jeudi 29 décembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nice |
| Section | Tribunal Administratif de Nice |
| N° Dossier | TA06-2205185 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 6ème chambre |
| Avocat requérant | FONKOUE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 31 octobre 2022, M. A B doit être regardé comme demandant au tribunal l'annulation de l'arrêté du 29 octobre 2022 par lequel le préfet des Alpes-Maritimes l'a assigné à résidence sur la commune de Grasse pour une durée de 6 mois renouvelable.
Il soutient que :
- il est entré en Italie en 2016 avec un visa de regroupement familial et dispose d'une carte d'identité italienne ;
- il travaille en France depuis 2020 et dispose d'un contrat à durée indéterminée ;
- il est bien intégré dans la société française ;
- il ne constitue pas une menace pour l'ordre public ;
- il s'occupe de son père gravement malade en France.
Un mémoire en défense, présenté par le préfet des Alpes-Maritimes, représenté par la SELARL Serfaty-Venutti-Camacho-Cordier, enregistré le 13 décembre 2022, soit postérieurement à la clôture de l'instruction, n'a pas été communiqué en application de l'article R. 613-3 du code de justice administrative.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme C a été entendu au cours de l'audience publique du 13 décembre 2022.
Considérant ce qui suit :
1. Par arrêté du 23 septembre 2022, le préfet des Alpes-Maritimes a fait obligation à M. B, ressortissant tunisien, de quitter le territoire français. Par jugement du 24 octobre 2022, le tribunal administratif de Nice a admis la légalité de cette décision. Par arrêté du 29 octobre 2022, le préfet des Alpes-Maritimes a assigné M. B à résidence sur la commune de Grasse pour une durée de six mois renouvelable. M. B demande au tribunal d'annuler pour excès de pouvoir cet arrêté.
Sur les conclusions d'annulation :
2. Aux termes de l'article L. 731-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut autoriser l'étranger qui justifie être dans l'impossibilité de quitter le territoire français ou ne pouvoir ni regagner son pays d'origine ni se rendre dans aucun autre pays, à se maintenir provisoirement sur le territoire en l'assignant à résidence jusqu'à ce qu'existe une perspective raisonnable d'exécution de son obligation, dans les cas suivants : / 1° L'étranger fait l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français pour laquelle le délai de départ volontaire est expiré ou n'a pas été accordé ; () ". Aux termes de l'article L. 732-4 de ce code : " Lorsque l'assignation à résidence a été édictée en application des 1°, 2°, 3°, 4° ou 5° de l'article L. 731-3, elle ne peut excéder une durée de six mois. / Elle peut être renouvelée une fois, dans la même limite de durée. Toutefois, dans les cas prévus aux 2° et 5° du même article, elle ne peut être renouvelée que tant que l'interdiction de retour ou l'interdiction de circulation sur le territoire français demeure exécutoire ".
3. Il ressort des termes de l'arrêté en litige que l'assignation à résidence prononcée à l'encontre de M. B l'a été au motif que l'intéressé n'est pas en mesure de quitter immédiatement le territoire français en ce qu'il doit se maintenir sur le territoire en vue de sa convocation les 9 mars et 24 mai 2023 dans le cadre d'une information judiciaire ouverte par le parquet de Grasse et qu'il doit donc rester à la disposition de la justice.
4. M. B fait valoir qu'il est présent sur le territoire français depuis 2017, qu'il occupe un emploi au sein de la société Thalès dans le cadre d'un contrat à durée indéterminée depuis septembre 2020 en qualité de technicien de maintenance et qu'il s'occupe de son père, lequel est gravement malade. Il verse aux débats des pièces relatives à la maladie de son père, à l'emploi qu'il exerce depuis deux ans, aux formations qu'il a réalisées en France, à sa résidence principale et produit également une carte d'identité italienne en cours de validité. Toutefois, l'arrêté attaqué qui l'oblige à rester chez lui dans l'attente de l'exécution de la mesure d'éloignement dont il fait l'objet, n'a pas pour effet de l'empêcher de porter assistance à son père ni de travailler. De même, la circonstance qu'il est bien intégré dans la société française et que sa présence ne constitue pas une menace pour l'ordre public est sans incidence sur la légalité de la mesure attaquée compte tenu des effets de celle-ci. Dès lors, à supposer que le requérant ait entendu se prévaloir d'une atteinte disproportionnée qui serait portée à son droit au respect de sa vie privée et familiale et d'une erreur manifeste d'appréciation qui aurait été commise quant aux conséquences de la décision litigieuse sur sa situation personnelle, de tels moyens ne peuvent qu'être écartés.
5. Il résulte de tout ce qui précède que M. B n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté du préfet des Alpes-Maritimes du 29 octobre 2022. Les conclusions d'annulation de la requête doivent donc être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au préfet des Alpes-Maritimes.
Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Délibéré après l'audience du 13 décembre 2022, à laquelle siégeaient :
Mme Chevalier-Aubert, présidente,
Mme Gazeau, première conseillère,
Mme Guilbert, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 29 décembre 2022.
La rapporteure,
signé
D. C
La présidente,
signé
V. Chevalier-Aubert La greffière,
signé
B-P. Antoine
La République mande et ordonne au préfet des Alpes-Maritimes en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme
Le greffier en chef,
Ou par délégation la greffière
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026