mercredi 12 avril 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nice |
| Section | Tribunal Administratif de Nice |
| N° Dossier | TA06-2301129 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Avocat requérant | LAIFA |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 7 mars 2023, M. C A, représenté par Me Sahara Laïfa, demande au juge des référés :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de la décision du préfet des Alpes-Maritimes portant refus d'enregistrement de sa demande d'admission au séjour ;
3°) d'enjoindre au préfet des Alpes-Maritimes d'enregistrer sa demande d'admission au séjour et de lui délivrer un récépissé valant autorisation provisoire de séjour assortie d'une autorisation de travailler dans un délai de huit jours suivant la notification de l'ordonnance à intervenir ;
4°) de condamner l'Etat, sur le fondement des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique, à verser une somme de 2 000 euros à son conseil, Me Sahara Laïfa, laquelle renonce, par avance, au versement de la part contributive de l'Etat au titre de l'aide juridictionnelle.
Le requérant soutient que :
) Sur l'urgence :
- le refus d'enregistrement de sa nouvelle demande d'admission au séjour a des effets graves sur sa situation privée et professionnelle dans la mesure où, d'une part, il se trouve désormais dépourvu de tout document lui permettant de séjourner régulièrement sur le territoire français et, d'autre part, son contrat de travail en qualité d'apprenti-pâtissier a été suspendu au regard de sa situation irrégulière ne lui permettant pas d'exercer une activité professionnelle salariée ; ce refus porte d'autant plus atteinte à sa situation qu'il a été placé auprès de l'aide sociale à l'enfance et que son accompagnement ayant pris fin à sa majorité, il se trouve dans une situation financière et sociale particulièrement précaire et fragile ; la condition d'urgence est donc constituée en l'espèce ;
) Sur le doute sérieux quant à la légalité de la décision contestée :
- la décision querellée est insuffisamment motivée ; il est constant qu'il a effectué des démarches pour être reçu en préfecture avant le 15 janvier 2023, date de ses dix-neuf ans ; le refus verbal qui lui a été opposé n'est donc pas fondé ;
- le refus d'enregistrement de sa demande d'admission au séjour est entaché d'un défaut d'examen de sa situation privée, familiale et professionnelle et méconnaît les dispositions de l'article L. 435-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Par un mémoire en défense enregistré le 27 mars 2023, le préfet des Alpes-Maritimes demande au juge des référés de rejeter la requête de M. C A.
Le préfet soutient que :
) Sur l'urgence :
- M. A a formulé le 16 février 2022 une demande de titre de séjour sur le fondement des dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ; un refus lui a été opposé le 29 avril 2022 et cette décision a été confirmée par le tribunal administratif de Nice le 13 décembre 2022 ; le requérant a attendu plus de huit mois après le précédent refus opposé pour déposer une nouvelle demande de titre sur le fondement de l'article L. 435-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ; la préfecture ne peut donc être tenue pour responsable de la situation d'urgence que M. A a lui-même créée ;
) Sur le doute sérieux quant à la légalité de la décision contestée :
- à la date du dépôt de son dossier en préfecture, M. A était âgé de dix-neuf ans puisqu'il est né le 15 janvier 2004 ; il ne pouvait donc se prévaloir utilement des dispositions de l'article L. 435-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Vu la requête au fond, enregistrée le 7 mars 2023 sous le n° 2301126.
Vu la décision par laquelle la présidente du tribunal a désigné M. B pour statuer sur les demandes de référés.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 4 avril 2023 :
- le rapport de M. Emmanuelli, juge des référés ;
- les observations de Me Larbre, substituant Me Laïfa, pour M. A.
Considérant ce qui suit :
1. M. C A, ressortissant de nationalité ivoirienne né le 15 janvier 2004, demande au juge des référés, statuant sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, d'ordonner la suspension de l'exécution de la décision du préfet des Alpes-Maritimes portant refus d'enregistrement de sa demande d'admission au séjour.
Sur l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :
2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 modifiée relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence, () l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président () ".
3. En raison de l'urgence, il y a lieu d'admettre M. C A au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
4. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ".
