jeudi 15 septembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nice |
| Section | Tribunal Administratif de Nice |
| N° Dossier | TA06-2204298 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Avocat requérant | SOCIETE D AVOCATS PLENOT-SUARES-ORLANDINI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des pièces enregistrées les 6 et 15 septembre 2022, la société Bouygues Telecom et la société Cellnex, représentées par Me Hamri, demandent au juge des référés d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) de suspendre l'exécution de la décision du 30 août 2022 par laquelle la commune du Cannet a refusé de délivrer une autorisation de voirie et un permis de stationnement pour la réalisation des travaux, objet de la déclaration préalable n° DP 006 03021 P0072 complétée le 20 mai 2021 ;
2°) d'enjoindre au maire du Cannet ou aux services compétents de cette commune de ré-instruire la demande d'autorisation de voirie et de permis de stationnement et d'y statuer en délivrant une autorisation dans un délai d'un mois à compter de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 300 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de la commune du Cannet la somme de 5 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elles soutiennent que :
- la condition d'urgence est remplie : le refus qui leur est opposé de procéder aux travaux, objet de la déclaration préalable, méconnaît les obligations imposées par l'autorisation dont bénéficie la société Bouygues Télécom, la continuité et la qualité du service public de télécommunications ; le site projeté est le seul à même de permettre de combler un important trou de la couverture existante ; il est porté atteinte à la qualité et à l'amélioration de la couverture radiotéléphonique du territoire communal ; l'intervention est imminente puisqu'elle est fixée au 26 septembre 2022 ;
- des moyens sont de nature à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée :
* la décision en litige n'est pas motivée en fait ni en droit ;
* elles bénéficient d'un droit pour occuper les dépendances domaniales dans le cadre des dispositions des articles L. 113-2, L. 133-3 et L. 133-4 du code de la voirie routière et L. 47 et L. 47-1 du code des postes et télécommunications ; le refus de la commune du Cannet opposé à la demande d'autorisation présentée le 8 août 2022 n'est fondé sur aucun des critères prévus par le code de la voirie routière et le code des postes et des télécommunications ; la commune du Cannet ne saurait en aucun cas se prévaloir du caractère provisoire de l'ordonnance du juge des référés du 22 décembre 2021 ni de l'interruption de circulation occasionnée par la permission de voirie.
Par un mémoire en défense, enregistré le 14 septembre 2022, la commune du Cannet, représenté par Me Plénot, conclut au rejet de la requête et demande au tribunal de mettre à la charge de chacune des sociétés requérantes la somme de 1 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- les sociétés requérantes n'ont pas intérêt à agir : le permis de stationnement a été sollicité par la société Foselev Côte d'Azur et non par les sociétés requérantes qui ne sont pas destinataires de la décision en litige ;
- le moyen tiré d'un défaut de motivation sera écarté : la commune a refusé l'autorisation sollicitée pour garantir la commodité et le passage des usagers de la voie publique ;
- le refus en litige est fondé : la société Foselev Côte d'Azur pouvait procéder d'une façon moins attentatoire à la circulation publique ; les articles du code la voirie routière et du code des postes et télécommunications invoquées par les requérantes ne leur confèrent aucun droit à disposer des voies publiques pour les occuper de façon temporaire.
Vu :
- la décision attaquée ;
- la requête, enregistrée le 6 septembre 2022 sous le n° 2204297, par laquelle les sociétés requérantes demandent au tribunal l'annulation de la décision attaquée ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code des postes et communications électroniques ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de la voirie routière ;
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. Pascal, vice-président, pour statuer sur les demandes de référé.
Après avoir entendu au cours de l'audience publique du 15 septembre 2022 à 14 h 00 :
- le rapport de M. Pascal, magistrat délégué, assisté de Mme Antoine, greffière ;
- les observations de Me Hamri pour les sociétés Bouygues Telecom et Cellnex ; il a repris à la barre les moyens et arguments invoqués dans sa requête. Il fait valoir que l'urgence est caractérisée : le refus d'autorisation d'urbanisme en litige porte une atteinte grave et immédiate à l'intérêt public et aux intérêts particuliers des deux sociétés, les travaux sont bloqués par une décision de refus qui fait suite à l'obstruction menée au stade de la déclaration préalable. La commune du Cannet est de mauvaise foi quand elle conteste l'intérêt à agir des deux sociétés, la demande d'autorisation des travaux montre bien, en effet, que la société Bouygues Télécom est la bénéficiaire des travaux ; l'autorisation sollicitée est adaptée et indispensable pour permettre l'installation de la grue.
- les observations de Me Plénot pour la commune du Cannet, qui reprend ses écritures. Il fait valoir, en outre, que le maire du Cannet est tout à fait fondé, dans le cadre de ses pouvoirs de police, à s'opposer à une demande tendant à restreindre la circulation sur une voie publique alors qu'il existe d'autres solutions pour réaliser les travaux, en les réalisant à partir du parking privé de la copropriété.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Les sociétés Bouygues Télécom et Cellnex France demandent au juge des référés, statuant sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, d'ordonner la suspension de la décision du 30 août 2022 par laquelle la commune du Cannet a refusé de délivrer une autorisation de voirie et un permis de stationnement pour la réalisation des travaux de grutage, le 26 septembre 2022, de 9 h 00 à 17 h 00, au niveau du 36 chemin du Colombier.
