lundi 17 juillet 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nice |
| Section | Tribunal Administratif de Nice |
| N° Dossier | TA06-2205130 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Magistrat M.Silvestre-Toussain-Fortesa |
| Avocat requérant | SELARL ANDREANI-HUMBERT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et deux mémoires en réplique, enregistrés les 27 octobre 2022, 26 mai 2023 et 6 juillet 2023, M. A B, représenté par Me Champion, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler la décision du 8 aout 2022 par laquelle le directeur régional de Pôle emploi Provence-Alpes-Côte-d'Azur (PACA) a confirmé une décision du 19 avril 2022, l'a radié de la liste des demandeurs d'emploi à compter du 19 avril 2022 pour une durée de six mois et lui a supprimé ses allocations ;
2°) de mettre à la charge de Pôle emploi la somme de 1 000 euros en application des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que la décision attaquée :
- est insuffisamment motivée ;
- est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- et a méconnu l'article L. 123-1 du code des relations entre le public et l'administration.
Par un mémoire en défense et un mémoire complémentaire, enregistrés les 22 novembre 2022 et 5 juillet 2023, la direction régionale Pôle emploi Provence-Alpes-Côte d'Azur (PACA), prise en la personne de son directeur, représentée par Me Andreani, conclut principalement à l'irrecevabilité de la requête comme tardive, et subsidiairement au rejet de ladite requête au fond.
La direction régionale fait valoir que :
- la requête est irrecevable comme tardive ;
- aucun moyen soulevé par le requérant n'est fondé.
Par décision du 4 mai 2023 du bureau d'aide juridictionnelle du tribunal judiciaire de Nice, M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle partielle de 25 %.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code du travail ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 11 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. Silvestre-Toussaint-Fortesa, vice-président, en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative, pour statuer sur les litiges relevant de cet article.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le magistrat désigné a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 10 juillet 2023 :
- le rapport de M. Silvestre-Toussaint-Fortesa ;
- les observations de Me Champion, pour le requérant ;
- et les observations de Me Wirig, substituant Me Andreani, pour la direction régionale Pôle emploi PACA.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience, en application des dispositions de l'article R. 772-9 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. M. A B a été inscrit à plusieurs reprises comme demandeur d'emploi à compter du 16 décembre 2009. Le 19 avril 2022, Pôle Emploi a décidé de le radier de la liste des demandeurs d'emploi pour une durée de six mois et d'interrompre le paiement de ses allocations au motif qu'il avait fait de fausses déclarations de ses revenus professionnels. Par un courrier du 15 juin 2022, M. B a exercé un recours administratif préalable obligatoire à l'encontre de cette décision. Par une décision du 8 aout 2022, le directeur régional de Pôle Emploi Provence-Alpes-Côte d'Azur (ci-après, " PACA ") a rejeté ce recours. M. B demande au tribunal d'annuler cette décision.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. À cet effet, doivent être motivées les décisions qui : / - infligent une sanction () ". Et aux termes de l'article R. 5412-7-1 du code du travail " la décision, notifiée à l'intéressé, est motivée. Elle indique la durée de la radiation et mentionne les voies et délais de recours ".
3. Il résulte de l'instruction, d'une part, que la décision du 8 aout 2022 attaquée fait référence à la décision initiale du 19 avril 2022 à laquelle elle se substitue à la suite du recours administratif préalable formé par M. B et confirme la sanction de radiation pour une durée de six mois de la liste des demandeurs d'emploi. Cette dernière décision mentionnait les dispositions des articles L. 5426-2, R. 5412-4 et R. 5426-3 du code du travail, sur le fondement desquelles elle a été prise et a permis ainsi au requérant d'avoir connaissance des dispositions sur lesquelles l'administration s'est fondée en confirmant sa décision initiale par la décision en litige. D'autre part, la décision du 8 aout 2022 mentionne le motif sur lequel Pôle emploi s'est fondé pour prononcer la radiation de l'intéressé, à savoir " fausse déclaration pour percevoir le revenu de remplacement ". Dans ces conditions, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation doit être écarté comme non fondé.
4. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 5412-2 du code du travail : " Est radiée de la liste des demandeurs d'emploi, dans des conditions déterminées par un décret en Conseil d'Etat, la personne qui a fait de fausses déclarations pour être ou demeurer inscrite sur cette liste ". Aux termes de l'article L. 5426-2 de ce code : " Le revenu de remplacement est supprimé par Pôle emploi dans les cas mentionnés aux 1° à 3° de l'article L. 5412-1, à l'article L. 5412-2 et au II de l'article L. 5426-1-2. Il est également supprimé en cas de fraude ou de fausse déclaration. Les sommes indûment perçues donnent lieu à remboursement ". Aux termes de l'article R. 5412-4 du même code : " Le retrait du bénéfice du revenu de remplacement pour l'un des motifs énumérés à l'article R. 5426-3 entraîne pour l'intéressé la radiation de la liste des demandeurs d'emploi ". Aux termes de l'article R. 5412-5 dudit code : " La radiation de la liste des demandeurs d'emploi entraîne l'impossibilité d'obtenir une nouvelle inscription : () 3° Pendant une période dont la durée est comprise entre six et douze mois consécutifs lorsque sont constatées les fausses déclarations mentionnées à l'article L. 5412-2 ". Enfin, aux termes de l'article R. 5426-3 dudit code : " Le directeur mentionné à l'article R. 5312-26 supprime le revenu de remplacement mentionné à l'article L. 5421-1 pour une durée limitée ou définitivement selon les modalités suivantes : () 3° En cas de manquement mentionné à l'article L. 5412-2 et, en application du deuxième alinéa de l'article L. 5426-2, en cas d'absence de déclaration, ou de déclaration mensongère du demandeur d'emploi, faites en vue de percevoir indûment le revenu de remplacement, il supprime ce revenu de façon définitive. Toutefois, lorsque ce manquement est lié à une activité non déclarée d'une durée très brève, le revenu de remplacement est supprimé, en cas de premier manquement, pour une durée de deux à six mois et, en cas de manquements répétés, de façon définitive () ".
5. En l'espèce, M. B ne conteste pas avoir omis de déclarer une reprise d'activité professionnelle au titre des mois de novembre 2021 à février 2022 alors qu'il a perçu, comme le soutient Pôle Emploi sans être sérieusement contesté, des allocations versées au titre de l'assurance chômage sur cette même période. Si M. B ne remet pas en cause le bien-fondé du trop-perçu qui lui a été notifié, il conteste cependant avoir fait de fausses déclarations et invoque sa bonne foi, sa situation personnelle étant marquée, au moment des faits qui lui sont reprochés, par des poursuites pénales pour homicide involontaire ainsi qu'un licenciement pour faute grave. Toutefois, ces allégations ne sauraient utilement remettre en cause la réalité des fausses déclarations qui lui sont reprochées. De surcroît, le requérant ne saurait davantage utilement invoquer la précarité de la situation financière de son foyer, cette circonstance, à la supposer établie, étant sans influence sur la légalité de la décision attaquée. Par suite, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation doit être écarté.
6. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 123-1 du code des relations entre le public et l'administration : " Une personne ayant méconnu pour la première fois une règle applicable à sa situation ou ayant commis une erreur matérielle lors du renseignement de sa situation ne peut faire l'objet, de la part de l'administration, d'une sanction, pécuniaire ou consistant en la privation de tout ou partie d'une prestation due, si elle a régularisé sa situation de sa propre initiative ou après avoir été invitée à le faire par l'administration dans le délai que celle-ci lui a indiqué. / La sanction peut toutefois être prononcée, sans que la personne en cause ne soit invitée à régulariser sa situation, en cas de mauvaise foi ou de fraude () ". Si les manquements à des obligations déclaratives sont susceptibles d'entrer dans le champ de ces dispositions, les manquements mentionnés à l'article L. 5412-2 et au second alinéa de l'article L. 5426-2 du code du travail, qui concernent les cas dans lesquels le demandeur d'emploi s'est rendu coupable de fraude ou a fait une fausse déclaration dans le but de percevoir indument le revenu de remplacement, sont exceptés de l'obligation, à la charge de l'administration, d'inviter la personne à régulariser sa situation, en vertu du deuxième alinéa de l'article L. 123-1 du code des relations entre le public et l'administration.
7. En l'espèce, et compte tenu de ce qui a été dit au point 5, M. B, qui a fait de fausses déclarations pour demeurer sur la liste des demandeurs d'emplois, n'est dès lors pas fondé à se prévaloir des dispositions précitées du code des relations entre le public et l'administration.
8. Il résulte de ce qui précède que les conclusions aux fins d'annulation de la requête de M. B doivent être rejetées, sans qu'il soit besoin de statuer sur la fin de non-recevoir soulevée par l'administration défenderesse. Par voie de conséquence, les conclusions présentées au titre des frais liés au litige doivent également être écartées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et à la direction régionale Pôle emploi Provence-Alpes-Côte d'Azur.
Rendue publique par mise à disposition au greffe le 17 juillet 2023.
Le magistrat désigné,
signé
F. Silvestre-Toussaint-FortesaLa greffière,
signé
C. Martin
La République mande et ordonne au ministre du travail, de l'emploi et de l'insertion, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice, à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour le greffier en chef,
Et par délégation,
La greffière
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026