetées des exigences de sécurité, il ne ressort pas des pièces du dossier, contrairement à ce que soutiennent les requérants, que la vidange gravitaire du bassin de rétention serait matériellement impossible dès lors que le bassin serait situé à un niveau inférieur par rapport au réseau d'évacuation des eaux pluviales et induirait ainsi un risque pour la sécurité au sens de ces dispositions. Il suit de là que les moyens tirés de la méconnaissance des dispositions des articles UD 4 du règlement du plan local d'urbanisme et R. 111-2 du code de l'urbanisme doivent être écartés.
48. En deuxième lieu, aux termes de l'article R. 431-9 du code de l'urbanisme : " Le projet architectural comprend également un plan de masse des constructions à édifier ou à modifier côté dans les trois dimensions. Ce plan de masse fait apparaître les travaux extérieurs aux constructions, les plantations maintenues, supprimées ou créées et, le cas échéant, les constructions existantes dont le maintien est prévu. / Il indique également, le cas échéant, les modalités selon lesquelles les bâtiments ou ouvrages seront raccordés aux réseaux publics ou, à défaut d'équipements publics, les équipements privés prévus, notamment pour l'alimentation en eau et l'assainissement. / () ".
49. Les autorisations d'urbanisme étant accordées sous réserve des droits des tiers, les dispositions citées au point précédent n'ont pas pour objet et ne sauraient avoir pour effet d'imposer aux pétitionnaires de justifier, dans leurs demandes d'autorisations d'urbanisme, des autorisations éventuellement nécessaires sur le fondement du droit privé pour assurer le raccordement aux réseaux publics des ouvrages projetés.
50. Dès lors, les requérants ne peuvent utilement soutenir que la société pétitionnaire ne justifie pas d'une servitude de tréfonds lui permettant de se raccorder aux réseaux publics. A cet égard, et contrairement à ce que soutiennent les requérants, la notice technique des eaux potables, usées, et pluviales et des déchets de la commune d'Antibes, annexée au plan local d'urbanisme, ne renvoie pas aux dispositions du code civil. En tout état de cause, les dispositions de l'article UD 4.3 du règlement du plan local d'urbanisme citées au point 46 ne renvoient pas à cette notice mais au règlement de gestion des eaux pluviales de la CASA. S'agissant de ce règlement, s'il présente les principales législations en vigueur, et notamment les dispositions du code civil relatives à la gestion des eaux pluviales, cette mention constitue un simple rappel des obligations légales en vigueur et ne conditionne pas la délivrance des autorisations d'urbanisme à leur respect. Par suite, le moyen tiré de ce que la commune aurait dû refuser le permis sollicité dès lors que le pétitionnaire ne justifiait pas disposer des autorisations nécessaires pour raccorder la construction projetée au réseau d'évacuation des eaux pluviales est ainsi inopérant et doit être écarté comme tel.
Sur la méconnaissance alléguée des dispositions de l'article UD 6 du règlement du plan local d'urbanisme :
51. Aux termes de l'article UD 6 du règlement du plan local d'urbanisme relatif à l'implantation des constructions par rapport aux voies publiques, aux voies privées et aux emprises publiques : " Les dessertes internes au projet, les voies de secours et les servitudes de passage ne sont pas considérées comme des voies générant l'application du présent article. / () / 6.4. Les constructions en sous-sol destinées à du stationnement doivent s'implanter à une distance au moins égale à 5 mètres de l'alignement des voies ou de la limite qui s'y substitue en cas d'élargissement ". Le lexique du règlement précise : " Constitue une voie au sens de la présente définition tout espace public ou privé, existant, à modifier ou à créer, affecté à la circulation générale par un aménagement spécial et à tous modes de déplacement (automobile, modes " doux ", transports collectifs) permettant la desserte de l'espace naturel ou urbain. / Le terme voie chaque fois qu'il est utilisé dans le règlement d'urbanisme désigne aussi bien une voie publique qu'une voie privée ".
