mardi 27 septembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nice |
| Section | Tribunal Administratif de Nice |
| N° Dossier | TA06-2204580 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Magistrat Mme GUILBERT |
| Avocat requérant | COHEN RUDY |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 24 septembre 2022 et le 27 septembre 2022, M. A B demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 24 septembre 2022 par laquelle le préfet des Alpes-Maritimes a fixé son pays de destination ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, à verser à son avocat sous réserve qu'il renonce à percevoir l'aide juridictionnelle.
Il soutient que :
- la décision attaquée est entachée d'erreur de fait et d'un défaut de motivation et d'examen de sa situation personnelle ; il est né en Italie, où vit toute sa famille et il y a déposé une demande de renouvellement de son titre de séjour ; il n'a plus aucune attache en Tunisie ; si l'Italie a bien refusé sa réadmission, cette décision remonte à un an et l'Italie lui a depuis lors délivré un récépissé ;
- il n'a pu faire valoir ses observations préalablement à l'édiction de la décision ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Par un mémoire en défense, enregistré le 27 septembre 2022, le préfet des Alpes-Maritimes, représenté par la SELARL Serfaty Venutti Camacho et Cordier conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.
Vu :
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme Guilbert, conseillère, pour statuer en qualité de juge du contentieux de l'éloignement sur les requêtes instruites selon les dispositions de l'article L. 614-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Après avoir entendu au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Guilbert, magistrate désignée,
- et les observations de Me Rudy Cohen, représentant M. B, assisté de Mme C, interprète, qui soutient que M. B a fait toutes ses études en Italie et y a toute sa famille,;
- le préfet des Alpes-Maritimes n'étant ni présent, ni représenté.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Par jugement du tribunal correctionnel de Bordeaux, M. B, ressortissant tunisien, a été condamné le 16 mars 2021 à une interdiction du territoire national d'une durée de cinq ans. Par une décision du 24 septembre 2022, dont il demande l'annulation, le préfet des Alpes-Maritimes a, en application de ce jugement, prescrit sa reconduite à destination de la Tunisie.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
2. En premier lieu, cette décision reprend les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement, notamment, la condamnation dont il a fait l'objet, la saisine des autorités italiennes d'une demande de réadmission ainsi que le refus qui s'en est suivi. Le moyen tiré du défaut de motivation manque ainsi en fait et doit être écarté.
3. En deuxième lieu, M. B soutient que le préfet ne l'a pas mis en mesure de faire valoir ses observations préalablement à l'édiction de l'acte contesté. Il soutient que sa situation familiale justifiait sa réadmission vers l'Italie. Une atteinte au droit d'être entendu n'est toutefois susceptible d'entraîner l'annulation de la décision faisant grief que si la procédure administrative aurait pu, en fonction des circonstances de fait et de droit spécifiques de l'espèce, aboutir à un résultat différent du fait des observations et éléments que l'étranger a été privé de faire valoir. En l'espèce, il n'est pas contesté que les autorités italiennes ont refusé la réadmission de M. B le 18 novembre 2021. Dans ces conditions, il ne ressort pas des pièces du dossier que M. B, qui n'est pas admissible dans ce pays, ait été privé de faire valoir des éléments susceptibles d'avoir une influence sur le sens de la décision.
4. En troisième lieu, aux termes des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance ". Si M. B soutient être titulaire d'un récépissé de demande de titre de séjour italien, avoir toute sa famille en Italie et ne plus avoir aucune attache en Tunisie, il ne l'établit pas. Notamment, par la production d'une attestation de résidence italienne, il n'établit ni la nature ni l'intensité et la stabilité des liens allégués dans ce pays. Dès lors, les moyens tirés de l'erreur de fait, du défaut d'examen et de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ne peuvent qu'être écartés.
5. Il résulte de ce qui précède que les conclusions de M. B doivent être rejetées, y compris celles au titre des frais liés à l'instance.
D E C I D E :
Article 1er: La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié M. A B et au préfet des Alpes-Maritimes.
Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur et des Outre-Mer.
Lu en audience publique le 27 septembre 2022.
La magistrate désignée,
Signé
L. GUILBERT Le greffier,
Signé
A. STASSI
La République mande et ordonne au préfet des Alpes-Maritimes en ce qui le concerne
ou à tous commissaires de justice en ce qui concerne les voies de droit commun,
contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le Greffier en Chef,
Ou par délégation, le Greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026