mardi 3 octobre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nice |
| Section | Tribunal Administratif de Nice |
| N° Dossier | TA06-2204564 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 5ème Chambre |
| Avocat requérant | SELARL ASSO - CHRESTIA |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 22 septembre 2022 et 8 janvier 2023, l'association France Nature Environnement Alpes-Maritimes, représentée par Me Zago, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 25 février 2022 par lequel le maire de Cagnes-sur-Mer a délivré un permis de démolir et d'aménager à la société anonyme (SA) d'HLM Erilia sur un terrain situé 71 chemin des Salles à Cagnes-sur-Mer, ensemble la décision portant rejet de son recours gracieux daté du 22 mai 2022 née du silence gardé par le maire sur ce recours ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Cagnes-sur-Mer une somme de 4 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- sa requête est recevable ;
- l'arrêté attaqué a été signé par une autorité incompétente ;
- faute de dossier " loi sur l'eau ", le dossier de la demande de permis d'aménager est incomplet et ne respecte pas les dispositions de l'article R. 214-1 du code de l'environnement ;
- la notice annexée à la demande de permis d'aménager est insuffisante s'agissant du traitement des parties du terrain situées en limite du projet ;
- le dossier de la demande de permis d'aménager est incohérent s'agissant de l'organisation et de l'aménagement des accès au projet litigieux ;
- l'arrêté attaqué méconnaît les dispositions de l'article UEq 1.2 du règlement du plan local d'urbanisme métropolitain ;
- la destruction non-autorisée d'une haie d'arbres méconnaît les dispositions de l'article L. 350-3 du code de l'environnement ;
- l'arrêté attaqué méconnaît les dispositions de l'article UEq 3.1 du règlement du plan local d'urbanisme métropolitain :
- il méconnaît le règlement du plan de prévention des risques d'incendies de forêts (PPRIF) applicable en zone B1a et les dispositions de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 29 novembre 2022 et 27 janvier 2023, la commune de Cagnes-sur-Mer, représentée par Me Chrestia, conclut à l'irrecevabilité de la requête, à titre subsidiaire, à son rejet au fond et, en tout état de cause, à ce que l'association requérante lui verse une somme de 3 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la requête est irrecevable en ce que, d'une part, l'association requérante n'a ni qualité pour agir ni intérêt à agir et, d'autre part, en ce qu'elle est tardive compte tenu de l'absence de notification du recours gracieux dans les conditions prévues à l'article R. 600-1 du code de l'urbanisme ;
- aucun des moyens de la requête n'est fondé.
La requête a été communiquée à la société Erilia qui n'a pas produit de mémoire en défense.
Vu :
- l'ordonnance du juge des référés du tribunal administratif de Nice n° 2204647 du 18 octobre 2022 ;
- les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code de l'environnement ;
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative ;
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 11 septembre 2023 :
- le rapport de M. Holzer,
- les conclusions de Mme Moutry, rapporteure publique,
- les observations de Me Zago, représentant l'association France Nature Environnement Alpes-Maritimes,
- et les observations de Me Chrestia, représentant la commune de Cagnes-sur-Mer.
Considérant ce qui suit :
1. Le 9 juillet 2021, la société Erilia a demandé en mairie de Cagnes-sur-Mer l'autorisation de démolir des serres agricoles, maisons individuelles, cabanons et des infrastructures de camping ainsi que d'aménager vingt-trois aires d'accueil et des terrains familiaux des gens du voyage comprenant quarante-six lots d'une superficie comprise entre 96 et 161 m², la construction d'un local gestionnaire et la mise en place de quarante-six modules sur un terrain situé 71 chemin des Salles. Par un arrêté du 25 février 2022, le maire de Cagnes-sur-Mer a délivré l'autorisation sollicitée. Par un courrier du 22 mai 2022, l'association France Nature Environnement Alpes-Maritimes a formé un recours gracieux contre cet arrêté, qui est toutefois resté sans réponse de la part du maire de Cagnes-sur-Mer. Par sa requête, cette association demande au tribunal d'annuler cet arrêté du 25 février 2022, ensemble la décision portant rejet de son recours gracieux du 22 mai 2022 née du silence gardé par le maire sur ce recours. Par une ordonnance n° 2204647 du 18 octobre 2022, le juge des référés a rejeté la requête de l'association requérante tendant à la suspension de l'exécution de cet arrêté du 25 février 2022 et de la décision rejetant son recours gracieux.
Sur la fin de non-recevoir tirée de l'absence d'intérêt à agir de l'association requérante opposée par la commune de Cagnes-sur-Mer :
2. Aux termes de l'article L. 141-1 du code de l'environnement : " Lorsqu'elles exercent leurs activités depuis au moins trois ans, les associations régulièrement déclarées et exerçant leurs activités statutaires dans le domaine de la protection de la nature et de la gestion de la faune sauvage, de l'amélioration du cadre de vie, de la protection de l'eau, de l'air, des sols, des sites et paysages, de l'urbanisme, ou ayant pour objet la lutte contre les pollutions et les nuisances et, d'une manière générale, œuvrant principalement pour la protection de l'environnement, peuvent faire l'objet d'un agrément motivé de l'autorité administrative. / () ". Aux termes de l'article L. 142-1 de ce même code : " Toute association ayant pour objet la protection de la nature et de l'environnement peut engager des instances devant les juridictions administratives pour tout grief se rapportant à celle-ci. /Toute association de protection de l'environnement agréée au titre de l'article L. 141-1 ainsi que les fédérations départementales des associations agréées de pêche et de protection du milieu aquatique et les associations agréées de pêcheurs professionnels justifient d'un intérêt pour agir contre toute décision administrative ayant un rapport direct avec leur objet et leurs activités statutaires et produisant des effets dommageables pour l'environnement sur tout ou partie du territoire pour lequel elles bénéficient de l'agrément dès lors que cette décision est intervenue après la date de leur agrément. ".
