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AccueilJurisprudence administrativeN° TA06-2203738

Tribunal Administratif de Nice — Décision N° TA06-2203738

mardi 2 août 2022

JuridictionTribunal Administratif de Nice
SectionTribunal Administratif de Nice
N° DossierTA06-2203738
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
FormationMagistrat Mme Moutry
Avocat requérantSERFATY VENUTTI CAMACHO & CORDIER

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 28 juillet 2022, M. D C, représenté par Me Oloumi, demande au tribunal :

1°) de lui accorder le bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;

2°) d'annuler l'arrêté du 27 juillet 2022 par lequel le préfet des Alpes-Maritimes l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination de la mesure d'éloignement, a prononcé une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de deux ans et l'a assigné à résidence ;

3°) d'enjoindre à l'Etat de procéder à l'effacement du signalement aux fins de non admission au sein du fichier système d'information Schengen dans un délai de huit jours et d'en accuser l'exécution en l'informant ainsi que le tribunal ;

4°) d'enjoindre à l'Etat de lui remettre une autorisation provisoire de séjour avec autorisation de travail pendant le réexamen de la demande en application des dispositions de l'article L. 614-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ou la délivrance d'un titre de séjour ;

5°) d'enjoindre à l'Etat, dans le cas de l'annulation de la décision de ne pas accorder de délai de départ volontaire, de mettre immédiatement fin aux mesures de surveillance prévues aux articles L. 731-1, L. 731-3, L. 741-1 et L. 743-13 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

6°) de mettre à la charge de l'Etat le versement d'une somme de 1 500 euros à Me Oloumi, en application des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique sous réserve qu'il renonce à percevoir la somme allouée par l'Etat au titre de l'aide juridictionnelle.

Il soutient que :

- l'arrêté est entaché d'incompétence ;

- son droit d'être entendu a été méconnu ;

Sur l'obligation de quitter le territoire français :

- elle est entachée d'erreurs de fait dès lors qu'il a bien sollicité la régularisation de son séjour par le dépôt d'une demande d'asile, qu'il vit en France depuis son arrivée, qu'il a d'ailleurs bénéficié jusqu'en décembre 2020 d'attestations de demandeur d'asile ;

- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors qu'il souffre d'un kyste cérébral provoquant des crises d'épilepsie ;

- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation puisqu'il réside à Nice depuis mai 2019 avec ses enfants et son épouse ;

Sur la décision portant refus d'octroi d'un délai de départ volontaire :

- elle est insuffisamment motivée et est entachée d'un défaut d'examen ;

- elle est entachée d'erreur de fait ;

- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation et porte une atteinte disproportionnée à sa vie privée et familiale ainsi qu'à l'intérêt supérieur de ses enfants ;

Sur la décision fixant le pays de destination :

- elle méconnaît les stipulations de l'article 3 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales dès lors qu'il n'est pas établi qu'il pourrait bénéficier de soins adaptés dans son pays d'origine ;

Sur la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :

- elle comporte une motivation erronée ;

- elle est fondée sur une décision portant refus d'octroi d'un délai de départ volontaire illégale ;

- il justifie de circonstances humanitaires s'opposant à l'édiction d'une telle mesure ;

- elle préjudicie gravement et de manière disproportionnée au droit au respect de sa vie privée et familiale ;

Sur la décision portant assignation à résidence :

- elle est insuffisamment motivée ;

- elle est dépourvue de base légale dès lors qu'elle est fondée sur une obligation de quitter le territoire français datant du mois d'avril 2021 qui n'est plus exécutoire.

Par un mémoire en défense enregistré le 1er août 2022, le préfet des Alpes-Maritimes, représenté par la SELARL Serfaty-Venutti-Camacho-Cordier, conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que les moyens soulevés ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 modifiée ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné Mme Moutry, conseillère, en application de l'article L. 614-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile pour statuer sur les litiges visés audit article.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Moutry, magistrate désignée,

- les observations de Me Della Monaca, substituant Me Oloumi et représentant M. C, qui conclut aux mêmes fins et par les mêmes moyens que la requête.

