jeudi 17 août 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nice |
| Section | Tribunal Administratif de Nice |
| N° Dossier | TA06-2301016 |
| Type | Décision |
| Recours | Exécution d'un jugement |
| Publication | C |
| Avocat requérant | SCP BERLINER DUTERTRE LACROUTS |
Vu la procédure suivante :
Par ordonnance n° 2005260 du 20 juillet 2022, le juge des référés du tribunal administratif de Nice a enjoint à la Métropole Nice Côte d'Azur de faire cesser le dommage imputable à la présence des ouvrages publics sur la propriété de Mme A et de procéder au déplacement des ouvrages litigieux, à savoir une canalisation EU et un regard mis à jour, en dehors de sa propriété.
Par une requête, enregistrée le 5 décembre 2022, Mme C A, représentée par Me Lacrouts, demande au juge des référés, saisi sur le fondement des dispositions de l'article L. 911-4 du code de justice administrative :
1°) d'assortir la mesure d'injonction visée par l'ordonnance n° 2005260 du 20 juillet 2022 d'une astreinte de 50 euros par jour de retard à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir ;
2°) de mettre à la charge de la Métropole Nice Côte d'Azur une somme de 500 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
La requérante soutient que :
- la Métropole Nice Côte d'Azur n'a pas pris les mesures propres à assurer l'exécution de l'ordonnance en cause ;
- les relances qu'elle a adressées à la Métropole sont restées sans réponse.
Vu l'ordonnance n° 2301016 du 1er mars 2023 par laquelle la présidente du tribunal a procédé, en application des dispositions des articles R. 921-5 et suivants du code de justice administrative, à l'ouverture d'une procédure juridictionnelle en vue de prescrire les mesures nécessaires à l'exécution de l'ordonnance n° 2005260 rendue le 20 juillet 2022 par le juge des référés du tribunal administratif de Nice.
Par un mémoire en défense, enregistré le 22 mars 2023, la Métropole Nice Côte-d'Azur, représenté par Me Cuzzi, conclut :
1°) à ce qu'il soit enjoint à la régie Eau d'Azur de procéder aux travaux prescrits par l'ordonnance n° 2005260 du 20 juillet 2022 ;
2°) au rejet des conclusions de la requête de Mme A présentées aux fins d'astreinte et sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la régie Eau d'Azur, qui s'est vu transférer la compétence " assainissement et réseaux " depuis le 1er janvier 2022, est seule compétente pour gérer et exploiter le service public de l'assainissement collectif et non collectif ainsi que le réseau pluvial accordé aux réseaux unitaires du service public de l'assainissement collectif ; de ce fait, elle n'est plus en mesure de procéder aux travaux prescrits par l'ordonnance du 20 juillet 2022 en cause ;
- les mesures dont l'exécution est sollicitée se heurte à de nombreuses difficultés techniques et juridiques.
Vu :
- le jugement n° 1903215 du 25 avril 2023 ;
- l'ordonnance n° 2005260 du 20 juillet 2022 ;
- les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Vu la décision par laquelle la présidente du tribunal a désigné M. Soli, premier conseiller, pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
1. Par la présente requête, Mme C A demande au juge des référés, saisi sur le fondement des dispositions de l'article L. 911-4 du code de justice administrative, d'assortir la mesure d'injonction visée par l'ordonnance n° 2005260 du 20 juillet 2022 d'une astreinte de 50 euros par jour de retard à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir et de mettre à la charge de la Métropole Nice Côte d'Azur une somme de 500 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Sur les conclusions présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 911-4 du code de justice administrative :
2. Aux termes de l'article L. 911-4 du code de justice administrative : " En cas d'inexécution d'un jugement ou d'un arrêt, la partie intéressée peut demander à la juridiction, une fois la décision rendue, d'en assurer l'exécution. / Si le jugement ou l'arrêt dont l'exécution est demandée n'a pas défini les mesures d'exécution, la juridiction saisie procède à cette définition. Elle peut fixer un délai d'exécution et prononcer une astreinte ".