Sur l'intérêt à agir des sociétés requérantes :
2. La société Foselev Côte d'Azur a présenté le 8 août 2022 une demande d'autorisation de travaux de grutage de matériel GSM au niveau du 36 chemin du Colombier au Cannet, travaux prévus le lundi 26 septembre 2022, de 9 h 00 à 17 h 00. Par un mel du 30 août 2022 adressé à la société Foselev Côte d'Azur, la commune du Cannet a refusé l'autorisation sollicitée. Il est constant que les travaux de grutage ont pour objet d'implanter les équipements techniques d'un réseau radioélectrique sur le toit d'un immeuble à usage d'habitation situé au 36 chemin du Colombier au Cannet en vue de l'exploitation du service de communications personnelles et que ces travaux s'inscrivent ainsi dans le cadre de la déclaration préalable n° DP 006 03021 P0072. Il résulte de l'instruction que la demande de permission et d'autorisation de voirie du 8 août 2022 précitée mentionne expressément que la société Bouygues Telecom est le bénéficiaire de l'autorisation sollicitée. Dès lors et contrairement à ce que soutient en défense la commune du Cannet, la société Bouygues Telecom dispose, avec la société Cellnex France, d'un intérêt lui donnant qualité à demander l'annulation de la décision en litige s'opposant à la réalisation des travaux. La fin de non-recevoir opposée en défense ne saurait donc être retenue.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
3. Aux termes du premier alinéa de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. () ". Aux termes du premier alinéa de l'article R. 522-1 dudit code : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit () justifier de l'urgence de l'affaire. ".
En ce qui concerne la condition d'urgence :
4. Il résulte de ces dispositions que la condition d'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi de conclusions tendant à la suspension d'un acte administratif, d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de l'acte litigieux sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue. L'urgence doit être appréciée objectivement compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'affaire.
5. En l'espèce, eu égard à l'intérêt public qui s'attache à la couverture du territoire national par le réseau de téléphonie mobile et aux intérêts propres des sociétés requérantes qui ont pris des engagements dans le cadre du cahier des charges au titre de cette couverture, et compte tenu d'une part, que le projet permettra de combler un trou dans la couverture par les réseaux de téléphonie, d'autre part, que la décision en litige fait obstacle à la mise en service des équipements nécessaires, enfin, que les travaux doivent être réalisés à court terme, le 26 septembre 2022, la condition d'urgence au sens des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative doit être regardée comme remplie.
En ce qui concerne la condition relative à l'existence d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée :
6. Les moyens invoqués par la société Bouygues Télécom et la société Cellnex France,, tirés du défaut de motivation de la décision en litige et de la méconnaissance des articles L. 113-3 du code de la voirie routière et L. 47 et L. 47-1 du code des télécommunications sont, en l'état de l'instruction, de nature à faire naître un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée.
7. Il résulte de ce qui précède qu'il y a lieu de suspendre l'exécution de la décision de la commune du Cannet du 30 août 2022 et d'ordonner au maire du Cannet de statuer à nouveau sur la demande d'autorisation de voirie et de permis de stationnement pour les travaux objet de la déclaration préalable n° DP 006 03021 P0072, dans le délai d'un mois à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard passé ce délai.
Sur les frais du litige :
8. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mis à la charge des sociétés requérantes, qui ne sont pas les parties perdantes dans la présente instance, le versement de la somme que demande la commune du Cannet au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
9. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la commune du Cannet, partie perdante, le versement aux sociétés Bouygues Télécom et Cellnex France d'une somme globale de 1 500 euros au titre des frais exposés par elles et non compris dans les dépens.
O R D O N N E :
Article 1er : L'exécution de la décision du 30 août 2022 par laquelle le maire de la commune du Cannet a refusé de délivrer une autorisation de voirie et un permis de stationnement est suspendue jusqu'à ce qu'il soit statué sur la requête en annulation présentée par les sociétés Bouygues Télécom et Cellnex France.
Article 2 : Il est enjoint à la commune du Cannet de réexaminer la demande d'autorisation de voirie et le permis de stationnement pour la réalisation des travaux objet de la déclaration préalable n° DP 006 03021 P0072 dans le délai d'un mois à compter de la notification de la présente ordonnance, sous astreinte de 100 euros par jour de retard passé ce délai.
Article 3 : La commune du Cannet versera à la société Bouygues Télécom et à la société Cellnex France une somme globale de 1 500 (mille cinq cents) euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Les conclusions présentées par la commune du Cannet au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 5 : La présente ordonnance sera notifiée à la société Bouygues Télécom, à la société Cellnex France et à la commune du Cannet.
Fait à Nice, le 15 septembre 2022.
Le juge des référés,
signé
F. Pascal
La République mande et ordonne au préfet des Alpes-Maritimes en ce qui le concerne,
et à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun
contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme
Le greffier en chef,
Ou par délégation, le greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026