jeudi 2 mai 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nice |
| Section | Tribunal Administratif de Nice |
| N° Dossier | TA06-2300632 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | DRAGONE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 7 février 2023, M. B A, représenté par Me Dragone, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 9 décembre 2022 du directeur territorial de Nice de l'Office français de l'immigration et de l'intégration portant notification de sortie d'un lieu d'hébergement pour demandeur d'asile ;
2°) d'enjoindre à l'Office français de l'immigration et de l'intégration de le réintégrer dans le foyer dans lequel il était hébergé ou dans tout autre foyer d'accueil des demandeurs d'asile sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros à verser à son avocat en application des dispositions de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 du code de justice administrative, ce versement impliquant le renoncement au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Il soutient que :
- la décision litigieuse est insuffisamment motivée ;
- l'Office français de l'immigration et de l'intégration n'établit pas la matérialité des manquements qui lui sont reprochés et ne produit pas les avertissements et signalements en méconnaissance du respect du contradictoire ; en outre, les dégradations qui lui sont reprochées ne sauraient lui être imputées ;
- il se trouve dans une situation de vulnérabilité et la décision litigieuse méconnaît la garantie à l'autonomie et à la dignité qui doit être assurée pour les demandeurs d'asile.
Par un mémoire en défense, enregistré le 27 février 2024, le directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir qu'aucun des moyens soulevés au soutien de la requête n'est fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme Kolf, rapporteure, a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ressortissant algérien né le 4 mars 1993, demande l'annulation de la décision du 9 décembre 2022 du directeur territorial de Nice de l'Office français de l'immigration et de l'intégration portant notification de sortie d'un lieu d'hébergement pour demandeur d'asile.
2. En premier lieu, la décision en litige, qui vise les dispositions des articles L. 552-14 et suivants du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, notifie au requérant la fin de son hébergement au titre de la prise en charge des demandeurs d'asile au motif qu'il a fait l'objet de plusieurs avertissements pour des comportements inadaptés associés au non-respect du règlement intérieur et diverses dégradations. Elle comporte ainsi les considérations de fait et de droit qui en constituent le fondement et est suffisamment motivée.
3. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 552-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Les personnes morales chargées de la gestion des lieux d'hébergement mentionnés à l'article L. 552-1 sont tenues de déclarer à l'Office français de l'immigration et de l'intégration, dans le cadre du traitement automatisé de données, les places disponibles dans les lieux d'hébergement. Ces personnes morales sont tenues d'alerter l'autorité administrative compétente en cas d'absence injustifiée et prolongée des personnes qui y ont été orientées pour la durée de la procédure et en cas de comportement violent ou de manquement grave au règlement du lieu d'hébergement ". Aux termes de l'article L. 552-14 de ce code : " Les décisions de sortie d'un lieu d'hébergement pour demandeurs d'asile sont prises par l'Office français de l'immigration et de l'intégration, après consultation du directeur du lieu d'hébergement, sur la base du schéma national d'accueil des demandeurs d'asile et, le cas échéant, du schéma régional prévus à l'article L. 551-2 et en tenant compte de la situation du demandeur ". Et aux termes de l'article L. 551-16 du même code : " Il peut être mis fin, partiellement ou totalement, aux conditions matérielles d'accueil dont bénéficie le demandeur dans les cas suivants (). Un décret en Conseil d'Etat prévoit les sanctions applicables en cas de comportement violent ou de manquement grave au règlement du lieu d'hébergement. La décision mettant fin aux conditions matérielles d'accueil prise en application du présent article est écrite et motivée. Elle prend en compte la vulnérabilité du demandeur. Elle est prise après que l'intéressé a été mis en mesure de présenter ses observations écrites selon des modalités définies par décret () ".
4. Il ressort des pièces du dossier, et notamment des éléments produits par l'Office français de l'immigration et de l'intégration au soutien de son mémoire en défense dans le respect du contradictoire, qui comportent notamment un rapport circonstancié en date du 15 novembre 2022 établi par l'association en charge de l'hébergement dans lequel était logé le requérant, que ce dernier a été destinataire de plusieurs avertissements oraux et écrits à compter du 31 août 2022. Une copie d'un avertissement écrit en date du 22 septembre 2022 adressé à M. A est également jointe au mémoire en défense. Il ressort du rapport du 15 novembre 2022 que les agents en charge de la gestion de l'hébergement ont constaté, à plusieurs reprises, la présence de personnes étrangères au dispositif d'hébergement dans le logement attribué à M. A, ainsi que la présence de matelas au sol dans le salon. Un mauvais état du logement ainsi que des parties communes a également été constaté. Il ressort en outre de ce rapport, dont le contenu n'est pas contredit par M. A et qui ne conteste pas que ces comportements lui étaient imputables, que ce dernier a changé deux fois de logement consécutivement à des signalements pour nuisances et dégradations. Enfin, il ressort de ces éléments que l'Office français de l'immigration et de l'intégration a été informé de l'ensemble de ces faits conformément à l'article L. 552-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Dans ces conditions, et nonobstant la prétendue insalubrité du logement qui ne lui serait pas imputable dont se prévaut le requérant, la matérialité des faits qui lui sont reprochés doit être regardée comme établie et le moyen doit être écarté.
5. En troisième et dernier lieu, M. A, en se prévalant de façon peu circonstanciée de l'effondrement d'un immeuble à Sanary-sur-Mer dont il aurait été victime, ne justifie aucunement de la situation de vulnérabilité dont il se prévaut et il ne ressort d'aucune des pièces du dossier que l'Office français de l'immigration et de l'intégration n'aurait pas pris en compte la situation particulière du demandeur à la date de la décision litigieuse. Par suite, le moyen tiré de ce que sa situation de particulière vulnérabilité n'aurait pas été prise en compte par l'Office français de l'immigration et de l'intégration doit être écarté.
6. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. A doit être rejetée en toutes ses conclusions, y compris ses conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte et celles présentées sur le fondement des dispositions des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1 : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration.
Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Délibéré après l'audience du 11 avril 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Chevalier-Aubert, présidente,
Mme Zettor, première conseillère,
Mme Kolf, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 2 mai 2024.
La rapporteure,
signé
S. Kolf
La présidente,
signé
V. Chevalier-Aubert
La greffière,
signé
C. Sussen
La République mande et ordonne au préfet des Alpes-Maritimes en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour le greffier en chef,
Ou par délégation la greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026