52. En l'espèce, il ne ressort pas des pièces du dossier que l'accès piétons au projet aurait été affecté à la circulation générale par un aménagement spécial. Dans ces conditions, il ne constitue pas une voie au sens du lexique du règlement du plan local d'urbanisme. Ainsi, il n'entrait pas dans le champ d'application de l'article UD 6 de ce règlement et le maire n'avait pas à s'assurer du respect de ces dispositions. Il suit de là que le moyen tiré de la méconnaissance de cet article doit être écarté.
Sur la méconnaissance alléguée des dispositions de l'article UD 7 du règlement du plan local d'urbanisme :
53. Aux termes de l'article UD 7 du règlement du plan local d'urbanisme relatif à l'implantation des constructions par rapport aux limites séparatives : " () / 7.5. Les constructions en sous-sol doivent s'implanter à une distance au moins égale à 2 mètres. / () ".
54. En l'espèce, il ressort du plan du sous-sol joint à la demande de permis de construction que les constructions en sous-sol s'implantent à une distance au moins égale à 2 mètres de la limite séparative Ouest du projet, conformément aux dispositions citées au point précédent. Par suite, le moyen tiré de leur méconnaissance doit être écarté.
Sur la méconnaissance alléguée des dispositions de l'article UD 10 du règlement du plan local d'urbanisme :
55. En premier lieu, aux termes de l'article UD 10 du règlement du plan local d'urbanisme relatif à la hauteur maximale des constructions : " 10.1. Conditions de mesure : / Dans les secteurs UDa, UDb, UDc, UDd et UDe, la hauteur absolue des constructions est mesurée du sol naturel ou excavé, à l'exception de l'excavation nécessaire à l'aménagement de la rampe d'accès au sous-sol, à l'aplomb de chaque façade au point le plus haut à l'égout du toit. / () / Dans tous les secteurs UD, excepté dans les volumes existants, il ne peut être réalisé ni un niveau ni un volume supplémentaires habitables au-delà de l'égout du toit. / () / 10.2. Hauteur absolue : / 10.2.1. Secteurs UDa et UDb : / - les hauteurs ne doivent pas dépasser 9 mètres, / () ".
56. D'une part, il ressort du plan de coupe AA joint au dossier de demande de permis de construire que la hauteur absolue de la construction projetée par rapport au terrain naturel avant travaux s'élève à 8,74 mètres. Quand bien même cette hauteur aurait été mesurée à l'acrotère et non à l'égout du toit, ce qui ne ressort pas des pièces du dossier et notamment du plan de façade Ouest qui distingue hauteur absolue et hauteur à l'acrotère, la hauteur absolue de la construction projetée entre le terrain naturel avant travaux et l'égout du toit est nécessairement inférieure à 8,74 mètres de sorte que les dispositions de l'article 10.2 du règlement du plan local d'urbanisme, qui imposent que cette hauteur soit inférieure à 9 mètres, n'ont pas été méconnues. A cet égard, et contrairement à ce que soutiennent les requérants, il ressort du plan de façade Ouest joint à la demande que la cote du terrain naturel ayant servi de base au calcul de la hauteur absolue est mentionnée comme étant située à la cote 29.31 NGF. Par suite, la première branche du moyen doit être écartée.
57. D'autre part, il résulte des dispositions de l'article 10.1 du règlement du plan local d'urbanisme citées au point 55 que sont proscrits les niveaux habitables au-delà de l'égout du toit. En l'espèce, les éléments projetés sur le toit-terrasse de la construction, à savoir deux piscines et des terrasses végétalisées, ne constituent pas un niveau ou un volume habitables au sens de ces dispositions. Il suit de là que la deuxième branche du moyen doit être écartée.
58. En deuxième lieu, si les requérants soutiennent que les cotes des ouvrages projetés sur la terrasse accessible du niveau R+3 ne sont pas mentionnées, d'une part, ils ne précisent pas quelles seraient les dispositions législatives ou règlementaires qui aurait été méconnues par cette omission, d'autre part, il ressort du plan de façade Ouest que la cote du terrain naturel ayant servi de base au calcul des hauteurs est mentionnée ainsi que les hauteurs calculées au niveau des différents acrotères, de sorte qu'il était loisible à l'autorité administrative de calculer la cote des ouvrages de la toiture-terrasse. Par suite, ce moyen doit également être écarté.
