jeudi 6 avril 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nice |
| Section | Tribunal Administratif de Nice |
| N° Dossier | TA06-2204755 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | CABINET OLOUMI - HMAD |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des pièces complémentaires, enregistrées les 4 octobre et 5 décembre 2022, Mme B A, représentée par Me Hanan Hmad, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 12 mai 2022 par lequel le préfet des Alpes-Maritimes a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays de son renvoi ;
2°) d'enjoindre au préfet des Alpes-Maritimes, à titre principal, de lui délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " étudiant " ou " vie privée et familiale " et, dans l'attente, de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler et, à titre subsidiaire, de procéder au réexamen de sa situation personnelle dans un délai de deux mois et, dans l'attente, de lui remettre un document provisoire de séjour l'autorisant à travailler ;
3°) de mettre à la charge de l'État une somme de 2.000 euros à verser à son conseil, en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1911 relative à l'aide juridique, sous réserve qu'il renonce à percevoir la somme allouée par l'État au titre de l'aide juridictionnelle.
Elle soutient que :
- la décision portant refus de titre de séjour est insuffisamment motivée et entachée d'une erreur de fait ;
- cette décision est entachée d'un défaut d'examen particulier de sa situation ;
- la décision est entachée d'une erreur de droit dès lors que sa demande n'a pas été examinée au regard de l'article L.422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile mais sur un autre fondement ;
- l'arrêté méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
- l'arrêté est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
Le préfet des Alpes-Maritimes a produit un mémoire en défense qui a été enregistré le 14 mars 2023, soit postérieurement à la clôture de l'instruction. Il n'a pas été communiqué.
Par ordonnance du 5 décembre 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 26 décembre 2022 à 12H00.
Mme A a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 1er septembre 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Mear, présidente-rapporteure ;
- et les observations de Me Della Monaca substituant Me Hanan Hmad, représentant Mme A.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B A, ressortissante albanaise, née le 16 juin 2003, demande l'annulation de l'arrêté du 12 mai 2022 par lequel le préfet des Alpes-Maritimes a refusé de lui délivrer un titre de séjour en application des article L. 435-3, L. 423-23 et L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays de son renvoi.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : / 1° Restreignent l'exercice des libertés publiques ou, de manière générale, constituent une mesure de police () ". Aux termes de l'article L. 211-5 du même code : " La motivation exigée par le présent chapitre doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision. ".
3. La décision portant refus d'admission au séjour de la requérante comporte l'énoncé des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. Elle vise les dispositions des article L. 435-3, L. 423-23 et L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, et précise les éléments de fait sur lesquels le préfet a fondé sa décision. Si la requérante fait valoir qu'elle a présenté une demande de titre de séjour en qualité d'étudiante elle ne l'établit pas alors qu'elle ne justifie de son inscription à l'Université qu'au titre de l'année 2022/2023, soit postérieurement à sa demande du 30 juillet 2021 et de la décision attaquée du 12 mai 2022. Par ailleurs, en l'absence de tout justificatif de la teneur de la demande présentée au préfet, la circonstance qu'un récépissé " visiteur " lui a été attribué au titre de la période du 10 février au 9 mai 2022 ne permet pas d'établir que le préfet des Alpes-Maritimes n'aurait pas statué sur sa demande de titre de séjour mention " étudiant ". Par suite, les moyens invoqués tirés d'une insuffisance de motivation de la décision attaquée, d'un défaut d'examen de la situation de la requérante ou d'une erreur de fait ou doivent être écartés comme étant non fondés.
4. En deuxième lieu, la requérante ne justifiant pas avoir déposé une demande de titre de séjour " étudiant ", elle ne peut ainsi que cela est susmentionné au point 3 utilement faire valoir que la décision lui refusant la délivrance d'un titre de séjour est entachée d'une erreur de droit pour omission à statuer du préfet sur une telle demande ni que cette décision méconnaitrait les dispositions de l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile relatives à la carte de séjour " étudiant ".
5. En troisième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".
6. Mme A fait valoir être entrée sur le territoire français le 9 août 2017 avec ses parents et sa fratrie et y résider depuis lors de sorte qu'elle serait isolée en Albanie. Elle soutient qu'elle a suivi sa scolarité en France, obtenu le baccalauréat et poursuit un cursus universitaire à Nice. Toutefois, par les pièces jointes au dossier, elle ne justifie ni de la date ni de la régularité de son entrée sur le territoire français ni de sa résidence habituelle en France, avant 2018. Par ailleurs, si elle a été scolarisée en France au collège et au lycée, de la troisième à la terminale, elle n'a obtenu son baccalauréat qu'en juillet 2022 et ne peut se prévaloir d'une inscription à l'Université que postérieurement à la décision attaquée du 12 mai 2022. Par ailleurs, si la requérante réside chez ses parents, elle est désormais majeure et il n'est pas contesté que ses parents résident irrégulièrement en France. Elle n'établit pas être dépourvue d'attaches familiales dans son pays d'origine. Dans ces conditions, Mme A n'est pas fondée à soutenir que l'arrêté en litige porte à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée par rapport aux buts en vue desquels il a été pris ni, ainsi, que cet arrêté méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Pour les mêmes motifs, elle n'est pas davantage fondée à soutenir que cet arrêté est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle et familiale.
7. Il résulte de ce qui précède que les conclusions de la requête de Mme A tendant à l'annulation de l'arrêté du 12 mai 2022 par lequel le préfet des Alpes-Maritimes a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays de son renvoi doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction et celles tendant à ce qu'une somme soit mise à la charge de l'Etat au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991.
DECIDE :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au préfet des Alpes-Maritimes.
- Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Délibéré après l'audience du 26 mars 2023, à laquelle siégeaient :
- Mme Mear, présidente,
- Mme Kolf, conseillère,
- M. Cherief, conseiller,
- assistés de Mme Martin, greffière.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 6 avril 2023.
L'assesseure la plus ancienne, La présidente,
signé signé
S. KOLF
J. MEARLa greffière,
signé
C. SUSSEN
La République mande et ordonne au préfet des Alpes-Maritimes ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier en chef,
Ou par délégation la greffière
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026