3. Si, eu égard à leur caractère provisoire, les décisions du juge des référés n'ont pas, au principal, l'autorité de la chose jugée, elles sont néanmoins, conformément au principe rappelé à l'article L. 11 du code de justice administrative, exécutoires et, en vertu de l'autorité qui s'attache aux décisions de justice, obligatoires. Il en résulte que, lorsque le juge des référés a prononcé une injonction et qu'il n'a pas été mis fin à celle-ci, soit par l'aboutissement d'une voie de recours, soit dans les conditions prévues à l'article L. 521-4 du code de justice administrative, l'administration est tenue d'exécuter ladite injonction.
4. Il résulte de l'instruction que Mme A est propriétaire d'une villa édifiée sur la parcelle AP n°31 sise 367 Chemin du Jacquon villa n°7 - Domaine Miranda sur la Commune de Saint Laurent du Var, bordée à l'ouest de la parcelle par le Vallon des Espartes, limitrophe entre les communes de Saint Laurent du Var et Cagnes sur Mer et au nord-ouest par le chemin du Jacquon. Il est constant que ce vallon, recueillant les eaux pluviales ainsi que les eaux de surverse de la Société Canal de la rive droite, est confronté à un phénomène d'érosion mettant en péril le mur de soutènement des propriétés voisines, notamment celle des Consorts B se trouvant sur la parcelle AP n°30, riverains du vallon. Un rapport d'expertise dressé le 27 juin 2017 a établi que les désordres étaient " consécutifs à une érosion importante naturelle du lit du Vallon des Espartes modifiée ou accentuée par la présence du réseau d'assainissement mis à nu (canalisations et regards), présent en fond de vallon ". A la suite d'intempéries survenues en 2019, un autre effondrement s'est produit et des désordres ont fait l'objet d'un procès-verbal de constat d'huissier établi le 30 octobre 2019 Aux termes d'un nouveau rapport d'expertise judiciaire déposé le 18 novembre 2019, des travaux urgents ont été préconisés, notamment " retirer la terre qui s'est effondrée
afin d'éviter tous embâcles en fond de vallon. Des ouvrages de confortement provisoires des talus devront être placés au fur et à mesure de l'avancement des nettoyages ". Le maire de la commune de Saint Laurent du Var a édicté un arrêté de péril imminent le 19 novembre 2019 et a sommé Mme A de procéder, dans un délai d'un mois à compter de la notification de l'arrêté, à l'enlèvement de la terre effondrée en fond du vallon et au placement d'ouvrages de confortement provisoires des talus au fur et à mesure de l'avancement des nettoyages. Par un courrier du 13 février 2020, Mme A a alerté la Métropole sur l'impossibilité d'entreprendre les travaux de confortement préconisés par l'expert et déterminés selon les conseils du bureau d'études tels que sollicités par la Mairie, et rappelait être dans l'attente de la présentation d'un projet sérieux sur le déplacement du réseau d'assainissement se trouvant sur sa propriété. Par un courrier du 6 août 2020, la mairie de Saint Laurent du Var a informé Mme A de la mainlevée de péril imminent en ce qui concerne sa propriété, tout en précisant que les travaux réalisés n'avaient pas permis de mettre fin durablement au péril qui plane sur sa propriété, l'invitant ainsi à prendre les mesures nécessaires et qu'à défaut, une procédure de péril ordinaire serait susceptible d'être engagée. Dans ces conditions, le juge des référés du tribunal administratif de Nice a, par une ordonnance rendue le 20 juillet 2022 sous le n° 2005260, enjoint à la Métropole Nice Côte d'Azur de faire cesser le dommage imputable à la présence des ouvrages publics sur la propriété de Mme A et de procéder au déplacement des ouvrages litigieux, à savoir une canalisation EU et un regard mis à jour, en dehors de sa propriété.
