vendredi 16 décembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nice |
| Section | Tribunal Administratif de Nice |
| N° Dossier | TA06-2205469 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Avocat requérant | CHAMI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, un mémoire et des pièces, enregistrés les 17 novembre, 7 et 8 décembre 2022, la société par actions simplifiée unipersonnelle (SASU) " L'entrepôt du peintre - Biopaint - Comptoir de l'Ours ", représentée par Me Léger-Roustan et Me Callen, demande au juge des référés, saisi sur le fondement des dispositions de l'article L. 551-1 du code de justice administrative :
1°) d'enjoindre à la commune de Mougins de lui communiquer les motifs détaillés de rejet de son offre et les caractéristiques et avantages de l'offre retenue ;
2°) d'annuler la procédure lancée en vue de l'attribution d'un accord-cadre d'acquisition de fournitures techniques pour les ateliers du centre technique municipal relatif au lot n° 3 " peinture, moquette et produits divers " ainsi que la décision du 4 novembre 2022 portant rejet de son offre dans le cadre de ladite procédure ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Mougins une somme de 5 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la décision dont l'annulation est entachée d'un vice de procédure dans la mesure où les motifs justifiant le rejet de son offre ne lui ont pas été communiqués ;
- le pouvoir adjudicateur a méconnu les dispositions de l'article R. 2111-7 du code de la commande publique dès lors que le bordereau des prix unitaires (BPU), lequel vaut détail quantitatif estimatif (DQE), a été établi en faisant référence aux marques de produits développés par elle et pour lesquelles elle dispose d'une exclusivité ; que dès lors, aucune autre entreprise ne serait en mesure de candidater ;
- le pouvoir adjudicateur a restreint la concurrence compte tenu des caractéristiques du BPU, valant DQE ;
- aucun élément ne permet de présupposer que l'attributaire pressenti a justifié dans son offre de l'équivalence des produits proposés permettant ainsi au pouvoir adjudicateur d'assurer la comparabilité des offres ;
- elle a été lésée du fait de l'illégalité de la spécification technique posée par la ville de Mougins, notamment sur critère du prix ;
- la procédure d'appel d'offres devra être annulée du fait que les critères n°s 2 et 3 ont été neutralisés et que les offres n'ont été jugées que sur le fondement du premier critère, à savoir celui du prix ; la méthode de notation utilisée était
irrégulière puisque elle ne permettait pas d'attribuer la meilleure note à la meilleure
offre.
Par un mémoire en intervention, enregistré le 2 décembre 2022, la société Comptoir Des Peintures Azuréens, représentée par Me Chami, conclut au rejet de la requête introduite par la société requérante et sollicite la condamnation de celle-ci à une somme de 2 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
La société Comptoir Des Peintures Azuréens soutient :
- Que les moyens de la requête ne sont pas fondés ;
- Que la décision de la commune de Mougins du 4 novembre 2022 est conforme à l'article R. 2111-7 alinéa 2 du code des marchés publics.
Par un mémoire en défense, enregistré le 8 décembre 2022, la commune de Mougins, représentée par Me Eglie-Richters, conclut au rejet de la requête introduite par la société requérante et sollicite la condamnation de celle-ci à une somme de 2 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la société requérante a été informée des motifs du rejet de son offre par un courrier du 4 novembre 2022, lequel fait mention des notes obtenues par elle, et par un courrier du 7 décembre 2022, lequel indique de manière détaillée et circonstanciée les motifs dudit rejet ;
- la circonstance tirée de ce que le BPU valant DQUE reprend les produits et les quantités fournies par le titulaire sortant dans le cadre de son précédent marché se justifie du fait que l'objectif de la commune n'a jamais été d'imposer une marque, mais simplement de lister précisément les exemples de produits attendus, lesquels sont en adéquation avec sa consommation réelle ;
- le BPU valant DQE n'était pas susceptible d'éliminer certains opérateurs économiques dès lors que, pour chacune de ses 257 lignes, les termes " ou équivalent " étaient indiqués ;
- la circonstance tirée de ce que la société requérante et la société attributaire ont obtenu les mêmes notes concernant les critères n°s 2 et 3 n'a pas eu pour effet d'ôter à ces critères leur portée dans la mesure où les deux offres, certes différentes, présentaient des caractéristiques de valeur similaire et répondant de manière très satisfaisante aux besoins de la commune.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la commande publique ;
- le code de justice administrative.
