lundi 26 février 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nice |
| Section | Tribunal Administratif de Nice |
| N° Dossier | TA06-2301213 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Magistrat M. FAY |
| Avocat requérant | MASONI SABRINA |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 1er mars 2023, Mme D B, représentée par Me Sabrina Masoni, avocate au Barreau de Nice, demande au tribunal :
* d'annuler la décision en date du 17 janvier 2023 par laquelle la commission de médiation du département des Alpes-Maritimes a rejeté son recours amiable tendant à la reconnaissance du caractère urgent et prioritaire de sa demande de logement social en application des dispositions du II. de l'article L. 441-2-3 du code de la construction et de l'habitation ;
* d'enjoindre au préfet des Alpes-Maritimes de procéder à un réexamen de son recours amiable ;
* de mettre à la charge de l'État la somme de 1 500 euros sur le fondement des dispositions combinées de l'articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Mme B soutient que la décision attaquée est entachée d'erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 30 janvier 2024, le préfet des Alpes-Maritimes conclut au rejet de la requête. Le préfet des Alpes-Maritimes fait valoir que le bail glissant dont bénéficie le fils de la requérante a pour but de favoriser l'accès à l'insertion durable dans le logement et qu'il ne présente donc pas le caractère d'un logement précaire et qu'en application des dispositions de l'article 205 du code civil ledit fils a l'obligation d'héberger sa mère.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
* le code de la construction et de l'habitation ;
* le code de justice administrative.
Vu, en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative, la décision par laquelle la présidente du tribunal a désigné M. Faÿ pour statuer sur les litiges visés audit article.
Le rapporteur public ayant été dispensé, sur sa proposition, de conclure dans cette affaire en application des dispositions de l'article R. 732-1-1 du code de justice administrative.
Madame D B a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision en date du 13 avril 2023.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendu au cours de l'audience publique :
* le rapport de M. Faÿ, magistrat désigné ;
* les observations de Mme C, pour le préfet des Alpes-Maritimes, la requérante n'étant ni présente ni représentée.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Le 18 août 2021 Mme B a saisi la commission de médiation du département des Alpes-Maritimes en vue de la reconnaissance du caractère prioritaire et urgent de sa demande de logement social, en application des dispositions du II. de l'article L. 441-2-3 du code de la construction et de l'habitation pour être dépourvue de logement, hébergée chez un particulier et être menacée d'expulsion, sans relogement. La commission a rejeté cette demande par une décision en date du 26 octobre 2021. Le 5 novembre 2021, la requérante a formé un recours gracieux à l'encontre de cette décision qui a donné lieu à une décision de rejet en date du 15 décembre 2021 au motif que si la requérante est hébergée, depuis le 22 juin 2021, chez son fils locataire d'un logement social au titre du 1% patronal de type 3 de 62 mètres carrés, la surface habitable est supérieure à celle mentionnée à l'article R. 822-25 du code de la construction et de l'habitation, au regard des trois personnes qui composent la cellule familiale, qu'à l'examen du recours, la commission de médiation a relevé que l'intéressée ne se trouve pas dans une situation urgente et qu'il n'y a pas lieu de la reconnaître prioritaire et devant être relogée en urgence. Par jugement du tribunal de céans du 5 décembre 2022, la décision de la commission de médiation du département des Alpes-Maritimes en date du 26 octobre 2021 a été annulé et le préfet des Alpes-Maritimes a été enjoint de procéder à un nouvel examen du recours amiable de la requérante. Par décision en date du 17 janvier 2023, la commission de médiation du département des Alpes-Maritimes a rejeté la demande de Mme B pour les mêmes motifs que dans sa décision en date du 5 novembre 2021. Mme B demande l'annulation de la décision en date du 17 janvier 2023.
Sur les conclusions aux fins d'annulation des décisions attaquées
2. Aux termes des dispositions de l'article L. 300-1 du code de la construction et de l'habitation : " Le droit à un logement décent et indépendant [] est garanti par l'État à toute personne qui, résidant sur le territoire français de façon régulière et dans des conditions de permanence définies par décret en Conseil d'État, n'est pas en mesure d'y accéder par ses propres moyens ou de s'y maintenir. / Ce droit s'exerce par un recours amiable puis, le cas échéant, par un recours contentieux dans les conditions et selon les modalités fixées par le présent article et les articles L. 441-2-3 et L. 441-2-3-1. " et aux termes du premier alinéa du II. de l'article L. 441-2-3 du code de la construction et de l'habitation : " La commission de médiation peut être saisie par toute personne qui, satisfaisant aux conditions réglementaires d'accès à un logement locatif social (). / Elle peut être saisie sans condition de délai lorsque le demandeur, de bonne foi, est dépourvu de logement () " Aux termes des dispositions de l'article R. 441-14-1 du même code : " La commission, saisie sur le fondement du II ou du III de l'article L. 441-2-3, se prononce sur le caractère prioritaire de la demande et sur l'urgence qu'il y a à attribuer au demandeur un logement ou à l'accueillir dans une structure d'hébergement, en tenant compte notamment des démarches précédemment effectuées dans le département () / Peuvent être désignées par la commission comme prioritaires et devant être logées d'urgence en application du II de l'article L. 441-2-3 les personnes de bonne foi qui satisfont aux conditions réglementaires d'accès au logement social qui se trouvent dans l'une des situations prévues au même article et qui répondent aux caractéristiques suivantes : / () -être dépourvues de logement. Le cas échéant, la commission apprécie la situation du demandeur logé ou hébergé par ses ascendants en tenant notamment compte de son degré d'autonomie, de son âge, de sa situation familiale et des conditions de fait de la cohabitation portées à sa connaissance ; (). / La commission peut, par décision spécialement motivée, désigner comme prioritaire et devant être logée en urgence une personne qui, se trouvant dans l'une des situations prévues à l'article L. 441-2-3, ne répond qu'incomplètement aux caractéristiques définies ci-dessus. " Il résulte de ces dispositions que le demandeur qui se trouve sans logement et est hébergé par une personne autre qu'un ascendant doit être reconnu prioritaire et devant être logé d'urgence dès lors qu'il est de bonne foi et qu'il satisfait aux conditions réglementaires d'accès à un logement locatif social.
