jeudi 8 septembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nice |
| Section | Tribunal Administratif de Nice |
| N° Dossier | TA06-2203674 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Magistrat Mme KOLF |
| Avocat requérant | TRAVERSINI |
Vu la procédure suivante :
A une requête, enregistrée le 20 juillet 2022, Mme C B, représentée A Me Traversini, demande au tribunal :
1°) de l'admettre provisoirement au bénéfice de l'aide juridictionnelle ;
2°) d'annuler l'arrêté du 7 juillet 2022 A lequel le préfet des Alpes-Maritimes a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination ;
3°) d'enjoindre au préfet des Alpes-Maritimes de lui délivrer un titre de séjour mention " vie privée et familiale " sous astreinte de 100 euros A jour de retard à compter de la notification du jugement à intervenir ou, subsidiairement, de procéder au réexamen de sa situation dans le délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 000 euros à verser à son avocate en application des dispositions de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- l'arrêté attaqué est insuffisamment motivé ;
- il est entaché d'un défaut d'examen sérieux de sa situation personnelle ;
- la décision portant refus de délivrance d'un titre de séjour méconnaît les dispositions de l'article L. 423-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- la décision portant refus de séjour étant illégale, celle lui faisant obligation de quitter le territoire l'est également A conséquent et devra A voie d'exception d'illégalité être annulée.
La procédure a été communiquée au préfet des Alpes-Maritimes, qui n'a pas produit de mémoire en défense mais des pièces, enregistrées le 9 août 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme Kolf, conseillère, en application des dispositions de l'article L. 614-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile pour statuer sur les litiges visés audit article.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 12 août 2022 :
- le rapport de Mme Kolf, magistrate désignée,
- les observations de Me Petit, substituant Me Traversini, représentant Mme B, qui conclut aux mêmes fins que la requête et A les mêmes moyens et demande en outre l'admission provisoire de la requérante au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
La clôture d'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Mme C B, ressortissante nigériane née le 16 juin 1994, a présenté une demande d'asile qui a fait l'objet d'un rejet A l'Office français de protection des réfugiés. A un arrêté en date du 7 juillet 2022, le préfet des Alpes-Maritimes a refusé de l'admettre au séjour, a refusé de lui délivrer une attestation de demande d'asile, a prononcé à son encontre une obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays de destination. Mme B demande l'annulation de cet arrêté en tant qu'il porte refus d'admission au séjour et obligation de quitter le territoire français.
Sur l'admission provisoire au bénéfice de l'aide juridictionnelle :
2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée, soit A le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit A la juridiction compétente ou son président ".
3. En raison de l'urgence, il y a lieu d'admettre, à titre provisoire, Mme B au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
Sur les moyens communs aux décisions contestées :
4. D'une part, l'arrêté en litige comporte l'énoncé des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. Il vise les dispositions applicables du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, et notamment l'article L. 611-1 de ce code, et précise notamment que la demande de réexamen de Mme B a été rejetée A l'Office français de protection des réfugiés et apatrides. Enfin, il indique qu'aucun élément de fait n'est de nature à justifier l'octroi d'un titre de séjour à la requérante en dérogation aux conditions prévues A la réglementation en vigueur. A suite, le moyen tiré d'une insuffisance de motivation de l'arrêté en litige doit être écarté.
5. D'autre part, il ne ressort ni des pièces du dossier ni des termes de l'arrêté litigieux que le préfet des Alpes-Maritimes aurait omis de procéder à un examen particulier de la situation personnelle et familiale de Mme B. A suite, le moyen tiré du défaut d'examen ne peut qu'être écarté.
Sur la décision portant refus de délivrer un titre de séjour :
6. En premier lieu, en motivant son refus A le considérant selon lequel " l'examen de l'ensemble des éléments de fait et de droit caractérisant la situation de l'intéressée n'est pas de nature à justifier une dérogation aux conditions d'octroi d'un titre de séjour prévu A la réglementation en vigueur ", le préfet n'a pas entendu fonder son refus de titre de séjour sur les dispositions des articles L. 423-23 et L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, mais a indiqué ne pas entendre délivrer de titre de séjour à la requérante sur le fondement de son pouvoir général de régularisation. Dans ces conditions, Mme B ne saurait utilement invoquer la méconnaissance de ces dispositions à l'encontre de la décision litigieuse, laquelle ne rejette pas une demande de titre présentée sur ces fondements.
7. En deuxième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale () ".
8. Si Mme B se prévaut de sa présence en France depuis l'année 2016 et de la naissance à Nice, en mars 2019, de son fils français, elle ne produit aucun élément de nature à établir la nationalité française de ce dernier, alors qu'il ressort des pièces du dossier qu'elle a introduit, avec celui qu'elle désigne comme le véritable père biologique de son enfant, une requête afin de contester la reconnaissance de paternité de son enfant A le père déclaré de celui-ci, qui serait de nationalité française. A cet égard, le préfet indique dans l'arrêté litigieux que la requérante est défavorablement connue des services de police " pour la reconnaissance d'enfant pour l'obtention d'un titre de séjour d'une protection contre l'éloignement ou pour l'acquisition de la nationalité française ", ce qui n'est pas sérieusement contesté A cette dernière. En outre, si Mme B fait valoir que le véritable père biologique de son fils, de nationalité camerounaise, est titulaire d'une carte de résident de 10 ans valable jusqu'en 2026, ce qui est confirmé A les pièces produites au dossier, elle ne produit aucun commencement de preuve permettant d'établir que l'homme dont s'agit serait effectivement le père de son enfant, ni qu'il contribuerait à l'entretien et à l'éducation de ce dernier. Dans ces conditions, et alors que la requérante ne fait d'état d'aucune autre circonstance de nature à établir son intégration au sein de la société française, elle n'est pas fondée à soutenir que le préfet des Alpes-Maritimes a méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
9. En troisième lieu, aux termes de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait des institutions publiques ou privées de protection sociale, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale ".
10. Si Mme B fait valoir que l'intérêt supérieur de son enfant commande qu'il reste en France, pays où il est né et a toujours vécu et dont il est ressortissant, il n'est pas démontré, ainsi que cela a été dit au point 8 du présent jugement, que son fils a effectivement la nationalité française, ni qu'il entretiendrait des liens avec son père biologique supposé, titulaire d'une carte de résident de 10 ans. A suite, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations précitées de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant doit être écarté.
11. En quatrième et dernier lieu, pour les mêmes motifs que ceux précédemment exposés, il ne ressort pas des pièces du dossier que le préfet des Alpes-Maritimes aurait commis une erreur manifeste d'appréciation.
Sur la décision portant obligation de quitter le territoire français :
12. Il résulte de ce qui a été dit aux points 4 à 11 du présent jugement que Mme B n'est pas fondée à exciper de l'illégalité de la décision portant refus de délivrance d'un titre de séjour.
13. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées A Mme B doivent être rejetées ainsi que, A voie de conséquence, ses conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte et celles présentées sur le fondement des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
D E C I D E :
Article 1er : Mme B est admise, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Article 2 : La requête de Mme B est rejetée.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme C B, à Me Traversini et au préfet des Alpes-Maritimes.
Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur et des outre-mer et au bureau d'aide juridictionnelle du tribunal judiciaire de Nice.
Rendu public A mise à disposition au greffe le 08/09/2022.
La magistrate désignée,
Signé
S. KOLFLe greffier,
Signé
A. STASSI
La République mande et ordonne au préfet des Alpes-Maritimes en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme,
Pour le greffier en chef,
Ou A délégation le greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026