3. En outre, aux termes de l'article 2 de ses statuts, l'association requérante a pour objet, notamment, " d'agir pour la sauvegarde de ses intérêts dans le domaine de l'environnement, de l'aménagement harmonieux et équilibré du territoire et de l'urbanisme, du développement durable " et exerce " son action sur l'ensemble du département des Alpes-Maritimes " au moyen, en particulier, d'actions en justice.
4. En l'espèce pour justifier de son intérêt à agir, l'association requérante soutient, d'une part, que le projet litigieux ne constitue pas un simple projet local mais possède une dimension départementale qui s'inscrit dans le cadre de la politique d'accueil des gens du voyage et, d'autre part, que ce projet se situe, pour une partie au moins, en zone naturelle du plan local d'urbanisme métropolitain affectée par un espace boisé classé ainsi que dans l'emprise de la trame verte et bleue de ce document d'urbanisme.
5. Toutefois, d'une part, il ne ressort pas des pièces du dossier que l'association requérante bénéficie, pour elle-même, de l'agrément au titre de la protection de l'environnement prévu par les dispositions précitées de l'article L. 141-1 du code de l'environnement.
6. D'autre part, si comme le soutient l'association requérante, il ressort des pièces du dossier que le projet litigieux, d'une superficie totale de 23 134 m², a vocation, pour une partie, à s'implanter en zone naturelle pour une surface de 7 839 m², une telle circonstance n'a pas pour effet, à elle seule, de démontrer une atteinte suffisamment directe et certaine aux intérêts que l'association requérante s'est donnée pour mission de défendre aux termes de son objet social. Il en va de même de la circonstance selon laquelle les parcelles sur lesquelles le projet litigieux a vocation à s'implanter se situent dans l'emprise de la trame verte et bleue annexée au règlement du plan local d'urbanisme métropolitain. En tout état de cause, il ressort tant des pièces du dossier que du site Géoportail de l'urbanisme, accessible aussi bien aux juges qu'aux parties, que les parties du projet situées dans les zones écologiques fort et secondaire de la trame verte lesquelles se confondent avec celles classées en zone naturelle (Na) et en zone agricole (Ac) ont vocation à accueillir, selon les termes de la notice explicative du projet, exclusivement des espaces verts de pleine terre. Ainsi aucune construction ne risque d'impacter cet environnement naturel et agricole.
7. Enfin, si l'association requérante soutient que le projet, eu égard à sa dimension, ne constitue pas un simple projet local et possède une dimension départementale qui s'inscrit dans le cadre de la politique d'accueil des gens du voyage, une telle allégation ne permet toutefois pas de démontrer que le projet litigieux portant sur la réalisation d'aires d'accueil, de terrains et d'un local gestionnaire destinés aux gens du voyage en lieu et en place de serres agricoles, de maisons individuelles, de cabanons et d'infrastructures de camping aurait un impact sur l'environnement ainsi que sur l'harmonie et l'équilibre des lieux en matière d'aménagement et d'urbanisme.
8. Dans ces conditions, l'association requérante ne justifie pas, eu égard à son objet social, d'un intérêt lui donnant qualité pour agir contre la décision litigieuse autorisant la démolition de serres agricoles, de maisons individuelles, de cabanons et d'infrastructures de camping et la réalisation d'aires d'accueil, de terrains et d'un local gestionnaire destinés aux gens du voyage. Par suite, la fin de non-recevoir opposée par la commune de Cagnes-sur-Mer tirée du défaut d'intérêt à agir de l'association requérante doit être accueillie.
9. Il résulte de ce qui précède que la requête de l'association France Nature Environnement Alpes-Maritimes doit être rejetée comme étant irrecevable.
Sur les frais liés au litige :
10. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de Cagnes-sur-Mer, qui n'est pas la partie perdante dans cette instance, la somme que l'association France Nature Environnement Alpes-Maritimes demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Il y a lieu, en revanche, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'association requérante une somme de 1 500 euros à verser à la commune sur ce même fondement.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de l'association France Nature Environnement Alpes-Maritimes est rejetée.
Article 2 : L'association France Nature Environnement Alpes-Maritimes versera à la commune de Cagnes-sur-Mer une somme de 1 500 euros (mille cinq cents euros) sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à l'association France Nature Environnement Alpes-Maritimes, à la commune de Cagnes-sur-Mer et à la société anonyme d'HLM Erilia.
Délibéré après l'audience du 11 septembre 2023, à laquelle siégeaient :
M. Pascal, président,
M. Holzer, conseiller,
Mme Duroux, conseillère,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 3 octobre 2023.
Le rapporteur,
signé
M. HOLZER
Le président,
signé
F. PASCAL
La greffière,
signé
S. GENOVESE
La République mande et ordonne au préfet des Alpes-Maritimes en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour le greffier en chef,
Ou par délégation la greffière,
N°2204564
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026