3. Par ailleurs, aux termes des dispositions de l'article 205 du code civil : " Les enfants doivent des aliments à leurs père et mère ou autres ascendants qui sont dans le besoin. " et aux termes des dispositions de l'article 208 du même code : " Les aliments ne sont accordés que dans la proportion du besoin de celui qui les réclame, et de la fortune de celui qui les doit. "
4. Mme B a saisi la commission de médiation du département des Alpes-Maritimes pour être dépourvue de logement depuis son expulsion du logement qu'elle occupait 485 avenue du général Garbay à Mandelieu-La Napoule et être hébergée au domicile de son fils 143 avenue de Fréjus à Mandelieu-La Napoule. Il ressort des pièces du dossier que le 12 mars 2020, la société d'habitat à loyer modéré UNICIL a attribué à l'association AGIS 06 un logement de type 3 d'une surface habitable de 62,27 mètres carrés, situé à Mandelieu-La Napoule, afin de permettre à M. A F, fils de la requérante, de bénéficier d'un accompagnement social spécifique, dit " bail glissant ", pendant une durée déterminée et qu'à l'issue de cette période, le 5 octobre 2021, la commission d'attribution a statué favorablement pour l'attribution du logement à M. F, fils de la requérante, à compter du 1er novembre 2021. Ainsi, à la date de la décision attaquée, le fils de Mme B était locataire de son appartement. Par ailleurs, dans sa séance du 24 août 2023, la commission de surendettement des particuliers des Alpes-Maritimes a constaté la situation de surendettement de M. A F. Dès lors, le fils de la requérante, âgé de 42 ans, célibataire avec un enfant âgé de 11 ans à charge, sans profession et au chômage, ne disposant pour toute ressources que des aides sociales, se trouve dans l'incapacité de subvenir aux besoins de Mme B. En outre et en tout état de cause, le logement de type T3 n'est pas adapté pour accueillir sur le long terme une cellule familiale composée de trois personnes appartenant chacune à une génération différente. Par suite, en considérant qu'il n'y avait pas lieu de reconnaître la requérante prioritaire et devant être logée en urgence, la commission de médiation du département des Alpes-Maritimes a, à tout le moins, fait de la situation de Mme B une appréciation manifestement erronée.
5. Il résulte de ce qui précède que la décision de la commission de médiation des Alpes-Maritimes en date du 17 janvier 2023 doit être annulée.
Sur les conclusions aux fins d'injonction
6. Aux termes des dispositions de l'article L. 911-1 du code de justice administrative : " Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public () prenne une mesure d'exécution dans un sens déterminé, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision, cette mesure assortie, le cas échéant, d'un délai d'exécution. "
7. Eu égard au motif d'annulation énoncé précédemment, le présent jugement implique nécessairement que le préfet des Alpes-Maritimes procède à un réexamen du recours amiable de Mme B dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Sur l'application des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991
8. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Les parties peuvent produire les justificatifs des sommes qu'elles demandent et le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation. " et aux termes de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 : " En toute matière, l'avocat du bénéficiaire de l'aide juridictionnelle partielle ou totale peut demander au juge de condamner la partie tenue aux dépens ou qui perd son procès, et non bénéficiaire de l'aide juridictionnelle, à lui payer une somme au titre des honoraires et frais, non compris dans les dépens, que le bénéficiaire de l'aide aurait exposés s'il n'avait pas eu cette aide. "
9. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, et sous réserve que Me Sabrina Masoni, avocate de Mme B, renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'État, de mettre à la charge de l'État le versement à Me Masoni de la somme de 1 500 euros.
D E C I D E :
Article 1er : La décision de la commission de médiation du département des Alpes-Maritimes en date du 17 janvier 2023 est annulée.
Article 2 : Il est enjoint au préfet des Alpes-Maritimes de procéder à un nouvel examen du recours amiable de Mme B dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : L'Etat versera à Me Sabrina Masoni une somme de 1 500 (mil cinq cents) euros en application des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 sous réserve qu'elle renonce à percevoir la part contributive de l'État.
Article 4 : La présente décision sera notifiée à Mme D B, à Me Sabrina Masoni et au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires.
Copie en sera adressée au préfet des Alpes-Maritimes.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 26 février 2024.
Le magistrat désigné,
D. FAŸLa greffière,
M. E
La République mande et ordonne au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires, en ce qui le concerne, ou à tous les commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026