Sur la méconnaissance alléguée des dispositions de l'article UD 11 du règlement du plan local d'urbanisme :
59. En premier lieu, la circonstance que la demande d'avis adressée à l'architecte des Bâtiments de France ne mentionnerait pas l'existence d'un sous-sol et d'une toiture-terrasse avec deux piscines n'a pas été de nature à fausser l'appréciation de celui-ci sur le projet en litige dès lors que l'architecte disposait de l'entier dossier de permis de construire. Par suite, la première branche du moyen doit être écartée.
60. En deuxième lieu, aux termes de l'article UD 11.4 du règlement du plan local d'urbanisme : " () / La définition volumétrique et architecturale des constructions doit obligatoirement être compatible avec les bâtiments principaux riverains. / () ".
61. En l'espèce, il ne ressort pas des pièces du dossier et notamment des photomontages produits à l'appui du dossier de demande de permis construire, transmis à l'architecte des Bâtiments de France, que les volumes et l'architecture du projet en litige ne seraient pas compatibles avec les bâtiments avoisinants. Les éléments produits au dossier par les requérants à l'appui de leur moyen, constitués d'une simple vue aérienne, ne sont pas de nature à démontrer la méconnaissance des dispositions citées au point précédent alors même que l'architecte des Bâtiments de France a rendu un avis favorable au projet en date du 30 août 2021. Dans ces conditions, la deuxième branche du moyen doit également être écartée.
62. En troisième lieu, aux termes de l'article UD 11.8 du règlement du plan local d'urbanisme : " () / En dehors de l'emprise des nouvelles constructions, les restanques existantes devront être conservées. En cas de démolition dans le cadre des travaux, elles devront être restituées ".
63. En l'espèce, comme précisé au point 29, les murs de pierre entourant la construction actuelle ne constituent pas des restanques au sens des dispositions citées au point précédent dès lors qu'il ne s'agit pas de murets traditionnels destinés à soutenir une culture agricole en terrasses mais de simples éléments décoratifs. Par suite, les requérants ne sont pas fondés à soutenir que le projet en litige méconnaîtrait les dispositions de l'article UD 11.8 citées au point précédent. Il suit de là que la troisième branche du moyen doit être écartée.
64. En quatrième lieu, aux termes de l'article 9.1 du règlement général du plan local d'urbanisme : " A l'article L.151-19 et L.151-23 du Code de l'urbanisme, les éléments de paysage et les immeubles à protéger ou à mettre en valeur pour des motifs d'ordre culturel, historique ou écologique ont été inventoriés afin d'en assurer la pérennité. / Ainsi, les unités de paysage, figurant sur les documents graphiques du règlement, doivent être préservées de tout aménagement et de toute construction en sur-sol (volume au-dessus du terrain naturel) et en sous- sol (volume en dessous du terrain naturel). / () " et aux termes de l'article 9.2 du règlement général : " () / Ainsi, les immeubles (bâtiments remarquables) répertoriés par un symbole au document graphique du règlement ne doivent faire d'objet d'aucun travaux susceptibles d'entraîner une modification des caractéristiques esthétiques ou historiques, à l'exception des travaux de sécurité, salubrité et d'accessibilité PMR. / Les antennes de téléphonies sont interdites sur les bâtiments remarquables. / () ".
65. Les dispositions citées au point précédent n'ont pas pour objet d'encadrer les constructions situées à proximité d'un espace identifié au titre des éléments des paysages ou des immeubles à protéger mais seulement les constructions édifiées dans l'emprise de ces espaces. Par suite, les requérants ne sont pas fondés à soutenir que le projet en litige apparaîtrait de nature à engendrer un non-respect du patrimoine antibois. Il suit de là que la quatrième branche du moyen doit être écartée.
66. En cinquième lieu, aux termes de l'article UD 11.10 du règlement du plan local d'urbanisme : " Les réservoirs d'eau cylindriques issus des exploitations horticoles ou maraîchères doivent être conservés quand ils présentent un intérêt architectural ou patrimonial ".
67. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier et notamment des photographies aériennes produites par la commune en défense que le réservoir d'eau cylindrique n'existe plus à la date de la demande en litige. Par suite, les requérants ne sont pas fondés à soutenir que les dispositions de l'article UD 11.10 du règlement du plan local d'urbanisme auraient été méconnues en l'absence de conservation de cet ouvrage. Il suit de là que la cinquième branche du moyen doit également être écartée.
Sur la méconnaissance alléguée des dispositions de l'article UD 12 du règlement du plan local d'urbanisme :
68. Aux termes de l'article UD 12 du règlement du plan local d'urbanisme relatif aux obligations imposées en matière de réalisation d'aires de stationnement : " 12.1. Mode de calcul / Hormis les constructions destinées à l'habitation, à l'hébergement hôtelier, aux résidences de tourisme, aux équipements scolaires et aux équipements sportifs, le résultat des besoins en matière de stationnement est obtenu au prorata des surfaces de plancher décrites ci-dessous, arrondies à l'entier supérieur. / La règle applicable aux constructions ou établissements non prévus ci-dessous, est celle à laquelle ces établissements sont les plus directement assimilables. Le nombre de places de stationnement doit en outre correspondre aux besoins estimés du fonctionnement et de la fréquentation. / Dans tous les cas, un minimum de 5 % arrondis à l'entier supérieur de places de stationnement pour personnes à mobilité réduite sera exigé par type de destination. / () ".
69. Si les requérants soutiennent que l'absence de places visiteurs en surface est de nature à engendrer une aggravation des difficultés de circulation et de stationnement dans le quartier, engendrant ainsi des conséquences pour la sécurité des usagers, d'une part, il ne ressort pas des pièces du dossier que de telles allégations seraient fondées, d'autre part, à les supposer établies, ces circonstances ne sont pas de nature à caractériser une méconnaissance des dispositions citées au point précédent.
Sur la méconnaissance alléguée des dispositions des articles UD 13 et 8.7 du règlement du plan local d'urbanisme :
70. Aux termes de l'article UD 13.2 du règlement du plan local d'urbanisme relatif aux espaces libres : " Les espaces libres sont définis et calculés à l'article 8.7 des dispositions générales. / () / les unités foncières doivent être aménagées en espaces libres à raison de : / () / - 60 % de leur surface dans les secteur UDa et UDb " et aux termes de l'article 8.7 du règlement général du plan local d'urbanisme relatif aux espaces libres : " () / 2. Calcul des espaces libres : / Un coefficient d'espaces libres est imposé dans certains secteurs qui est satisfait en appliquant une pondération en fonction de la typologie des espaces comme suit : / Les espaces végétalisés / - espaces végétalisés en pleine terre = coefficient 1 / - espaces végétalisés sur dalles : • dalles de couverture de sous-sol ou de rez-de-chaussée supérieures ou égales à 0,80 mètre de terre végétale = coefficient 0,8 / • dalles de couverture de sous-sol ou de rez-de-chaussée comprises entre 0,20 mètre et 0,80 mètre de terre végétale = coefficient 0,2. / Les espaces semi ou non végétalisés / - espaces végétalisés en pleine terre organisés en mosaïque végétal/minéral (ex : dalles de parking végétalisé) = coefficient 0,2 / - espaces en pleine terre non végétalisés (ex : accès piéton sur terre ou sur gravier, terrasses en bois sur plot) = coefficient 0,5. / () ".
71. En l'espèce, il ressort des pièces jointes à la demande de permis de construire initial que les espaces libres représentent 60% de la superficie de la parcelle et se composent de 1 275 m² de nature affectés d'un coefficient 1, de 75 m² carrés de terrasses en bois sur plots affectés d'un coefficient de 0,5, de 162 m² d'espaces verts de 20 centimètres de hauteur affectés d'un coefficient de 0,2 et de 49 m² d'espaces verts de 80 centimètres de hauteur affectés d'un coefficient de 0,8.