Le préfet des Alpes-Maritimes n'était ni présent, ni représenté.

L'instruction a été close à l'issue de l'audience.

Une note en délibéré, présentée pour M. C, a été enregistrée le 1er août 2022.

Considérant ce qui suit :

1. Par arrêté du 27 juillet 2022, le préfet des Alpes-Maritimes a obligé M. D C, ressortissant géorgien né le 25 octobre 1989, à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination de sa reconduite, a prononcé, à son encontre, une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de deux ans et l'a assigné à résidence. M. C demande l'annulation de cet arrêté.

Sur la demande d'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :

2. Aux termes de l'article 20 de la loi susvisée du 10 juillet 1991 : " Dans les cas d'urgence, sous réserve de l'appréciation des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président ".

3. En raison de l'urgence, il y a lieu d'admettre M. C au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire, sur le fondement de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 susvisée.

Sur les conclusions aux fins d'annulation :

4. En premier lieu, il ressort des pièces du dossier que l'arrêté contesté a été signé par Mme B, cheffe du pôle éloignement de la préfecture des Alpes-Maritimes, laquelle a reçu délégation pour signer notamment les mesures d'éloignement ainsi que les obligations de quitter le territoire français prises à la suite d'interpellations par arrêté du préfet des Alpes-Maritimes du 5 juillet 2022 qui a été publié dans le recueil des actes administratifs spécial n° 152.2022 du même jour. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de l'acte manque en fait et doit être écarté.

5. En deuxième lieu, le droit d'être entendu, qui fait partie intégrante du respect des droits de la défense, principe général du droit de l'Union, implique que l'autorité administrative mette le ressortissant étranger en situation irrégulière à même de présenter, de manière utile et effective, son point de vue sur l'irrégularité du séjour et les motifs qui seraient susceptibles de justifier que l'autorité s'abstienne de prendre à son égard une décision de retour.

6. M. C soutient que son droit d'être entendu avant l'édiction d'une mesure d'éloignement a été méconnu. Toutefois, il ressort des pièces du dossier, et notamment du procès-verbal d'audition, que M. C a été entendu sur sa situation administrative. En particulier, il a pu indiquer qu'il était arrivé en France le 2 mai 2019, qu'il avait quitté la Géorgie suite à un contentieux commercial, qu'il vivait en France avec sa femme et ses enfants et qu'il souffrait d'épilepsie et d'un kyste au cerveau depuis l'enfance. En outre, il lui a été demandé s'il avait des déclarations à effectuer dans le cas où une décision d'éloignement serait prise à son encontre. Par suite, le moyen tiré de ce que le droit d'être entendu de M. C aurait été méconnu doit être écarté.

En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français :

7. Aux termes de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Ne peuvent faire l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français : () 9° L'étranger résidant habituellement en France si son état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et si, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé du pays de renvoi, il ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié () ".

8. M. C se prévaut des dispositions de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et fait valoir qu'il souffre d'un kyste cérébral provoquant des crises d'épilepsie. S'il justifie de sa pathologie par la production d'un certificat médical datant du 2 septembre 2021, il est constant, d'une part, qu'il n'a jamais sollicité la délivrance d'un titre de séjour pour raisons médicales alors qu'il soutient être présent en France depuis 2019 et, d'autre part, qu'il ne justifie ni n'allègue que son état de santé nécessiterait une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et qu'il ne pourrait pas effectivement bénéficier en Géorgie d'un traitement approprié. En outre, il ressort du procès-verbal d'audition que le requérant souffre de cette pathologie depuis l'enfance et qu'il est resté malgré tout en Géorgie jusqu'à l'âge de 29 ans. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit être écarté.

