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AccueilJurisprudence administrativeN° TA06-2301895

Tribunal Administratif de Nice — Décision N° TA06-2301895

mardi 3 octobre 2023

JuridictionTribunal Administratif de Nice
SectionTribunal Administratif de Nice
N° DossierTA06-2301895
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation5ème Chambre
Avocat requérantABDOULAYE MOUSSA ABDOUL WAHAB

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés les 18 avril et 31 août 2023, M. A C, représenté par Me Abdoulaye Moussa, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 27 mars 2023 par laquelle le préfet des Alpes-Maritimes a rejeté sa demande de titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours à compter de sa notification et a fixé le pays de destination de la mesure d'éloignement ;

2°) d'enjoindre au préfet des Alpes-Maritimes de procéder au réexamen de sa demande dans un délai de deux mois, sous astreinte ;

3°) d'enjoindre au préfet des Alpes-Maritimes de lui délivrer un récépissé de sa demande de renouvellement de titre de séjour, dans un délai de quarante-huit heures et sous astreinte ;

4°) de mettre à la charge de l'État une somme de 2 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- l'arrêté est entaché d'incompétence ;

- il est entaché d'une erreur de faits ;

- il est entaché d'une erreur de droit par la méconnaissance des dispositions de l'articles L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

La requête a été communiquée au préfet des Alpes-Maritimes, qui n'a pas produit d'observations.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code de justice administrative.

M. C a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle partielle par une décision du bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Nice du 11 mai 2023.

Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique du 11 septembre 2023, le rapport de M. Pascal, président-rapporteur.

Considérant ce qui suit :

1. M. A C, ressortissant congolais, né le 15 août 1992, est entré en France, le 4 octobre 2012, muni d'un visa de long séjour portant la mention " étudiant " et a bénéficié de titres de séjour " étudiant " dont la validité du dernier titre est arrivée à expiration le 4 octobre 2022. Il demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 27 mars 2023 par laquelle le préfet des Alpes-Maritimes a rejeté sa demande de renouvellement de son titre de séjour portant la mention " étudiant ".

Sur les conclusions à fin d'annulation :

2. En premier lieu, l'arrêté attaqué a été signé pour le préfet des Alpes-Maritimes par Mme B D, directrice adjointe de la réglementation, de l'intégration et des migrations. Par arrêté n° 2023-101 du 7 février 2023, publié le même jour au recueil des actes administratifs spécial n° 32-2023 de la préfecture des Alpes-Maritimes, Mme D a reçu délégation de signature à l'effet de signer au nom du préfet des Alpes-Maritimes les décisions portant refus de séjour, les décisions portant obligation de quitter le territoire français, les décisions portant octroi d'un délai de départ volontaire et les décisions fixant le pays de renvoi. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'arrêté attaqué doit être écarté.

3. En deuxième lieu, le requérant soutient que l'arrêté est entaché d'une erreur de fait dès lors que contrairement à ce qui est mentionné, il n'a pas obtenu de diplôme au cours de l'année universitaire 2015-2016, son changement d'orientation est justifié et il n'était pas en licence 1 " sciences du langage " au titre des années 2020-2021, 2021-2022 et 2022-2023. Toutefois, compte tenu des termes de l'arrêté attaqué et des pièces versées au dossier, il ne ressort pas de l'arrêté contesté que ce dernier aurait fondé sa décision sur ces seules circonstances. Dès lors, ce moyen tiré d'une erreur de fait doit être écarté.

4. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui établit qu'il suit un enseignement en France ou qu'il y fait des études et qui justifie disposer de moyens d'existence suffisants se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " étudiant " d'une durée inférieure ou égale à un an. / En cas de nécessité liée au déroulement des études ou lorsque l'étranger a suivi sans interruption une scolarité en France depuis l'âge de seize ans et y poursuit des études supérieures, l'autorité administrative peut accorder cette carte de séjour sous réserve d'une entrée régulière en France et sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. / Cette carte donne droit à l'exercice, à titre accessoire, d'une activité professionnelle salariée dans la limite de 60 % de la durée de travail annuelle ".

5. Il ressort des pièces du dossier que M. C est inscrit en diplôme de licence depuis onze années consécutives, après trois années en licence 1 " science de la vie et de la terre ", une année en licence 2 " science de la vie et de la terre ", une année en licence 1 " économie gestion ", trois années en licence 2 " économie gestion " et trois années en licence 3 " économie gestion ". Si le requérant soutient qu'il a toujours suivi sérieusement ses études, que l'épidémie de covid 19 l'a fortement affecté, et qu'il a perdu sa mère le 17 janvier 2022, le préfet des Alpes-Maritimes a pu, toutefois, à bon droit, estimer que le requérant ne justifie pas d'une progression cohérente dans le cursus de ses études qu'il a engagé au niveau de la licence depuis onze années. Il s'ensuit que le moyen tiré de l'erreur de droit au regard des dispositions précitées de l'article L. 422-1 du code l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ne peut pas être accueilli.

6. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions de M. C à fin d'annulation de l'arrêté attaqué doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, celles aux fins d'injonction et d'astreinte et celles relatives aux frais d'instance.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. C est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A C et au préfet des Alpes-Maritimes.

Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur et des outre-mer.

Délibéré après l'audience du 11 septembre 2023, à laquelle siégeaient :

M. Pascal, président,

Mme Duroux, conseillère,

M. Holzer, conseiller,

assistés de Mme Génovèse, greffière.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 3 octobre 2023.

Le président-rapporteur

signé

F. Pascal L'assesseure la plus ancienne,

signé

G. Duroux

La greffière,

signé

S. Génovèse

La République mande et ordonne au préfet des Alpes-Maritimes en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme

Le Greffier en Chef,

Ou par délégation le Greffier

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