72. Par ailleurs, dans le cadre du permis de construire modificatif délivré le 16 août 2022, les espaces verts de 20 centimètres de hauteur, affectés d'un coefficient de 0,2, ont été remplacés par des espaces verts de 80 centimètres de hauteur ou par des terrasses en bois, tous deux affectés d'un coefficient supérieur. Par suite, les espaces libres représentent désormais plus de 60% de la surface du terrain d'assiette du projet. De plus, contrairement à ce que soutiennent les requérants, il ne ressort pas des pièces du dossier que la voie interne au projet, la piscine ou son dallage en béton attenant auraient été comptabilisés dans les espaces libres et que la surface de ces derniers serait ainsi inférieure à 60% de la superficie du terrain d'assiette.
73. Enfin, si les requérants invoquent la méconnaissance des dispositions de l'article D. 1332-7 du code de la santé publique par le projet pour en déduire que les espaces libres seront encore réduits, d'une part le permis de construire n'ayant d'autre objet que d'autoriser la construction conforme aux plans et indications fournis par le pétitionnaire, les requérants ne peuvent se prévaloir de constructions non projetées par la société pétitionnaire, d'autre part, le permis de construire a pour seul objet d'assurer la conformité des travaux qu'il autorise avec la réglementation d'urbanisme or, comme précisé au point 12, les dispositions invoquées relèvent d'une législation indépendante.
74. Il résulte de ce qui précède que les moyens tirés de la méconnaissance des articles UD 13 et 8.7 du règlement du plan local d'urbanisme doivent être écartés.
Sur la méconnaissance alléguée des dispositions des articles 8.1 et 7 du règlement du plan local d'urbanisme :
75. Aux termes de l'article 8.1 du règlement général du plan local d'urbanisme dans sa rédaction applicable à la date de l'arrêté du 13 décembre 2021 : " 8.1 Occupations et utilisations du sol : / () / Dans les projets de collectif d'habitation, les fenêtres situées en dessous du terrain naturel sont interdites " et aux termes de l'article 7 du règlement général du plan local d'urbanisme dans sa rédaction issue de la modification du 15 mars 2022 : " () / Dans les projets de collectifs d'habitation, les fenêtres situées en dessous du terrain naturel sont interdites ".
76. En l'espèce, d'une part, contrairement à ce qui est soutenu par les requérants, les dispositions citées au point précédent ne s'appliquent pas aux portes fenêtres mais seulement aux fenêtres. Par ailleurs, contrairement à ce que fait valoir la société pétitionnaire, le terrain naturel est celui avant travaux et non le terrain après excavations. D'autre part, il ressort du plan de façade Ouest que le projet ayant fait l'objet de l'arrêté du 13 décembre 2021 prévoyait sur cette façade la réalisation d'une fenêtre située en dessous du niveau du terrain naturel. La société Cap Eden a obtenu, par un arrêté du 16 août 2022, un permis de construire modificatif qui maintient cette ouverture au même niveau. Par suite, les requérants sont fondés à soutenir que l'arrêté du 16 août 2022 méconnaît les dispositions de l'article 7 du règlement général du plan local d'urbanisme de la commune.
77. Il résulte de tout ce qui précède que les requérants sont seulement fondés à soutenir que les dispositions de l'article 7 du règlement général du plan local d'urbanisme ont été méconnues par l'arrêté du 16 août 2022 dès lors que le projet prévoit la réalisation d'une fenêtre en dessous du niveau du terrain naturel.
Sur l'application de l'article L. 600-5 du code de l'urbanisme :
78. Aux termes de l'article L. 600-5 du code de l'urbanisme : " Sans préjudice de la mise en œuvre de l'article L. 600-5-1, le juge administratif qui, saisi de conclusions dirigées contre un permis de construire, de démolir ou d'aménager ou contre une décision de non-opposition à déclaration préalable, estime, après avoir constaté que les autres moyens ne sont pas fondés, qu'un vice n'affectant qu'une partie du projet peut être régularisé, limite à cette partie la portée de l'annulation qu'il prononce et, le cas échéant, fixe le délai dans lequel le titulaire de l'autorisation pourra en demander la régularisation, même après l'achèvement des travaux. Le refus par le juge de faire droit à une demande d'annulation partielle est motivé ".
