jeudi 2 février 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nice |
| Section | Tribunal Administratif de Nice |
| N° Dossier | TA06-2204169 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | LACARRIERE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 26 août 2022 et un mémoire, enregistré le 23 décembre 2022, M. A C, représenté par Me Cannelle Lacarriere, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 24 août 2022 par lequel le préfet des Alpes-Maritimes lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai à destination de son pays d'origine et a prononcé à son encontre une interdiction de circulation sur le territoire français d'une durée d'un an ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat à verser à son conseil une somme de 1 000 euros au titre de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 ou, subsidiairement, sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision portant obligation de quitter le territoire français est entachée d'illégalité car il n'est pas établi que sa présence constituerait une menace réelle actuelle et suffisamment grave à l'encontre d'un intérêt fondamental de la société ;
- la décision portant obligation de quitter le territoire français est entachée d'illégalité car il dispose d'attaches familiales fortes, soit sa fille et sa mère ;
- la décision fixant le pays de renvoi méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Par un mémoire, enregistré le 26 décembre 2022, le préfet des Alpes-Maritimes conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- les moyens invoqués par M. C ne sont pas fondés ;
- il est justifié de la délégation de signature de l'auteur de l'acte ;
- le principe du contradictoire n'a pas été méconnu ;
- la décision portant obligation de quitter le territoire français est fondée car le comportement du requérant constitue une menace réelle, actuelle et suffisamment grave à l'encontre d'un intérêt fondamental de la société ;
- l'arrêté n'est pas entaché d'une erreur manifeste d'appréciation car le requérant ne justifie pas de la nationalité française de son enfant ni de ses ressources personnelles afin de ne pas devenir une charge pour le système d'assistance sociale français et le seul fait que la mère de son enfant réside en France légalement ne constitue pas à lui seul un motif d'annulation.
M. C a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle partielle, soit à hauteur de 55 %, par une décision du 29 décembre 2022.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Mear, présidente-rapporteure
- et les observations de Me Lacarriere, représentant M. C.
Considérant ce qui suit :
Sur les conclusions à fin d'annulation :
1. M. A C, ressortissant roumain, né le 30 avril 1987, demande l'annulation de l'arrêté du 24 août 2022 par lequel le préfet des Alpes-Maritimes lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai à destination de son pays d'origine et a prononcé à son encontre une interdiction de circulation sur le territoire français d'une durée d'un an.
2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 251-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative compétente peut, par décision motivée, obliger les étrangers dont la situation est régie par le présent livre, à quitter le territoire français lorsqu'elle constate les situations suivantes : 1° Ils ne justifient plus d'aucun droit au séjour tel que prévu par les articles L. 232-1, L. 233-1, L. 233-2 ou L. 233-3 ; 2° Leur comportement personnel constitue, du point de vue de l'ordre public ou de la sécurité publique, une menace réelle, actuelle et suffisamment grave à l'encontre d'un intérêt fondamental de la société ; / () ; L'autorité administrative compétente tient compte de l'ensemble des circonstances relatives à leur situation, notamment la durée du séjour des intéressés en France, leur âge, leur état de santé, leur situation familiale et économique, leur intégration sociale et culturelle en France, et l'intensité des liens avec leur pays d'origine ". Aux termes de l'article L. 233-1 du même code : " Les citoyens de l'Union européenne ont le droit de séjourner en France pour une durée supérieure à trois mois s'ils satisfont à l'une des conditions suivantes : 1° Ils exercent une activité professionnelle en France ; 2° Ils disposent pour eux et pour leurs membres de famille de ressources suffisantes afin de ne pas devenir une charge pour le système d'assistance sociale, ainsi que d'une assurance maladie ; / 3° Ils sont inscrits dans un établissement fonctionnant conformément aux dispositions législatives et réglementaires en vigueur pour y suivre à titre principal des études ou, dans ce cadre, une formation professionnelle, et garantissent disposer d'une assurance maladie ainsi que de ressources suffisantes pour eux et pour leurs conjoints ou descendants directs à charge qui les accompagnent ou les rejoignent, afin de ne pas devenir une charge pour le système d'assistance sociale ; 4° Ils sont membres de famille accompagnant ou rejoignant un citoyen de l'Union européenne qui satisfait aux conditions énoncées aux 1° ou 2° ; / () ". Aux termes de l'article L. 200-4 de ce code : " Par membre de famille d'un citoyen de l'Union européenne, on entend le ressortissant étranger, quelle que soit sa nationalité, qui relève d'une des situations suivantes : 1° Conjoint du citoyen de l'Union européenne ; / () ".
