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AccueilJurisprudence administrativeN° TA06-2204903

Tribunal Administratif de Nice — Décision N° TA06-2204903

vendredi 14 octobre 2022

JuridictionTribunal Administratif de Nice
SectionTribunal Administratif de Nice
N° DossierTA06-2204903
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Avocat requérantSERFATY VENUTTI CAMACHO & CORDIER

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 13 octobre 2022, M. A B, représenté par Me Dridi, demande au juge des référés, saisi sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :

1°) de l'admettre provisoirement au bénéfice de l'aide juridictionnelle ;

2°) d'ordonner la suspension de l'exécution de la mesure d'éloignement du 16 septembre 2022 dont il fait l'objet.

Le requérant soutient que :

- la condition d'urgence est remplie dans la mesure où il peut être renvoyé à tout moment à destination de son pays d'origine ;

- la carence du préfet des Alpes-Maritimes porte une atteinte grave et manifestement illégale à une liberté fondamentale dès lors qu'il est porté atteinte, en l'espèce, à son droit au respect de sa vie privée et familiale, à son droit au recours effectif et à l'intérêt supérieur de son enfant.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné M. Soli, premier conseiller, pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

1. M. A B, ressortissant tunisien né le 15 janvier 1977, a fait l'objet d'une décision du 15 septembre 2022 par laquelle le préfet des Alpes-Maritimes lui a fait obligation de quitter sans délai le territoire français. Par la présente requête, M. B demande au juge des référés de prononcer la suspension de cette décision.

2. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures. ". L'article L. 522-3 du même code dispose : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée () ". Enfin aux termes du premier alinéa de l'article R. 522-1 dudit code : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit () justifier de l'urgence de l'affaire. ".

3. Il ressort des pièces du dossier que l'intéressé s'est vu notifier, le 16 septembre 2022, un arrêté du préfet des Alpes-Maritimes portant obligation de quitter le territoire français sans délai et interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de trois ans. Il a été placé en rétention le 22 septembre 2022. Pour justifier que soit suspendue, par la voie de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, l'exécution de la décision du 15 septembre 2022 l'obligeant à quitter le territoire français, le requérant se borne à faire valoir que la mesure d'éloignement étant susceptible d'être exécutée à tout moment, il ne pourra alors se rendre le 25 octobre 2022 à sa convocation devant le juge des enfants. Toutefois, le requérant ne justifie pas, par les pièces produites et les circonstances exposées, à la date de la présente ordonnance, d'une situation d'urgence impliquant qu'une mesure visant à sauvegarder une liberté fondamentale doive être prise dans un délai de quarante-huit heures sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative.

4. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. B doit être rejetée en toutes ses conclusions, y compris celles tendant à ce qu'il soit admis provisoirement au bénéfice de l'aide juridictionnelle, par application de la procédure prévue par les dispositions de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B.

Copie en sera adressée au préfet des Alpes-Maritimes.

Fait à Nice, le 14 octobre 2022.

Le juge des référés,

signé

P. SOLI

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Le greffier en chef,

Ou par délégation, la greffière.

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