mercredi 26 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nice |
| Section | Tribunal Administratif de Nice |
| N° Dossier | TA06-2204487 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 4ème Chambre |
| Avocat requérant | LAIFA |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 18 septembre 2022, M. A B, de nationalité tunisienne, représenté par Me Darmon, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 18 septembre 2022 notifiée le même jour, par laquelle le ministre de l'intérieur et des outre-mer (direction départementale de la police aux frontières des Alpes-Maritimes) lui a refusé l'entrée sur le territoire français ;
2°) de mettre à la charge de l'État une somme de 2 500 euros en application des dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision querellée porte une atteinte grave et manifestement illégale à son droit au respect de sa vie privée et familiale, à sa liberté de circulation, à son droit au mariage, au droit à la santé, au droit au recours effectif, au droit à un procès équitable ;
- le requérant n'a pas porté atteinte à l'ordre public ;
- aucune obligation de quitter le territoire français ne lui a été notifiée.
Par une mémoire en défense enregistré le 29 mai 2024, le ministre de l'intérieur et des outre-mer conclut au non-lieu à statuer et subsidiairement au rejet de la requête.
Il fait valoir :
- à titre principal, qu'en application de l'article L.342-19 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, le placement en zone d'attente du requérant ayant pris fin consécutivement à l'ordonnance rendue par le juge des libertés et de la détention le
22 septembre 2022, M. B a été autorisé à entrer sur le territoire français, de sorte que le refus d'entrée litigieux et la privation de liberté qui en résultait ont cessé de produire leurs effets ;
- à titre subsidiaire, que la requête n'est pas fondée.
La procédure a été communiquée au préfet des Alpes-Maritimes qui n'a pas produit de mémoire.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la Constitution, notamment son Préambule ;
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la convention de Genève du 28 juillet 1951 et le protocole signé à New York le
31 janvier 1967 ;
- le traité sur le fonctionnement de l'Union européenne ;
- le règlement (UE) 604/2013 du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 ;
- le règlement (UE) 2016/399 du Parlement européen et du Conseil du 9 mars 2016 ;
- la directive 2008/115/CE du Parlement européen et du Conseil du
16 décembre 2008;
- la directive 2013/32/UE du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 relative à des procédures communes pour l'octroi et le retrait de la protection internationale ;
- l'arrêt C-47/15 de la Cour de justice de l'Union européenne du 7 juin 2016 ;
- l'arrêt C-143/22 de la Cour de justice de l'Union européenne du 21 septembre 2023 ;
- l'arrêt n°450285 du Conseil d'Etat du 2 février 2024 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 5 juin 2024 :
- le rapport de M. Taormina, président ;
- et les conclusions de M. Beyls, rapporteur public, M. A B, le ministre de l'intérieur et des outre-mer et le préfet des Alpes-Maritimes n'étant ni présents, ni représentés.
Considérant ce qui suit :
1. M. A B, de nationalité tunisienne, née le 1er novembre 1960, est arrivé en France par la voie aérienne le 18 septembre 2022 à 0 heure 30, en provenance de Monastir (Tunisie) muni d'un passeport tunisien en cours de validité ainsi que d'un visa Schengen de court séjour à entrées multiples valable du 17 août 2020 au 16 août 2024. Cependant, au point de passage frontalier de l'aéroport de Nice Côte-d'Azur, il n'a pas été autorisé à entrer sur le territoire français aux motifs, d'une part, qu'il avait fait l'objet d'un arrêté portant obligation de quitter le territoire français, en date du 18 février 2022, et, d'autre part, qu'il n'aurait pas respecté les conditions du visa qui lui avait été délivré antérieurement à l'obligation de quitter le territoire français, et il a concomitamment été placé en zone d'attente. Ce contrôle par la police aux frontières le 18 septembre 2022, a donné lieu à la notification le même jour à l'intéressé d'une décision de refus d'entrée, décision dont il demande au tribunal l'annulation.
2. Aux termes de de l'article L.342-19 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Si le maintien en zone d'attente n'est pas prolongé au terme du délai fixé par la dernière décision de maintien, l'étranger est autorisé à entrer en France sous couvert d'un visa de régularisation de huit jours. Il devra avoir quitté le territoire français à l'expiration de ce délai, sauf s'il obtient une autorisation provisoire de séjour, un document provisoire délivré à l'occasion d'une demande de titre de séjour ou une attestation de demande d'asile ".
3. Le placement en zone d'attente du requérant ayant pris fin consécutivement à l'ordonnance rendue le 22 septembre 2022 par le juge des libertés et de la détention près le tribunal judiciaire de Nice qui a refusé de prolonger le maintien en zone d'attente, M. B a été autorisé à entrer sur le territoire français, de sorte que le refus d'entrée litigieux et la privation de liberté qui en résultait ont cessé de produire leurs effets. Par suite, il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions à fin d'annulation de la décision du 18 septembre 2022 notifiée le même jour, par laquelle le ministre de l'intérieur et des outre-mer (direction départementale de la police de l'air et des frontières des Alpes-Maritimes) a refusé l'entrée sur le territoire français de M. B.
4. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de mettre à la charge de l'Etat une somme au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative et par suite, les conclusions formulées à ce titre par M. B doivent être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions de M. A B tendant à l'annulation de la décision du 18 septembre 2022, par laquelle le ministre de l'intérieur et des outre-mer (direction départementale de la police aux frontières des Alpes-Maritimes) lui a refusé l'entrée sur le territoire français.
Article 2 : Les conclusions de M. B formulées au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Copie en sera adressée au préfet des Alpes-Maritimes.
Délibéré après l'audience du 5 juin 2024, à laquelle siégeaient :
M. Taormina, président,
Mme Soler, première conseillère,
Mme Sandjo, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 26 juin 2024.
Le président-rapporteur,
Signé
G. Taormina
L'assesseure la plus ancienne,
Signé
N. Soler
Le greffier,
Signé
D. Crémieux
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour le greffier en chef,
La greffière.
N°2204487
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026