9. M. C soutient que la décision portant obligation de quitter le territoire français est entachée d'erreur manifeste d'appréciation au regard de son état de santé et de sa situation familiale. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que M. C soutient être entré en France en 2019, soit récemment, qu'il ne démontre pas la gravité de son état de santé en se bornant à produire un certificat médical indiquant la pathologie dont il souffre, qu'il a vécu en Géorgie jusqu'à l'âge de 29 ans, soit la majeure partie de sa vie, et qu'il n'établit pas être dépourvu d'attaches dans son pays d'origine. Par ailleurs, si sa femme et ses enfants vivent également en France, il est constant qu'ils se trouvent en situation irrégulière. Par suite, rien ne s'oppose à ce que la cellule familiale puisse se reconstituer dans le pays d'origine du requérant. Par conséquent, c'est sans commettre d'erreur manifeste d'appréciation que le préfet des Alpes-Maritimes a pu prendre à l'encontre de M. C une décision portant obligation de quitter le territoire français.

10. La circonstance que le préfet des Alpes-Maritimes ait mentionné, à tort, que l'intéressé ne démontrait pas avoir l'autorité parentale ni contribuer effectivement à l'entretien et l'éducation de ses enfants et que l'intéressé n'avait jamais sollicité la régularisation de son séjour est sans incidence sur l'appréciation à laquelle s'est livré le préfet pour prendre sa décision. Par suite, le moyen tiré de l'erreur de fait doit être écarté.

En ce qui concerne la décision refusant l'octroi d'un délai de départ volontaire :

11. La décision portant refus d'octroi d'un délai de départ volontaire contestée énonce les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. En particulier, la décision vise les articles L. 612-1 à 4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et indique que M. C n'a pas présenté de documents d'identité ou de voyage en cours de validité, qu'il ne peut justifier être entré régulièrement sur le territoire français, qu'il se maintient de manière irrégulière depuis trois années sans avoir entrepris de démarches en vue de régulariser sa situation administrative et qu'il s'est soustrait à une précédente mesure d'éloignement prise le 7 avril 2021. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation manque en fait et doit être écarté.

12. La circonstance que le préfet des Alpes-Maritimes ait mentionné, à tort, que l'intéressé ne démontrait pas avoir l'autorité parentale ni contribuer effectivement à l'entretien et l'éducation de ses enfants est sans incidence sur l'appréciation à laquelle s'est livré le préfet pour prendre sa décision. Par suite, les moyens tirés du défaut d'examen sérieux de sa situation et de l'erreur de fait doivent être écartés.

13. Si le requérant soutient que la décision portant refus d'octroi d'un délai de départ volontaire est entachée d'erreur manifeste d'appréciation au regard de sa vie privée et familiale et de l'intérêt supérieur de ses enfants, il ne l'établit pas. Ainsi qu'il a été dit au point 9, M. C et sa femme ont vécu la majeure partie de leur vie en Géorgie et sont tous deux en situation irrégulière sur le territoire français. Par ailleurs, si les enfants du requérant sont effectivement scolarisés en France, cela fait seulement deux années qu'ils y suivent un cursus en école primaire. Ainsi, tout comme leurs parents, les enfants du requérant ont vécu la majeure partie de leur vie en Géorgie. Par suite, rien ne s'oppose à ce que la cellule familiale soit reconstituée hors du territoire français. En outre, il est constant que M. C ne s'est pas conformé à une précédente obligation de quitter le territoire français, qu'après le rejet de sa demande d'asile, il s'est maintenu sur le territoire français sans solliciter la régularisation de son séjour et qu'il a déclaré qu'il préférait rester toute sa vie emprisonné en France que de retourner en Géorgie. Par conséquent, le préfet a pu prendre à son encontre une décision portant refus d'octroi d'un délai de départ volontaire sans méconnaître le droit au respect de la vie privée et familiale du requérant, ni l'intérêt supérieur de ses enfants et sans l'entacher d'erreur manifeste d'appréciation.

