mardi 3 janvier 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nice |
| Section | Tribunal Administratif de Nice |
| N° Dossier | TA06-2205852 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Avocat requérant | SELARL ORENGO-MICAULT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires complémentaires, enregistrés les 12 et 29 décembre 2022 et 2 janvier 2023, la société en nom collectif Immobilière Aire Saint Michel, prise en la personne de son représentant légal en exercice, représentée par Me Juhan, demande au juge des référés, statuant sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
- d'ordonner la suspension de l'exécution, jusqu'à ce qu'il soit statué sur sa légalité, de la décision en date du 7 novembre 2022 du maire de la commune de Falicon portant constat de la péremption du permis de construire n°PC 006 060 16 S 0021 qui lui a été délivré suivant arrêtés des 31 mai 2017 et 18 mars 2019 (permis modificatif) ;
- de mettre à la charge de la commune de Falicon la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
La société soutient :
- s'agissant de la condition tenant à l'urgence, que la décision attaquée lui cause un préjudice financier et porte atteinte à la liberté d'entreprendre et à son droit de propriété, libertés fondamentales, et qu'en outre elle doit continuer les travaux ayant commencé afin d'honorer les contrats conclus avec différents prestataires dans le cadre de l'exécution du permis de construire délivré par la commune de Falicon, laquelle, par ses multiples négligences, lui a fait perdre du temps dans l'exécution desdits travaux, l'absence de finalisation de cette exécution avant la péremption théorique du permis à la date du 10 octobre 2022 n'étant ainsi pas de son fait ;
- s'agissant du doute sérieux sur la légalité de la décision attaquée, que cette décision est entachée d'une double erreur de droit (d'une part, le délai d'expiration du permis de construire litigieux a été interrompu et la validité du permis n'était dès lors pas expirée à la date de la décision attaquée, d'autre part ladite décision constitue une décision de retrait illégale, pour vice de procédure, d'un acte administratif individuel créateur de droits, illégale également au regard de l'article L. 424-5 du code de l'urbanisme), ainsi que d'un détournement de procédure.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 22 et 31 décembre 2022, la commune de Falicon, prise en la personne de son maire en exercice, représentée par Me Orengo, conclut au rejet de la requête et à la mise à la charge de la société requérante de la somme de 2 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
La commune soutient :
- s'agissant de la condition tenant à l'urgence, que cette dernière n'est pas établie, d'une part, en l'absence d'une démonstration des conséquences financières graves de la décision attaquée pour la société requérante, les travaux objet du permis de construire délivré en 2017 n'ayant au demeurant débuté que quelques semaines avant la caducité dudit permis, en raison d'une inaction imputable à ladite société et, d'autre part, dès lors que l'intérêt général résultant de l'urgence à ne pas laisser des travaux illégaux - car dépourvus d'autorisation d'urbanisme valide - se poursuivre alors que, de surcroit, les règles d'urbanisme nouvellement en vigueur font en tout état de cause obstacle à de tels travaux ;
- s'agissant du doute sérieux sur la légalité de la décision attaquée, qu'aucun des moyens soulevés n'est de nature à faire naître un tel doute.
Vu la requête au fond, enregistrée au greffe du tribunal sous le n°2205721.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative ;
La présidente du tribunal a désigné M. Silvestre-Toussaint-Fortesa, vice-président, pour statuer sur les demandes de référés.
Les parties ont été régulièrement convoquées à l'audience publique du 3 janvier 2023 à 14h30.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Silvestre-Toussaint-Fortesa, juge des référés ;
- les observations de Me Juhan, pour la société requérante, qui persiste dans ses écritures et soutient en outre, en ce qui concerne l'urgence, que l'exécution de la décision attaquée anéantirait l'exécution du permis de construire accordé, laquelle, même fractionnée, a débuté, alors qu'en outre les règles présidant à la délivrance dudit permis ont évolué et sont plus restrictives ;
- et les observations de Me Mouhriz, substituant Me Orengo, pour la commune de Falicon, qui persiste dans ses écritures et soutient en outre, en ce qui concerne l'urgence, qu'aucun document comptable n'établit les difficultés financières de la société requérante, laquelle a au demeurant une surface financière importante, et que le permis de construire délivré pourrait de toute façon être mis en œuvre à l'issue et selon l'aboutissement de la procédure au fond.
La clôture d'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision ". Aux termes de l'article L. 522-1 dudit code : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique () ".