Sur l'urgence :
5. L'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi d'une demande de suspension d'une décision refusant la délivrance d'un titre de séjour, d'apprécier et de motiver l'urgence compte tenu de l'incidence immédiate du refus de titre de séjour sur la situation concrète de l'intéressé. Il appartient au requérant de justifier de circonstances particulières caractérisant la nécessité pour lui de bénéficier à très bref délai d'une mesure provisoire dans l'attente d'une décision juridictionnelle statuant sur la légalité de la décision litigieuse.
6. En l'espèce, le requérant justifie que le refus qui lui a été opposé est susceptible d'avoir des répercussions sur sa vie professionnelle et sur les moyens de subvenir à ses besoins les plus essentiels dans la mesure où, d'une part, il a obtenu son CAP de boulanger en août 2022 et poursuit actuellement une année d'apprentissage pour obtenir le diplôme de pâtissier au sein du CFA Métropole Nice Côte d'Azur qui doit se terminer le 30 juin 2023 et, d'autre part, la prise en charge dont il a bénéficié depuis son arrivée en France de la part des services de l'aide sociale à l'enfance a désormais pris fin, de sorte qu'il se trouve dans une situation financière et sociale particulièrement précaire. Par suite, la condition d'urgence prévue à l'article L. 521-1 du code de justice administrative doit être regardée comme remplie.
Sur le doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée :
7. En l'état de l'instruction, les moyens tirés par le requérant, d'une part, de ce qu'il est en mesure de démontrer qu'il a effectué des démarches pour être reçu en préfecture avant le 15 janvier 2023, date de ses dix-neuf ans, de sorte que le refus verbal qui lui a été opposé n'est pas fondé et, d'autre part, de ce que le refus d'enregistrement de sa demande d'admission au séjour est entaché d'un défaut d'examen de sa situation privée, familiale et professionnelle et méconnaît les dispositions de l'article L. 435-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, sont de nature à faire naître un doute sérieux quant à la légalité de la décision du préfet des Alpes-Maritimes portant refus d'enregistrement de sa demande d'admission au séjour.
8. Les deux conditions posées par l'article L. 521-1 du code de justice administrative étant remplies, il y a lieu de prononcer la suspension de l'exécution de la décision querellée.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
9. La présente décision implique nécessairement qu'il soit procédé au réexamen de la situation administrative de M. A et que lui soit délivrée, dans l'attente, une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler, valable jusqu'à l'intervention d'une nouvelle décision à la suite de ce réexamen ou jusqu'à ce qu'il ait été statué par le tribunal sur la requête au fond. Il y a lieu d'enjoindre au préfet des Alpes-Maritimes d'y procéder dans un délai d'un mois à compter de la notification de la présente ordonnance.
Sur les frais d'instance :
10. M. A est admis à titre provisoire au bénéfice de l'aide juridictionnelle. Son avocate peut, dès lors, se prévaloir des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991. Par suite, il y a lieu dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 000 (mille) euros au bénéfice de Me Sahara Laïfa, qui a renoncé par avance à percevoir la part contributive de l'Etat à l'aide juridictionnelle. Dans le cas où l'aide juridictionnelle ne serait pas accordée au requérant, la somme de 1 000 (mille) euros sera versée à M. A.
ORDONNE :
Article 1er : M. A est admis à titre provisoire au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Article 2 : L'exécution de la décision du préfet des Alpes-Maritimes portant refus d'enregistrement de la demande d'admission au séjour de M. A est suspendue, jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur sa légalité.
Article 3 : Il est enjoint au préfet des Alpes-Maritimes de réexaminer la situation administrative de M. A dans un délai d'un mois à compter de la notification de la présente ordonnance et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler, valable jusqu'à l'intervention d'une nouvelle décision ou jusqu'à ce qu'il ait été statué sur la requête au fond.
Article 4 : L'Etat versera une somme de 1 000 (mille) euros à Me Sahara Laïfa au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991. Dans le cas où l'aide juridictionnelle ne serait pas accordée au requérant, la somme de 1 000 (mille) euros sera versée à M. A.
Article 5 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 6 : La présente ordonnance sera notifiée à M. C A, à Me Sahara Laïfa et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Copie en outre sera adressée, pour information, au préfet des Alpes-Maritimes.
Fait à Nice, le 12 avril 2023.
Le juge des référés
Signé
O. B
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier en chef,
ou par délégation le greffier
2301129
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
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Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026