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AccueilJurisprudence administrativeN° TA06-2300176

Tribunal Administratif de Nice — Décision N° TA06-2300176

lundi 30 janvier 2023

JuridictionTribunal Administratif de Nice
SectionTribunal Administratif de Nice
N° DossierTA06-2300176
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Avocat requérantCABINET OLOUMI - HMAD

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 13 janvier 2023, M. A B, représenté par Me Oloumi, demande au juge des référés :

1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;

2°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de la décision du 12 décembre 2022 par laquelle le préfet des Alpes-Maritimes a rejeté sa demande de délivrance d'un titre de séjour, jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur la légalité de cette décision ;

3°) d'enjoindre au préfet des Alpes-Maritimes de réexaminer sa situation et, dans l'attente, de lui remettre un document provisoire de séjour l'autorisant à travailler dans les huit jours, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

4°) de mettre à la charge de l'État une somme de 2 500 euros à verser à son conseil ou à lui-même en cas d'absence ou de retrait du bénéfice de l'aide juridictionnelle, en application des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Il soutient que :

- la condition d'urgence est remplie, car la décision contestée portant refus de séjour préjudicie de manière suffisamment grave à sa situation individuelle et familiale, notamment en ce qui concerne son droit à travailler, l'impossibilité de contribuer à l'entretien et à l'éducation de ses enfants et de participer à combler les besoins vitaux de son foyer ;

- il existe un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée dès lors que :

- l'atteinte à l'ordre public n'est pas avérée ;

- elle porte une atteinte disproportionnée au droit au respect de sa vie privée et familiale et à l'intérêt supérieur des enfants ;

- son droit d'être entendu n'a pas été respecté avant la mesure d'éloignement.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

- la requête enregistrée le 13 décembre 2022 sous le numéro 2205892 par laquelle M. B demande l'annulation de la décision attaquée.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative ;

La présidente du tribunal a désigné M. C pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

1. M. A B est né en 1979, de nationalité camerounaise. Il est entré en France de manière régulière le 3 septembre 2014 et a obtenu des cartes de séjour temporaire, d'abord en qualité d'étudiant puis de salarié, puis une carte de séjour pluriannuelle d'une validité de quatre ans portant la mention " salarié ". Le 13 avril 2022, il a demandé le renouvellement de son titre de séjour. Par deux arrêtés du 12 décembre 2022, le préfet des Alpes-Maritimes lui a refusé la délivrance d'un titre de séjour, l'a obligé à quitter sans délai le territoire français, a fixé le pays de destination de la mesure d'éloignement, a prononcé une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an et l'a assigné à résidence. Par un jugement n° 2205892 du 3 janvier 2023, le magistrat désigné du tribunal a notamment renvoyé devant une formation collégiale les conclusions de M. B tendant à l'annulation de la décision du 12 décembre 2022 lui refusant la délivrance d'un titre de séjour, annulé les arrêtés du 12 décembre 2022 par lesquels le préfet des Alpes-Maritimes a obligé l'intéressé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination de la mesure d'éloignement, a prononcé une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an et l'a assigné à résidence, et enjoint au préfet des Alpes-Maritimes de délivrer une autorisation provisoire de séjour à M. B. Par la présente requête, l'intéressé demande au juge des référés de suspendre l'exécution de la décision du 12 décembre 2022 par laquelle le préfet de Alpes-Maritimes a rejeté sa demande de délivrance d'un titre de séjour.

2. Aux termes du premier alinéa de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision ". En vertu de l'article L. 522-3 de ce code, le juge des référés peut, par une ordonnance motivée, rejeter une requête sans instruction ni audience lorsque la condition d'urgence n'est pas remplie ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée.

3. L'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi d'une demande de suspension d'une décision refusant la délivrance d'un titre de séjour, d'apprécier et de motiver l'urgence compte tenu de l'incidence immédiate du refus de titre de séjour sur la situation concrète de l'intéressé. Cette condition d'urgence sera en principe constatée dans le cas d'un refus de renouvellement du titre de séjour, comme d'ailleurs d'un retrait de celui-ci.

4. Aux termes de l'article L. 614-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Si la décision portant obligation de quitter le territoire français est annulée, il est immédiatement mis fin aux mesures de surveillance prévues aux articles L. 721-6, L. 721-7, L. 731-1, L. 731-3, L. 741-1 et L. 743-13, et l'étranger est muni d'une autorisation provisoire de séjour jusqu'à ce que l'autorité administrative ait à nouveau statué sur son cas ". Aux termes de l'article R. 431-15 de ce code : " Le récépissé de demande de renouvellement d'une carte de séjour permettant l'exercice d'une activité professionnelle autorise son titulaire à exercer une activité professionnelle ".

5. En l'espèce, la décision en litige refuse le renouvellement du titre de séjour de M. B. Toutefois, ainsi qu'il a été dit au point 1, il a déjà été enjoint au préfet des Alpes-Maritimes de délivrer une autorisation provisoire de séjour à M. B. En vertu des dispositions citées au point précédent, cette autorisation doit l'autoriser à travailler. Le requérant ne justifie pas que le document obtenu ne l'autorise pas à travailler, ni que son contrat à durée indéterminée conclu avec Orange va être résilié. Dans ces conditions, dans les circonstances de l'espèce, la condition d'urgence n'apparaît manifestement pas remplie. Dès lors, il y a lieu de faire application de l'article L. 522-3 du code de justice administrative et de rejeter la requête en toutes ses conclusions, y compris celles tendant au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.

O R D O N N E :

Article 1er : M. B n'est pas admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.

Article 2 : La requête de M. B est rejetée.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B et à Me Oloumi.

Fait à Nice, le 30 janvier 2023.

Le juge des référés,

Signé

T. C

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Pour le greffier en chef,

Ou par délégation la greffière,

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