3. Il ressort de l'arrêté attaqué que M. C a déclaré être en France depuis plus de trois mois et ce fait n'est pas contesté par le requérant qui fait valoir résider en France depuis 2014. En l'état du dossier, M. C peut, par suite, utilement se prévaloir des dispositions des articles L. 233-1 et L. 200-4 en tant que ressortissant roumain marié à une ressortissante roumaine et résidant en France depuis plus de trois mois.
4. Le préfet des Alpes-Maritimes a fondé l'obligation de quitter le territoire français prise à l'encontre de M. C sur les dispositions précitées de l'article L. 251-1 en considérant, notamment, que le comportement de l'intéressé est constitutif d'une menace réelle, actuelle et suffisamment grave justifiant l'édiction d'une mesure d'éloignement et, d'autre part, que M. C ne remplit pas les conditions lui ouvrant droit au séjour pour une durée supérieure à trois mois, prévues par les dispositions précitées de l'article L. 233-1 du même code.
5. Par les pièces jointes au dossier, M. C ne justifie pas exercer une activité professionnelle en France à la date de la décision attaquée ni, s'il fait valoir être inscrit à Pôle Emploi depuis mars 2021, y être toujours inscrit et être à la recherche d'un emploi. Il n'établit pas par ailleurs, disposer de ressources suffisantes afin de ne pas devenir une charge pour le système d'assistance sociale ni que son épouse dispose de telles ressources. Il s'ensuit que le requérant ne justifie pas des conditions exigées par l'article L. 233-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par suite, M. C n'est pas fondé à soutenir que c'est à tort que le préfet des Alpes-Maritimes a pris à son encontre une décision lui faisant obligation de quitter le territoire français sur le fondement des dispositions de l'article L. 251-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
6. En second lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".
7. M. C fait valoir résider en France depuis 2014, y disposer de fortes attaches familiales, soit sa fille B, de nationalité française, née à Nice le 19 mai 2017 et sa mère et qu'il justifie exercer une activité de maçon-carreleur. Toutefois, le requérant n'établit ni la date ni la durée alléguée de son séjour en France. Il ne justifie pas que sa fille serait de nationalité française et n'apporte aucune précision sur la régularité du séjour en France de la mère de l'enfant, qui est de nationalité roumaine. Par ailleurs, il ne justifie pas de ses ressources alors qu'il est inscrit à pôle emploi depuis mars 2021 et n'établit pas être dépourvu d'attaches familiales en Roumanie où il indique être retourné en 2021 et où réside son ex-femme et son autre fille. Dans ces conditions, le requérant n'est pas fondé à soutenir que l'arrêté attaqué porte à son droit au respect de sa vie privée et familiale en France une atteinte disproportionnée par rapport aux buts en vue desquels il a été pris et méconnaît ainsi les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Pour les mêmes motifs il n'est pas davantage fondé à soutenir que cet arrêté est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle et familiale.
8. Il résulte de ce qui précède que les conclusions de M. C tendant à l'annulation de l'arrêté du 24 août 2022 par lequel le préfet des Alpes-Maritimes lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai à destination de son pays d'origine et a prononcé à son encontre une interdiction de circulation sur le territoire français d'une durée d'un an, doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquences les conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A C et au préfet des Alpes-Maritimes.
- Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur des outre-mer.
Délibéré après l'audience du 5 janvier 2022, à laquelle siégeaient :
- Mme Mear, présidente,
- Mme Kolf, conseillère,
- M. Cherief, conseiller,
- assistés de Mme Martin, greffière.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 2 février 2023.
L'assesseure la plus ancienne, La présidente,
signésigné
S. KOLF
J. MEARLa greffière,
signé
C. MARTIN
La République mande et ordonne au préfet des Alpes-Maritimes ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier en chef,
La greffière
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026