Vu la décision par laquelle la présidente du tribunal a désigné M. Soli, premier conseiller, pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 8 décembre 2022 à 11 heures, en présence de Mme Gialis, greffière d'audience :
- le rapport de M. Soli, juge des référés ;
- les observations de Me Callen, représentant la SASU "L'entrepôt du peintre - Biopaint - Comptoir de l'Ours ".
- les observations de Me Eglie-Richters, représentant la commune de Mougins ;
- et les observations de Me Chami, représentant la société " comptoir des peintures azuréen ".
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Vu la note en délibéré, enregistrée le 13 décembre 2022, présentée par Me Eglie-Richters pour la commune de Mougins ;
Vu la note en délibéré, enregistrée le 13 décembre 2022, présentée par Me Callen pour la SASU "L'entrepôt du peintre - Biopaint - Comptoir de l'Ours " ;
Considérant ce qui suit :
1. La commune de Mougins a lancé une procédure d'appel d'offres ouvert pour l'attribution d'un accord-cadre portant sur l'acquisition de fournitures techniques en matière de peinture pour les ateliers du centre technique municipal. Par un courrier du 4 novembre 2022, la SASU " L'entrepôt du peintre - Biopaint - Comptoir de l'Ours " a été informée du rejet de son offre. Par la présente requête, la SASU " L'entrepôt du peintre - Biopaint - Comptoir de l'Ours, demande au juge des référés, saisi sur le fondement des dispositions de l'article L. 551-1 du code de justice administrative, d'enjoindre à la commune de Mougins de lui communiquer les motifs détaillés de rejet de son offre et les caractéristiques et avantages de l'offre retenue et de prononcer l'annulation de la procédure lancée en vue de l'attribution d'un accord-cadre d'acquisition de fournitures techniques pour les ateliers du centre technique municipal relatif au lot n° 3 " peinture, moquette et produits divers " ainsi que de la décision du 4 novembre 2022 portant rejet de son offre dans le cadre de ladite procédure.
Sur les conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 551-1 du code de justice administrative :
2. Aux termes de l'article L. 551-1 du code de justice administrative : " Le président du tribunal administratif, ou le magistrat qu'il délègue, peut être saisi en cas de manquement aux obligations de publicité et de mise en concurrence auxquelles est soumise la passation par les pouvoirs adjudicateurs de contrats administratifs ayant pour objet l'exécution de travaux, la livraison de fournitures ou la prestation de services, avec une contrepartie économique constituée par un prix (). / Le juge est saisi avant la conclusion du contrat. ". Aux termes du I de l'article L. 551-2 du même code : " Le juge peut ordonner à l'auteur du manquement de se conformer à ses obligations et suspendre l'exécution de toute décision qui se rapporte à la passation du contrat (). / Il peut, en outre, annuler les décisions qui se rapportent à la passation du contrat et supprimer les clauses ou prescriptions destinées à figurer dans le contrat et qui méconnaissent lesdites obligations ". Aux termes de l'article L. 551-10 dudit code : " Les personnes habilitées à engager les recours prévus aux articles L. 551-1 () sont celles qui ont un intérêt à conclure le contrat et qui sont susceptibles d'être lésées par le manquement invoqué () ".
