vendredi 27 janvier 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nice |
| Section | Tribunal Administratif de Nice |
| N° Dossier | TA06-2300439 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Magistrat Mme GUILBERT |
| Avocat requérant | FOURY |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 26 janvier 2023, M. C A demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 23 janvier 2023 par laquelle le préfet du Var a fixé le pays à destination duquel il sera reconduit ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- l'arrêté en litige n'a pas été signé par une autorité compétente pour ce faire ;
- il est insuffisamment motivé ;
- il n'a pas été en mesure de formuler utilement ses observations avant l'édiction de la décision en litige ;
- sa situation n'a pas été examinée de manière sérieuse eu égard à son statut de demandeur d'asile en Autriche et aux craintes qu'il a exprimées ; le préfet aurait dû procéder à une détermination de l'Etat responsable ;
- la décision contestée méconnaît les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l'article 31-2 de la convention de Genève.
Par un mémoire en défense, enregistré le 27 janvier 2023, le préfet du Var conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par M. A ne sont pas fondés.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'Homme ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme Guilbert, première conseillère, pour statuer en qualité de juge du contentieux de l'éloignement sur les requêtes instruites selon les dispositions de l'article L. 614-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Après avoir entendu au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Guilbert, magistrate désignée,
- et les observations de Me Foury, représentant M. A, assisté de Mme B, interprète en langue arabe, qui soutient qu'il a introduit une demande d'asile en Autriche, qu'en cas de retour dans son pays, il serait exposé aux représailles des frères de son ex-fiancée, dont deux ont été incarcérés ;
- le préfet du Var n'étant ni présent, ni représenté.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Par un jugement du 14 septembre 2022, le tribunal correctionnel de Toulon a prononcé à l'encontre de M. A, ressortissant tunisien, une interdiction du territoire national. Par un arrêté du 23 janvier 2023, dont M. A demande l'annulation, le préfet du Var a prescrit sa reconduite à destination de son pays d'origine ou de tout autre pays dans lequel il établirait être légalement admissible.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, l'arrêté contesté est signé par M. Lucien Giudicelli, secrétaire général de la préfecture du Var, qui justifie, pour ce faire, d'une délégation de signature du 26 décembre 2022, régulièrement publiée au recueil des actes administratifs de la préfecture n°239 du 27 décembre 2022. Le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de l'acte doit dès lors être écarté.
3. En deuxième lieu, cet arrêté reprend les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement, notamment la condamnation de M. A pour vol par ruse, effraction ou escalade aggravé par une autre circonstance, son entrée récente sur le territoire, le dépôt d'une demande d'asile en Autriche le 17 juillet 2022, la demande de reprise en charge adressée aux autorités autrichiennes et leur refus, la circonstance qu'il ne justifie pas être exposé à des menaces contraires à l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales en cas de retour dans son pays d'origine. Dans ces conditions, le moyen tiré du défaut de motivation manque en fait et ne peut qu'être écarté.
4. En troisième lieu, aux termes de l'article 121-1 du code des relations entre le public et l'administration : " Exception faite des cas où il est statué sur une demande, les décisions individuelles qui doivent être motivées en application de l'article L. 211-2, ainsi que les décisions qui, bien que non mentionnées à cet article, sont prises en considération de la personne, sont soumises au respect d'une procédure contradictoire préalable. ".
5. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier que M. A a pu faire valoir ses observations le 8 décembre 2022, puis le 5 janvier 2023, qu'il a déclaré désirer retourner en Autriche, où sa demande d'asile était en attente. Eu égard aux déclarations de l'intéressé, qui ont été prises en compte dans la décision en litige, une demande de réadmission a été adressée aux autorités autrichiennes. M. A n'est dès lors pas fondé à soutenir qu'il aurait été privé de la possibilité de faire valoir ses observations.
6. En quatrième lieu, il n'est pas davantage fondé à soutenir que le préfet n'aurait pas procédé à un examen sérieux de sa demande ou aurait dû procéder à une détermination de l'Etat responsable de sa demande d'asile, M. A n'ayant pas fait valoir son souhait de voir sa demande examinée en France.
7. En cinquième lieu, M. A soutient à l'audience qu'il serait menacé par les trois frères de son ex-compagne, deux d'entre eux ayant été incarcérés par les autorités tunisiennes. Faute pour ce dernier de démontrer ou même d'alléguer un refus ou une défaillance caractérisée des autorités de son pays à assurer la protection de leurs ressortissants en pareilles circonstances, les menaces invoquées n'entrent pas, en l'état du dossier, dans le champ de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Il n'est dès lors pas fondé à soutenir que la décision en litige méconnaîtrait les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ni, partant, celles de l'article 31-2 de la convention de Genève.
8. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. A doit être rejetée, y compris ses conclusions au titre des frais liés à l'instance.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C A et au préfet du Var .
Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Lu en audience publique le 27 janvier 2023.
La magistrate désignée,
signé
L. GuilbertLa greffière,
signé
V. Labeau
La République mande et ordonne au préfet du Var en ce qui le concerne
ou à tous commissaires de justice en ce qui concerne les voies de droit commun,
contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le Greffier en Chef,
Ou par délégation, la Greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026