5. Mme A soutient, sans que cela ne soit contesté, que la Métropole Nice Côte d'Azur n'a pas pris les mesures propres à assurer l'exécution de l'ordonnance du 20 juillet 2022 susmentionnée. Toutefois, il est constant, d'une part, qu'à compter du 1er janvier 2022, antérieurement à la date de l'ordonnance dont l'exécution est sollicitée, la régie Eau d'Azur s'est vu transférer la compétence " assainissement et réseaux " auparavant exercée par la Métropole Nice Côte-d'Azur. D'autre part, il résulte de l'instruction que par un jugement rendu le 25 avril 2023 sous le n° 1903215, le tribunal administratif de Nice a écarté la responsabilité sans faute de la Métropole Nice Côte-d'Azur du fait de l'existence d'ouvrages publics dans le lit du vallon des Espartes. Dans ces conditions, l'inexécution de l'ordonnance n° 2005260 du 20 juillet 2022, dont Mme A demande l'exécution, ne peut être regardée comme résultant d'une carence délibérée imputable à la Métropole Nice Côte-d'Azur.
6. Il résulte de ce qui précède que les conclusions aux fins d'exécution de la requête de Mme A doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
7. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions des parties présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par la Métropole Nice Côte-d'Azur sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme C A et à la Métropole Nice Côte-d'Azur.
Fait à Nice, le 17 août 2023.
Le juge des référés,
signé
P. SOLI
La République mande et ordonne au préfet des Alpes-Maritimes en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier en chef,
Ou par délégation, la greffière,
Tribunal Administratif de Nantes — N° TA44-2519430
Le Tribunal Administratif de Nantes, statuant en exécution d’un précédent jugement du 23 décembre 2024, a constaté que le ministre de l’intérieur n’avait pas exécuté l’injonction de délivrer un visa d’établissement (visa long séjour type D) à Mme C... épouse B..., en lui délivrant à tort un visa de court séjour type C. Sur le fondement de l’article L. 911-4 du code de justice administrative, le tribunal a enjoint au ministre de délivrer le visa d’établissement requis sous un délai de trois mois, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. La solution retenue vise à assurer l’exécution complète et conforme du jugement initial.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Grenoble — N° TA38-2601124
Le Tribunal administratif de Grenoble, statuant par ordonnance, donne acte du désistement du requérant concernant ses demandes d'annulation et d'injonction relatives à des titres de séjour. La juridiction rejette sa demande d'allocation d'une somme au titre des frais non compris dans les dépens, en application de l'article L. 761-1 du code de justice administratif. Le litige principal est ainsi éteint par le désistement.
07/04/2026
Tribunal Administratif de Grenoble — N° TA38-2603340
Le Tribunal administratif de Grenoble, statuant en référé, a été saisi d'une demande visant à assurer l'exécution d'une précédente injonction et à obtenir une astreinte pour son inexécution. Le juge a constaté que la préfète de l'Isère n'avait pas renouvelé le récépissé de séjour de la requérante, malgré l'injonction antérieure, et que cette dernière avait ainsi subi un préjudice (licenciement). En conséquence, sur le fondement de l'article L. 521-4 du code de justice administrative, le tribunal a ordonné à la préfète de statuer expressément sur la demande de titre de séjour dans un délai d'un mois, sous astreinte de 200 euros par jour de retard.
07/04/2026
Tribunal Administratif de Nice — N° TA06-2506265
**Sujet principal** : Demande d'exécution d'une ordonnance de référé ayant suspendu un refus de titre de séjour et enjoint à l'administration de réexaminer la situation. **Juridiction** : Tribunal Administratif de Nice (statuant par ordonnance). **Solution retenue** : Le juge constate qu'il n'y a plus lieu de statuer sur la demande d'exécution, car l'administration a pris une nouvelle décision (un refus de titre de séjour daté du 7 janvier 2026), ce qui a assuré l'exécution de l'ordonnance initiale. La demande est donc devenue sans objet. **Textes appliqués** : Articles R. 222-1 (3°) et L. 911-4 du code de justice administrative.
07/04/2026