3. Il appartient au juge administratif, saisi en application de ces dispositions de se prononcer sur le respect des obligations de publicité et de mise en concurrence incombant à l'administration lors du déroulement de la procédure d'attribution d'un marché public. Dans le cadre de ce contrôle de pleine juridiction, le juge du référé précontractuel vérifie en particulier le bien-fondé des motifs de l'exclusion ou de l'admission d'une entreprise d'une telle procédure. Il lui appartient, en outre, de rechercher si l'entreprise qui le saisit se prévaut de manquements qui, eu égard à leur portée et au stade de la procédure auquel ils se rapportent, sont susceptibles de l'avoir lésée ou risquent de la léser, fût-ce de façon indirecte, en avantageant une entreprise concurrente.
4. En premier lieu, le moyen tenant à l'absence de motivation du rejet de l'offre de la société requérante manque en fait dès lors qu'il ressort des pièces du dossier qu'elle a été informée des motifs du rejet de son offre par un courrier du 7 décembre 2022, lequel indique de manière détaillée et circonstanciée les motifs dudit rejet
5. En deuxième lieu, si la société requérante soutient que le pouvoir adjudicateur a méconnu les dispositions de l'article R. 2111-7 du code de la commande publique dès lors que le bordereau des prix unitaires (BPU), lequel vaut détail quantitatif estimatif (DQE), a été établi en faisant référence à la marque de produits développés par elle et pour lesquelles elle dispose d'une exclusivité de distribution, une telle circonstance est de nature à avantager la société requérante et ne saurait caractériser un manquement aux règles de concurrence qui aurait été susceptible de la léser. Au surplus, il est constant que cette référence aux produits de la marque développés par la société requérante était indicative et visait à permettre aux entreprises souhaitant proposer une offre de connaître les spécifications des besoins de la commune par la consultation des fiches techniques des produits en cause qui sont publiques.
6. En troisième lieu, il ressort des pièces du dossier que la société requérante a obtenu la note maximale sur les critères 2, " valeur technique ", et 3, " livraison ",
à égalité avec comme l'attributaire, la société Comptoir des Peintures Azuréen. La société requérante soutient que cette égalité aurait eu pour effet d'ôter à ces critères leur portée. Cependant dès lors que les deux offres ont été jugées très satisfaisantes, car répondant pleinement aux besoins des ateliers municipaux en termes de moyens matériels et humains, de service après-vente, d'accompagnement technique et de délai de livraison inférieur au maximum de 72 heures imposé par le CCTP, aucune obligation de distinguer par des notes différentes les deux offres en cause ne s'imposait à la commune.
Sur les frais liés au litige :
7. Il y a lieu de mettre à la charge de la société " L'entrepôt du peintre - Biopaint - Comptoir de l'Ours ", sur le fondement de l'article L.761-1 du code de justice administrative, la somme de 1000 euros au titre des frais exposés par la commune de Mougins.
8. Il y a lieu de mettre à la charge de la société " L'entrepôt du peintre - Biopaint - Comptoir de l'Ours ", sur le fondement de l'article L.761-1 du code de justice administrative, la somme de 1000 euros au titre des frais exposés par la société Comptoir Des Peintures Azuréens et non compris dans les dépens.
9. La société " L'entrepôt du peintre - Biopaint - Comptoir de l'Ours " n'étant pas la partie gagnante dans la présente instance, ses conclusions quant aux frais de l'instance doivent être rejetés.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de la société " L'entrepôt du peintre - Biopaint - Comptoir de l'Ours " est rejetée.
Article 2 : La société " L'entrepôt du peintre - Biopaint - Comptoir de l'Ours " est condamnée à verser la somme de 1000 euros à la commune de Mougins sur le fondement des dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : La société " L'entrepôt du peintre - Biopaint - Comptoir de l'Ours " est condamnée à verser la somme de 1000 euros à la société Comptoir Des Peintures Azuréens sur le fondement des dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à la société " L'entrepôt du peintre - Biopaint - Comptoir de l'Ours ", à la commune de Mougins et à la société " comptoir des peintures azuréen ".
Fait à Nice, le 16 décembre 2022.
Le juge des référés,
signé
P. SOLI
La République mande et ordonne au préfet des Alpes-Maritimes en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier en chef,
Ou par délégation, la greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026