79. Lorsque les éléments d'un projet de construction auraient pu faire l'objet d'autorisations distinctes, le juge de l'excès de pouvoir peut prononcer l'annulation partielle de l'arrêté attaqué en raison de la divisibilité des éléments composant le projet litigieux. En outre, les dispositions de l'article L. 600-5 du code de l'urbanisme lui permettent de procéder à l'annulation partielle d'une autorisation d'urbanisme qui n'aurait pas cette caractéristique, dans le cas où l'illégalité affectant une partie identifiable d'un projet de construction ou d'aménagement est susceptible d'être régularisée par un permis modificatif. Par suite, l'application de ces dispositions n'est possible que si la régularisation porte sur des éléments du projet pouvant faire l'objet d'un permis modificatif, un tel permis ne pouvant être délivré que si les modifications apportées au projet initial pour remédier au vice d'illégalité ne peuvent être regardées, par leur nature ou leur ampleur, comme remettant en cause sa conception générale. A ce titre, la seule circonstance que ces modifications portent sur des éléments tels que son implantation, ses dimensions ou son apparence ne fait pas, par elle-même, obstacle à ce qu'elles fassent l'objet d'un permis modificatif.
80. Il résulte des motifs du présent jugement, et pour l'application de l'article L. 600-4-1 du code de l'urbanisme que seul le vice tiré de la méconnaissance des dispositions l'article 7 du règlement général du plan local d'urbanisme de la commune est de nature à fonder l'annulation du permis de construire modificatif délivré le 16 août 2022. Toutefois, ce vice, qui ne concerne qu'une ouverture et qui n'affecte ainsi qu'une partie identifiable du projet, est susceptible d'être régularisé par la délivrance d'un permis modificatif dès lors que les modifications apportées au projet initial pour remédier au vice d'illégalité ne peuvent être regardées, par leur nature ou leur ampleur, comme remettant en cause sa conception générale. Par suite, il y a lieu, d'annuler partiellement le permis de construire modificatif délivré à la société Cap Eden le 16 août 2022 en tant qu'il autorise la création d'une fenêtre en dessous du niveau du terrain naturel en méconnaissance des dispositions de l'article 7 du règlement général du plan local d'urbanisme.
81. Dans les circonstances de l'espèce et en application des dispositions précitées de l'article L. 600-5 du code de l'urbanisme, il y a lieu de fixer à deux mois le délai, courant à compter de la notification du présent jugement, dans lequel la société Cap Eden pourra demander la régularisation de l'autorisation délivrée le 16 août 2022.
Sur les frais liés au litige :
82. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la commune d'Antibes et de la société Cap Eden la somme que les requérants demandent au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Les dispositions du même article font par ailleurs obstacle à ce que la somme demandée à ce titre par la société Cap Eden soit mise à la charge des requérants, qui ne sont pas la partie perdante.
D E C I D E :
Article 1e : Le permis de construire modificatif accordé à la société Cap Eden le 16 août 2022 est annulé en tant qu'il autorise la création d'une fenêtre en dessous du niveau du terrain naturel en méconnaissance des dispositions de l'article 7 du règlement général du plan local d'urbanisme de la commune.
Article 2 : Le délai dans lequel la société Cap Eden pourra déposer une demande de permis de construire modificatif est, en application de l'article L. 600-5 du code de l'urbanisme, fixé à deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 4 : Les conclusions présentées par la société Cap Eden au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. D H représentant unique des requérants, à la commune d'Antibes et à la société civile coopérative de vente Cap Eden.
Délibéré après l'audience du 22 mars 2023, à laquelle siégeaient :
M. Bonhomme, président,
Mme Soler, conseillère,
M. Holzer, conseiller,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 12 avril 2023.
La rapporteure,
Signé
N. C
Le président,
Signé
T. BONHOMMELa greffière,
Signé
N. KATARYNEZUK
La République mande et ordonne au préfet des Alpes-Maritimes en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour le greffier en chef,
Ou par délégation la greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026