En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :

14. Aux termes de l'article 3 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ".

15. M. C fait valoir que la décision fixant la Géorgie comme pays de destination méconnaît les stipulations de l'article 3 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales en raison de son état de santé. Toutefois, il ressort du procès-verbal d'audition que c'est un conflit commercial qui est à l'origine du départ de M. C de la Géorgie et non son état de santé et qu'il souffre de la pathologie dont il se prévaut depuis l'enfance. En outre, M. C n'apporte aucun élément tendant à démontrer la gravité de la pathologie dont il souffre, ni d'ailleurs l'absence de prise en charge médicale en Géorgie. Par ailleurs, il n'apporte aucun élément circonstancié sur les risques de traitements inhumains ou dégradants encourus par lui en cas de retour dans son pays d'origine. Par suite, la décision fixant le pays de destination de la reconduite ne méconnaît pas les stipulations de l'article 3 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

En ce qui concerne l'interdiction de retour sur le territoire français :

16. Aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour () ".

17. La décision portant refus d'octroi d'un délai de départ volontaire n'étant entachée d'aucune illégalité, le moyen tiré de l'exception d'illégalité doit être écarté.

18. Si M. C soutient que des circonstances humanitaires justifient l'absence d'édiction d'une interdiction de retour, il se borne à indiquer qu'ayant demandé l'asile en France, il justifie d'une circonstance humanitaire. Toutefois, il est constant que la demande d'asile du requérant a été rejetée et qu'il n'a introduit aucune demande de réexamen. Par ailleurs, il n'apporte aucun autre élément tendant à démontrer l'existence de circonstances humanitaires. Par suite, ce moyen doit également être écarté.

19. Il ressort des pièces du dossier que le requérant s'est bien soustrait à une précédente mesure d'éloignement édictée au mois d'avril 2021, ainsi qu'il le reconnaît d'ailleurs dans son audition, qu'il a déclaré ne pas souhaiter se conformer à une nouvelle mesure d'éloignement lors de son audition et que bien que sa femme et ses enfants vivent à Nice, ceux-ci sont arrivés récemment en France et ne disposent pas de titre de séjour sur le territoire national. Par suite, c'est sans porter une atteinte disproportionnée au droit au respect de la vie privée et familiale du requérant et sans commettre d'erreur d'appréciation que le préfet a pu prendre à l'encontre du requérant une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de deux années.

En ce qui concerne la décision portant assignation à résidence :

20. Aux termes de l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut assigner à résidence l'étranger qui ne peut quitter immédiatement le territoire français mais dont l'éloignement demeure une perspective raisonnable, dans les cas suivants : 1° L'étranger fait l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français, prise moins d'un an auparavant, pour laquelle le délai de départ volontaire est expiré ou n'a pas été accordé () ".

21. Contrairement à ce que soutient le requérant, la décision portant assignation à résidence énonce les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. En particulier, la décision vise les dispositions des articles L. 731-1 et suivants et n'avait pas à être plus précise dès lors que les motifs de celle-ci permettent à l'étranger de comprendre que faisant l'objet d'une obligation de quitter le territoire français, ce dernier pouvait donc être assigné à résidence.

22. Enfin, il est constant que la décision portant assignation à résidence se fonde sur l'obligation de quitter le territoire français du même jour, qui a donc moins d'un an, et non sur celle du 7 avril 2021. Par suite, le préfet des Alpes-Maritimes n'a pas méconnu les dispositions de l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

23. Il résulte de tout ce qui précède que M. C n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté du préfet des Alpes-Maritimes du 27 juillet 2022. Par suite, sa requête doit être rejetée, y compris les conclusions à fin d'injonction et celles tendant à l'application des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.

D E C I D E

Article 1er : M. D C est admis, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête présentée par M. D C est rejeté.

Article 3: Le présent jugement sera notifié à M. D C, au préfet des Alpes-Maritimes.

Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur et des outre-mer et au bureau d'aide juridictionnelle du tribunal judiciaire de Nice.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 2 août 2022.

La magistrate désignée,

Signé

M. A

La greffière,

Signé

V. LABEAU

La République mande et ordonne au préfet des Alpes-Maritimes en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Le Greffier en Chef,

Ou par délégation, la Greffière,

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