jeudi 2 mars 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nice |
| Section | Tribunal Administratif de Nice |
| N° Dossier | TA06-2204020 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | CABINET OLOUMI - HMAD |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, un mémoire et des pièces complémentaires, enregistrés les 12 aout 2022, 23 et 29 janvier 2023, M. C A B, représenté par Me Hanan Hmad, demande au tribunal :
1°) d'enjoindre au préfet des Alpes-Maritimes de produire son entier dossier ;
2°) d'annuler l'arrêté du 4 juillet 2022 par lequel le préfet des Alpes-Maritimes a refusé de l'admettre au séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans le délai de départ volontaire de trente jours et a fixé le pays de destination de son éloignement ;
3°) d'enjoindre au préfet des Alpes-Maritimes, à titre principal, de lui délivrer un titre de séjour portant mention " vie privée et familiale " ou une carte de résident, et de lui délivrer, dans l'attente, une autorisation provisoire de séjour ;
4°) d'enjoindre au préfet des Alpes-Maritimes, à titre subsidiaire, de réexaminer sa demande, dans un délai de deux mois, et de lui délivrer, dans l'attente, un document provisoire de séjour avec droit au travail ;
5°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros au titre de l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
* la décision litigieuse de refus de séjour est entachée :
- d'un défaut d'examen sérieux de sa situation personnelle et d'une insuffisance de motivation ;
- d'un vice de procédure entachant l'avis du collège des médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, en l'absence de production de son dossier médical et de l'avis dudit collège ;
- d'une méconnaissance des dispositions de l'article L. 425-9 de code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- d'une méconnaissance des articles 7ter d) et 10 de l'accord franco-tunisien ;
- d'une méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- et d'une erreur manifeste d'appréciation.
* la décision litigieuse portant obligation de quitter le territoire est entachée d'illégalité en tant qu'elle se fonde sur une décision elle-même illégale ainsi que d'une erreur de droit, dès lors qu'il se trouve dans une situation où un titre de séjour peut lui être délivré de plein droit.
La requête a été communiquée au préfet des Alpes-Maritimes qui n'a pas produit de mémoire en défense mais a produit l'avis du collège des médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration en date du 27 novembre 2019.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- l'accord franco-tunisien en matière de séjour et de travail du 17 mars 1988 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Après avoir entendu, au cours de l'audience publique du 2 février 2023 :
- le rapport de M. Silvestre-Toussaint-Fortesa, président ;
- et les observations de Me Hanan Hmad, pour le requérant ;
- le préfet des Alpes-Maritimes n'étant ni présent, ni représenté.
Considérant ce qui suit :
1. M. C A B, de nationalité tunisienne, né le 30 janvier 1970, est entré sur le territoire français en 1987. Le 3 septembre 2019, il a sollicité le renouvellement de son titre de séjour pour raison de santé. Le 27 novembre 2019, le collège de médecin de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (ci-après, " OFII ") a émis un avis défavorable. La commission du titre de séjour, régulièrement saisie en raison de la durée de présence en France de l'intéressé, a émis un avis défavorable le 5 avril 2022. Par un arrêté en date du 4 juillet 2022, le préfet des Alpes-Maritimes a rejeté la demande de renouvellement formée par M. A B, l'a obligé à quitter le territoire français dans le délai de départ volontaire de trente jours et a fixé le pays de destination de son éloignement. Il demande au tribunal l'annulation de cet arrêté.
Sur la demande de communication de l'entier dossier du requérant :
2. En application de l'article R. 611-10 du code de justice administrative, le rapporteur fixe, eu égard aux circonstances de l'affaire, le délai accordé aux parties pour produire leurs mémoires. Il peut demander aux parties, pour être jointes à la procédure contradictoire, toutes pièces ou tous documents utiles à la solution du litige. En l'espèce, la situation administrative du requérant est suffisamment éclairée et explicitée par les pièces versées au dossier, lesquelles ont été soumises au débat contradictoire et l'affaire est dès lors en état d'être jugée. Par suite, il n'y pas lieu de faire droit à la demande susmentionnée.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
En ce qui concerne les moyens soulevés à l'encontre de la décision litigieuse de refus de séjour :
3. En premier lieu, si le requérant soutient que le préfet des Alpes-Maritimes aurait entaché les décisions litigieuses d'une insuffisance de motivation et n'aurait pas examiné sérieusement sa situation personnelle, il ressort cependant des pièces du dossier que lesdites décisions visent les dispositions légales sur lesquelles elles se fondent, notamment les dispositions pertinentes du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et l'article 7 quater de l'accord franco-tunisien en matière de séjour et de travail du 17 mars 1988 . Elles mentionnent également les éléments de fait propres à la situation personnelle de M. A B, en énonçant notamment les conditions de son entrée et de son séjour en France avant et après l'année 1998, année à partir de laquelle il s'est vu délivrer des titres de séjour en raison de son état de santé. Par suite, les moyens susmentionnés doivent être écartés.
4. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger, résidant habituellement en France, dont l'état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et qui, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an. La condition prévue à l'article L. 412-1 n'est pas opposable. / La décision de délivrer cette carte de séjour est prise par l'autorité administrative après avis d'un collège de médecins du service médical de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, dans des conditions définies par décret en Conseil d'Etat. () ". Aux termes de l'article R. 425-11 dudit code : " Pour l'application de l'article L. 425-9, le préfet délivre la carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " au vu d'un avis émis par un collège de médecins à compétence nationale de l'Office français de l'immigration et de l'intégration. / L'avis est émis dans les conditions fixées par arrêté du ministre chargé de l'immigration et du ministre chargé de la santé au vu, d'une part, d'un rapport médical établi par un médecin de l'office et, d'autre part, des informations disponibles sur les possibilités de bénéficier effectivement d'un traitement approprié dans le pays d'origine de l'intéressé. () ". Aux termes de l'article R. 425-12 du même code : " Le rapport médical mentionné à l'article R. 425-11 est établi par un médecin de l'Office français de l'immigration et de l'intégration à partir d'un certificat médical établi par le médecin qui suit habituellement le demandeur ou par un médecin praticien hospitalier inscrits au tableau de l'ordre, dans les conditions prévues par l'arrêté mentionné au deuxième alinéa du même article. () ". Aux termes de l'article R. 425-13 du même code : " Le collège à compétence nationale mentionné à l'article R. 425-12 est composé de trois médecins, il émet un avis dans les conditions de l'arrêté mentionné au premier alinéa du même article. La composition du collège et, le cas échéant, de ses formations est fixée par décision du directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration. Le médecin ayant établi le rapport médical ne siège pas au sein du collège. / () L'avis est rendu par le collège dans un délai de trois mois à compter de la transmission du certificat médical. / () L'avis est transmis au préfet territorialement compétent, sous couvert du directeur général de l'office ". Enfin, aux termes de l'article 6 de l'arrêté du 27 décembre 2016 relatif aux conditions d'établissement et de transmission des certificats médicaux, rapports médicaux et avis mentionnés aux articles R. 313-22, R. 313-23 et R. 511-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Au vu du rapport médical mentionné à l'article 3, un collège de médecins désigné pour chaque dossier dans les conditions prévues à l'article 5 émet un avis, conformément au modèle figurant à l'annexe C du présent arrêté, précisant : / a) si l'état de santé de l'étranger nécessite ou non une prise en charge médicale ; / b) si le défaut de cette prise en charge peut ou non entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité sur son état de santé ; / c) si, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont le ressortissant étranger est originaire, il pourrait ou non y bénéficier effectivement d'un traitement approprié ; / d) la durée prévisible du traitement. / Dans le cas où le ressortissant étranger pourrait bénéficier effectivement d'un traitement approprié, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, le collège indique, au vu des éléments du dossier du demandeur, si l'état de santé de ce dernier lui permet de voyager sans risque vers ce pays. / Cet avis mentionne les éléments de procédure. / () L'avis émis à l'issue de la délibération est signé par chacun des trois médecins membres du collège ".
5. Sous réserve des cas où la loi attribue la charge de la preuve à l'une des parties, il appartient au juge administratif, au vu des pièces du dossier et compte tenu, le cas échéant, de l'abstention de l'une des parties à produire les éléments qu'elle est la seule en mesure d'apporter et qui ne sauraient être réclamés qu'à elle-même, d'apprécier si l'état de santé d'un étranger nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait entraîner pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité, sous réserve de l'absence d'un traitement approprié dans le pays de renvoi et d'un accès effectif à ce traitement. La partie qui justifie d'un avis d'un collège de médecins du service médical de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) qui lui est favorable doit être regardée comme apportant des éléments de fait susceptibles de faire présumer l'existence ou l'absence d'un état de santé de nature à justifier la délivrance ou le refus de délivrance d'un titre de séjour. Dans ce cas, il appartient à l'autre partie, dans le respect des règles relatives au secret médical, de produire tous éléments permettant d'apprécier l'état de santé de l'étranger et, le cas échéant, l'accès effectif à un traitement approprié dans le pays de renvoi. La conviction du juge, à qui il revient d'apprécier si l'état de santé d'un étranger justifie la délivrance d'un titre de séjour dans les conditions ci-dessus rappelées, se détermine au vu de ces échanges contradictoires. En cas de doute, il lui appartient de compléter ces échanges en ordonnant toute mesure d'instruction utile.