2. Un permis de construire n°PC 006 060 16 S 0021 a été délivré suivant arrêtés du 31 mai 2017 et 18 mars 2019 (permis modificatif) à la société en nom collectif (ci-après " SNC ") Immobilière Aire Saint Michel, aux fins de réaliser un lotissement de dix villas, l'aménagement d'une voie d'accès et des places de parking sur un terrain cadastré section AN 225 sis 152 avenue de Rimiez à Falicon. Par décision en date du 7 novembre 2022, le maire de la commune de Falicon a constaté la péremption du permis de construire susmentionné à la date du 6 novembre 2022, date déterminée en prenant en compte les suspensions du délai de validité du permis intervenues tant en application de l'article R. 424-19 du code de l'urbanisme qu'en raison d'une décision d'interruption de travaux décidée le 28 septembre 2022, et aux motifs que les travaux initiés sur site à trois semaines de la date de caducité initiale du permis, à savoir de simples travaux de décaissement de terrain, n'étaient pas " suffisants eu égard à la nature et à l'ampleur du projet autorisé par le permis de construire ", portant sur la construction de dix villas sur deux niveaux sur une surface de plancher totale de 1 182m² chacune et la réalisation de places de stationnement. La SNC Immobilière Aire Saint Michel demande au juge des référés, statuant sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, d'ordonner la suspension de l'exécution de la décision susmentionnée, jusqu'à ce qu'il soit statué sur sa légalité.
Sur les conclusions aux fins de suspension :
3. L'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de l'acte litigieux sur la situation de ce dernier ou, le cas échéant, des personnes concernées, sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue. L'urgence doit être appréciée objectivement et compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'espèce.
4. En l'espèce, ainsi qu'il a été dit précédemment, le permis de construire délivré le 31 mai 2017 à la société requérante portait sur la construction de dix villas sur deux niveaux sur une surface de plancher totale de 1 182m² chacune ainsi que la réalisation de places de stationnement. Il ressort des pièces du dossier, d'une part, que les travaux objet dudit permis de construire n'ont débuté que le 19 septembre 2022 (selon déclaration d'ouverture de chantier), soit à une date très proche de l'échéance de la validité du permis, circonstance qui n'est pas justifiée par la société requérante au regard d'éléments extérieurs rendant impossible tout commencement d'exécution avant cette date et qui doit donc être considérée comme lui étant imputable. Il est en particulier constant que la société requérante avait obtenu de la commune de Falicon une prorogation de la durée de validité de son permis de construire jusqu'en octobre 2023 mais qu'elle a sollicité, et obtenu, le retrait de cette décision de prorogation. D'autre part, il est soutenu en défense, et non contesté, que les travaux en cause n'ont consisté qu'en un décaissement de terrain, et ne peuvent dès lors être considérés comme étant à un stade avancé au regard de l'ampleur du projet, circonstance qui est de nature à relativiser les conséquences financières pour la société requérante de l'arrêt du chantier et de la non-réalisation du projet, alors qu'au demeurant la réalité du préjudice financier subi, au-delà de la circonstance que des marchés aient pu être passés mais sans commencement d'exécution, n'est pas rapportée. Ainsi, dans ces conditions, et eu égard notamment à la nature de la décision attaquée, aucun intérêt, ni de la société requérante ni intérêt public, impose de ne pas différer l'exécution de l'autorisation d'urbanisme en cause. Par suite, la condition d'urgence ne peut être regardée comme remplie. Il s'ensuit, sans qu'il soit besoin d'examiner si les moyens susvisés soulevés par la société requérante sont de nature à faire naître un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée, qu'il y a lieu de rejeter les conclusions susmentionnées.
Sur les conclusions au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
5. Ces dispositions font obstacle à ce que soit mis à la charge de la commune de Falicon, qui n'est pas la partie perdante, le versement de la somme que la société requérante demande au titre des dispositions susmentionnées. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire droit aux conclusions formées au titre des mêmes dispositions par la commune de Falicon.
ORDONNE :
Article 1er : La requête de la société en nom collectif Immobilière Aire Saint Michel est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par la commune de Falicon sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à la société en nom collectif Immobilière Aire Saint Michel et à la commune de Falicon.
Fait à Nice, le 3 janvier 2023.
Le juge des référés,
F. Silvestre-Toussaint-Fortesa
La République mande et ordonne au préfet des Alpes-Maritimes, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier en chef,
Par délégation, la greffière
C. Albu
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026