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AccueilJurisprudence administrativeN° TA06-2204150

Tribunal Administratif de Nice — Décision N° TA06-2204150

lundi 29 août 2022

JuridictionTribunal Administratif de Nice
SectionTribunal Administratif de Nice
N° DossierTA06-2204150
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
FormationMagistrat M. SOLI
Avocat requérantSERFATY VENUTTI CAMACHO & CORDIER

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 24 août 2022, M. A B, représenté par Me Garelli, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 22 août 2022 par lequel le préfet des Alpes-Maritimes a prolongé de 45 jours l'assignation à résidence dont il fait l'objet ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la décision attaquée mentionne de manière erronée qu'il s'est précédemment soustrait à ses obligations ;

- il s'est toujours tenu à disposition des autorités ;

- la décision attaquée est entachée d'un défaut de motivation, d'une erreur manifeste d'appréciation, d'erreur de fait et de droit.

Par un mémoire en défense, enregistré le 26 août 2022, le préfet des Alpes-Maritimes, représenté par la SELARL Serfaty-Venutti-Camacho-Cordier, conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que les moyens ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné M. Soli, premier conseiller, en application de l'article L. 614-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile pour statuer sur les litiges visés audit article.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique du 26 août 2022 :

- le rapport de M. Soli, magistrat désigné ;

- les observations de Me Garelli, représentant M. B, qui conclut aux mêmes fins que la requête par les mêmes moyens, et soutient en outre qu'il n'était pas nécessaire de l'assigner à résidence, dès lors qu'il a toujours déféré aux convocations et qu'il ne s'est pas soustrait à l'exécution d'une précédente mesure d'éloignement, que la décision est incohérente : le requérant devant quitter le territoire par ses propres moyens, il n'y a pas de fondement à une assignation à résidence ; qu'il vit en concubinage avec une compatriote avec laquelle il prévoit de conclure un Pacs ;

- et les observations de M. B qui précise vivre en France depuis 2016, n'avoir plus que sa mère aux Comores et avoir une sœur résidant à Paris.

Considérant ce qui suit :

1. Par arrêté du 22 août 2022, le préfet des Alpes-Maritimes a renouvelé à l'encontre de M. A B, ressortissant comorien né le 31 décembre 1974, une assignation à résidence pour une durée de quarante-cinq jours. M. B demande au tribunal l'annulation pour excès de pouvoir dudit arrêté.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

2. Il ressort des pièces du dossier que le préfet a précisé les motivations de droit et de fait sur lesquelles il s'est fondé pour prendre la décision attaquée.

3. Aux termes de l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut assigner à résidence l'étranger qui ne peut quitter immédiatement le territoire français mais dont l'éloignement demeure une perspective raisonnable, dans les cas suivants : / 1° L'étranger fait l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français, prise moins d'un an auparavant, pour laquelle le délai de départ volontaire est expiré ou n'a pas été accordé () ".

4. Il ressort des pièces du dossier que M. B fait l'objet d'une obligation de quitter le territoire français sans délai de départ volontaire prise le 15 juillet 2022, mesure d'éloignement contre laquelle le requérant a formé un recours rejeté par le Tribunal de céans. M. B soutient qu'il a toujours déféré aux convocations et qu'il ne s'est pas soustrait à l'exécution d'une précédente mesure d'éloignement. Toutefois, il n'est pas contesté que l'intéressé ne peut quitter immédiatement le territoire français mais que l'éloignement demeure une perspective raisonnable. Par suite, le préfet des Alpes-Maritimes a pu légalement décider de prolonger l'assignation à résidence de M. B pour une durée de quarante-cinq jours afin d'organiser le départ du territoire du requérant.

5. Il résulte de ce qui précède que la décision attaquée n'est entachée ni d'erreur manifeste d'appréciation, ni d'erreur de droit.

6. Le requérant soutient que la décision est entachée d'une erreur de fait dès lors qu'il ne se serait pas soustrait à une précédente mesure d'éloignement. Cette circonstance, à la supposer établie, est sans effet sur la légalité de la décision attaquée fondée sur le L.731-1 du CESEDA.

7. Il résulte de ce qui précède que M. B n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté du préfet des Alpes-Maritimes du 22 août 2022.

Sur les frais liés au litige :

8. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas partie perdante dans la présente instance, la somme que M. B demande au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au préfet des Alpes-Maritimes.

Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur et des outre-mer.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 29 août 2022.

Le magistrat désigné,

signé

P. SOLILa greffière,

signé

V. LABEAU

La République mande et ordonne au préfet des Alpes-Maritimes en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Pour le greffier en chef,

Ou par délégation la greffière,

N°2204150

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