6. En l'espèce, pour refuser de délivrer le titre de séjour sollicité par le requérant, le préfet des Alpes-Maritimes s'est fondé notamment sur l'avis rendu le 27 novembre 2019 par le collège de médecins de l'OFII, aux termes duquel il est précisé que si l'état de santé de l'intéressée nécessite une prise en charge médicale dont le défaut peut entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité, il pouvait cependant bénéficier effectivement d'un traitement approprié dans son pays d'origine, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dudit pays.
7. D'une part, si le requérant fait valoir qu'il n'a pas eu communication de l'avis du collège de médecins de l'OFII, ce qui ne lui a pas permis d'en vérifier les termes et de s'assurer de la régularité de la procédure suivie, et se borne à soutenir de façon générale qu'il souhaite lever le secret médical pour qu'il soit ordonné à l'administration de produire le rapport médical afin que soit vérifié par le tribunal le respect par l'OFII de la procédure suivie devant le collège des médecins de l'OFII, le requérant n'apporte pas d'éléments suffisants permettant au tribunal d'apprécier le bien-fondé du moyen tiré du vice de procédure. D'autre part, et en tout état de cause, le requérant ne verse pas au dossier des éléments suffisamment circonstanciés pour permettre la remise en cause efficace de l'avis rendu par le collège de médecins de l'OFII.
8. Il résulte des points précédents que les moyens tirés tant du vice de procédure relatif à l'avis du collège des médecins de l'OFII que de la méconnaissance de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doivent être écartés.
9. En troisième lieu, le requérant se prévaut de la méconnaissance des stipulations des articles 7ter d) et 10) de l'accord franco-tunisien. D'une part, aux termes de l'article 7 ter dudit accord: " () d) Reçoivent de plein droit un titre de séjour renouvelable valable un an et donnant droit à l'exercice d'une activité professionnelle dans les conditions fixées à l'article 7 : / - les ressortissants tunisiens qui, à la date d'entrée en vigueur de l'accord signé à Tunis le 28 avril 2008, justifient par tous moyens résider habituellement en France depuis plus de dix ans () ".Le requérant n'établit pas la réalité d'une présence habituelle en France antérieure au 1er juillet 1999. D'autre part, il n'établit pas avoir sollicité un titre de séjour sur le fondement de l'article 10 du même accord. Par suite, les moyens susmentionnés doivent être écartés.
10. En quatrième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui. ". Aux termes des dispositions de l'article L. 412-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " La circonstance que la présence d'un étranger en France constitue une menace pour l'ordre public fait obstacle à la délivrance et au renouvellement de la carte de séjour temporaire, de la carte de séjour pluriannuelle et de l'autorisation provisoire de séjour prévue aux articles L. 425-4 ou L. 425-10 ainsi qu'à la délivrance de la carte de résident et de la carte de résident portant la mention " résident de longue durée-UE " ". Enfin, aux termes de l'article L. 432-1 du même code : " La délivrance d'une carte de séjour temporaire ou pluriannuelle ou d'une carte de résident peut, par une décision motivée, être refusée à tout étranger dont la présence en France constitue une menace pour l'ordre public. ". L'autorité administrative ne peut, dans ce cadre, opposer un refus à une demande de titre de séjour ou retirer la carte dont un étranger est titulaire qu'au regard d'un motif d'ordre public suffisamment grave pour que ce refus ou ce retrait ne porte pas une atteinte disproportionnée au droit de l'intéressé au respect de sa vie privée et familiale. Elle peut prendre en compte, sur un tel fondement, le fait que la présence régulière du demandeur sur le territoire national serait de nature à porter atteinte à l'ordre public.
11. En l'espèce, et d'une part, il ressort des pièces du dossier que M. A B a été condamné le 8 aout 1994 à huit mois d'emprisonnement et une interdiction de territoire français pendant trois ans pour entrée ou séjour irrégulier d'un étranger en France et violence avec usage ou menace d'une arme suivie d'une incapacité supérieure à huit jours, le 12 octobre 1996 à une peine de un an et trois mois d'emprisonnement et une interdiction de territoire français pendant dix ans pour soustraction à une mesure de reconduite à la frontière et prise du nom d'un tiers pouvant déterminer des poursuites pénales contre lui, le 3 février 1999 à deux ans d'emprisonnement et une interdiction de territoire pendant cinq ans pour emploi non autorisé de stupéfiants, usage illicite de stupéfiants, transport non autorisé de stupéfiants, détention non autorisée de stupéfiants et offre ou cession non autorisée de stupéfiants, le 15 février 2001 à cinq mois d'emprisonnement, le 12 février 2004 à quinze jours d'emprisonnement pour vol avec destruction et dégradation et le 5 novembre 2012 à huit mois d'emprisonnement pour détention non autorisée de stupéfiants, offre ou cession non autorisée de stupéfiants, acquisition non autorisée de stupéfiants et transport non autorisé de stupéfiants. L'ensemble de ces faits, dont l'exactitude matérielle n'est pas contestée, pouvait, compte tenu notamment de leur ancienneté et de leur nature, suffire à faire regarder la présence en France du requérant comme constitutive d'une menace pour l'ordre public. D'autre part, le requérant, qui est certes présent en France depuis plus de dix ans à la date de l'arrêté litigieux, ne verse aucune pièce au dossier attestant de l'intensité de ses liens personnels en France, alors qu'il ressort des pièces du dossier qu'il y est sans charge de famille et que ses parents, ses frères et ses sœurs résident en Tunisie. Dans ces conditions, le requérant ne disposant pas d'une vie privée et familiale stable en France et sa présence sur le territoire français constituant une menace suffisamment grave à l'ordre public sont de nature à justifier le non renouvellement du titre de séjour sollicité, le préfet des Alpes-Maritimes n'a pas, par l'arrêté en litige, porté une atteinte disproportionnée au droit de l'intéressé au respect de sa vie privée et familiale. Par suite, le moyen tiré d'une méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.
12. En cinquième lieu, et compte tenu de tout ce qui a été dit précédemment, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation de la décision litigieuse doit également être écarté.
En ce qui concerne les moyens soulevés à l'encontre de la décision litigieuse d'obligation de quitter le territoire français :
13. En premier lieu, il résulte des points précédents que la décision portant refus de séjour n'est pas illégale. Dès lors, le moyen tiré de ce que la décision subséquente portant obligation de quitter le territoire français devrait être annulée par voie de conséquence de l'illégalité de la décision de refus de séjour ne peut qu'être écarté.
14. En deuxième lieu, si le requérant se prévaut des dispositions de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, selon desquelles ne peuvent faire l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français, notamment, l'étranger qui réside régulièrement en France depuis plus de dix ans sauf s'il a été pendant toute cette période titulaire d'une carte de séjour portant la mention " étudiant ",'étranger qui réside régulièrement en France depuis plus de vingt ans, et l'étranger résidant habituellement en France si son état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et si, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé du pays de renvoi, il ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié. D'une part, ainsi qu'il a été dit précédemment, le requérant n'est pas fondé à soutenir que son état de santé aurait dû faire obstacle à la mesure d'éloignement. D'autre part, et en tout état de cause, ainsi qu'il a également été dit précédemment, le préfet des Alpes-Maritimes a pu à bon droit estimer que la présence en France du requérant était constitutive d'une menace pour l'ordre public. Ainsi, et dès lors que l'article L. 611-1 5° du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dispose que l'autorité administrative peut obliger un étranger qui ne réside pas régulièrement en France depuis plus de trois mois à quitter le territoire français lorsque son comportement constitue une menace pour l'ordre public, la décision litigieuse n'est entachée d'aucune erreur de droit.
15. Il résulte de ce qui précède que les conclusions susmentionnées aux fins d'annulation doivent être rejetées. Par voie de conséquence, les conclusions à fin d'injonction et celles présentées au titre des frais liés au litige doivent également être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C A B et au préfet des Alpes-Maritimes.
Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Délibéré après l'audience du 2 février 2023, à laquelle siégeaient :
M. Silvestre-Toussaint-Fortesa, président,
Mme Le Guennec, conseillère,
M. Combot, conseiller,
Assistés de Mme Albu, greffière.
Décision rendue publique par mise à disposition au greffe, le 2 mars 2023.
Le président-rapporteur,
signé
F. SILVESTRE-TOUSSAINT-FORTESA
La greffière,
signé
C. ALBUL'assesseur le plus ancien,
signé
B. LE GUENNEC
La République mande et ordonne au préfet des Alpes-Maritimes, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le Greffier en chef,
Ou par délégation la greffière,
C. ALBU
N°2204020
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026